Une certaine confusion rรจgne sur la nature abortive des contraceptifs. En effet, la plupart des professionnels de santรฉ n’รฉtant pas particuliรจrement soucieux de l’รฉthique relative ร l’avortement (comme le sont les chrรฉtiens, par exemple), rares sont ceux qui vont chercher ร savoir prรฉcisรฉment le mode d’action d’un contraceptif dans le but de dรฉterminer s’il est potentiellement abortif. Par abortif, j’entend tout ce qui peut causer la mort d’un organisme humain vivant gรฉnรฉtiquement distinct qui n’est pas encore nรฉ. Autrement dit, tout ce qui peut faire mourir un รชtre humain au cours de son dรฉveloppement entre le stade de la premiรจre cellule et celui de la naissance.
L’information mรฉdicale principale ร retenir de cet article est que toutes les mรฉthodes contraceptives hormonales sans aucune exception (toutes les pilules de toutes les gรฉnรฉrations, les implants et le stรฉrilet hormonal) sont potentiellement abortives ainsi que le stรฉrilet au cuivre (non hormonal). Pour le dรฉtail, รงa se passe en dessous.
Les contraceptions hormonales
Les pilules
Les pilules contraceptives sont des hormones dont la nature et les doses varient d’un type de pilule ร l’autre. Quant ร la variation de ยซย nature des hormonesย ยป entre les pilules, il existe deux types de pilules :
- Les pilules ลstroprogestatives ;
- Les pilules progestatives.
Vous le comprenez par leur nom, les deux contiennent un composรฉ progestatif. Or, voici ce que le rรฉfรฉrentiel national de gynรฉcologie1, utilisรฉ pour la formation de tous les รฉtudiants en mรฉdecine de France, dit ร propos des divers mรฉcanismes du mode d’action de ce composรฉ progestatif que l’on retrouve dans toutes les pilules (je traduirai plus bas en langage non mรฉdical) :
- Action antigonadotrope du composรฉ progestatif, supprimant le pic ovulatoire de LH et FSH et inhibant la croissance folliculaire ;
- Modification de la glaire cervicale (รฉpaisse et moins abondante) ;
- Atrophie de l’endomรจtre le rendant plus ou moins inapte ร la nidation.
En touchant ร cette seule hormone, les effets sont au moins triples. Le premier effet consiste ร diminuer la probabilitรฉ d’une ovulation, le deuxiรจme consiste ร diminuer la capacitรฉ des spermatozoรฏdes ร rentrer dans la cavitรฉ utรฉrine. Le troisiรจme consiste ร diminuer la capacitรฉ de l’utรฉrus ร accueillir un embryon. Vous le comprenez, c’est ce troisiรจme effet qui est potentiellement abortif.
En effet, aucun de ces effets n’est infaillible2. L’indice de Pearl, qui permet d’รฉvaluer combien de femmes deviennent enceintes sur une annรฉe d’utilisation d’un contraceptif pour 100 femmes utilisant ce contraceptif est de 0,3 pour la pilule (cela vaut pour les deux types dรฉcrits plus haut). Cela signifie que pour 100 femmes utilisant la pilule, 0,3 vont tomber enceinte chaque annรฉe. Autrement dit, pour 1000 femmes utilisant la pilule, 3 vont tomber enceinte chaque annรฉe. En rรฉalitรฉ, il s’agit lร de l’indice de Pearl thรฉorique, rรฉsultant d’estimations considรฉrant que toutes les femmes prennent rigoureusement leurs pilules ร l’heure, sans oubli, sans interaction mรฉdicamenteuse. Un autre indice de Pearl, calculรฉ ร partir de vraies femmes prenant la pilule, l’indice de Pearl dit pratique, est de 8 pour la pilule. Cela signifie donc que pour 100 femmes prenant la pilule, 8 vont tomber enceinte chaque annรฉe.
