Dans un rรฉcent article, nous rapportions les propos suivants du pasteur rรฉformรฉ franรงais Charles Drelincourt :
Nous la croyons bienheureuse dโavoir conรงu Jรฉsus-Christ en son corps, mais encore plus heureuse de lโavoir conรงu en son cลur, et dโavoir cru en lui comme en son Dieu et en son Sauveur. Nous la croyons bienheureuse dโavoir allaitรฉ le rรฉdempteur du monde, mais encore plus heureuse dโavoir sucรฉ elle-mรชme les mamelles de ses consolations, et dโavoir รฉtรฉ du nombre de ceux qui รฉcoutent la parole de Dieu et qui la gardent. Car elle nโa portรฉ Jรฉsus-Christ que neuf mois en son corps, mais elle le portera รฉternellement en son cลur.
Charles Drelincourt, De lโhonneur qui doit รชtre rendu ร la sainte et bienheureuse Vierge Marie, chapitre II.
Marie fut bienheureuse et reรงut la plus grande grรขce sur terre, celle d’avoir Jรฉsus pour fils. Mais elle fut d’autant plus heureuse, nous dit Drelincourt, d’avoir conรงu Jรฉsus-Christ en son cลur, car il s’agit de la plus grande grรขce dans les cieux et sur la terre. En affirmant cela, Drelincourt ne dit rien d’autre que ce que dรฉclarait dรฉjร saint Augustin :
Il est รฉcrit dans l’รvangile que la mรจre et les frรจres, c’est-ร -dire les parents de Jรฉsus Christ le firent prรฉvenir qu’ils l’attendaient au dehors, parce que la foule ne leur permettait pas d’arriver jusqu’ร lui. Et le Sauveur de rรฉpondre : ยซ Quelle est ma mรจre et qui sont mes frรจres ? ยป Puis, รฉtendant. la main sur ses disciples, il ajouta : ยซ Voici mes frรจres ; et quiconque fera la volontรฉ de mon Pรจre, celui-lร est mon frรจre, ma soeur et ma mรจre ยป. N’est-ce pas nous dire clairement qu’il prรฉfรจre notre alliance spirituelle ร la parentรฉ charnelle ? N’est-ce pas nous annoncer que le bonheur, pour les hommes, ne consiste pas ร avoir, avec les justes et les saints, une parentรฉ charnelle, mais ร leur รชtre uni par l’imitation de leur vie et la soumission ร leur doctrine ? Marie fut donc plus heureuse en recevant la foi de Jรฉsus-Christ, qu’en enfantant sa chair. ยซ Bienheureux le sein qui vous a portรฉ ยป, s’รฉcriait une femme ; ยซ bien plus heureux, reprit le Sauveur, ceux qui รฉcoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ยป. ร ceux de ses frรจres, c’est-ร -dire ร ceux de ses parents qui ne crurent point en lui, de quel avantage fut cette parentรฉ ? La maternitรฉ mรชme de Marie n’eรปt รฉtรฉ pour elle d’aucune utilitรฉ, si en portant Jรฉsus-Christ dans sa chair, elle ne l’avait portรฉ plus heureusement dans son coeur.
Saint Augustin, De la sainte virginitรฉ, III1.
Ce bonheur de Marie, que l’รcriture nous rapporte, a pour finalitรฉ de tourner nos regards entiรจrement vers la source de ce bonheur, Jรฉsus-Christ, et de dรฉcouvrir que, si nous ne pouvons participer ร ce bonheur singulier d’รชtre mรจre du Seigneur selon l’humanitรฉ, nous pouvons participer au bonheur plus excellent encore de porter le Seigneur en notre cลur, ร la suite de Marie.
Dรฉcouvrir les PรจresIl est nรฉ le Roi du monde,
Ruben Saillens, Il est nรฉ le Roi du monde.
Le Christ, le Libรฉrateur !
Que la terre au ciel rรฉponde
D’une voix, d’un mรชme cลur.
En notre รขme viens renaรฎtre,
ร Christ, elle a soif de toi !
Elle veut t’avoir pour Maรฎtre,
Humble enfant, glorieux Roi !
Illustration en couverture : Fra Angelico, L’Annonciation, 1440-1445.





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