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La Gouvernance de l’Église catholique #17 : Irénée de Lyon

Irénée est le prochain grand écrivain à mentionner la gouvernance de l’Église, et c’est lui qui fournit les éléments clés des revendications ultérieures à l’autorité épiscopale et à la tradition apostolique. En effet, Irénée nous fournira les premières revendications pour la succession apostolique et la primauté romaine, et on peut voir comment une sorte de développement pourrait facilement naître de ce qu’il écrit. Il est important de noter comment Irénée comprend l’office épiscopal s’être développé. Mais il est tout aussi important de noter les détails spécifiques, car ils montrent aussi quelques points intéressants de discontinuité avec la tradition ultérieure. Ces discontinuités sont le genre de rides intéressantes de l’histoire réelle, et bien qu’elles nous montrent une église institutionnelle plus développée que ce à quoi nous pourrions nous attendre à une date aussi précoce, elles montrent aussi que la compréhension catholique romaine moderne n’était pas encore présente au temps d’Irénée.

D’après ce que nous savons de lui, Irénée a voyagé de l’Asie Mineure à Rome et finalement en Gaule où il est devenu un homme d’Eglise important. Son œuvre la plus célèbre, Adversus Heresiae (En français, Contre les Hérésies), a été écrite vers 180 ap. J.-C., et elle a eu une influence énorme sur toutes les discussions ultérieures sur la gouvernance ecclésiastique. Dans ce travail, Irénée dit que les apôtres ont désigné des successeurs pour tenir une sorte d’office d’enseignement dans l’église, et il affirme que Pierre et Paul ont fondé l’Eglise de Rome.

Avant d’examiner ce qu’Irénée dit des évêques, il est important de noter qu’il commence d’abord par un appel aux Écritures. Ce n’est qu’après que ses opposants aient rejeté cette base et qu’ils aient eux-mêmes fait appel à une tradition non écrite transmise par les apôtres à travers une classe de dirigeants d’Eglise d’élite qu’Irénée prétend que les successeurs des apôtres sont connus publiquement. Irénée met la nature du désaccord de cette façon :

Cependant, lorsqu’ils sont confus à partir des Écritures, ils se retournent et accusent ces mêmes Écritures, comme si elles n’étaient ni correctes, ni d’autorité, et [affirment] qu’elles sont ambiguës, et que la vérité ne peut être extraite d’elles par ceux qui ne connaissent pas la tradition. Car [ils allèguent] que la vérité n’a pas été délivrée au moyen de documents écrits, mais de vive voix… (Contre les hérésies 3.2.1)

C’est important à noter car ce sont les hérétiques qui font d’abord appel à une tradition semi-secrète qui ne peut être découverte à partir d’une étude des Écritures. Ainsi, quand Irénée défend la « tradition », il s’oppose à ce genre de théorie. Pour examiner cette question plus en détail, les lecteurs sont invités à consulter les écrits du Dr Hutchinson sur ce sujet ici, ici et ici. (ces liens renvoient vers des articles en anglais qui seront probablement traduits sur Par la foi à l’avenir !)

Succession Apostolique

Après cette mise en contexte, voici ce que dit Irénée :

…quand nous les référons à cette tradition qui vient des apôtres,[et] qui est conservée par la succession des prêtres dans les Églises, ils s’opposent à la tradition, disant qu’ils sont eux-mêmes plus sages non seulement que les prêtres, mais aussi que les apôtres, car ils ont découvert la vérité inaltérée. (ibid., 3.2.2)

Irénée rencontre la revendication des hérétiques à la tradition avec sa propre revendication à la tradition, et il dit que la tradition des apôtres « est préservée au moyen de la succession des presbytres dans les Églises ». Ainsi, les presbytres, ou anciens, possèdent la vraie tradition. Au chapitre suivant, Irénée répète cette affirmation mais l’applique aux « évêques ». Il dit : « Nous sommes en mesure de compter ceux qui ont été par les apôtres institués évêques dans les Églises, et de montrer la succession de ces hommes à notre époque » (3.3.1). Jusqu’à présent, nous constatons une continuation de l’identification plus ancienne des anciens et des évêques. Mais Irénée ajoute encore plus lorsqu’il dit : « Car ils désiraient que ces hommes soient parfaits et irréprochables en toutes choses, qu’ils laissaient derrière eux comme leurs successeurs, leur laissant leur propre place de gouvernement ; ces hommes, s’ils remplissaient honnêtement leurs fonctions, seraient un grand bien[à l’Église], mais s’ils tombaient, la calamité la plus terrible » (3.3.1).

