Le but des langues à Corinthe : Le don des langues dans 1 Corinthiens 13.8-14.40 (13/16)
10 mai 2018

Article d’un auteur invité, Calvinyps.


Partie 13 : Cas pratique : la finalité des langues dans l’église de Corinthe – 1 Corinthiens 14.20-25

Quelle est la finalité du don des langues ? Ce que nous avons vu dans les deux derniers articles, c’est que contrairement à ce qui est parfois avancé, la finalité que la Bible accorde au don des langues est uniquement d’être un signe de jugement (pour l’Israël incroyant), un signe d’inclusion (pour les païens croyants) et un signe apostolique attestant la mission des Apôtres. Puisque la finalité des langues étaient par nature temporaire, la durée de disponibilité de ce don était de même temporaire.

Ce que fait l’Apôtre dans le passage que nous lisons aujourd’hui, c’est de montrer à nouveau que l’utilité des langues, même à l’époque où elles étaient encore disponibles, était déjà faible, et qu’en tous cas la prophétie était bien plus utile.

I. L’importance secondaire du parler en langue (v.1-19).

II. La finalité du don des langues : être un signe (v.20-25).

1. Les finalités proposées.

2. La vraie finalité des langues (v.20-22).

a. Le problème des Corinthiens : ils manquaient de jugement et aimaient ce qui était mauvais (v.20).

b. La finalité des langues : un signe de jugement, un signe d’inclusion, un signe apostolique (v.21-22a).

c. L’utilité supérieure de la prophétie (v.22b).

3. Cas pratique : la finalité des langues dans l’église de Corinthe (v.23-25)

a. Les langues dans l’église de Corinthe (v.23)

“Si donc, dans une assemblée de l’Église entière, tous parlent en langues, et qu’il survienne des hommes du peuple ou des non-croyants, ne diront-ils pas que vous êtes fous ?”

Pour quelles raisons une personne qui arriverait dans l’église de Corinthe pourrait-elle penser qu’ils étaient fous ? Il y en a deux. La première, c’est que si cette personne était païenne, elle ne comprendrait pas le sens du signe des langues. La deuxième, c’est que si cette personne était un Juif incrédule, alors même si certains à Corinthe possédaient le véritable don des langues, celui-ci ne pouvait pas non plus en saisir le sens à cause du chaos qui entourait l’exercice de ce don. Au v.27, Paul explique que la façon correcte d’exercer le don des langues, c’est lorsque seulement deux ou trois personnes de l’assemblée parlent en langues, chacun son tour et non tous en même temps.

Mais lorsque un incroyant arrivait dans l’église de Corinthe, il se disait que ces gens étaient fous. Le mot “fou” (en grec mainomai) signifie littéralement “frénétique”. Platon utilisait ce mot pour décrire les expériences extatiques que l’on trouvait dans les cultes païens. Autrement dit, un non-juif incroyant qui entrait dans l’église de Corinthe se faisait la remarque que les chrétiens n’adoraient pas leur dieu d’une manière différente des adorateurs d’Artémis. Et un Juif incroyant qui entrait dans cette église se disait la même chose. Même si les langues étaient censées être un signe pour les Juifs, lorsque ce don était exercé de façon chaotique, il ne pouvait de cette façon rien leur indiquer, même dans le cas où le don utilisé de la mauvaise manière était un don authentique et non sa contrefaçon.

Ainsi, le don des langues était un don spécial destiné à être utilisé à une époque précise d’une manière particulière pour atteindre une certaine catégorie de personne. Mais sans la conjonctions de ces circonstances spécifiques, ce don perd toute signification. Et Paul le faisait remarquer alors même que le don des langues était toujours disponible et c’est pourquoi il leur conseille de chercher à prophétiser plutôt que de parler en langues. C’est ce que nous voyons aux v.24-25.

a. La prophétie dans l’église de Corinthe (v.24-25)

“Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne quelque non-croyant ou un homme du peuple, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son coeur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous.

