"Les langues cesseront" : Le don des langues dans 1 Corinthiens 13.8-14.40 (1/16)
26 avril 2018

Articles d’un auteur invité, Calvinyps.


Partie 1 : “Les langues cesseront” (1 Cor 13.8-13)

Lorsqu’on lit 1 Corinthiens 13.8-14.40, la question se pose de savoir si le don des langues est toujours disponible aujourd’hui comme le revendiquent certains, ou s’il ne l’est plus comme le soutiennent d’autres. Il y a dans ces versets des informations vitales qui nous aideront à déterminer, à partir de la Parole de Dieu, quelle position il faut adopter sur ce sujet controversé. On ne peut en effet proposer une évaluation du mouvement charismatique que dans la mesure où nous étudions avec soin la Parole de Dieu pour savoir ce qu’elle dit sur le parler en langue. C’est pour cette raison que je commence cette série de 16 études qui nous permettront, je l’espère, d’étudier pas à pas ces versets si important pour la compréhension de notre sujet.

En 1 Corinthiens 13.8-13, Paul écrit : “L’amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour”.

Même si nous étudions ce passage pour déterminer quelle doit être notre position sur la question du don des langues, il faut bien voir que l’idée principale du passage c’est que la seule chose qui perdurera éternellement, c’est l’amour. Les Corinthiens avaient bien besoin d’entendre ce message parce qu’ils se disputaient sur des questions temporaires en oubliant la seule chose éternelle. La première chose que nous devons donc faire, c’est re-situer ce passage dans son contexte historique.


I. Contexte : La corruption de Corinthe.

1. La corruption de la ville.

La ville de Corinthe était une des villes les plus corrompues de son temps sur le plan moral. Les croyants de Corinthe avaient pour vocation d’être les représentants, les témoins du Seigneur Jésus-Christ dans cette ville. Il s’agissait d’une vocation difficile qui ne pouvait être remplie qu’à condition de se soumettre pleinement à la volonté du Seigneur. La ville de Corinthe était dominée par une ambiance de matérialisme, de concurrence, d’égoïsme, de haine et d’immoralité sexuelle – entre autres… C’est dans cet environnement hostile que les croyants de Corinthe se devaient d’être sel et lumière dans leur culture. Malheureusement, ce n’était pas le cas à cause de :

2. La corruption de l’église.

Le problème, c’est que c’était la ville de Corinthe qui influençait l’église plutôt que l’inverse. La corruption de la ville avait déteint sur l’église. Les chrétiens y étaient devenus charnels, égoïstes et orgueilleux. En fait, tout ce qui caractérisait la cité caractérisait aussi son église, et même leur comportement spirituel se calquait sur celui des religions païennes, séparant les dons spirituels de l’Esprit pour les utiliser dans la chair et sous l’influence du diable.

3. La réaction de Paul.

C’est dans ce contexte que Paul a écrit sa première épître aux Corinthiens pour les réprimander. Et au milieu de tous ce que Paul leur reproche, il leur explique que ce dont ils ont le plus besoin, ce qui leur manque le plus, c’est l’amour. Dans cette église, personne ne faisait passer les autres avant soi-même. Au contraire, les chrétiens ne se supportaient pas, ils se disputaient les uns avec les autres et s’excluaient mutuellement en fonction des petits clans qu’ils formaient. Ils s’adonnaient ensemble à l’immoralité sexuelle, ils s’attaquaient en justice les uns les autres, ils se croyaient supérieurs les uns aux autres, les époux n’exerçaient pas l’un envers l’autre leurs devoirs conjugaux, ils divorçaient, ils dénaturaient la place de la femme dans la réunion de l’église, les riches laissaient les pauvres mourir de faim alors même qu’ils se goinfraient faisant même de la Sainte-Cène une orgie où certains étaient ivres, et chacun se vantait des dons spirituels qu’ils avaient reçus.