Dans cette citation, Irénée dit que les apôtres ont laissé derrière eux des hommes à qui ils ont  » livré leur propre gouvernement « . Cette traduction est régulièrement contestée. Le texte latin pourrait aussi être rendu « leur laisser leur charge d’enseignement » ou même « leur remettre leur propre lieu d’enseignement ». Les choses sont encore plus compliquées quand on se souvient qu’Irénée a écrit à l’origine en grec et que nous n’avons que des copies ultérieures de la traduction latine. Nous ne savons donc pas vraiment ce qu’Irénée voulait écrire ici et nous ne pouvons pas faire grand cas de la nature du gouvernement à la lumière de cette clause particulière. Le sens est clarifié par ce qui suit. Irénée poursuit en disant que les apôtres ont donné « le ministère épiscopal » à certains individus (3.3.3). Il propose ensuite une liste d’évêques qui, dans l’histoire de l’Église qui servira de source commune pour presque toutes les listes ultérieures du genre.

Nous ne connaissons peut-être pas tous les détails sur le caractère de ce « ministère épiscopal », mais nous voyons qu’il occupe une position d’enseignement, qu’une figure se détache comme occupant cette fonction au-dessus des autres, et que ce titulaire de fonction était censé conserver la tradition des apôtres. Ainsi, même si Irénée semble utiliser « évêques » et « anciens » de façon interchangeable, il semble aussi avoir un officier singulier en tête. Mais, ce qui est important, Irénée souligne que l’autorité de ces évêques peut être vérifiée par le contenu accessible au public de ce qu’ils enseignent. Il ne s’agit pas d’une classe semi-secrète d’enseignants d’élite, mais plutôt d’un témoignage historique objectif de ce qui a existé dans l’Église. Irénée encourage même ses lecteurs à lire les écrits de certains de ces évêques, à savoir Clément et Polycarpe, pour voir ce qu’ils ont écrit de première main. Tout cela réfuterait alors les appels des hérétiques aux différentes traditions secrètes.

A un autre endroit dans Contre les hérésies, Irénée ajoute quelques détails plus importants :

C’est pourquoi il est de notre devoir d’obéir aux presbytres qui sont dans l’Église, ceux qui, comme je l’ai montré, possèdent la succession des apôtres, ceux qui, avec la succession de l’épiscopat, ont reçu le don certain de la vérité, selon la bonne volonté du Père. Mais [il est aussi du devoir] de tenir en suspicion ceux qui s’éloignent de la succession primitive, et se rassemblent en quelque lieu que ce soit, [les regardant] soit comme des hérétiques des esprits pervers, soit comme des schismatiques gonflés, ou encore comme des hypocrites, agissant ainsi pour le plaisir et l’orgueil. Car tout cela s’écarte de la vérité. (4.26.2)

Ici, nous voyons les « presbytres » et « l’épiscopat », qui ont tous deux une succession des apôtres. Irénée utilisera continuellement ces termes de façon interchangeable, même s’il semble aussi reconnaître un individu singulier au sommet d’une hiérarchie pour chaque église. Dans sa lettre à Victor, évêque de Rome, Irénée se réfère aux prédécesseurs de Victor comme  » les presbytres avant Soter, qui présidaient l’Eglise que tu diriges maintenant  » (cité dans l’Histoire de l’Église d’Eusèbe 5.24.14). Il est donc tout-à-fait possible que l’évêque d’Irénée soit issu d’un collège d’anciens ou qu’il opère en son sein, et qu’il ait un rôle particulier au sein de ce groupe. Il est clair qu’il y a un individu singulier au sommet de chaque église, mais on peut l’appeler évêque ou ancien. Dire que les presbytres « président » l’Eglise rejoint aussi le « président » de Justin Martyr mentionné plus haut.

