Le problème du christianisme tiède — Alexandre Sarran
27 février 2022

Dimanche 22 juillet 2018

Apocalypse 3,14-22 : « Le problème du christianisme tiède »

Introduction

Levez la main si vous ne vous intéressez pas du tout à Dieu ; c’est-à-dire si ça ne vous intéresse pas du tout de savoir quoi que ce soit sur Dieu ou d’avoir une quelconque relation avec lui. Est-ce qu’il y a des gens comme ça ici aujourd’hui ? Maintenant levez la main si à l’inverse, vous êtes animés d’un zèle irrépressible pour Dieu ; c’est-à-dire si vous vibrez tout entier pour Jésus, si vous débordez d’enthousiasme pour lui, si vous cherchez tous les jours et de tout votre cœur à le connaître, à l’aimer et à le servir. Est-ce qu’il y a des gens comme ça ici aujourd’hui ? Ce n’est pas impossible.

Mais maintenant, levez la main… si vous n’avez pas levé la main aux deux premières questions. Je suis prêt à parier que la plupart d’entre nous, moi y compris, faisons partie de cette troisième catégorie. Celle des gens qui ne sont ni froids, ni bouillants. Et le texte qu’on va lire dans un instant devrait nous inquiéter, parce que dans ce passage, on a bien l’impression que Jésus dit qu’il va rejeter les gens comme nous ; qu’il va nous repousser loin de lui. Si nous nous disons chrétiens et que Jésus nous dit ça, ça devrait nous inquiéter, non ?

Et si ça vous inquiète, tant mieux ! Que cela stimule votre attention aujourd’hui. Le texte qu’on va lire veut dénoncer le problème du christianisme superficiel ; c’est-à-dire le problème de gens qui se disent que tout va bien dans leur relation avec Dieu parce qu’ils vont à l’Église, parce qu’ils ont une Bible à la maison, et parce qu’ils écoutent de la musique chrétienne dans la voiture. Mais dans le texte qu’on va lire, Dieu veut nous faire comprendre que ce christianisme tiède, de surface, peut devenir l’ennemi mortel de notre âme, c’est-à-dire nous empêcher d’être de vrais chrétiens (et donc d’avoir vraiment la faveur de Dieu).

Quelle est la solution à ce problème ? C’est ce qu’on va voir dans ce texte qui est la septième et dernière lettre de cette section du livre de l’Apocalypse, où Jésus fait envoyer sept lettres à sept Églises situées en Asie mineure au premier siècle. Et dans ce passage en particulier, Dieu veut tout simplement nous faire comprendre que ce qui est indispensable dans la vie d’un vrai chrétien (et dans la vie de n’importe qui qui veut avoir une vraie relation avec Dieu), ce n’est pas de se donner l’air chrétien en fréquentant les bons milieux et en répondant juste aux bonnes questions, mais c’est d’être attentif à Jésus. Est-ce que Jésus gouverne vraiment ta vie ? Voilà la question qui doit vraiment nous préoccuper.

Une illusion dangereuse (vv. 15-17)

C’est un passage difficile, où Jésus ne mâche pas ses mots. Et la première chose qu’il veut nous faire comprendre, c’est qu’il est possible pour quelqu’un de se dire chrétien et de ne pas être conscient qu’il est en réalité perdu. L’analyse de Jésus au début de cette lettre est sans appel : il parle à une Église prétendument chrétienne et il lui dit qu’il va la « vomir » de sa bouche. Pourquoi ? Parce qu’elle est tiède. Pourquoi « tiède » ? Parce qu’elle se satisfait d’une illusion confortable (v. 17).

À Laodicée, les chrétiens ne sont pas persécutés comme à Smyrne ou à Pergame. Ce n’est pas une toute petite communauté d’apparence insignifiante comme à Philadelphie ; ni à l’inverse, une grande Église dynamique comme à Sardes. Ils ne pratiquent pas l’idolâtrie ou l’immoralité sexuelle comme à Thyatire. Ils ont sans doute de l’amour les uns pour les autres et pour leur prochain, contrairement à l’Église d’Éphèse. Quel est leur problème ? Eh bien c’est justement qu’ils n’ont pas de problème ! « Je suis riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ! »

