Le nécessaire irénisme envers les Églises à la doctrine imparfaite — Jean Calvin
3 octobre 2020

Dans son commentaire sur l’épître aux Galates, Jean Calvin s’étonne que l’apôtre Paul daigne encore appeler “Églises” les congrégations de la province romaine de Galatie. En effet, celles-ci s’étaient, selon les propres mots de l’apôtres des païens, détournées du Christ pour suivre un faux évangile. Difficile d’imaginer une situation plus affligeante et le ton qu’emploie l’apôtre tout au long de la lettre manifeste bien assez clairement sa déception et sa sainte colère. Voici les conclusions que Calvin tire de l’irénisme de l’apôtre1 :

Mais il est étonnant que ce titre soit donné aux Galates, vu qu’ils s’étaient quasi révoltés contre le Christ. Car là où il y a Église, il y a unité de foi. Je réponds qu’il y avait encore quelques marques d’Église, vu qu’il y avait là une profession de chrétienté, l’invocation d’un seul Dieu, l’usage des sacrements, et quelque ministère. On ne voit donc point toujours dans les Églises une pureté telle qu’on pourrait bien désirer. Celles qui sont les plus pures ont encore quelques taches ou souillures; les autres sont non seulement tachées mais presque défigurées. Il ne faut donc pas que nous soyons tellement offensés des vices de la doctrine et des mœurs, que sitôt que nous verrons quelque chose qui ne nous plaira point en quelque congrégation, nous lui ôtions aussitôt le nom d’Église. Saint Paul nous enseigne ici une tout autre débonnaireté. Toutefois, les congrégations qui ont quelques vices, doivent être reconnues pour l’Église du Christ, de telle sorte que nous ne cessions pas de condamner tout ce qui est mauvais en elles.

Pour abonder en son sens, on peut s’étonner aussi que saint Paul leur souhaite, selon la formule consacrée et lourde de sens théologique, la grâce et la paix.

Illustration en couverture : Saint Nicolas frappant Arius, détail d’une mosaïque du monastère de Soumela (Παναγία Σουμελά).


  1. Je cite ici selon l’édition Kerygma en français moderne.[]

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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