Il s’agissait là d’autant de preuves qu’ils leur manquaient l’amour. C’est pourquoi, lorsque Paul parle au v.8-12 de l’amour, il est en fait en train de dire : “Vous feriez mieux de vous concentrer sur l’amour, parce que c’est la seule chose qui compte, c’est ce qui est éternel. Au lieu d’être tellement préoccupés par l’obtention des dons les plus visibles et tape-à-l’oeil, préoccupez-vous plutôt de l’amour. Au lieu de devenir jaloux et mécontents parce que vous n’avez pas le même don que votre voisin, rechercher plutôt l’amour. Pourquoi ? Parce que l’amour ne périt jamais”.

4. L’amour ne périt jamais.

“L’amour ne périt jamais”… Paul vient de définir l’amour au v.4-7 et explique maintenant que l’amour ne périt jamais. Le mot grec traduit ici par “périr” est un mot intéressant. On pourrait traduire littéralement ce verbe par “tomber par terre”. Ce verbe était par exemple utilisé pour parler des pétales de fleur qui tombent à terre après avoir fanés. L’amour ne pourra donc jamais faner et tomber à terre. L’amour ne sera jamais abolie, parce que l’amour est une fleur qui ne fanera jamais.

Donc, ce que Paul dit ici aux Corinthiens, c’est qu’ils doivent s’agripper à ce qui est éternel – l’amour qui ne périt jamais – et arrêter de chicaner sur ce qui est temporaire.

Cette phrase – “l’amour ne périt jamais” – est cependant souvent mal comprise. Par exemple, certains pensent que cette phrase veut dire que “l’amour surmonte toujours les situations les plus difficiles”, que si l’on fait preuve d’amour, les choses iront beaucoup mieux. Je ne pense pas que c’est ce que Paul est en train de dire.

En effet, Paul a vécu à plusieurs reprises des expériences qui contredisent cette compréhension, et donc ça ne peut pas être ce qu’il veut dire ici. Dans plusieurs villes où il est passé, Paul a aimé et fait du bien à plein de gens. Pourtant, son amour a été méprisé et rejeté. Le Seigneur Jésus lui-même a aimé le monde avec un amour insondable, et pourtant le monde a refusé et rejeté son amour, pour continuer à marcher hors de sa présence, dans des ténèbres où ne brille pas la lumière de son amour. Le jeune homme riche a eu l’occasion de recevoir l’amour de Jésus, mais il s’en est détourné. Judas a passé trois ans dans la présence aimante de Christ, et pourtant lui aussi s’en est finalement détourné. Et lorsqu’on utilise ce texte pour en faire un sermon de mariage, on ne se rend pas compte que dans les faits beaucoup d’époux se détournent de l’amour qu’ils avaient pour leur épouse et que beaucoup d’épouses se détournent de de l’amour qu’ils avaient pour leur époux. Donc dans ce sens, l’amour ne gagne pas toujours. Mais ce n’est pas ce que Paul était en train de dire.

Ce que Paul est en train de dire, c’est que l’amour est éternel, et que parce que l’amour ne périra jamais, nous devons nous rendre compte que c’est dans l’amour que nous devons investir. C’est pour cette raison que dans l’église chacun doit aimer tous les autres, parce que si chacun aime tout les autres, alors ils se feront les serviteurs les uns des autres dans l’amour, et Christ sera présenté de façon visible au monde. Paul est donc en train de dire ici que l’amour est la ligne directrice de toute la vie de l’église.

5. Parler avec amour du don des langues.

C’est dans cet état d’esprit que je souhaite discuter de la question du parler en langue. Je traiterai ce sujet depuis une perspective théologique et biblique, et non de façon personnelle. Comprenez que même s’il est vrai que je ne suis pas d’accord avec tout ce qui passe dans les différents mouvements charismatiques, c’est avec l’amour dont parle 1 Corinthiens 13 que je veux traiter ce sujet. L’attitude que nous devons avoir les uns les autres dans la communion avec Christ est une attitude d’amour. Tout ce que je veux faire dans cette série, c’est étudier dans l’amour ce qu’ils n’ont peut-être pas forcément tous considéré avec assez de soin.

