Je veux être guidé par l'Esprit !
6 novembre 2017

10047
Une réflexion courante que j’entends de la part de chrétien, est qu’ils ont pris telle décision ou qu’ils ont telle opinion car ils sont guidés par l’Esprit. C’est un désir qui est juste et bon, mais je crains que derrière ce désir se cache souvent une mauvaise conception de la façon dont l’Esprit transforme les vies.

Le rôle de la conscience

Souvent, on s’imagine que puisque l’on fait quelque chose avec une bonne conscience, cette chose est nécessairement bonne, juste voire guidée par l’Esprit ! Comme si Dieu nous avait donné par la conscience un guide infaillible pour notre conduite et nos choix. C’est à mes yeux une erreur. Qui peut être grave dans ses conséquences.

Premièrement, il faut distinguer la conscience du Saint-Esprit. Eh oui, avant de recevoir l’Esprit par la foi, le chrétien avait déjà une conscience. Tout le monde a une conscience. Ce n’est pas donc pas parce que notre conscience nous dit quelque chose que cela vient de Dieu.

La conscience est un organe qui réagit à ce que l’on croit : si je suis chrétien en Amérique du Sud, il y a de fortes chances que l’enseignement que j’ai reçu condamne le fait de boire du vin. Ainsi, si j’en bois, ma conscience sera souillée parce que je crois que c’est mal. Autre exemple, si je suis un Indien, jeune converti, j’ai été éduqué dans un système de classe et l’on m’a toujours appris à ne pas me mélanger avec les autres castes, « c’est sale ». Je ne peux pas le faire avec une conscience pure. Autre exemple encore, je suis un jeune Palestinien ou Juif converti, on m’a toujours appris à haïr les Juifs ou les Arabes et cela ne me semble pas mal. Après tout, ne sont-ils pas ces vils personnes qui nous persécutent ?

Nous le voyons par ces trois exemples, la conscience du chrétien n’est pas un guide infaillible.

Une solution ?

Mais alors, faut-il abandonner l’idée d’être guidé par l’Esprit ? Non, il faut le faire de la bonne manière. Revenons à nos trois exemples, comment solutionner ces problèmes ? Par l’enseignement. Il faut faire comprendre à ces personnes que tous les humains sont dignes d’amour, en particulier quand ils sont nos frères en la foi et ce, quelque soit leur caste ou leur nationalité. Il faut faire comprendre au chrétien brésilien que l’alcool n’est mauvais que s’il devient notre maître.

C’est ainsi qu’agit l’Esprit, il renouvelle l’intellect (Rom 12:1-2) et enseigne notre conscience. Alors, chrétien, si tu veux être guidé par l’Esprit, n’écoute pas ta conscience, mais laisse-la être transformée par la Parole de Dieu.

2 précisions

Cette courte réflexion nécessite deux réflexions : premièrement, nous voyons que la solution n’est ni d’agir contre sa conscience, ni de l’écouter comme un guide, mais de se soumettre humblement à l’enseignement divin pour réformer notre intelligence et nos idéaux. Finalement, cela précise la responsabilité de ceux que Dieu appelle à enseigner dans l’Eglise : ils ne doivent pas imposer à la conscience des croyants autre chose que la Parole. C’est uniquement dans la mesure où ils enseignent ce que dit la Parole qu’ils peuvent lier nos consciences. Nous devons leur obéir, quand ils enseignent la Parole.

Et si nous n’avons pas de raisons objectives de rejeter l’enseignement, la solution n’est pas de chercher des alternatives, mais de se soumettre même quand c’est difficile.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.