Mais il est également important de noter qu’Irénée relie l’autorité des presbytres et des évêques à la vérité et à la piété. La succession doit être une succession qui préserve à la fois la doctrine et la morale des apôtres. Ceci peut être vu par ce qu’Irénée dit ensuite, « Ceux, cependant, qui sont considérés comme des presbytres par beaucoup, mais qui servent leurs propres désirs, et qui ne mettent pas la crainte de Dieu suprême dans leur cœur, mais se conduisent avec mépris envers les autres, et sont gonflés de la fierté d’avoir le siège principal, et font de mauvaises actions en secret… ». (4.26.3). Remarquez dans cette déclaration, Irénée parle de « ceux que beaucoup croient être des presbytres ». Ce groupe de personnes apparaît après qu’Irénée ait déjà consacré un paragraphe à ceux qui ont rompu avec la succession des presbytres, et il semble donc qu’il soit passé à un nouveau groupe de personnes. Et Irénée ne réfute pas ces « prétendus presbytres » en faisant appel à une succession légale. Après tout, on pense qu’il s’agit de presbytres plutôt que de schismatiques. Mais ils sont fiers et veulent avoir le rang le plus élevé, et c’est pourquoi Irénée fait une critique morale. Il dit que ces presbytres ont une apparence extérieure qui ne correspond pas à leur cœur. Ils condamnent les innocents. Ils mangent et boivent en excès.

Irénée ne croit pas que ce genre de presbytres devrait être suivi. « De toutes ces personnes, donc, il nous incombe de nous tenir à l’écart, mais d’adhérer à ceux qui, comme je l’ai déjà observé, détiennent la doctrine des apôtres, et qui, avec l’ordre du sacerdoce (presbyterii ordine), manifestent une parole saine et une conduite irréprochable pour confirmer et corriger les autres  » (4.26.4). Il ajoute à cela : « Là où les dons du Seigneur ont été placés, c’est là qu’il nous incombe d’apprendre la vérité, [à savoir] de ceux qui possèdent cette succession de l’Église qui est des apôtres, et parmi eux ce qui est sain et irréprochable dans sa conduite, ainsi que ce qui est inaltéré et incorruptible dans sa parole » (4.26.5).

Nous voyons donc que la conception qu’a Irénée de la succession apostolique n’est pas simplement une succession légale. C’est une succession d’enseignement (à la fois le poste et le contenu véridique enseigné), de bonne conduite et de jugement. Tous ces éléments doivent apparaître ensemble pour avoir la tradition apostolique. Irénée mentionne même la possibilité que certains aient l’apparence extérieure d’un presbytère, mais sans la doctrine et la sainteté réelles d’un presbytre, et il dit que nous devrions nous en séparer.

La primauté de Rome

Irénée est aussi la première source majeure qui revendique une primauté pour Rome. En effet, il considère l’Eglise de Rome comme l’Eglise la plus fiable pour maintenir cette tradition apostolique. Il dit même que toutes les autres Eglises doivent être d’accord avec Rome :

Mais comme il serait très fastidieux, dans un tel volume, de compter les successions de toutes les Églises, nous mettons dans la confusion tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, que ce soit par un mauvais plaisir, par une vaine gloire, ou par un aveuglement et une opinion perverse, se réunissent sans autorisation ; Nous le faisons, dis-je, en indiquant cette tradition dérivée des apôtres, de la très grande, très ancienne et universellement connue Église fondée et organisée à Rome par les deux apôtres les plus glorieux, Pierre et Paul ; ainsi que [en rappelant] la foi prêchée aux hommes, qui est parvenue à notre époque par le biais de la succession des évêques. Car il est nécessaire que toute Église soit d’accord avec cette Église, en raison de son autorité prééminente, c’est-à-dire les fidèles en tout lieu, dans la mesure où la tradition apostolique a été continuellement préservée par ces [hommes fidèles] qui existent partout. (3.3.2)

