La Lettre sur ceux qui se croient inspirés est un traité de Bénédict Pictet, pasteur et professeur en théologie à Genève en 1721. Il défend une forme de cessationisme contre les inspirés, un groupe de protestants cévenols agités par le bouillonnement prophétique du début de la Révocation, qui avait notamment animé la révolte des camisards.
Bénédict Pictet écrit ce traité à la demande d’Antoine Court, qui est à Genève pour défendre et faire reconnaître l’Église du Désert, confrontée à la concurrence des inspirés dans les Cévennes. Le détail de cette querelle a déjà été raconté dans notre article : « La lutte entre protestants confessants et charismatiques au XVIIIe siècle ». Le livre synthétisé aujourd’hui est un tournant décisif dans la lutte d’influence pour l’Église protestante française du XVIIIe siècle. Bien que les arguments soient ceux du XVIIIe siècle, moins développés et techniques que les nôtres, je les ai trouvés malgré tout intéressants et dignes de relecture.
Le style sera délibérément synthétique, léger et bref. Je profite de l’occasion pour préciser que NT signifie « Nouveau Testament » ; AT signifie « Ancien Testament ».
Tour d’introduction
Bénédict Pictet commence par une petite randonnée historique des faux prophètes pour montrer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et relativiser leurs affirmations. Il cite :
- Cérinthe, auquel s’oppose l’apôtre Jean.
- Valentin, auquel s’oppose Irénée de Lyon.
- Montanus et les montanistes.
- Les manichéens, pour qui Mani a écrit un livre « inspiré ».
- Les messaliens ou enthousiastes du IVe siècle.
- Mahomet.
- Thiota, fausse prophétesse de 847.
- Hildegarde de Bingen, Hildegonde, Elisabeth de Schönau au XIIe siècle.
- Brigitte et Catherine au XIVe siècle.
- Nicolas Storch du temps de la Réforme, avec une flopée d’anabaptistes tous cités par leurs noms.
Il explique ensuite qu’il y a plusieurs sortes d’« inspirés », qui n’en sont pas :
- Les escrocs qui trompent délibérément leur auditoire, soigneusement sélectionné. Ceux-là doivent être punis et isolés.
- Ceux qui croient sincèrement être inspirés suite à une vision, mais ne causent pas d’autres troubles à la vie de l’Église. Il raconte comment, personnellement, il a écouté patiemment l’un de ces frères sincères et l’a laissé découvrir seul que cette inspiration était vaine.
- D’autres se croient inspirés parce qu’ils ont des paroles de la Bible qui leur viennent, confondant l’inspiration des Écritures avec l’inspiration des pensées.
- Certains, férus de prophéties apocalyptiques, y sont tellement plongés que leur esprit, chauffé à blanc, finit par accoucher d’une interprétation qu’ils tiennent pour inspirée.
- D’autres se disent inspirés suite à des rêves prémonitoires. Pictet n’exclut pas le principe : bien sûr, il peut y avoir des songes qui se réalisent. Mais cela ne fait pas de soi un prophète dont tous les rêves sont inspirés et les paroles divines. Malheureusement, une fois convaincus, ces inspirés sont déraisonnables.
- Certains pensent être inspirés parce qu’ils font de belles prières facilement. C’est assurément un don, mais pas plus surnaturel que la bonne mémoire ou les facilités d’apprentissage.
- Certains se croient inspirés parce que quelques-unes de leurs prophéties se sont réalisées, à l’image des astrologues ou des analystes politiques. Au final, quand on considère le ratio entre prophéties non réalisées et prophéties réalisées, on se rend compte que les prophéties réalisées ne sont que des heureux hasards.
- Des gens qui ont des pensées tellement farfelues qu’elles semblent forcément inspirées, comment expliquer sinon ? Il prend l’exemple de Jean Tennhard, qui racontait dans son livre comment le Seigneur lui a ordonné de s’abstenir de fromage, l’a censuré parce que le beurre surnageait dans sa bouillie au lieu de s’y mêler, et autres fanfaronnades, tout en attaquant les dogmes essentiels du christianisme avec la plus ferme assurance.
- Certains se pensent inspirés parce qu’ils ont eu des mouvements inattendus, mais naturels. Par exemple, se réveiller subitement d’un sommeil profond lorsqu’on parle de les battre à coups de bâton.
