Que sont les langues modernes ? : Le don des langues dans 1 Corinthiens 13.8-14.40 (4/16)
30 avril 2018

Article de Calvinyps, auteur invité.


Partie 4 : les hypothèses cessationistes concernant le phénomène contemporain des langues – 1 Corinthiens 13.8-10

Rappel des épisodes précédents :

Dans l’article précédent nous avons vu que l’idée principal du passage était l’importance et la priorité de l’amour ; et que ce n’était que de façon périphérique que ce passage abordait le sujet des langues ; que cependant nous nous sentions contraint de traiter le sujet étant donnée la différence que nous constatons entre ce que nous trouvons dans la Bible et ce que nous voyons dans le christianisme contemporain ; et que par conséquent c’était notre devoir de traiter du don des langues, mais que ce faisant nous devions le faire avec amour envers nos frères et soeurs charismatiques. Que le lecteur ne perde jamais de vue que tout ce qui est écrit ici se veut être écrit dans l’amour – ainsi le lecteur charismatique ne devra pas se sentir personnellement attaqué – et que par conséquent rien de ce qui n’est dit ici ne devra être répété sans amour – ainsi le lecteur cessationiste ne devra pas se servir de ce qui est écrit ici comme un arme de destruction massive pour anéantir ceux qui sont bel et bien ses frères.

Précédemment, nous avons vu que le premier contraste que Paul établissait entre les dons et l’amour, c’est que les dons étaient temporaires alors que l’amour est éternel : “L’amour ne périt jamais. Les prophéties prendront fin [lit. ’seront abolies’], les langues cesseront[lit. ‘cesseront d’elles-mêmes]], la connaissance disparaîtra [lit. ’seront abolies’]. Au v.8, Paul utilise le verbe katargeo à la voix passive pour décrire ce qui arrivera à la prophétie et à la connaissance, ce par quoi nous devons comprendre qu’elles seront abolies par un événement extérieur. Mais le verbe qui est utilisé pour décrire ce qui arrivera au don des langues est très différent : il s’agit du verbe pauoemployé à la voie passive, ce par quoi nous devons comprendre que le don des langues cessera de lui-même. D’après 1 Corinthiens 13.9-10, la connaissance et la prophétie seront abolies par “ce qui est parfait”. Remarquons que Paul ne mentionne pas ici le don des langues. Pour quelle raison ? Parce que rien ne doit abolir le don des langues, puisque les langues cesseront d’elles-mêmes avant que “ce qui est parfait” arrive.

Nous avons également vu dans le deuxième article de cette série les six raisons qui nous amènent à conclure que les langues ont cessé lors de l’époque apostolique. Ces six raisons peuvent être synthétisées de la façon suivante : 1. La finalité du don des langues a été atteint lors de l’époque apostolique ; et 2. Il est indéniable que, d’un point de vue historique, le don des langue a cessé.

I. Les réponses continuationistes à l’argumentation cessationiste.

Nos frères et soeurs charismatiques ne peuvent logiquement répondre à l’argumentation cessationiste que de deux façons, que nous décrivons ci-dessous.

1. En affirmant que le don des langues n’a jamais cessé.

Certains charismatiques diront que des gens comme Montanus, Mère Ann Lee et les quelques autres personnes qui, au cours de l’histoire, ont pratiqué un langage extatique sont leurs prédécesseurs. Le problème avec cette position, c’est que cela fait des charismatiques les héritiers d’une grande lignée d’hérétiques notoires, en marge du christianisme. Du coup, c’est comme s’ils disaient “notre mouvement a fait partie de l’église hérétique depuis des siècles”… Je ne suis pas sûr qu’il s’agit de la conclusion à laquelle ils veulent arriver. Il n’y a alors qu’une seule autre manière d’expliquer pourquoi ces dons seraient disponibles aujourd’hui :