II. L’idée principale : La permanence de l’amour (v.8-13).

L’affirmation que nous trouvons au début du verset 8 – “l’amour ne périt jamais” – sert de résumé à toute la fin du chapitre 13. Tout ce qui est dit dans les versets qui suivent sert en effet à commenter, à expliquer, à exposer que l’amour ne périt jamais mais qu’il perdure. Même l’espérance et la foi, dont notre passage dit qu’elles demeurent, prendront un jour fin, car un jour nous verrons notre espérance se réaliser, “or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ?” (Rom 8.24). De même, le jour vient où nous ne marcherons par la foi, mais par la vue, lorsque nous verrons de nos yeux celui en qui nous avons mis notre foi. Mais l’amour, l’amour n’aura pas de fin. C’est pourquoi la Bible ne dit ni que Dieu est espérance ni que Dieu est foi ; mais elle dit que Dieu est amour (1 Jn 4.8). L’amour ne périra que lorsque Dieu périra, c’est-à-dire : jamais. L’amour ne périt jamais.

Afin de démontrer la permanence de l’amour, Paul établit un triple contraste entre l’amour et les dons : 1) les dons sont temporaires, mais l’amour est éternel ; 2) les dons sont partiels, mais l’amour est parfait ; et 3) les dons correspondent à l’enfance, l’amour à l’âge adulte. Les dons sont temporaire, partiels et correspondent à l’enfance de l’Eglise, mais l’amour est éternel, parfait et correspond à l’âge adulte de l’Eglise. Aujourd’hui, nous commencerons à examiner le premier de ces trois point :

III. Les dons sont temporaires, l’amour est éternel.

“L’amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra”. Paul dit ici que les trois grands dons – les prophéties, les langues et la connaissance – disparaîtront. Ces dons existent pour une période limitée, par opposition à l’amour qui est éternel.

1. Le contexte dans lequel les dons étaient exercés.

Paul choisit d’établir un contraste entre les dons spirituels et l’amour parce que ces dons étaient très estimés dans l’église de Corinthe. Les Corinthiens étaient orgueilleux, égoïstes et égocentriques. Ils s’agissaient de m’as-tu-vus spirituels qui désiraient les places en vue de l’assemblée. Pour eux, les dons spirituels étaient quelque chose de très important : ils faisaient la démonstration de leur spiritualité en manifestant leurs dons. En réalité, les dons qu’ils manifestaient étaient sans doute pour la plupart des contrefaçons charnelles ou sataniques des vrais dons spirituels. Toujours est-il que ces dons concentraient une grande partie de leur attention.

Lorsqu’on lit la première épître aux Corinthiens, on se rend compte avec étonnement que dans les 16 chapitres de l’épître il n’y a pas une seule référence à des anciens qui dirigeraient l’église. On peut donc supposer qu’en fait personne ne dirigeait l’église et que les Corinthiens se rassemblaient pour le culte de Dieu avec l’idée que l’on louerait Dieu de façon totalement libre, d’une façon spontanément dirigée par le Saint-Esprit. C’est en tout cas ce que nous pouvons déduire de ce que Paul dit à la fin du chapitre 14 (”Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes” et “que tout se fasse avec bienséance et avec ordre”). Les remontrances de l’apôtre nous montrent qu’une église ne doit pas fonctionner sans conducteurs, que Dieu n’a jamais considéré que l’église serait la simple réunion de personnes qui agissent selon leurs propres ressentis. L’église, et le culte qu’elle rend à Dieu, doit avoir une structure, un ordre. Pourquoi ? Parce que Dieu est un Dieu d’ordre (v.33).

L’église de Corinthe n’avait ni conducteurs, ni ordre. Au contraire, ils avaient décidés de se réunir chaque semaine pour savoir qui avait le don le plus important. C’est pourquoi Paul leur explique que ces dons qu’ils exaltent, ces expressions de leur prétendue spiritualité ne sont que temporaires (même les dons authentiques – et c’est sans parler des contrefaçons…) alors que l’amour ne périra jamais. “L’amour est la voie par excellence”.