- Il y a des gens solitaires et retirés qui prennent leur misanthropie pour une vocation prophétique.
- Certains ont l’esprit faible naturellement, croient tout, de sorte que si on leur dit qu’ils sont inspirés, ils croient l’être effectivement, et on ne peut les ramener.
- Certains sont tellement maltraités physiquement qu’ils font des hallucinations qu’ils prennent ensuite pour de l’inspiration.
- Certains feignent l’inspiration, puis, à force de la feindre, se mettent à y croire.
- Ceux qui, dans des maladies particulières, prononcent des paroles involontaires.
Tous ceux-là ne sont pas réellement inspirés, on l’a dit. Pourquoi croit-on qu’il en existe ?
- La crédulité générale des gens, qui croient sur parole ceux qui disent être inspirés.
- Ceux qui ne soupçonnent pas le mensonge et acceptent les dires des inspirés.
- Ceux qui ne se souviennent pas consciemment des passages bibliques qu’ils citent, mais qui leur viennent naturellement à la bouche.
- Ceux qui soutiennent les imposteurs en :
- ce qu’un imposteur dit peut être faussement confirmé par un autre.
- disant des choses très faciles à conjecturer (« après la pluie viendra le beau temps »).
- quand ils ne sont pas sur leurs gardes, ces « prophètes » se trompent très souvent.
- Qui affirment faussement croire en l’inspiration de tel prophète, sous peine de châtiment s’ils disaient autrement.
- On confond une agitation inhabituelle du corps (convulsions, bave aux lèvres…) avec des marques d’inspiration, alors qu’elles peuvent être simulées.
- On croit qu’un tel est inspiré lorsqu’il cite un passage biblique en passant, même si c’est hors contexte.
- Parfois, de grands serviteurs de Dieu s’y laissent prendre.
- D’autres croient à l’inspiration sous l’effet du groupe.
Argument principal
Pourquoi Pictet ne croit-il pas en l’inspiration ? Ce n’est pas qu’il soit impossible d’en apprendre plus que ce qui est dans la Bible. C’est qu’il n’y a pas de bonnes raisons de croire que les inspirations particulières de ces inspirés soient supérieures au point de renverser la Bible.
Pour quelle raison y aurait-il besoin de prophètes ? L’Écriture Sainte est suffisante pour :
- Enseigner, corriger, convaincre et rendre l’homme parfait (2 Tim 3, 16-17).
- Révéler tout le conseil de Dieu (Actes 20, 27).
- Esaïe nous enseigne qu’il n’y a pas d’autre façon de consulter Dieu que la loi et le témoignage (Esaïe 8, 20).
- Jésus nous enseigne à nous fonder sur les Écritures seules (Jean 5, 39).
- Saint Pierre veut qu’on soit attentif aux Écritures seulement (2 Pierre 1, 19).
- Saint Paul nous dit que si un ange de lumière dit quelque chose de contraire aux Écritures, qu’il soit anathème (Galates 1, 8).
Alors, à quoi bon chercher les prophéties et l’inspiration ?
Objection des inspirés : Dieu nous ordonne de nous contenter de la Révélation en vérité, autrefois écrite, mais toujours maintenue à jour par les prophètes dont… nous. Réponse :
- C’est présupposer qu’ils sont authentiquement inspirés, ce qui est discutable. La question critique n’est pas de savoir s’il faut écouter la Révélation, mais si les inspirés portent une révélation, et l’on découvre souvent que non.
- Ce raisonnement signifie qu’il faut parfois suspendre l’écoute des Écritures, ce qui est mauvais.
- S’ils disent des choses conformes à la Parole de Dieu, ils ne prouvent pas une inspiration indépendante. S’ils disent des choses contraires, ils prouvent la fausseté de leur inspiration. Dieu ne se contredit pas.
- C’est présupposer qu’il y a d’autres prophètes pour fonder l’Église… alors qu’elle est déjà construite. Le jour où ces prophètes enseigneront des choses aussi belles et fondamentales que les apôtres, on les écoutera. En attendant, on ne peut que constater que le compte n’y est pas.