2. En affirmant que les langues ont une fois cessé mais qu’elles ont recommencé.

C’est ce que pensent la plupart des charismatiques. La question qu’il faut se poser est alors : pour quelle raison le don des langues est-il à nouveau donné ? La réponse la plus convaincante que j’ai pu entendre, c’est que nous vivons dans les derniers jours et que par conséquent nous avons besoin de manifestations plus visibles du Saint-Esprit. Le problème avec cette réponse, c’est qu’il s’agit exactement de l’explication que l’hérétique Montanus fournissait au milieu du IIè siècle à ceux qui lui demandaient pourquoi le don des langues avaient cessé puis était réapparu. Cette explication ne nous apparaît vraiment pas convaincante, surtout si l’on considère que nous sommes dans la fin des temps depuis que Jésus-Christ est mort, qu’il a été enseveli, qu’il est ressuscité le troisième jour, qu’il s’est assis à la droite du Père d’où il reviendra pour juger les vivants et les morts. Autrement dit : la fin des temps est toute la période qui va de l’Ascension de Jésus à sa deuxième venue, et pour cette raison, il ne nous semble pas pertinent d’avancer que les langues seraient réapparues parce que nous serions entrés dans la fin des temps.

II. Quelques hypothèses envisageables concernant le phénomène contemporains des “langues”.

Vu tout ce que nous avons dit jusqu’ici, le lecteur avisé se posera la question suivante : “Si la théorie de la cessation du don des langues est vrai, et si donc ce qui est rapporté dans nos églises n’est pas biblique, de quoi s’agit-il alors ? Comment expliquer que tous ces gens semblent parler en langue ?”. Voici les explications que nous avançons :

1. Chez ceux qui ne sont pas chrétiens, le parler en langue peut être une manifestation satanique ou démoniaque.

Toutes les fausses religions de notre monde proviennent d’une seule et même personne : Satan. Donc, là où le phénomène des langues est associé à une fausse religion, il est hautement probable que cette pratique du langage extatique ait sa source première en Satan ou en ses démons.

Joseph Dillow, dans un livre intitulé Speaking in Tongues, rapporte, en fournissant toutes les références nécessaires pour être crédible, que : “L’Encyclopaedia Brittanica cite plusieurs exemples de parler en langue dans les cultes païens (…). D.C. Graham rapporte le cas d’une fille de la province chinoise du Sichuan qui était possédée par des démons et qui ‘commença à émettre des paroles de façon incohérente’. Edward Langston raconte qu’en Afrique de l’est, beaucoup de personnes lorsqu’elles sont possédées par des démons parlent couramment le Swahili ou l’Anglais alors qu’en temps normal elles ne comprennent aucune de ces deux langues. Junod rapporte que parmi les Tongas au Mozambique, lorsque l’on veut chasser un démon d’une personne, celle-ci doit chanter un chant curatif qu’elle doit composer elle-même. Habituellement, les chansons sont composés dans la langue zoulou, et ce, même lorsque la personne ne connaît pas cette langue : dans ce cas, on prétend qu’une ’sorte de miracle des langues’ a lieu. Si l’on se plonge dans les références historiques, on peut remonter jusqu’à Virgile (70-19 av. J.-C.) qui mentionne dans son Enéide le parler en langues des prêtresses sybillines (ou ‘pythies’) dédiées au culte d’Apollon. De nos jours, la pratique du langage extatique se retrouve chez certains Musulmans, et chez les Esquimaux du Groënland. Apparemment, les alchimistes non-chrétiens du Moyen-Âge auraient parlé en langues ce qui leur auraient permis d’être craint du peuple qui les considérait comme des sorciers. Au Gabon, les membres de la secte du Bwiti pratiquent le parler en langue. Le laboratoire de parapsychologie de University of Virginia Medical School a rapporté des occurrences de parler en langues occulte. Une actrice turque a prétendu qu’elle a appris la “langue du Jakosta” d’un homme noir qu’elle rencontrait dans ses rêves. Joseph Smith, le fondateur du mormonisme, apprit à ses disciples à parler en langue selon les modalités suivantes : ‘Soulevez votre pied, parlez ou faites un son, continez à faire des sons d’une manière ou d’une autre, et de ceci le Seigneur fera une langue” [Speaking in Tongues, ed. Zondervan, 1975, pp. 172-173].

Ainsi, Satan et ses démons sont capables de produire chez les non-chrétiens ce phénomène des langues que nous trouvons par ailleurs chez des chrétiens authentiques. Ceci nous indique que la simple existence de la pratique du parler en langue ne signifie pas qu’il vient de Dieu. Et ceci nous montre aussi que tous ceux qui parlent en langues ne sont pas nécessairement régénérés, y compris dans nos églises.