Songez ร ce que cela signifie. Cela nous montre que, 8 fois sur 100 par an, les trois modes d’action de la pilule vont รฉchouer et conduire ร une grossesse. Toutefois, il est tout autant possible que seul l’un des modes d’action ou que deux des modes d’action รฉchouent. Si l’inhibition de l’ovulation รฉchoue (et qu’une ovulation a lieu) et que les spermatozoรฏdes parviennent ร rentrer dans la cavitรฉ utรฉrine, il peut y avoir fรฉcondation. Le contraceptif agira alors comme un abortif, empรชchant potentiellement cet embryon de se fixer dans l’utรฉrus (empรชchant la nidation) : le contraceptif entraรฎnera bien la mort d’un organisme humain gรฉnรฉtiquement distinct avant sa naissance.
La rรฉflexion qui prรฉcรจde se fonde sur les trois effets rapportรฉs dans le rรฉfรฉrentiel de gynรฉcologie. En rรฉalitรฉ, il existe au moins un quatriรจme effet, lui aussi abortif : la pilule agit encore sur la motilitรฉ des trompes chargรฉes de conduire l’embryon vers la cavitรฉ utรฉrine (et favorisant au passage les grossesses extra-utรฉrines)3.
Considรฉrations statistiques
On est en droit de se demander, ร partir de ces donnรฉes, combien d’avortements sont engendrรฉs par la pilule dite ยซย contraceptiveย ยป. Avant de se pencher sur ce sujet, il faut noter que les considรฉrations statistiques n’ont que peu de pertinence en รฉthique. En effet, si vous pouviez obtenir quelque chose de dรฉsirable, ร condition d’appuyer sur la gรขchette d’une arme ร feu en direction d’une personne, il importe peu que ce pistolet soit chargรฉ d’une balle sur cinq ou de quatre sur cinq. Certes, l’effet sera diffรฉrent et la diffรฉrence quantitative considรฉrable. Mais, pour ce qui est de l’รฉthique ou de la morale de cet acte, cela importe peu. Pourtant, un certain mรฉdecin chrรฉtien, jugeant que l’effet abortif potentiel de la pilule รฉtait plus rare ou moins probable statistiquement avec une gรฉnรฉration de pilules en particulier, s’est permis de dire dans des รฉmissions et dans un livre que celle-ci n’รฉtait pas abortive, induisant en erreur ses auditeurs et lecteurs. C’est la diffusion de ses propos qui m’a poussรฉ ร รฉcrire ce correctif. Ces prรฉcisions รฉtant faites, passons ร ces considรฉrations statistiques.
Il faut tout d’abord dire qu’il est impossible de dรฉterminer prรฉcisรฉment ce chiffre. Pour ce faire, il faudrait qu’un nombre suffisant de femmes sous pilule se soumissent ร des examens rรฉguliers. La nature mรชme de ces examens est difficile ร dรฉterminer, puisqu’il n’existe pas de marqueur biologique pour nous avertir de la prรฉsence d’un embryon avant sa nidation. Il est trรจs peu probable qu’une telle รฉtude voie le jour. En revanche, ce chiffre peut รชtre estimรฉ ร partir de plusieurs hypothรจses. C’est ce qu’a proposรฉ le docteur Benoรฎt Bayle4. Partant des proportions connues dans l’รฉtat physiologique (sans prise de pilule), il calcule une IDE (indice de destruction embryonnaire) qui correspond au nombre d’embryons morts par femme par annรฉe. Pour la pilule ลstroprogestative, l’IDE calculรฉ est de 3 ร 10 pour 100 femmes par an. Pour la pilule microprogestative, l’IDE calculรฉ est de 8 ร 30. On constate que le ยซย pistoletย ยป microprogestatif contient plus de balles que l’ลstroprogestatif.
Pour que l’ordre de grandeur soit plus concret, en 1990 (lors de la rรฉalisation de son รฉtude), 130 000 ร 450 000 avortements ont รฉtรฉ provoquรฉs par la pilule et par an en France. La fourchette est large, il est impossible d’รชtre plus prรฉcis et de vรฉrifier l’ensemble des hypothรจses. Mais il est aussi indรฉniable que des ovulations dites ยซย d’รฉchappementย ยป ont lieu sous pilule et que, par consรฉquent, l’effet anti-nidatoire de celle-ci agit alors comme un abortif prรฉcoce. Il est aussi รฉvident que les chiffres actuels seraient bien plus รฉlevรฉs que ceux de 1990.