Autre argument : il y a énormément de passages dans les Écritures où il nous est dit de rejeter les faux prophètes : Deutéronome 5, 32 ; Galates 1, 8 ; Apocalypse 22, 18 ; Matthieu 7, 15 ; Matthieu 24, 11-24 ; Marc 13, 22 ; 2 Thessaloniciens 2, 2 ; 1 Timothée 4, 1 ; 1 Jean 4, 1. Donc, notre scepticisme n’est qu’une saine obéissance aux commandements de Dieu. Nous avons raison d’appeler faux prophètes :
- Ceux qui sèment des livres extravagants.
- Ceux qui trompent à coups de paroles vaines.
- Ceux qui veulent rajouter un Tennhard comme 67e livre de la Bible.
- Ceux qui veulent renverser l’ordre de l’Église.
- Ceux qui détournent des pasteurs.
- Ceux qui profitent de l’assemblée pour séduire et rassembler leur clique. Non, ils ne « comprennent pas mieux » l’Évangile, ils le tordent.
- Ceux qui disent qu’à partir d’un certain degré de maturité, on ne commet plus de péché.
- Ceux qui veulent briser toute loi d’obéissance, au magistrat comme au pasteur.
- Ceux qui éloignent des temples.
- Ceux qui éloignent de la Cène.
- Ceux qui ne veulent point qu’on prenne les armes pour défendre sa patrie.
- Ceux qui en profitent pour remodeler complètement la christologie et la sacramentologie, comme les anabaptistes.
Attaque contre les inspirés
Voici les raisons pour lesquelles on rejette les inspirés :
- Ils avancent des doctrines contraires à la Parole de Dieu.
- Ils se contredisent entre eux.
- Ils attribuent à Dieu des choses indignes.
- Ils veulent renverser l’ordre de l’Église, que Jésus a institué.
- Plusieurs inspirés méprisent l’Écriture, qui est l’œuvre de Dieu.
- Ils font prêcher des femmes, alors que Paul l’interdit.
- Ce sont des fainéants.
- Ils détournent des assemblées.
- Il n’y a rien qui nous amène à croire qu’ils ont raison.
- Ils sont sans pitié ni limites quand on s’oppose à eux.
Objection : Ils s’appuient sur la Parole de Dieu et des arguments. Réponse : Non. On pourrait le prouver, s’ils voulaient bien écouter les arguments contraires.
Objection : Dieu a laissé les hommes libres de changer certaines choses muables. Réponse : Il n’appartient qu’à Dieu de changer ce que Dieu a établi. Objection bis : Justement, c’est sous l’influence de l’Esprit qu’ils modifient ce que Dieu a établi. Réponse : Ben voyons.
Quand on examine concrètement ce qu’ils disent, la supercherie apparaît ainsi :
- Certaines choses prédites peuvent avoir été apprises par ailleurs.
- Il y a des prédictions qui ne sont que statistiquement vraies, tellement elles sont faciles.
- Il y a des prophéties très basiques dont la plupart des gens d’habitude voient qu’elles sont faites par la simple intuition naturelle.
- Il y a des prophéties purement et simplement fausses, comme lorsqu’Antoine Court vit prophétiser qu’à Noël 1713, il y aurait une grande assemblée dans un pré du Vivarais, avec un arbre magique et des Anglais, et il n’y a eu que de la neige.
- Il y a des prophéties si obscures et ambiguës qu’elles sont inutiles.
- D’autres qui sont tellement générales qu’elles sont inutiles : « Si l’on se repent, on évitera de périr ». Et tout ça, sans compter les faux récits d’accomplissements.
Alors, pour excuser les fausses prophéties et erreurs des inspirés, on dit souvent qu’il ne faut pas confondre vrais et faux prophètes. Et là, ils citent des gens qui se sont trompés 80 % du temps en utilisant les 20 % de fois où ils ont eu raison. Ou bien ils maquillent la folie des prophéties en disant que la sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes, comme si les extravagances de Tennhard étaient à l’égal des Évangiles.
Passages bibliques
Joël 2, 28-29
Objection : Joël 2, 28-29 : Après cela, je répandrai mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, dans ces jours-là, je répandrai mon Esprit. Réponse :
- Il ne faut pas aller plus loin que la Bible : ce passage dit que l’Esprit de Dieu serait répandu sur des gens de tous sexes et toutes conditions, sans les distinctions de l’Ancienne Alliance.
- Il s’agit surtout de dire que la Révélation du Nouveau Testament sera plus grande que celle de l’Ancien. C’est courant de décrire des réalités du NT avec du vocabulaire de l’AT, comme monter à la montagne de l’Éternel, s’approcher de l’autel du Seigneur, etc.