Mais alors, comment peut-on rendre compte de ce phénomène des langues chez d’authentiques chrétiens ? C’est ce que nous voyons maintenant :

2. Il peut s’agir parfois d’un “comportement appris”.

La plupart du temps, le “parler en langue” est une expérience qui n’est ni surnaturelle, ni miraculeuse, mais qui est simplement quelque chose que la personne a appris à faire. Je pense personnellement qu’il s’agit de l’hypothèse qui rend compte de la plus grande partie de ce que nous voyons aujourd’hui survenir au sein du mouvement charismatique. Les gens y apprennent simplement à parler en langue.

John Kildahl, dans son livre The Psychology of Speaking in Tongues [ed. Harper & Row, 1972] déclare que le parler en langue est clairement un “comportement appris”. John Kildahl, un psychologue clinique, et Paul Qualben, un psychiatre, ont été mandaté par l’Eglise Luthérienne Américaine et par le National Institute of Mental Health pour conduire une étude sur le phénomène des langues. Leur conclusion est que la majorité écrasante des occurrences du parler en langues se rapporte simplement à un “comportement appris” : les gens apprennent à parler en langues parce qu’on leur a dit que c’était ce qu’il fallait faire.

John MacArthur observe ainsi que dans certaines assemblées charismatiques qu’il a visité, il y a une forte pression pour que chacun parle en langue :

Je suis allé une fois à une réunion des Children of God pour persuader une de mes connaissances à sortir, pour la convaincre de se sous-tirer de leur influence et pour voir comment ça se passait là-bas. Alors que j’étais assis dans l’entrée, j’ai pu entendre ce que disait une personne qui essayait d’apprendre à parler en langue à un nouveau converti. De la manière la plus laborieuse, il encourageait ce pauvre homme à recevoir le don des langues. Et bien qu’il faisait de son mieux pour lui expliquer toutes les étapes à respecter et toutes les techniques pour parler en langues, le nouveau converti ne comprenait vraiment pas ce qu’il devait faire.

Une autre fois, alors que je regardais une émission charismatique à la télévision, le présentateur interrogea une personne qui avoua avoir des problèmes spirituels. Alors, le présentateur lui demanda : “Avez-vous parlé en langues et utilisé votre langage de prière chaque jour ?”. “Eh bien, en fait, non”, répondit la personne interrogée. “Voilà votre problème”, répliqua le présentateur, “Il vous faut le pratiquer tous les jours. Et peu importe comment vous commencez, parce qu’une fois que vous avez commencé à parler en langues, le Saint-Esprit prend la relève”. Lorsque j’entendis cela, je me dis immédiatement : “Si le Saint-Esprit veut tellement qu’il parle en langues, pourquoi ne le fait-il pas commencer à parler en langues tout de suite ? Je suis sûr que l’Esprit pourrait y arriver tout seul…”. Tout ceci n’a aucun sens. De plus, ne voyez-vous pas combien ce serait une chose intimidante que quelqu’un vous dise : “Votre problème spirituel provient de ce que vous ne parlez pas en langues…” ?

Si parler en langue est un “comportement appris” qui est provoqué sous la pression de quelqu’un d’autre, alors il y a là un potentiel important de “désillusion”. Pourquoi ? Parce qu’après avoir vécu cette expérience du parler en langues, les gens peuvent réaliser qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’un “comportement appris”, qu’il n’y a dans cette expérience rien de surnaturel, et que les promesses que l’on avait attaché au parler en langues ne se sont pas accomplies. Les gens qui parlent en langues se rendent compte qu’ils ont les mêmes problèmes dans leur vie qu’ils parlent ou qu’ils ne parlent pas en langues. Ils peuvent ainsi vivre une parfaite “désillusion”. Pour Kildahl et Qualben, plus la personne est sincère lorsqu’elle commence à parler en langues, plus la “désillusion” sera grande lorsqu’elle se rendra compte qu’il s’agit d’un “comportement appris”.

Kildahl et Qualben montrent aussi que la pression de groupe et le désir d’appartenance provoquent une fort sentiment d’identification et d’attachement au leader ou au groupe. Ce qui est intéressant, c’est que lorsque des gens perdent confiance en leur leader ou en leur groupe, ils s’arrêtent aussi de parler en langues.

(Note de Maxime : Ce que l’auteur décrit est arrivé aussi a plusieurs membres de ma famille qui ont « parlé en langues » pour un temps avant de reconnaître que cela était appris et n’avait rien de spirituel.)

