Pensées sur le baptême de notre fils
13 janvier 2021

Dimanche 10 janvier fut l’occasion pour nous de présenter au baptême notre fils Thomas à la Chapelle de Nesle (Église réformée évangélique de Paris). J’aimerais vous présenter quelques pensées sur cet événement ainsi qu’un texte rédigé pour l’occasion.

Plusieurs éléments, certains anecdotiques et d’autres plus importants rendirent ce jour particulièrement beau et émouvant pour notre famille. La date, tout d’abord, puisque le 10 janvier est dans le calendrier liturgique le jour du baptême de notre Seigneur. Quelle date appropriée alors que nous allions célébrer non pas tant le baptême de notre fils que sa participation à ce que notre Seigneur a appelé son baptême : sa mort et sa résurrection. Le lieu aussi, simple, beau et propre au recueillement, ce qui est particulièrement appréciable puisque les Églises évangéliques dont j’ai été membre jusqu’alors ont rarement le privilège de disposer d’un tel lieu. À notre entrée, nous avons été accueillis par le cantique Zion hört de la cantate Wachet auf, ruft uns die Stimme de J.S. Bach interprétée par les musiciens, et qui se trouve être ma préférée. La liturgie réformée, ensuite, qui nous mène à considérer tour à tour notre indignité et la dignité de l’Agneau immolé pour nous. La joie d’unir nos voix pour chanter des psaumes du Psautier de Genève, dans le quartier de Paris où la première Église réformée de France fut établie.

Les baptisés de ce jour étaient aussi un témoignage vivant de la fidélité de Dieu : notre fils Thomas, au début de son existence, mis à part pour Dieu, une jeune adolescente qui rencontra avec son père l’Évangile plus tard dans sa vie, une jeune adulte qui, plus tard encore, crut en Jésus-Christ. Enfin, une dame, déjà baptisée mais venue récemment à la vraie foi, confirma son baptême par la confession publique de sa foi. Comme le dit bien le pasteur Samuel Foucachon lors de la liturgie des baptêmes, l’œuvre du Saint-Esprit n’est liée ni à la vieillesse ni à la jeunesse, et ces vies en sont une garantie.

Le sermon, orientant notre regard vers la nécessité de se montrer digne, par la grâce de Dieu, de porter le nom de Jésus-Christ qui a été invoqué sur nous lors de notre baptême et qui le serait bientôt sur notre fils. La belle prière de Martin Bucer au sujet des enfants baptisés, dont nous nous sommes appropriés les mots durant cette célébration.

Enfin, en raison des mesures sanitaires, nous sommes venus un à un prendre les espèces de la Cène, et mon épouse et moi avons été les premiers à le faire. J’ai donc pu observer ensuite le défilé des communiants et voir ma famille et celle de mon épouse, plusieurs contributeurs de ce site, des amis, les membres de cette chaleureuse communauté de Nesle qui, à la suite du Seigneur, nous a accueillis à cette sainte table. Mes pensées lors de la Cène sont habituellement tournées vers son sens vertical : notre communion à Jésus-Christ. Mais voir toutes ces personnes bien-aimées de Dieu et de notre foyer poussa mes pensées vers le sens horizontal de ce repas : la communion et l’unité du corps de Christ qu’est son Église. Il fut doux de considérer toutes ces personnes rachetées par un même sacrifice. 

Lors de ce culte, le pasteur s’adressa à mon épouse et moi pour nous demander pourquoi nous présentions Thomas au baptême, voici ce que j’ai répondu :

Nous présentons ce jour notre fils Thomas au baptême en vertu d’une promesse de Dieu qui se trouve en bien des endroits dans les saintes Écritures. Et puisque cette promesse est le fondement de nos prières pour lui, j’aimerais la lire devant vous pour que vous puissiez vous associer à nos prières, les yeux tournés vers cette parole telle qu’elle est rapportée en Deutéronome.

En Deutéronome 30, Dieu annonce le malheur qui tombera sur Israël suite à sa désobéissance. Puis il annonce qu’il les rétablira en les ramenant des pays dans lesquels ils auront été dispersés, et en concluant une nouvelle alliance :

« L’Éternel, ton Dieu, te fera revenir dans le pays que possédaient tes pères, et tu en prendras possession ; il te fera du bien et te rendra plus nombreux que tes pères. L’Éternel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance, pour que tu aimes l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme afin que tu vives. » (Dt 30, 5-6).

Les Juifs avaient déjà la circoncision de leurs corps, mais Dieu promet une nouvelle alliance en vertu de laquelle les cœurs seront circoncis. Et dans sa grande générosité, il n’adresse pas cette promesse simplement aux individus, mais à leur descendance aussi, qui est ce qu’ils ont de plus cher.

Oui, comme Noé fut rejoint par sa famille dans l’arche, comme Abraham qui reçut la promesse pour lui et sa descendance, comme David qui la reçut pour lui et ses fils, comme les Juifs qui, selon Paul, furent baptisés dans la Mer Rouge en Moïse avec leurs enfants, la Parole nous dit en Actes 2 « Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ […] car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont au loin. »

Comme l’arc-en-ciel qui nous rappelle que Dieu ne détruira pas la terre par l’eau à nouveau, ce baptême aujourd’hui est le rappel que Dieu s’engage envers nous et notre fils Thomas.

Mais ce baptême implique aussi un engagement de notre part. Le même livre du Deutéronome dit en effet :

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. » 

Cet engagement, c’est celui de faire de Thomas un disciple du Christ. « Faites de toutes les nations des disciples, nous dit le Christ, en les baptisant et en les enseignant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » Le baptême, c’est aujourd’hui. Mais l’enseignement à observer les prescriptions du Seigneur, ce sera toute sa vie. Là encore, la grâce de Dieu et sa promesse nous précèdent, il nous promet qu’il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde dans cette tâche. Tout comme les prophètes, comme Jérémie, rappelaient aux Juifs circoncis « soyez circoncis pour l’Éternel, circoncisez vos cœurs », nous nous engageons à rappeler à Thomas toute sa vie le sens de cet acte en nous confiant en Dieu, sachant que, comme le dit le psaume 127 :

« Si Dieu ne bâtit la maison,
En vain travaillent les maçons. »

C’est lui qui peut faire tourner ce baptême, nos prières, les vôtres et notre éducation toute entière à son salut.

Amen.

C’est avec une grande reconnaissance pour notre Seigneur que nous songeons à cette belle journée. Puisse-t-il bénir particulièrement les baptisés de ce 10 janvier.


Illustration en couverture : Baptism in Scotland, John Phillip (1817-1867), huile sur toile, détail.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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