2. Définition des dons dont Paul parle.

Paul parle d’abord du don de prophétie : “Les prophéties prendront fin”. Le don de prophétie donnait la capacité de proclamer publiquement la vérité divine. Etymologiquement, le mot grec pour “pro-phétie” veut dire “parler devant”. Le prophète était celui qui était rendu capable de parler devant l’assemblée pour révéler les vérités que Dieu lui donnait. Et au temps des Apôtres, ce don était très utile parce qu’il permettait de donner aux assemblée une compréhension nouvelle de l’Ancien Testament à la lumière de la vie, de la mort, de la résurrection et de l’ascension de Jésus-Christ. La finalité de ce don est donnée en 1 Corinthiens 14.3 où Paul explique que “celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console”. Le prophète était donc quelqu’un qui avait reçu le don d’annoncer un message qui édifie, exhorte et console. Ce message, c’était bien sûr l’Evangile et toutes les implications qui s’y trouvent. Tel était le don de prophétie.

Paul mentionne aussi le don de connaissance : “la connaissance disparaîtra”. En 1 Corinthiens 12.8, Paul parle de ce don comme d’une “parole de connaissance”, ce qui veut dire que le don de connaissance était un don qui permettait de parler et que les Corinthiens exerçaient en assemblée. Ce don était probablement très proche du don de prophétie, et se confondait peut-être avec lui, car Paul semble les définir l’un par rapport à l’autre en mettant en équivalence en 1 Corinthiens 13.2 “don de prophétie, science de tous les mystères et connaissance”. Même s’il nous manque des éléments pour définir plus précisément ce don, on peut considérer qu’il s’agissait d’une capacité surnaturelle à comprendre la Parole de Dieu (à cette époque, il n’avait que l’Ancien Testament) et à l’enseigner à la lumière de l’enseignement des apôtres et des prophètes. Ce don d’enseignement était certainement l’un des dons les plus en vue chez les Corinthiens.

Paul mentionne enfin le don des langues. Lorsque nous étudierons 1 Corinthiens 14, je montrerai pourquoi le mot traduit par “langues” servait à désigner la capacité surnaturelle à parler des langues étrangères (humaines) que l’on n’avait jamais apprises. La finalité de ce don était d’être, nous le verrons également en 1 Corinthiens 14, d’être un signe de jugement sur les Juifs non-chrétiens.

3. La cessation des dons.

Le v.8 énonce clairement que ces trois dons – la prophétie, la connaissance et les langues – cesseront un jour. La question à laquelle il faut répondre est donc : quand ? Nous répondrons à cette question dans la prochaine étude, mais nous allons dès maintenant nous attacher à préparer le terrain à cette réponse.

Avant toute chose, il faut reconnaître qu’il y a un désaccord inhérent entre mes frères pentecôtistes et charismatiques d’une part, et les cessationistes – dont je fait partie – d’autre part. A la question “Quand les dons disparaîtront-ils ?”, charismatiques et pentecôtistes répondent qu’aucun de ces trois dons n’ont cessé, et qu’ils ne disparaîtront que dans le futur, à savoir lorsque Christ reviendra. A l’opposé, les cessationnistes disent que ces dont ont cessé à la fin de la période apostolique. Laquelle de ces deux théories est correcte ? Regardons si la Bible peut nous aider à répondre à cette question.

La première chose que certains charismatiques ont souvent tendance à faire, c’est de dire qu’il n’y a aucun verset dans la Bible qui dit que les langues ont cessé, et donc que ça veut dire que les langues continuent. Il faut admettre qu’ils ont raison lorsqu’ils avancent qu’il n’y a aucun verset spécifique dans la Bible qui affirme explicitement que les langues ont cessé ; mais il faut aussi admettre qu’il n’y a pas non plus de verset spécifique dans la Bible qui affirme explicitement que Dieu est trois en un, même s’il l’est. Dire que quelque chose n’est pas vrai simplement parce que la Bible ne le dit pas explicitement est un argument bien faible. Il y a en effet beaucoup de vérités bibliques qui nous sont donnés dans la globalité de l’Ecriture et non en un endroit spécifique. Il n’y a aucun verset qui dit explicitement que Jésus est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme d’une façon indivisible, même si c’est pourtant bien là l’essence de la personne de l’homme-Dieu Jésus-Christ. Comment le savons-nous ? Nous le savons parce que nous avons un ensemble de faits bibliques qui nous obligent dans leur globalité à déduire que Christ est pleinement Dieu et pleinement homme d’une façon indivisible. Ce n’est donc pas un bon argument de dire qu’il n’y a aucun verset spécifique qui affirme explicitement cela et que cela veut donc dire que les langues n’ont pas cessé.