Le docteur Rudolf Ehmann, quant ร lui, รฉvalue en 2007 ร environ 172 000 cet IDE5.
Quoi qu’il en soit, il convient de rรฉpรฉter le propos que j’ai tenu en introduction de cette section : quelle que soit la proportion d’avortements engendrรฉs par la pilule (et cette proportion varie selon la composition de la pilule), le simple fait qu’un avortement puisse รชtre entraรฎnรฉ par la pilule est moralement significatif. Ce n’est donc pas sur ces รฉvaluations statistiques approximatives que doit se fonder la rรฉflexion.
L’implant hormonal
Si vous avez bien compris ce qui prรฉcรจde, il vous sera aisรฉ de comprendre que l’implant hormonal est, lui aussi, potentiellement abortif. En effet, le procรฉdรฉ d’action de l’implant est similaire ร celui de la pilule : la diffรฉrence consiste dans le fait que l’hormone, au lieu d’รชtre avalรฉe, diffuse lentement dans le corps de maniรจre continue.
Pour ce qui est des statistiques, une diffรฉrence notable est le fait que l’indice de Pearl thรฉorique et l’indice de Pearl pratique seront quasiment รฉquivalents, puisque la femme ne peut pas oublier de prendre son implant, celui-ci รฉtant comme son nom l’indique implantรฉ sous la peau.
Pour les mรชmes raisons que la pilule donc, l’implant est aussi potentiellement abortif.
Le stรฉrilet hormonal
Le stรฉrilet hormonal fonctionne aussi par diffusion hormonale dans le corps et, ร ce titre, tout ce qui prรฉcรจde peut รชtre rรฉpรฉtรฉ ici, avec les mรชmes prรฉcisions sur l’oubli que celles faites ร propos de l’implant.
D’autres effets communs ร tous les stรฉrilets et potentiellement abortifs aussi viennent toutefois s’ajouter :
- En tant que corps รฉtranger que le corps chercher ร expulser, le stรฉrilet est responsable d’une inflammation qui inhibe la capacitรฉ de la matrice utรฉrine ร accueillir l’ovocyte fรฉcondรฉ6 ;
- Pour les mรชmes raisons, une accumulation de leucocytes dans les trompes inhibe la motilitรฉ de celles-ci7.
Le stรฉrilet hormonal est donc, lui aussi, abortif.
Le stรฉrilet au cuivre
Les deux effets communs aux stรฉrilets dรฉcrits prรฉcรฉdemment se retrouvent avec le stรฉrilet au cuivre, qui est donc lui aussi potentiellement abortif. Par ailleurs, les rรฉcepteurs hormonaux de la muqueuse utรฉrine diminuent en nombre sous stรฉrilet au cuivre, empรชchant aussi par ce phรฉnomรจne la nidation8.
En outre, le stรฉrilet au cuivre ne vient pas inhiber l’ovulation comme celui aux hormones. On pourrait considรฉrer, sous ce rapport, que le stรฉrilet au cuivre agit exclusivement par avortement. Mais ce serait inexact de l’affirmer de maniรจre absolue puisque le stรฉrilet au cuivre a aussi une action sur la viabilitรฉ des spermatozoรฏdes eux-mรชmes.
La pilule du lendemain et du surlendemain
Le principe mรชme de la pilule du lendemain ou du surlendemain indique qu’elle est potentiellement abortive. En effet, si lors de sa prise la fรฉcondation a dรฉjร eu lieu, son action consistera simplement ร entraรฎner la mort d’un organisme humain distinct avant sa naissance. Si la fรฉcondation n’a pas eu lieu, l’action pourra รชtre exclusivement contraceptive.