Dans cette déclaration, Irénée semble impliquer que toute Église en désaccord avec l’Église de Rome doit aussi être en désaccord avec l’enseignement des apôtres. Ce sont même des « réunions non autorisées ». Ainsi, cela semblerait être un fort soutien pour les revendications ultérieures de l’Église catholique romaine, n’est-ce pas ? Nous prétendons que les apôtres ont fondé l’église de Rome, qu’elle a la priorité sur les autres églises et que toutes les autres églises devraient être d’accord avec elle.

Et pourtant, les détails sont en fait encore différents et de manière importante.

La différence la plus évidente entre ce que dit Irénée et l’affirmation catholique romaine moderne est qu’Irénée soutient que l’Eglise de Rome a été « fondée et organisée » par Pierre et Paul. Irénée dit que c’est l’une des raisons pour lesquelles Rome a une autorité prééminente (ce qui signifie aussi « une fondation supérieure »). Elle a été fondée par deux apôtres et les plus glorieux, d’ailleurs. Cette logique est cohérente avec les autres accolades qu’Irénée place sur Rome : c’est l’église la plus grande, la plus ancienne et la plus universellement connue, et elle est composée d’hommes fidèles venus de toutes les parties du monde. Bien qu’impressionnante, cette justification n’est pas la même que celle donnée par l’Église catholique romaine actuelle. Au lieu de cela, le catholicisme romain contemporain dit que le siège épiscopal de Rome détient la plus haute autorité parce que Jésus a conféré une fonction unique à Pierre individuellement. Unam Sanctam rejette explicitement la notion de « deux têtes ». Le Concile de Florence explique que Pierre est le chef de l’Eglise parce qu’il est le vicaire du Christ, et donc la juridiction de Rome est celle du Christ lui-même. C’est donc la singularité de Pierre et sa capacité unique à représenter l’autorité dirigeante du Christ qui fonde la place de Rome. Irénée fait une revendication basée sur la pluralité apostolique. Irénée est en fait en train d’argumenter à partir de l’ethos, faisant appel à la fiabilité éprouvée de Rome. En contraste, le catholicisme romain soutient que sa fiabilité est de droit divin.

Irénée affirme également que Rome est le lieu qui a le mieux préservé la tradition des apôtres, la tradition qu’il vient de défendre est accessible au public et qu’il encouragera d’autres à vérifier en étudiant les Écritures et les écrits de Clément et Polycarpe. Il ne dit pas qu’il en sera toujours ainsi, et il est important de garder à l’esprit qu’Irénée lui-même conseilla à Victor de ne pas excommunier les évêques orientaux qui étaient en désaccord avec la tradition de Pâques. Dans cette lettre, Irénée soutenait que Polycarpe était déjà entré en conflit avec Anicetus, un évêque de Rome, sur la même question. Polycarpe, dans sa dissidence de la tradition romaine, prétendait suivre la tradition de Jean. Ainsi, diverses traditions apostoliques pouvaient entrer en conflit, et Irénée se sentait dans son droit de conseiller l’évêque de Rome. Le désaccord est relaté dans le livre 5 de l’histoire de l’Eglise d’Eusèbe, chapitre 24. C’est intéressant en soi, mais cela deviendra beaucoup plus important lorsque les théologiens et les évêques rejetteront explicitement la décision de l’évêque de Rome (à savoir Tertullien et Cyprien). Si Rome jouissait d’une primauté en raison de son histoire et de ses attributs vertueux, elle n’était pas considérée comme possédant une juridiction de droit divin.