L’Église de Laodicée a une vie relativement tranquille. Il faut dire que Laodicée est une ville riche, connue à cette époque-là notamment pour ses banques. Il y a un esprit d’indépendance et d’autosuffisance, qui a même conduit les habitants de Laodicée à refuser l’aide de Rome après que la ville a été détruite par un tremblement de terre peu avant l’époque de cette lettre. Une certaine fierté, donc, qui se retrouve sans doute dans l’Église. « Notre Église tourne bien ; nos comptes financiers sont excédentaires tous les ans ; on a de quoi payer notre pasteur ; on est plutôt bien organisé ; les gens viennent au culte, le ménage se fait, on a des volontaires pour le groupe de musique, la garderie et le club biblique. »

Mais le problème d’après Jésus, c’est que c’est une illusion. Le langage est très emphatique au verset 17 : « Tu ne sais pas que tu es malheureux et misérable et pauvre et aveugle et nu ! ». Vous connaissez le conte d’Andersen intitulé Les Habits neufs de l’empereur ? C’est l’histoire d’un empereur qui aimait beaucoup les beaux vêtements. Un jour, des escrocs lui proposent de lui confectionner un habit vraiment merveilleux, si merveilleux que les idiots ne peuvent pas le voir. L’empereur accepte, et le jour venu, les escrocs lui présentent ce vêtement, qui est en réalité inexistant. L’empereur ne voit rien, mais comme il ne veut pas passer pour un idiot, il enfile ce vêtement inexistant et il sort se présenter à son peuple. Et comme personne dans le royaume ne veut passer pour un idiot, tout le monde applaudit et félicite l’empereur pour ce nouveau vêtement merveilleux. Sauf un jeune garçon qui s’écrie : « Le roi est tout nu ! »

La moralité de cette histoire, c’est que celui qui se croyait le mieux habillé était en fait celui qui était le moins habillé ! Et c’est exactement la situation des chrétiens de Laodicée. Ils se bercent d’illusions en s’imaginant qu’ils vont bien spirituellement. En réalité, c’est leur fierté qui les empêche de voir la réalité en face. Ils sont habitués à réussir. Ils sont habitués à être riches. Ils n’ont pas l’habitude d’avoir des besoins, et encore moins à les reconnaître. Et tout comme l’empereur dans le conte, il leur est plus facile de persister dans l’illusion que de d’accepter et d’avouer qu’ils sont dans l’illusion.

Alors le christianisme de cette Église est un christianisme superficiel, vous comprenez ? Ce sont les habits inexistants de l’empereur. Ça tourne, ça vivote, ça se dit chrétien. Ça fait des trucs chrétiens, ça parle chrétien, ça a l’odeur et l’apparence des chrétiens. Ce n’est donc pas tout froid, comme le seraient des gens résolument hostiles à Dieu. Mais ce n’est pas bouillant non plus. C’est comme les eaux thermales qui s’écoulent depuis la ville voisine de Laodicée, qui ne sont plus assez chaudes pour qu’on s’y baigne, mais qui sont en même temps impropres à la consommation. Des eaux tièdes, indigestes et inutiles !

Il est possible, donc, pour quelqu’un de se dire chrétien et de ne pas être conscient qu’il est en réalité perdu. Et peut-être que vous aussi aujourd’hui, vous vous persuadez que tout va bien dans votre relation avec Dieu. Ce n’est pas pour vous faire peur, mais… sur quelle base le pensez-vous ? Est-ce que c’est parce que vous allez à l’Église ? Parce que vous avez des amis chrétiens, ou une famille chrétienne ? Parce que vous avez été baptisé ? Parce que c’est ce que vous pensez par votre intelligence, ou ce que vous ressentez par vos émotions ? Écoutez bien la suite : les chrétiens de Laodicée sont persuadés de quelque chose de faux, parce qu’ils ne s’informent pas auprès de la bonne source.