- Pris à la lettre, il n’y a pas d’« inspirés » et d’« autres », comme ce que l’on voit chez les inspirés. Ce passage ne les confirme donc pas.
Osée 12, 11
Je parlerai aux prophètes, je multiplierai les visions et je proposerai des paraboles par les prophètes.
- Il n’y a rien de plus à tirer que le fait qu’il y aura des prophètes dans la postérité d’Éphraïm.
- Dans l’original, ce passage est au passé, et non au futur.
Psaumes 74, 9
Nous ne voyons plus de signes, il n’y a plus de prophètes, et il n’y a personne parmi nous qui sache jusqu’à quand.
L’absence de prophétie est un signe de malédiction de l’Église, et donc la présence d’inspirés, un signe de santé.
- Il s’agit d’abord de l’organisation religieuse de l’AT. On parle aussi de la disparition de l’arche, de l’Urim et du Thummim, etc.
- En quoi cela prouve-t-il que les faux prophètes sont un signe de bonne santé pour l’Église ?
- De quoi nous désolerions-nous ? Nous avons la Parole de Dieu prêchée régulièrement et les sacrements. Que nous faut-il de plus ?
L’exemple des Actes
Dans l’Église primitive, il y avait des prophètes et des prophétesses.
- Oui, mais leur utilité est terminée, ayant rempli leur mission, tout comme on retire les cintres en bois une fois que la voûte est construite.
- Il s’agissait de vrais prophètes de Dieu, pas de… ça.
1 Corinthiens 12, 9
Paul joint la prophétie dans la liste des dons de l’Esprit en 1 Corinthiens 12, 9. Donc, ce don devrait persister à toutes époques.
- La foi dont on parle est la foi aux miracles, qui est devenue aussi obsolète que les miracles.
- Dans ce cas, le don des langues aussi devrait être perpétuel [argument pertinent parce que les inspirés n’étaient pas des pentecôtistes].
- Il y a effectivement un don de prophétie perpétuelle, c’est la prédication fidèle.
Ensuite, Pictet aborde plusieurs autres passages plus brièvement traités, en à peine 4 ou 5 phrases.
Arguments de raison
La supériorité de l’Église du NT
Comment l’Église du NT est-elle supérieure à l’AT, si elle n’a pas la prophétie ?
- Nous en savons plus que les croyants de l’AT.
- Ils avaient les ombres, nous avons la vérité.
- Le Messie leur était promis, il nous est venu.
- L’Évangile est connu maintenant de toutes les nations, pas seulement d’Israël.
Il n’y a donc pas de nécessité qu’il y ait une prophétie continuée pour que l’Église du NT soit supérieure à celle de l’AT.
La censure
Les inspirés disent que nous avons besoin de la prophétie pour réfuter les erreurs contemporaines.
- Lesquelles ? Celles des athées ? Mais les prophètes attaquent le christianisme et ses doctrines.
- Ce que disent les prophètes à partir des Écritures est soit trop trivial pour être utile, soit trop obscur, ou contraire à la Parole de Dieu.
- Quelle correction font-ils qui n’est pas déjà faite par la Parole de Dieu ?
- En quoi les convulsions et la bave aux lèvres participent-elles à la correction des erreurs ?
- L’Écriture ne suffit donc pas ?
- On Reve
- On suppose que les mêmes maux ont les mêmes remèdes. Or, il est des profils qui sont corrigés par une exhortation biblique et non par un spectacle d’inspirés.
- On mélange les deux alliances : il y avait besoin de prophètes aussi longtemps que la Révélation écrite de Dieu n’était pas terminée.
Divers
Alors quoi ? Il n’y a plus de prophète possible pour le NT ? Pourquoi refuser ?
- Nous ne nions pas que les prophètes soient nécessaires pour l’Église du NT. Nous nions qu’ils soient nécessaires pour l’Église contemporaine. L’œuvre fondatrice des prophètes étant terminée, il n’y a plus besoin de prophétie.
- Vos prophètes sont de faux prophètes, et c’est tout à fait conforme à l’Église du NT que de se garder des faux prophètes.
Objection : Mais il se passe des choses extraordinaires. Réponse : Je n’y crois pas, désolé. Et de plus, en quoi cela complète-t-il la prédication et les sacrements ?
