Le pédobaptême : une autre conception de la vie chrétienne
18 août 2018

Je l’ai dit plus tôt, ce ne sont pas les arguments qui manquent en faveur du baptême des enfants, ce qui empêche vraiment les évangéliques de comprendre le pédobaptême c’est, comme je l’ai dit, une compréhension inexacte du baptême et deuxièmement une compréhension inexacte de la vie chrétienne.

Le mouvement évangélique est né des réveils américains et anglais. Il a donc mis un très fort accent sur l’expérience de conversion, appelée couramment « nouvelle naissance ». Ainsi, au fur et à mesure des siècles, une certaine vision, inédite dans l’histoire de l’Église, de la vie chrétienne a été développée : le rite pour entrer dans la vie chrétienne n’est plus le baptême mais « une expérience d’avant-après ».

Le problème, c’est que nous ne sommes pas tous des Paul, élevés par des ennemis du christianisme et persécuteurs de l’Église. Certains sont des Timothée qui connaissent « les écrits sacrés depuis leur enfance » (2 Tim 3 :15) et ont toujours accepté avec foi ce que leurs parents leur ont enseigné. Dans le monde évangélique, cela est presque vu comme une anomalie : chacun doit passer par une expérience d’avant-après, un jour où tout change.

Je pense, au contraire, que l’absence d’expérience de conversion chez quelqu’un qui est né et a grandi dans l’Église est une chose qui n’a rien d’anormale et pour laquelle nous devons louer Dieu. Dieu n’a jamais dit que les enfants de chrétiens doivent aller « faire leur expérience dans le monde » pour ensuite « se convertir » quand ils seront tombés assez bas. Certains ont le privilège de dire « Tu es mon Dieu dès le sein de ma mère » (Psaume 22 :11).

Et pourtant plus d’un enfant évangélique est quelque peu honteux parce qu’il n’a pas vécu un changement radical dans sa vie. Certains entretiennent même des doutes : Et si ma conversion était encore à venir ? D’autres, comme moi par le passé, se disent qu’ils ne peuvent pas déjà croire en Christ, qu’il faut attendre cette fameuse expérience. D’autres encore ont vécu une expérience forte et se croient sauvés à cause de cela alors que leur vie manifeste qu’ils ne le sont pas.

Si un évangélique fait l’effort de prendre du recul sur cette vision de la vie chrétienne, il comprendra beaucoup mieux le pédobaptême.

>Lisez : Le baptême et la vie chrétienne

 

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

10 Commentaires

  1. Maxime Georgel

    Tu réponds à côté de la plaque car je ne nie pas la nécessité de la conversion au sens de repentance.

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      • Maxime Georgel

        Ce qui est inédit, c’est que le rite pour entrer dans la vie chrétienne n’est plus le baptême.

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  2. Maxime Georgel

    Pour être clair : il ne s’agit pas d’opposer régénération et baptême, mais de questionner la place de l’un et de l’autre.

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