Le parler en langue contemporain est donc essentiellement un comportement appris. Mais une autre explication du parler en langues que nous ne devons pas écarter, c’est que :

3. Il peut s’agir parfois de quelque chose de psychologique.

Certaines des occurrences les plus curieuses de parler en langues peuvent avoir une explication psychologique.

Tout d’abord, on peut évoquer le mécanisme des automatismes moteurs.

Vous est-il déjà arrivé de voir aux informations ces adolescentes complètement en transes à l’idée de voir leur chanteur préféré ? Dans un état d’excitation avancée, d’émotion, de ferveur et dans une ambiance survoltée et bruyante, certaines perdent le contrôle de leur cordes vocales et de leurs muscles. Et parfois, elles tombent dans les pommes. Pourquoi ? Parce que des automatismes moteurs ont été mise en route sous l’effet d’une émotion forte qui court-circuite le contrôle normal du corps, du langage ou de la conscience. Psychologiquement, donc, il y a une forme de parler en langue qui s’explique comme un automatisme moteur décrit cliniquement comme le fait que “la conscience se détache de façon radicale de ce qui l’entoure”.

Les automatismes moteurs consistent en la dissociation de l’action des différents muscles et de leur contrôle par la conscience. Certains appellent cela “extase” que l’on peut définir comme “un état plaisant d’émotion intense associé à un état altérée de la conscience”. Nous avons tous fait ce genre d’expérience à un certain niveau soit que nous nous soyons sentis un peu déconnecté de la réalité, soit que notre tête commença à tourner, soit que nous ayons été proche de l’évanouissement dans des moments de grandes émotions. Et il faut dire qu’avec l’ambiance fortement émotionnelle – jusque dans la musique – que l’on retrouve dans la plupart de rassemblements charismatiques, il n’est pas improbable d’y trouver certaines personnes qui perdent un peu le contrôle d’elle-même et qui se mettent à parler en langues.

Une autre explication psychologique que l’on peut envisager se situe dans le domaine de l’hypnose.

Psychologiquement, les langues peuvent en effet également être expliquées comme un phénomène d’hypnose, qu’il s’agisse d’hypnose collective, d’hypnose individuelle ou d’auto-hypnose. Kildahl and Qualben affirment que “pour qu’une personne puisse parler en langues, il faut nécessairement qu’elle soit hypnotizable”.[The Psychology of Speaking in Tongues, p. 54]. Voici ce que John MacArthur note à ce sujet :

Saviez-vous que tout le monde n’est pas hypnotizable ? Moi, je ne le suis pas. Certains ont essayé de m’hypnotiser, mais ils n’y sont pas parvenu, probablement parce que j’attache trop d’importance au fait, ou alors parce que j’ai une certaine force d’esprit. Mais d’après Kildahl et Qualben, les personnes qui parlent en langues sont celles qui sont le plus sujettes à la soumission, à la suggestion, et qui ont le plus tendance à être dépendante d’un leader. Ce qui arrive lorsque des personnes désirent assez appartenir à la communauté, c’est qu’ils deviennent plus sujets à la puissance de la suggestion, et ainsi, lorsque l’émotion et la pression montent, ils commencent à parler en langues.

A vrai dire, il n’est pas franchement utile de chercher toutes les explications psychologiques imaginables qui peuvent rendre compte de chaque occurrence du parler en langues dans notre monde d’aujourd’hui. La raison pour laquelle nous avons avancé ces explications, c’est afin de montrer qu’il y a plusieurs autres explications au parler en langues que l’affirmation que celui-ci provient du Saint-Esprit. En fait, nous croyons que ça ne vient pas du Saint-Esprit puisque, précisément, la Bible dit que le don des langues devait disparaître, et qu’il a historiquement déjà disparu une fois pour toute.

Le Dr E. Mansell Pattison qui est membre de la Christian Association for Psychological Studies et qui enseigne à University of Washington School of Medicine fait l’observation suivante : “Le résultat de notre analyse est la démonstration des mécanismes tout naturel qui provoquent la glossolalie. En tant que phénomène psychologique, la glossolalie est facile à produire et est facile à comprendre. Je peux ajouter à cela mes propres observations tirés d’expériences cliniques concernant des patients en neurologie et en psychiatrie. Dans certains cas de maladies cérébrales résultant d’attaques, de tumeurs, etc., le patient émet de façon automatique des paroles incohérentes. Si nous étudions ces patients ‘aphasiques’, nous pouvons observer un langage semblable à celui observé dans le phénomène de glossolalie”.