Objection : Et les enfants prophètes ? Réponse : Les enfants répètent souvent ce qu’ils ont entendu de leurs parents.
Objection : Et les mouvements extatiques des inspirés ? N’est-ce pas une preuve de leur inspiration ? Réponse :
- Ça peut être des fourberies, ça s’est déjà vu.
- On obtient le même résultat avec une forte imagination.
- Ou une maladie.
Objection : Vous n’avez pas le droit de restreindre le droit d’enseigner à une certaine catégorie ! Réponse :
- Bien sûr que les dons de Dieu ne sont pas limités à une certaine catégorie. Mais ce n’est pas une inspiration.
- Nous distinguons dons de Dieu et charges dans l’Église. Dieu donne ses dons à qui il veut. Mais les charges suivent l’ordre de l’Église.
Objection : La lettre tue, l’Esprit vivifie – 2 Corinthiens 3, 6-7. Réponse : On parle ici de ce que fait la Loi sans l’Évangile : la Loi seule tue, tandis que l’Évangile plus la Loi donne la vie.
Objection : Mes brebis reconnaissent ma voix – Jean 10, 27. Donc, nous sommes enseignés directement par l’Esprit de Dieu, par inspiration. Réponse : Bien sûr qu’il y a une opération intérieure du Saint-Esprit. Mais ce n’est pas l’inspiration, c’est la voix de l’Évangile.
Objection : Il est écrit que tous seront enseignés de Dieu – Jérémie 31, 34 + Hébreux 8, 10-11 + 1 Jean 2, 27. Réponse :
- Jérémie dit simplement qu’il y aura plus de connaissance dans la Nouvelle Alliance. Aucun de ces textes n’établit une caste d’inspirés qui enseigne à un peuple de non-inspirés, ce qui réfute les inspirés.
- Bien sûr que les auteurs inspirés sont particulièrement inspirés de Dieu. Mais celui qui est enseigné ordinairement est aussi enseigné par Dieu, de façon naturelle.
- Être enseignés de Dieu ne signifie pas « enseignés par inspiration ».
- Nous ne voyons pas ce qu’il y a d’inspiré dans vos paroles particulières.
Objection : Il faut être inspiré comme les prophètes pour comprendre les prophéties. Réponse : Non, pas de la même manière : une œuvre naturelle suffit.
Où est le mal ?
Pictet mentionne l’histoire d’une prophétesse enceinte d’un homme qui n’était pas son mari, qui déclara être enceinte sous l’action du Saint-Esprit, et qu’elle accoucherait d’un grand prophète ! Elle donna le jour à une fille. Un autre exemple où une prophétesse fit une pure escroquerie à 5000 livres.
Et alors ! Quel est le mal ?
- Il y a beaucoup d’imposteurs et d’escrocs qui ne méritent que d’être punis.
- Les inspirés sont contagieux.
- Dès qu’une personne se croit inspirée, elle n’obéit plus à aucun ordre.
- On se crée ainsi des problèmes dans l’Église.
- Il est du devoir des hommes de ne pas laisser le nom de Dieu être blasphémé en appelant prophétie ce qui n’est que mensonges, fantaisies et extravagances.
- Cela crée de la confusion là où Dieu veut de l’ordre.
- Tendances schismatiques.
Il expose ensuite le genre de troubles que peuvent provoquer des prophètes et comment ils échappent à la vérité en commentant l’actualité d’un anabaptiste qui s’était essayé à la (fausse) prophétie politique.
Conclusion
Même s’il y a peu de chances, les prétendus inspirés feraient bien de faire attention à ce que dit Pictet :
- Parce qu’ils peuvent se tromper.
- Parce qu’ils peuvent tromper les autres.
- Parce que c’est offenser Dieu que de lui attribuer des fausses prophéties.
- Parce que l’argent levé par le moyen de ces prophéties pourrait être mieux utilisé ailleurs.





« Le jour où ces prophètes enseigneront des choses aussi belles et fondamentales que les apôtres, on les écoutera. » Euh non merci, la révélation est complète + avant dernier verset d’apocalypse + ce texte et bien d’autres + …etc…
Il me semble qu’Augustin a écrit un texte sur la divination et les démons dont j’ai oublié le titre mais qui me semble adapté à la problématique.