Nous devrions également nous interroger sur l’historicité de certaines des affirmations d’Irénée. Aucun historien ne croit aujourd’hui que Pierre et Paul ont littéralement fondé l’église de Rome. Les écrivains qui viendront immédiatement après Irénée ne répéteront pas cette affirmation, mais ils diront que Pierre et Paul sont morts à Rome et y sont enterrés. Il est possible qu’Irénée n’ait pas voulu affirmer cela littéralement. L’Église de Rome peut avoir été fondée par l’enseignement ou l’influence de Pierre et Paul, plutôt que par une action directe sur le terrain. De même, Irénée décrit l’Église de Rome comme  » la très grande, la très ancienne et universellement célèbre Église fondée et organisée à Rome « . Rome n’était évidemment pas l’Eglise chrétienne « la plus ancienne », mais il convient aussi de souligner qu’Irénée écrit à une époque où la foi chrétienne elle-même n’avait que 150 ans environ. Ainsi, même « très ancien » doit être compris comme servant un but rhétorique. Ce n’est pas le seul endroit où Irénée fait une affirmation déroutante impliquant des dates et des chiffres, et nous devons donc considérer qu’il a eu des hypothèses et des objectifs qui ne nous sont plus familiers. Encore une fois, Irénée semble davantage faire appel à l’ethos par la rhétorique qu’il ne le fait par une revendication historique concrète.

Conclusion sur Irénée

Irénée a beaucoup contribué à notre discussion. Il montre qu’au milieu du deuxième siècle, une fonction épiscopale singulière plus définie était devenue courante. Pourtant, les hommes qui occupaient cette fonction pouvaient encore être appelés presbytres, ce qui montre un lien avec l’état antérieur de la gouvernance de l’Église. On dit de ces hommes qu’ils sont les successeurs des apôtres, et pourtant il est clair aussi qu’ils ne sont pas eux-mêmes apôtres. Ce sont ceux qui ont été enseignés par les apôtres et en qui on peut avoir confiance pour continuer à maintenir l’enseignement des apôtres. Mais Irénée attend aussi de ses lecteurs qu’ils vérifient cette affirmation en comparant les Écritures et l’enseignement public des presbytres et des évêques, pour voir s’ils correspondent. Irénée ne dit pas que les successeurs des apôtres doivent délivrer de nouveaux enseignements, mais plutôt transmettre l’enseignement déjà enseigné. De plus, Irénée croit que la doctrine et la moralité des presbytres sont pertinentes pour reconnaître leur autorité. On attend d’eux qu’ils continuent dans la fonction qui leur est donnée par les apôtres mais aussi dans l’enseignement et la conduite des apôtres. Irénée ne dit pas que ces hommes ne peuvent jamais tomber, mais il donne plutôt à ses lecteurs des critères appropriés pour juger ces hommes et leurs enseignements, à savoir l’enseignement des Écritures et les faits de l’histoire.

Irénée dit aussi que l’église de Rome est un point d’unité, et que toutes les Eglises doivent être d’accord avec Rome. Et encore une fois, la raison en est qu’il peut être démontré qu’il a un héritage vertueux et célébré, ainsi qu’une réputation de fiabilité. En effet, Rome a eu le privilège d’être co-fondée à la fois par Pierre et Paul, et la piété filiale doit donc lui accorder une place d’honneur particulière. Irénée ne dit pas que l’évêque de Rome a juridiction épiscopale sur les autres églises. Dans l’ensemble, il s’agit d’un appel classique à l’ethos, la raison pour laquelle il faut faire confiance à Rome est que Rome est digne de confiance. Et surtout, Irénée croit qu’on peut lui faire confiance pour ne pas innover mais pour transmettre l’enseignement des apôtres.

Irénée nous donne ainsi un cas de développement en cours. Il présente « plus » de preuves que les auteurs précédents, mais encore « moins » qu’il n’est nécessaire pour soutenir les affirmations catholiques romaines modernes. En regardant en arrière à partir de notre point de vue historique, nous pouvons voir d’où viennent ces revendications, mais nous pouvons aussi voir qu’il a fallu les construire, avec de nouvelles pièces posées sur les plus anciennes. Et Irénée n’est pas un simple ajout. Ses écrits doivent être conservés, mais certaines de ses revendications doivent être supprimées.


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