“La même décomposition du langage existe dans le mode de pensée et d’expression du schizophrène que ce que l’on trouve dans la structure de la glossolalie. Ces données peuvent être compris comme la démonstration que le même type de langage sera observé à chaque fois que l’on perd le contrôle volontaire de sa parole – lorsque le fonctionnement normal du cerveau est altéré soit par une maladie physique, soit une psychose, soit par une renonciation passive du contrôle volontaire”. Entrer dans un état de “renonciation passive du contrôle volontaire” est essentiellement ce qu’on enseigne à ceux qui veulent parler en langues. On leur apprend à se détendre, à perdre le contrôle de leur voix, à simplement dire des mots et à simplement dire des sons sans penser à ce qu’on dit. Le Dr Pattison continue en disant que “cela corrobore notre affirmation précédente que la glossolalie est un mode stéréotypé de comportement vocal inconsciemment contrôlé qui apparaît sous certaines conditions émotionnelles [Speaking in Tongues and About Tongues in Christian Standard, 15/02/64, p. 2].

La conclusion du Dr Pattison est donc que la glossolalie (les langues) peuvent survenir à chaque fois que l’on perd le contrôle volontaire de sa parole – que ce soit pour des raisons psychologiques ou physiologiques.

Nous avons ici avancé quelques hypothèses pour expliquer ce qu’était le phénomène actuel du parler en langue. Il nous faut maintenant comprendre pour quelles raisons ce phénomène attire tant de personnes.

III. Quelques raisons pour lesquelles le parler en langue attire.

1. Celui qui parle en langue démontre sa soif spirituelle.

Je pense que la raison principale pour laquelle les langues sont si recherchées de nos jours ces parce que nous avons une grande soif spirituelle. On raconte dans nos milieux que le parler en langues est une grande expérience spirituelle, et cela sous-entend que si nous ne l’avons pas nous passons à côté de quelque chose. La faute d’une telle soif pour le spectaculaire vient probablement de ce que nos églises ne sont pas capables d’enseigner correctement la Parole de Dieu en sorte que le peuple de Dieu en soit suffisamment nourri ; et alors un substitut est trouvé dans une expérience extatique.

2. Le parler en langue permet de s’exprimer spirituellement.

Les chrétiens cherchent un moyen de s’exprimer spirituellement. Beaucoup d’entre eux vont dans une église depuis des années mais ne sont pas vraiment engagé au sein de leur communauté. Le parler en langue devient alors une façon d’impliquer tout le monde.

3. Le parler en langues convient à une spiritualité instantanée.

Au sein du mouvement charismatique, le parler en langue est considéré comme une manifestation de spiritualité ou de sainteté de sorte que ceux qui désirent une reconnaissance externe et immédiate de leur spiritualité peuvent bien être attirés par un tel don.

4. Le parler en langue est pratiqué en réaction à notre société.

Dans notre monde sécularisé, mécanisé, académique, froid et indifférent, le parler en langue donne à celui qui le pratique l’impression qu’il est impliqué dans quelque chose qui est surnaturel plutôt que dans quelque chose de scolaire et de rationnel.

5. Le parler en langue procure un sentiment d’acceptation et de sécurité.

Le besoin d’appartenance, d’acceptation et de sécurité peut conduire certains dans des mouvement où ils peuvent faire partie du groupe, où ils peuvent faire partie de “ceux qui l’ont”. Lorsque ce sentiment d’appartenance est comblé, cela apporte certainement un fort sentiment de bien-être. Chez certains, même, cela les rassure en leur laissant imaginer qu’ils sont quelque chose, qu’ils appartiennent à quelque chose, qu’ils ont quelque chose que d’autres n’ont pas.

Conclusion – Une exhortation à être caractérisé par l’amour.