Un remède fiable (vv. 14, 18)

Ce que Jésus veut nous faire comprendre dans un deuxième temps, ici, c’est qu’en ce qui concerne notre condition spirituelle, il n’y a que Jésus qui peut véritablement nous aider. Au verset 18, Jésus conseille aux chrétiens de Laodicée de se tourner vers lui et de se procurer auprès de lui trois choses : de l’or, des vêtements et un collyre. En fait, Jésus est en train de faire référence à des choses très importantes et significatives pour les habitants de Laodicée, et le but de Jésus, c’est de leur dire : « Vous voyez ces choses qui sont importantes pour vous, et sur lesquelles vous êtes tentés de fonder votre assurance ; ces choses-là ne sont pas fiables ! Ce dont vous avez vraiment besoin, c’est moi, et moi seul, qui peux vous les donner ! »

Les habitants de Laodicée pensent qu’ils sont riches parce qu’ils ont beaucoup d’or ; mais en réalité, il leur faut le vrai or, de l’or spirituel, que Jésus seul peut donner, et qui rend vraiment riche pour l’éternité. Les habitants de Laodicée sont fiers de l’industrie du textile qui est très prospère dans leur ville, et qui est fondée sur l’élevage de brebis noires ; mais en réalité, il leur faut les vêtements blancs que Jésus seul peut donner et qui couvre vraiment la nudité spirituelle. Et les habitants de Laodicée sont fiers aussi de l’école de médecine qui est dans leur ville, une école réputée qui a notamment produit un traitement pour soigner les yeux ; mais en réalité, il leur faut le collyre spirituel que l’on trouve auprès de Jésus seul, et qui donne vraiment la vue.

Vous comprenez ce qui se passe dans le texte ? Jésus pointe les choses qui nourrissent la fierté et l’illusion des Laodicéens, et Jésus leur dit : « Vous vous trompez ! Vous vous informez auprès de la mauvaise source ! Ces choses-là, ce sont les habits inexistants de l’empereur ; je vous conseille plutôt de vous procurer chez moi ce dont vous avez vraiment besoin et qui fera de vous de vrais chrétiens. » Jésus se met ici en concurrence avec tout ce qui a tendance à nous rassurer à tort. Vous comprenez ?

Imaginez que vous cherchiez à vous procurer un certain objet ou un certain produit, mais vous ne savez pas à qui vous adresser pour l’obtenir. J’ai tapé dans Google « Où trouver le meilleur… », et la saisie automatique m’a proposé : « Où trouver le meilleur Paris-Brest ». Alors on va dire que vous cherchez le meilleur Paris-Brest, qui est une pâtisserie apparemment très appréciée. Et vous allez découvrir une grande concurrence entre toutes sortes d’artisans pâtissiers. Vous n’allez trouver personne qui prétende vendre le pire Paris-Brest du monde. Il n’y a que des Paris-Brest meilleurs que les autres. C’est louche !

Et dans notre texte, il y a aussi une concurrence. Jésus prétend offrir le meilleur or, les meilleurs vêtements et le meilleur collyre du monde. Il prétend même être le seul à offrir le véritable or, les véritables vêtements et le véritable collyre. Et quel est son argument ? C’est parce qu’il est « l’Amen, le témoin fidèle et véritable » (v. 14). C’est-à-dire que lui, contrairement aux escroqueries du monde et aux escroqueries de notre intelligence et de nos émotions, lui est parfaitement fiable. Il est absolument digne de confiance. Il n’y a personne comme lui, et donc son argument est imparable. Jésus seul est capable de faire un diagnostic fiable de notre condition spirituelle. Et non seulement cela, mais aussi de nous soigner !

Mes amis, je suis inquiet. Je me demande si parfois on n’a pas un christianisme sans Christ. Et christianisme sans Christ, ça fait –ianisme et c’est moche. Ce que je veux dire par là, c’est que je me demande si parfois il ne nous arrive pas de nous complaire dans nos habitudes chrétiennes, dans un train-train confortable, dans une profession de foi de surface, dans des paroles et des gestes routiniers qui nous rassurent… alors qu’en même temps, et en réalité, il n’y a pas de relation personnelle, vivante, authentique avec Jésus.

Je vais être honnête avec vous. Je tombe facilement dans ce travers. « Tout va bien pour moi : j’ai fait des études de théologie, je connais mieux la Bible que la plupart de mes paroissiens, j’arrive à produire une prédication chaque dimanche ou presque, j’ai 500 followers sur Twitter, la page Facebook de mon Église a 700 abonnés, et bientôt… je serai consacré dans la même union d’Églises que Timothy Keller et Kevin DeYoung ! Je suis riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ! ». Mais quand est-ce que tu parles à Jésus, Alexandre ? Quand est-ce que tu l’écoutes te parler ? Quand est-ce que tu cherches vraiment à mieux le connaître et à mieux le suivre et à mieux le servir ?