Les langues ne peuvent servir ni à l’édification de l’Eglise dans son ensemble ni à celle des individus qui exercent ce don ni à l’évangélisation des incroyants. Il s’agit simplement d’un signe de pré-évangélisation qui indique qu’Israël en tant que nation a été jugé et rejeté par Dieu. C’est pourquoi Paul explique que plutôt que de parler en langue, il faut prophétiser afin que l’assemblée soit édifiée, encouragée et consolée de sorte que lorsque un incroyant survienne dans l’assemblée des choses extraordinaires lui arrivent :

“il est convaincu par tous” – autrement dit, il se sent coupable ;
“il est jugé par tous” – autrement dit, chacun pourra attester que la raison pour laquelle il se sent coupable, c’est parce qu’il est réellement coupable ;
“les secrets de son coeur sont dévoilés” – autrement dit, son péché deviendra évident et la conséquence, c’est qu’il s’humiliera, se condamnera lui-même ;
“de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est réellement au milieu de vous” – autrement dit, il reconnaîtra alors qu’il est en présence du Dieu vivant.

Paul est en train d’expliquer qu’ils obtiendront ce genre de résultat s’ils prophétisent plutôt que s’ils parlent en langues. Comme nous l’avons vu ailleurs, le don de prophétie a cependant également progressivement cessé au fur et à mesure que les écrits du Nouveau Testament était rédigés et diffusés. La prophétie était par nature une révélation, c’est-à-dire qu’elle contenait des éléments de nouvelle doctrine, et son effet était d’enseigner l’assemblée dans les conséquences de la vie, de la mort et de la résurrection de Christ. Aujourd’hui nous n’avons plus rien qui corresponde à la nature de la prophétie, mais nous avons toujours quelque chose qui correspond à ses effets : par la prédication fidèle de la Parole de Dieu interprétée de manière christocentrique, le peuple est édifié et enseigné dans la connaissance de Jésus-Christ et, ce faisant, elle nous apprend à connaître les profondeurs de la corruption humaine.

Si donc nous voulons être le genre d’église où ce genre d’événement extraordinaire arrive, où des incroyants viennent et voient Dieu au milieu de nous, il nous faut chérir la Parole de Dieu dans notre assemblée. Il nous faut prendre garde à tout ce qui pourrait rendre confus le message que nous voulons proclamer. Si nous suivons les directives que nous trouvons dans la Bible, si nous proclamons la Parole de Dieu selon ses instructions, alors nous pouvons être sûrs que Dieu, dans sa Providence, oeuvrera par sa Parole selon ce qu’il a lui-même prédéterminé. Mais si des incroyants viennent alors que nous parlons en langage extatique, alors cela ne produira aucun fruit pour l’assemblée et provoquera la confusion parmi les visiteurs qui pourraient se trouver parmi nous.

Ce que nous voyons ici, c’est que l’exercice du don des langues était vraiment réglementé et limité à une période spécifique de l’histoire qui est terminé depuis bien longtemps. Ce que nous voyons aujourd’hui, j’en ai bien peur, c’est que la façon dont les Corinthiens détournaient le don des langues de sa finalité à une nouvelle fois refait surface. Je ne suis pas ici en train de juger les intentions de ceux qui prétendent avoir le don des langues. Je dis seulement que ces personnes ont développé le même genre de théorie – celle d’un langage de prière personnel – que l’on trouvait dans les religions païennes des mystères. Cela a pour conséquence, je le crois, de ne pas valoriser la Parole de Dieu autant qu’il le faudrait. C’est la “d’autant plus certaine parole prophétique” (2 P 1.19), que nous ne pouvons trouver aujourd’hui que dans la Bible, qui seule peut nous équiper pour notre mission et nous faire grandir dans la foi. Que nous puissions avoir un amour dévorant pour la Parole de Dieu de sorte que nous soyons enfin transformés radicalement par elle. Que Dieu nous donne d’être un peuple du Livre qui est en quête non d’expériences mais de vérité, dont la compréhension de la Parole progresse et au sein duquel chacun sert l’autre pour sa plus grande édification.

Adapté de John MacArthur dans son guide d’étude The Truth about Tongues.

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Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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