1 Corinthiens 13.8 nous dit que les langues cesseront (et cette parole s’est déjà accomplie), mais l’idée principale du chapitre, c’est que l’amour est éternel. Nous ne devons jamais oublier cela ! En abordant ce sujet controversé des langues, j’essaie d’enseigner ce que la Parole de Dieu dit (du moins, comment je la comprends). Mon but n’est pas de brandir une épée pour occire les charismatiques – certains de mes amis sont charismatiques et ma future épouse parle en langues ! Je remercie Dieu pour tous les pentecôtistes et pour tous les charismatiques qui croient en la pleine autorité de la Parole de Dieu. Je crois cependant – évidemment – qu’ils devraient étudier avec un peu plus d’attention la Parole de Dieu à ce sujet. Mais je remercie Dieu parce qu’ils croient la Bible et qu’ils la considèrent comme la règle de leur foi et de leur vie. Je remercie Dieu parce qu’ils croient en la divinité de Jésus-Christ, en sa mort propitiatoire, en sa résurrection physique, parce qu’ils croient en un salut qui est par la foi seulement, et parce qu’ils croient aussi à la nécessité d’une vie d’obéissance et à la nécessité de proclamer l’Evangile. Je remercie Dieu pour cela. Je suis désolé de ne pouvoir être d’accord avec eux en ce qui concerne ce sujet, mais quoi qu’il en soit, ils sont mes frères et soeurs en Jésus-Christ et font donc partie de ceux que celui-ci me demande d’aimer tout particulièrement. Car c’est finalement de cela qu’il faut se rappeler : l’amour est éternel, et les dons sont seulement temporaire.

J’ai peur que certains lecteurs de cette série d’articles sur le parler en langue s’en servent pour jeter certaines des idées avancées ici à la tête de leurs amis charismatiques. Ce n’est aucunement ce que je veux que le lecteur fasse de ce matériel. Si le lecteur connait des personnes impliquées dans ce mouvement, la meilleure chose qu’il pourra faire sera de leur montrer de l’amour avec constance, avec joie et avec ferveur de sorte que celui-ci, si besoin est, dissocie l’amour, le bonheur et la joie des langues. Je dis cela parce que dans certains témoignages de charismatiques il arrive de temps à autre d’entendre ce genre de chose : “Je n’ai jamais vraiment aimé jusqu’à ce que j’ai cette expérience”, ou “Je ne me suis jamais senti si bien”, ou “Je n’ai jamais été aussi joyeux”. Si nous pouvons montrer que l’on peut avoir amour, joie et bonheur sans les langues, alors peut-être qu’à un moment ils vous demanderont pourquoi vous ne parlez pas en langues. Et je pense que c’est principalement dans ce genre de contexte que l’on peut avoir le droit d’expliquer pourquoi on pense que les langues ont cessé.

Je suis personnellement attristé de ce qu’il y ait à ce sujet une telle division dans l’Eglise de Dieu. Et, par expérience, je ne crois plus que c’est en donnant les meilleurs arguments – ceux que j’essaie d’avancer au cours de cette série – que l’on pourra réduire un tel fossé. Ce dont nous avons le plus besoin, c’est de nous aimer les uns les autres le mieux possible. Et lorsque nous aurons l’occasion, au sein d’une relation de confiance, d’amour et de respect, alors nous pourrons répondre à leurs questions. Cette série d’articles n’est en fait pas écrit à destination des charismatiques premièrement, mais plutôt à tous les cessationistes (ainsi que ceux qui ne savent pas où ils en sont) qui auront un jour l’occasion de discuter de ce sujet dans l’amour et le respect mutuel. Nous devons à la vérité de la dire dans l’amour. Il faut en effet nous le rappeler : ce qui est important, c’est l’amour. C’est là tout le message d’1 Corinthiens 13.

Est-ce manquer d’amour que de critiquer les charismatiques ?

J’ai été plusieurs fois accusé de manquer d’amour à cause de l’intransigeance de ma position concernant le sujet du parler en langue. Mais comment définit-on l’amour ? Est-ce manquer d’amour que de vouloir dire la seule vérité que l’on conçoit ? Est-ce manquer d’amour que de vouloir enseigner la Parole de Dieu de la seule manière qu’on la comprend ? J’essaie d’aimer Dieu et sa Parole plus que qui que ce soit d’autre, et par conséquent je veux annoncer tout ce que proclame sa Parole – et cela me fera de la peine si cet amour de la Parole conduira certains à penser que je manque d’amour. Mais la vérité, c’est que nous avons besoin d’être à la fois plein de grâce et de vérité. Nous devons “annoncer la vérité dans l’amour” (Eph 4.15) – et c’est précisément mon objectif.