Grâce au v.8, nous savons que tous les dons cesseront à un moment ou à un autre. Mais si l’on regarde le v.8 d’un peu plus près, on peut découvrir les distinctions importantes que l’apôtre Paul et le Saint-Esprit font entre les langues, la prophétie et la connaissance. Les différents mots utilisés dans le grec indiquent que les langues ne cesseront pas au même moment que la prophétie et la connaissance. Cela est très important pour notre discussion, et je vais maintenant essayé de vous convaincre de la justesse de cette affirmation.

La première distinction que l’on trouve est dans le choix des mots utilisés. Au début du v.8 il est dit que “Les prophéties prendront fin” alors qu’à la fin du v.8 il est écrit que “la connaissance disparaîtra”, mais dans les deux cas, c’est le même mot qui est utilisé pour décrire la cessation de la prophétie et de la connaissance : KATARGEO, qui signifie “être aboli”, “être rendu inopérant”.

En ce qui concerne la cessation des langues, c’est un mot tout à fait différent qui est utilisé : PAUO, qui signifie “arrêter”. Lorsque le Saint-Esprit dit que “les langues cesseront”, qu’elle s’arrêteront alors qu’il utilise un autre mot pour décrire la cessation de la prophétie et de la connaissance qui seront rendus inopérantes, il est bon de prendre au sérieux cette distinction que Paul fait sous l’inspiration de l’Esprit.

La seconde distinction que l’on trouve entre ces deux verbes est dans le choix des voix utilisées. Le verbe katargeo qui décrit la cessation des prophéties et de la connaissance est utilisé au mode passif. On utilise le passif pour signifier que le sujet reçoit l’action que décrit le verbe. Donc, dans le cas de la prophétie et de la connaissance, il faut comprendre qu’elles seront rendus inopérantes par quelque chose d’autres. De quoi s’agit-il ? Les v.9-10 nous le dit : “nous connaissons en partie [don de connaissance] et nous prophétisons en partie [don de prophétie], mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra [Grec : katargeo]”. Qu’est-ce donc qui viendra pour rendre inopérante la prophétie et la connaissance ? C’est “ce qui est parfait” et que nous identifierons dans une prochaine étude. Il est ici significatif que les langues n’apparaissent pas aux v.9. Pourquoi ? Parce que seules la prophétie et la connaissance seront rendues inopérantes par “ce qui est parfait”.

En effet, le verbe utilisé pour décrire la cessation des langues (pauo) n’est pas utilisé à la voix passive mais à la voix moyenne. Il y a en grec trois voix : la voix active, la voix passive et la voix moyenne. Lorsqu’on dit “j’ai tapé dans le ballon”, on utilise la voix active. Lorsqu’on dit “le ballon m’a tapé”, on utilise la voix passive. Lorsqu’on dit “je me suis tapé”, on est en train d’utilisé un équivalent français de la voix moyenne grecque. Autrement dit, en grec, la voix moyenne a un aspect réflexif qui indique que le sujet agit sur lui-même. On pourrait donc traduire littéralement que “les langues cesseront d’elles-mêmes”. C’est en tout cas ce que peut suggérer ici l’utilisation de la voie moyenne.

La déduction inévitable de ce que nous avons dit ici, c’est que le don de prophétie et de connaissance doivent continuer jusqu’à “ce qui est parfait” vienne et les rende inopérantes alors que le don des langues doit disparaître de lui-même. C’est ce que l’on déduit inévitablement de ce texte si l’on considère que les distinctions que nous avons relevées dans le grec sont significatives.

Adapté de John MacArthur dans son guide d’étude The Permanence of Love.

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Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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