Enluminure de l’Apocalypse de Cambrai (IX-Xe ss.) illustrant l’épître à l’Église de Laodicée.

En ce qui concerne notre condition spirituelle, il n’y a que Jésus qui peut véritablement nous aider. Et dès qu’on se détache de Jésus, on se perd dans des eaux tièdes. Dès qu’on n’est plus en relation vivante, authentique, personnelle, active avec lui, on commence à se tromper soi-même. On s’imagine, comme les Laodicéens, être confortable, en sécurité, riche, bien portant et bien habillé, et c’est tout le contraire, parce qu’on s’est détaché du seul fiable, du seul digne de confiance, du seul qui peut nous expliquer qui nous sommes et ce dont nous avons vraiment besoin, et qui peut en plus nous fournir parfaitement ce dont nous avons besoin.

Le chrétien tiède, le chrétien superficiel, ne plaît pas à Jésus. Je ne pense pas exagérer la portée de ce texte en disant que le chrétien tiède dégoûte Jésus. Jésus compte vomir de sa bouche celui qui prend son nom en vain ; c’est-à-dire celui qui se dit chrétien, mais qui ne s’intéresse pas à avoir une relation avec lui. C’est comme si je disais être marié avec Suzanne et que je porte cette alliance sur mon doigt, mais qu’en même temps, je n’aie pas parlé à Suzanne depuis six mois. C’est grave. Et à l’écoute de ma propre prédication, je me sens humilié ! Mais heureusement qu’il y a une dernière partie à cette lettre.

Un retour possible (vv. 19-22)

Et la dernière chose que Jésus veut nous faire comprendre, ici, c’est qu’il abonde en patience et en miséricorde envers son Église infidèle. Au verset 19, Jésus dit aux Laodicéens que s’il est sévère avec eux, c’est parce qu’il les aime. Et Jésus leur tend la main en les invitant à changer de direction et à revenir à lui. Et il ajoute cette image : Jésus se tient à la porte (sous-entendu à la porte de l’église), et il frappe. Il désire entrer ! Il pourrait enfoncer la porte et tout casser, mais il fait preuve de patience. Il appelle au travers de la porte, comme le berger qui appelle ses brebis, et qui compte sur ses brebis pour qu’elles reconnaissent sa voix.

Jésus promet d’entrer chez celui qui ouvre, et de s’asseoir à table avec lui pour un souper. Jésus est en train de dire : « Église de Laodicée, tu mérites que je te vomisse de ma bouche. Mais je t’aime et je voudrais que tu reviennes à moi. Tu peux revenir à moi. Ouvre-moi la porte, par ta repentance et ta foi. Je ne désire pas la mort de celui qui meurt. Convertissez-vous donc, changez de direction, et vivez ! » (Éz 18,32). Et pour celui qui suit ses conseils (le « vainqueur »), Jésus ajoute une promesse extraordinaire : lui qui est le « Prince de la création de Dieu » (v. 14) l’invitera à prendre place sur son trône avec lui (v. 21) !

Quelle patience et quelle miséricorde de la part de Jésus envers cette Église, qui en plus, est la seule de ces sept Églises dont Jésus ne dit rien de positif ! Vous vous rappelez peut-être que dans ces sept lettres, Jésus dit ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas dans ces différentes Églises locales. Il y en a deux auxquelles Jésus ne fait aucun reproche (Smyrne et Philadelphie). Mais il n’y en a qu’une seule à laquelle Jésus ne fait aucun compliment : c’est celle-ci. Et pourtant, Jésus lui fait cette promesse devenue emblématique, qui figure au verset 20, et qui exprime merveilleusement l’amour de Jésus pour son Église. Il est dehors, mais il n’est pas parti !