Cela ne veut pas dire que je pense avoir toujours raison. En ce qui concerne le sujet des langues, je me sais néanmoins entouré de théologiens bien plus compétent que moi et qui arrivent à cette même conclusion. Je pense vraiment que la Parole de Dieu enseigne que le don des langues a cessé. Et parce que je crois qu’il s’agit de la vérité, la chose la plus aimante que je peux faire, c’est de l’enseigner, parce que là où les gens connaissent la vérité, ils peuvent la vivre, et la conséquence, c’est qu’ils vivent alors comme Dieu le veut.

On me dit parfois que je ne devrais pas m’impliquer autant que cela dans toute sorte de sujets controversés, que parfois je ferais mieux de passer sur ce que je pense que le texte dit et de ne pas en parler. Je pense cependant que ça pourrait être la pire chose qui pourrait m’arriver. Je ne veux pas ignorer ce que dit le Seigneur dans sa Parole. Et je ne rends service à personne si je ne dis pas la vérité. Si jamais je suis dans l’erreur – ce qui est possible – j’espère que quelqu’un me montrera pourquoi j’ai tord. Je pense cependant que ce que j’ai dit jusqu’ici est en accord avec la vérité de la Parole de Dieu. Et ce que j’espère, que jusqu’à maintenant, j’ai pu l’expliquer dans l’amour.

Adapté de John MacArthur dans son guide d’étude The Permanence of Love.

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Image Cessation

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

5 Commentaires

  1. Domy

    En gros, selon Mc Arthur, dans ce court extrait, les charismatiques sont des patients à qu’il faut apporter un diagnostic en l’entourant avec beaucoup d’amour. A défaut de traitement théologique nouveau, le médecin propose un placébo psychologique consistant à lui faire prendre conscience de son état hypnose nuisant gravement à ses facultés cognitives, afin de l’amener à ouvrir les yeux sur ses semblables schizophrènes qui emploient en période de crises, les mêmes structures syllabiques désorganisées. Je pense qu’il faut arrêter là le diagnostic du Dr Mac Arthur plein d’empathie, pour un patient qui n’en demandait pas tant et qui ne doit qu’à sa bonne santé mentale, de ne pas hurler de rire, à moins que ce ne soit par peur, de se voir enfiler une camisole. En résumé, je crains que les personnes atteintes de crises charismatiques aigues doivent attendre encore un peu de temps avant d’en être libérées. Mais combien de temps? La question reste entière…

    Réponse
    • Maxime Georgel

      Je proposerai dans ma série une autre lecture du phénomène.

      Réponse
    • Maxime Georgel

      Je m’étonne toutefois de cette réponse : si nous disons que le parler en langues a cessé, pourquoi s’étonner que nous ne voyons pas le parler en langues moderne comme un don de l’Esprit ?

      Réponse
  2. millie aruna

    Bonjour frère,
    J’ai lu avec beaucoup d’attention ce texte. Je voudrais simplement vous partager l’exemple de mon mari : Cela se passait il y a à peu près 17 ans. C’était à la fin d’un diner, un pasteur pentecôtiste que nous rencontrions pour la première fois a prié et imposé les mains pour que mon mari reçoive le don du parler en langue (suite à sa demande). Nous sommes par la suite allés nous coucher et vers le petit jour, j’ai été réveillée par des paroles inconnues qui provenaient de mon mari. A la fin, au bout de quelques minutes, il a donné l’interprétation de ce qu’il disait. C’était des louanges à Dieu le remerciant parce qu’il n’était pas comme une plante verte, qu’il pouvait marcher, et il le remerciait pour ses pieds et ses jambes ; puis il le remerciait pour ses mains pour ce qu’elles lui permettaient de faire, etc….
    Pendant cette journée, mon mari a parlé en langue aussi facilement que le parler normal ; dès qu’il le désirait, le parler en langue commençait, et il s’arrétait dès qu’il le voulait. Comme un flot qui sortait d’une bouteille. Depuis, connaissant les excès divers dans ce domaine, ainsi que les imitations, il ne le pratique que rarement, et uniquement quand il est seul.
    Qu’en pensez-vous ?
    Ma question est : comment douter de ce don qui glorifie Dieu ? Pourrait-il être donné par un autre esprit ?

    Réponse
    • Maxime Georgel

      Bonjour, je donnerai dans ma série une autre lecture du phénomène que celle de MacArthur. Dans tous les cas, notre guide est la parole, pas nos expériences. Elles doivent être lu à la lumière de la Parole et non l’inverse. Donc concentrons nos discussions sur l’exégèse 🙂

      Réponse

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