Confusion et honnรชtetรฉ
Si les choses sont si claires, mรฉdicalement parlant, pourquoi cette confusion sur l’effet abortif des contraceptifs dont nous avons traitรฉs ?
- Premiรจrement, comme nous l’avons dit, les entreprises qui commercialisent ces pilules et les professionnels de santรฉ ne sont parfois pas particuliรจrement sensibles ร l’รฉthique de l’avortement, si ce n’est peut-รชtre pour dire qu’il s’agit d’un droit fondamental ! Ils sont donc peu nombreux ร s’informer sur l’effet potentiellement abortifs de ces dispositifs puisque cet effet n’aurait aucune consรฉquence รฉthique de leur point de vue. De ce fait, les pilules et dispositifs contracepto-abortifs sont commercialisรฉs comme contraceptifs et prescrits comme tels.
- Deuxiรจmement, le discours peu scrupuleux comme celui du mรฉdecin que j’รฉvoquais contribue ร cette confusion. Fonder, sur la base d’une diffรฉrence quantitative statistique prรฉsumรฉe une diffรฉrence รฉthique qualitative n’est pas un raisonnement valide (cf. l’illustration de la roulette russe). La pilule de troisiรจme gรฉnรฉration qu’il mentionne comme non abortive est donc, la vรฉritรฉ scientifique impose de le dire, potentiellement abortive.
- Derniรจrement, le discours acadรฉmique lui-mรชme a connu des glissements de sens. En effet, le docteur Lauritzen dit par exemple en 1989 : ยซ La pilule dans sa forme classique agit dans tous les cas comme contraceptif, non comme abortif. Avec les prรฉparations par รฉtapes et combinรฉes il s’agit pratiquement toujours d’une inhibition de l’ovulation. Ceci n’est qu’un des effets protecteurs. En plus, avec les prรฉparations monophasiques et sรฉquentielles, il existe รฉgalement des effets contraceptifs au niveau du mucus cervical, de l’endomรจtre et des influences sur la motilitรฉ des trompes et finalement ร l’ovaire mรชme.9ยป On le voit, il dรฉcrit parfaitement les quatre modes d’action que j’ai listรฉs plus haut mais dรฉcide arbitrairement de qualifier ceux-ci de contraceptifs et non d’abortifs. En effet, comme le note Rudolf Ehmann, Lauritzen limite le terme ยซย avortementย ยป ร la fin d’une grossesse dont il place le dรฉbut ร la nidation10. Ce jeu sรฉmantique a รฉvidemment pour but de masquer la rรฉalitรฉ, car si certains de ces effets empรชchent la procrรฉation d’une vie humaine gรฉnรฉtiquement distincte (effet contraceptif), d’autres entraรฎnent bien la mort d’une vie humaine gรฉnรฉtiquement distincte dรฉjร existante (effet abortif). Or, c’est bien cette diffรฉrence (l’existence d’une vie humaine distincte) qui importe sur le plan รฉthique et non le fait que cette vie ait connu ou non la nidation (aprรจs tout, moi non plus je ne suis plus branchรฉ ร un utรฉrus et pourtant ma vie a de la valeur !). En effet, les lecteurs chrรฉtiens de mon article se posent une seule question : ยซย tel contraceptif entraine-t-il la fin d’une vie humaine ?ย ยป et non la ยซย fin d’une grossesseย ยป dont les limites seraient diffรฉrentes de celles de la vie (la cรฉsarienne ou l’accouchement provoquent aussi la fin d’une grossesse, mais pas la fin d’une vie humaine !). Lauritzen lui-mรชme reconnaรฎt pourtant, avec l’intรฉgralitรฉ de la communautรฉ scientifique, que la vie humaine commence ยซ avec l’union de l’ovocyte avec le spermatozoรฏde et la division consรฉcutive du zygote11ยป, c’est-ร -dire avec la fรฉcondation, soit avant la nidation. On peut donc conclure que mรชme les scientifiques qui nient que les pilules sont abortives ne nient pas qu’elles mettent fin ร une vie humaine mais jouent sur les mots, pour ainsi dire, en redรฉfinissant ยซย abortifย ยป. Mais ce jeu de mots suffit pour entraรฎner une confusion.
