Illustres réformés (8) : Jeanne D'Albret (1528-1572)
17 janvier 2019

Jeanne D’Albret est celle qui était appelée “notre Reine” par les réformés. C’était une femme de foi et de courage, une héroïne dans l’époque troublée des guerres de religion en France.

Une origine des plus nobles

Jeanne d’Albert fut Reine, princesse, duchesse, comtesse, vicomtesse, baronne, dame et fut la mère du futur Roi de France Henri IV. Elle fut élevée à la cours de France et épousa François Ier puis Antoine de Bourbon après le décès de son premier mari.

À cette époque, le clergé qui s’attachait à la prédication des Écritures Saintes était apprécié par la noblesse mais persécuté par l’Église romaine. Mais Jeanne, en bonne catholique, insista auprès de son mari pour qu’il ne s’intéresse pas trop à cette doctrine “nouvelle”. Ce dernier n’écouta pas son conseil et invita même d’anciens moines à fonder des églises réformées près des résidences royales.

Après 5 ans d’écoute de la prédication des réformés, Jeanne fut gagnée à leur foi et à leur cause. Ses convictions étaient fermes et, à 32 ans, elle assista pour la première fois à la Cène réformée, où les éléments ne sont pas adorés.

Un retournement de situation, une femme de foi

De plus en plus d’habitants furent gagnés à la foi protestante et les églises servirent de temples. Mais son mari, Antoine de Bourbon, accepta un pot-de-vin et fut séduit par une femme au service de la Reine de France. Cette déchéance le mena jusqu’à combattre les protestants et comploter contre sa femme.

Elle manifesta sa grandeur d’âme en s’occupant de l’enfant illégitime de son mari et en portant des habits de deuil depuis la mort de celui-ci jusqu’à la sienne.

“Je n’ai point entrepris de planter nouvelle religion en mon pays”

Mais si Antoine de Bourbon était mort, cela signifiait qu’elle était désormais seule pour régner sur Navarre. Elle entreprit alors de réformer son pays en particulier par l’éducation, la traduction de la Bible et d’études bibliques et la fondation d’une académie de théologie pour former les ministres de la foi réformée.

Elle ne voyait pas la foi réformée comme une foi nouvelle mais comme la véritable foi venue des apôtres et dira :

Je n’ai point entrepris de planter nouvelle religion en mes pays, sinon y restaurer les ruines de l’ancienne. Je ne fais rien par force ; il n’y a ni mort, ni emprisonnement, ni condamnation.

La protectrice des protestants

En 1568, le pape ordonna l’extermination des protestants. Jeanne était alors à La Rochelle et retrouva son pays en triste état à son retour. Elle accepta finalement de lever, avec l’amiral de Coligny, une armée de 3000 protestants pour reprendre ses terres. Cette entreprise fut un succès.

Consciente de la pression du Royaume de France d’un côté et d’Espagne de l’autre, elle se rend à Paris pour négocier la paix, malgré sa maladie pulmonaire et meurt avant la fin des négociations.

Elle restera dans la mémoire des protestants comme une femme d’honneur, de courage et de foi, ferme dans ses convictions, vertueuse et fidèle, connaissant de longues portions de la Bible de mémoire.

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Sources : Wikipédia, Evangile21, Musée protestant

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

1 Commentaire

  1. Tribonien Bracton

    Jeanne d’Albret est peut-être la seule femme magistrate dans l’histoire de la Chrétienté pour laquelle j’éprouve un très profond respect. Elle vaut dix Déborah à elle seule, cette courageuse et visionnaire Reine de Navarre et Dame souveraine de Béarn. Voici comment l’écrivain Robert Merle présente sa rencontre avec son homologue politique, la Reine-Mère catholique Catherine de Médicis, en l’an 1564 :
    « Je fus, dit Caumont, non sans fierté, des trois cent cavaliers qui escortèrent Jeanne d’Albret à son départ de Pau le deuxième jour du mois d’avril. L’extraordinaire piquant de la chose, c’est que la Reine de Navarre remontait du sud au nord en soutenant nos Églises [réformées] de sa ferveur et des ses deniers, tandis que la Reine-Mère et le Roi descendaient du nord au sud en légiférant contre nous. […] Le plus beau de l’affaire fut la rencontre des deux cortèges à Mâcon ! Monsieur l’Écuyer, poursuivit-il en se tournant courtoisement vers Sauveterre, et vous, mon cousin, imaginez, je vous prie, l’ébahissement de ces courtisans musqués et des quatre-vingt putains brodées d’or de la Florentine, quand paru la Reine de Navarre, sans un bijou, sans une perle, toute de noir vêtue, entourée de huit ministres de notre Religion, et suivie de trois cent cavaliers gascons, vêtus non de soie mais de buffle. »
    Source : https://monarchomaque.org/2012/12/07/fortune-de-fr/

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