Irénée et la divinité du Christ
1 décembre 2017

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Nous avions déjà traduis un article sur les premiers chrétiens et la divinité du Christ et écrit sur Justin Martyr et l’engendrement éternel du Fils, voici maintenant quelques citations d’Irénée qui confirme que les chrétiens de tous temps ont compris que le Messie est Dieu.

Mais en quoi donc le Verbe de Dieu ou, pour mieux dire, Dieu lui-même, puisqu’il est Parole, sera-t-il supérieur au verbe humain, si l’on trouve en lui le même ordre de succession et le même mode d’émission ?
Contre les Hérésies, Livre II, II, 2.

Car tu n’es pas incréé, ô homme, et tu n’existes pas depuis toujours avec Dieu, comme son propre Verbe
(…)
De même, en donnant au Logos le troisième rang d’émission à partir du Père — ce qui expliquerait que le Logos ignore la grandeur du Père —, on établit une profonde séparation entre le Logos et Dieu. Le prophète disait du Verbe : « Sa génération, qui la racontera ? » Mais vous, vous scrutez la génération du Verbe par le Père.
(…)
Autant de questions qu’il faut réserver à Dieu et à son Verbe.
(…)

le Père, qui a tout en commun avec le Fils
 

Livre II, III, 3 

Il a créé et fait toutes choses, visibles et invisibles, sensibles et intelligibles, célestes et terrestres, par le Verbe de sa puissance, et il a ordonné toutes choses par sa Sagesse ; il contient tout et, seul, ne peut être contenu par quoi que ce soit.
Livre II, IV, 2
Donc ni le Seigneur ni l’Esprit Saint ni les apôtres n’ont jamais appelé Dieu, au sens propre du terme, qui que ce fût qui n’eût pas été le vrai Dieu; jamais non plus ils n’ont appelé Seigneur, de façon absolue, personne d’autre que Dieu le Père, qui domine sur toutes choses, et son Fils, qui a reçu de son Père la souveraineté sur toute la création. Comme le dit ce texte de l’Ecriture : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis comme escabeau sous tes pieds. » Le Père y est montré parlant au Fils : il lui donne l’héritage des nations et lui soumet tous ses ennemis. Puisque le Père est vraiment Seigneur et le Fils vraiment Seigneur, c’est à bon droit que l’Esprit Saint les a désignés par l’appellation de «Seigneur». L’Ecriture dit de même dans le récit de la destruction de Sodome : « Le Seigneur fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe du feu et du soufre venant du Seigneur du ciel. » Cette phrase doit s’entendre en ce sens que le Fils, qui vient de s’entretenir avec Abraham, a reçu du Père le pouvoir de condamner les habitants de Sodome à cause de leur iniquité. Il en va pareillement du texte suivant : « Ton trône, ô Dieu, est pour toujours ; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ta royauté. Tu as aimé la justice et haï l’iniquité; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a consacré par l’Onction. » L’Esprit les a désignés tous les deux par l’appellation de «Dieu», tant celui qui reçoit l’Onction, c’est-à- dire le Fils, que celui qui la confère, c’est-à-dire le Père. De même encore : « Dieu s’est tenu dans l’assemblée de Dieu; au milieu de celle-ci il juge les dieux. » Ce texte parle du Père, du Fils et de ceux qui ont reçu la filiation adoptive. Ces derniers sont l’Eglise : car elle est «l’assemblée de Dieu », que « Dieu », c’est-à-dire le Fils, a lui-même et par lui-même réunie. C’est encore de ce même Fils qu’il est dit : « Le Dieu des dieux, le Seigneur, a parlé et il a appelé la terre. » Quel est ce « Dieu » ? Celui dont il est dit : « Dieu viendra d’une manière manifeste, oui, notre Dieu viendra, et il ne gardera pas le silence. » Il s’agit du Fils, venu vers les hommes dans une manifestation de lui-même, lui qui dit : «Je me suis manifesté à ceux qui ne me cherchaient pas. » Et quels sont ces « dieux » ? Ceux à qui il dit : «J’ai dit : Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. » Il s’agit de ceux qui ont reçu la grâce de la filiation adoptive par laquelle « nous crions : Abba, Père ».
Ainsi personne d’autre, comme je viens de le dire, n’est appelé Dieu ou Seigneur, sinon Celui qui est Dieu et Seigneur de toutes choses — lui qui a dit à Moïse : «Je suis Celui qui suis», et: «Tu parleras ainsi aux enfants d’Israël : Celui qui est m’a envoyé vers vous » — et son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur, qui rend fils de Dieu ceux qui croient en son nom. Il en va encore de même lorsque le Fils dit à Moïse : «Je suis descendu pour délivrer ce peuple. » C’est bien lui, en effet, qui est descendu et qui est remonté pour le salut des hommes. Ainsi donc, par le Fils, qui est dans le Père et qui a en lui le Père, le Dieu « qui est » s’est manifesté, le Père rendant témoignage au Fils et le Fils annonçant le Père, selon ce que dit aussi Isaïe : «Je suis témoin, dit le Seigneur Dieu, ainsi que l’Enfant que j’ai choisi, pour que vous
sachiez et que vous croyiez et que vous compreniez que Je suis. »
(…)

car non seulement ce dernier, mais rien absolument de ce qui a été créé et se trouve dans une condition de dépendance ne peut se comparer au Verbe de Dieu par l’entremise de qui tout a été fait — ce Verbe qui est notre Seigneur Jésus-Christ.
(…)

Qu’il s’agisse en effet des Anges, des Archanges, des Trônes ou des Dominations le Dieu qui est au- dessus de toutes choses les a tous créés et faits par l’entremise de son Verbe. C’est ce que Jean indique expressément, car, après avoir dit du Verbe de Dieu qu’il était dans le Père, il ajoute : « Tout a été fait par son entremise et, sans lui, rien n’a été fait. »
(…)

Il est donc nécessaire que ces êtres aient une appellation différente, même chez ceux qui n’ont qu’un sens rudimentaire de ces distinctions, en sorte que Celui qui a fait toutes choses soit seul, avec son Verbe, à être légitimement appelé Dieu et Seigneur, tandis que ce qui a été fait ne pourra recevoir cette dénomination ni s’attribuer légitimement ce titre, qui appartient au Créateur.

 

Livre III, I, 1

Bref, nous pourrions multiplier les témoignages, mais une chose est indéniable : la divinité du Christ étaient établie dès l’Église ancienne et ceux, comme Irénée, qui soutenaient cela ont été reconnu comme docteurs et ont exercé une grande influence, ce qui témoigne de l’acceptation d’une telle vérité.

 

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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