Je conclurai ร propos de ces trois causes de confusion par les mots de la fรฉministe radicale Germaine Greer12:
Aujourd’hui, la contraception est synonyme d’avortement, car il n’a pas รฉtรฉ dรฉmontrรฉ que les pilules de troisiรจme gรฉnรฉration empรชchent les spermatozoรฏdes de fรฉconder un ovule. […] Que vous estimiez ou non que la crรฉation et le gaspillage de tant d’embryons est une question importante, vous ne pouvez que constater combien il s’agit d’une tromperie cynique de millions de femmes de vendre des abortifs comme s’il s’agissait de contraceptifs et que cela est incompatible avec le respect dรป aux femmes en tant qu’รชtres humains.
En bref, toutes les mรฉthodes contraceptives hormonales sans aucune exception sont potentiellement abortives ainsi que le stรฉrilet au cuivre. Les mรฉthodes de rรฉgulation des naissances qui ne sont pas potentiellement abortives sont les mรฉthodes barriรจres, les spermicides et les mรฉthodes naturelles de rรฉgulation des naissances. J’explique dans d’autres articles pourquoi la licรฉitรฉ รฉthique de certaines de ces derniรจres doit aussi รชtre questionnรฉe.
Illustration : Lodovico Mazzolino, Massacre des innocents, huile sur toile, vers 1528.
- CNGOF, Gynรฉcologie Obstรฉtrique ECNi, Elsevier Masson, 2021.[↩]
- Barjot P. et al., Grossesses survenants sous contraception orale : les leรงons de l’รฉtude GRECO, Gynรฉcologie obstรฉtrique & fertilitรฉ, 2006, vol. 34 / 2, pp. 120-126.[↩]
- Leidenberger, F.A., Klinische Endokrinologie fรผr Frauenรคrzte, Berlin/Heidelberg : Springer-Verlag, 1992 ; Mall-Hรคfeli, M., Brief an Apotheker Wรถppelmann vom 22.5.86 ; Taubert, Hans-Dieter/Kuhl, Herbert, Kontrazeption mit Hormonen, Stuttgart/New York : Georg Thieme Verlag 1995ยฒ ; Schering-Information, Folge 4, 1980-1984.[↩]
- Bayle, B., ยซ Lโactivitรฉ antinidatoire des contraceptifs oraux ยป, Contraception Fertilitรฉ Sexualitรฉ, 1994.[↩]
- Ehmann, R., Les menaces multiples de la vie ร naรฎtre, 6e colloque international de bioรฉthique, Bioรฉthique et Vie humaine, 2007.[↩]
- Wollen, A.L., Sandvei, R., Mork, S., Marndon, J.L., Matre, R., In situ characterization of leukocytes in the fallpian tube in women with or without an intrauterine contraceptive device, Acta Obstet. Gynecol. Scand. 73, 1994a ; pp. 103โ112.[↩]
- Ortiz, M.E., Croxatto, H.B., Bardin, C.W., Mechanisms of Action of Intrauterine Devices: Obstet. and Gynecol. Survey, 1996, vol. 51/12, suppl., pp. 542-551.[↩]
- Buckley DH, The Patology of Intra-Uterine Contraceptive Devices, Current Topics in Pathology, vol. 86. Berlin / Heidelberg, Springer-Verlag, 1994, pp. 307โ330.[↩]
- Lauritzen, C., Fragen aus der Praxis, ยซ Die Pille: (auch) ein Abortivum ? ยป, Deutsche medizinische Wochenschrift 114/14, 1989, p. 567.[↩]
- Ehmann, R., op. cit.[↩]
- Lauritzen, C., Frage โ Antwort, Nidationshemmung, Tรคgl. Praxis (1986) 27, 694.[↩]
- Greer, G., The Whole Woman, Londres Doubleday, (1999), pp. 92-93.[↩]





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