Quand Jésus dit qu’il reprend et corrige tous ceux qu’il aime, ce n’est pas une parole en l’air. Ce n’est pas une excuse pour justifier sa sévérité (« qui aime bien châtie bien »). Il a déjà prouvé à quel point il aimait son Église. Quand il dit qu’il reprend et corrige tous ceux qu’il aime, ce que ça veut dire, c’est qu’il reprend et corrige tous ceux pour qui il a donné sa vie sur la croix. Tous ceux pour qui il a agonisé, tous ceux pour qui il a été trahi et abandonné, tous ceux pour qui il a subi sur la croix les peines indicibles de l’enfer.

Jésus a tellement aimé son peuple qu’il s’est substitué à lui sur la croix, pour subir à la place de son peuple le châtiment que son peuple méritait à cause de son rejet de Dieu. Jésus est mort et ressuscité pour son peuple, de sorte que tous ceux qui font confiance à Jésus sont délivrés du mal et de la mort et sont réconciliés avec Dieu pour toujours. Et quand on revient à Jésus, ou quand on vient à lui pour la première fois, voilà la première chose, et la plus importante, qui devrait frapper notre esprit et enflammer notre cœur ! Le Fils de Dieu est mort pour moi !

Et donc être un chrétien, ça veut dire être racheté à un grand prix ! Voilà pourquoi Jésus ne va pas laisser tomber son Église au premier écart de conduite, au premier péché, au premier signe de faiblesse de notre part. Au contraire, il nous corrige et nous reprend pour nous faire revenir à lui. Si vous achetez un objet à un très, très grand prix, vous n’allez pas le jeter à la poubelle dès qu’il sera un peu sale ou un peu abîmé. Vous allez essayer de le nettoyer et de le réparer.

Et donc quand on est confronté à la sévérité de Jésus, comme c’est le cas dans le début de cette lettre, comment est-ce qu’on devrait réagir ? On devrait s’écrier : « Amen ! Seigneur, puisque tu le dis, je le crois : je suis malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu ! » D’ailleurs dans le seul autre endroit du Nouveau Testament où l’on trouve ce mot de malheureux, c’est l’apôtre Paul qui médite sur sa condition spirituelle en tant que chrétien, et qui s’écrie : « Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Rm 7,24).

Et c’est exactement cette attitude que Jésus attend de notre part. Il veut que nous nous accordions avec son diagnostic. Que nous nous fiions à son diagnostic et que nous reconnaissions sans réserve notre faiblesse. Jésus a dit : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3). Aie donc du zèle, mais du zèle… dans la repentance ! Repens-toi avec zèle. Sois un pénitent zélé ! Reconnais ta misère et tourne-toi vers Jésus, ouvre-lui la porte, et communie avec lui. Ça suffit de se dire chrétien sans s’intéresser à avoir une véritable relation vivante et personnelle avec Jésus. Il t’aime et il t’appelle. Est-ce que tu entends sa voix ? Il abonde en patience et en miséricorde, même envers son Église infidèle, comme le dit aussi l’apôtre Paul : « Si nous sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » (2 Tm 2,13)

Conclusion

La solution au problème du christianisme tiède, c’est d’être attentif à Jésus. Tu penses être chrétien, génial. Mais est-ce que Jésus gouverne vraiment ta vie ? Est-ce que tu lui parles chaque jour ? Est-ce que tu cherches à le connaître, et à te connaître en écoutant ce qu’il a à t’apprendre sur toi-même ?

Il est mort et ressuscité pour que tu sois riche spirituellement et pour l’éternité. Il est mort et ressuscité pour te revêtir de son habit blanc de façon à ce que tu puisses te tenir en présence de Dieu. Il est mort et ressuscité pour vivre en toi par son Esprit et pour ouvrir tes yeux et éclairer ton intelligence sur les choses de Dieu. Reviens à lui, cultive ta relation personnelle et vivante avec lui par les moyens qu’il te présente chaque jour et chaque semaine, et tu sortiras de ta tiédeur ; et ton -ianisme deviendra le christianisme authentique.


Illustration : la rue des Syriens à Laodicée (aujourd’hui Denizli, Turquie), 2020.

Arthur Laisis

Enseignant en linguistique à l'université, étudiant en théologie à la faculté Jean Calvin et lecteur dans les Églises réformées évangéliques de Lituanie. Principaux centres d'intérêts : ecclésiologie, christologie, histoire de la Réforme en Europe continentale. Responsable de la relecture des articles du site.

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