Voici la deuxiรจme partie d’un nouveau sermon sur l’รฉpรฎtre de Jacques. Ce sermon suivra le plan suivant :
1/3 : Notre estime de la Parole
2/3 : Notre รฉcoute de la Parole
3/3 : Notre rรฉception de la Parole
Notre รฉcoute de la Parole
Pรฉricope
Sachez-le, mes frรจres bien-aimรฉs. Ainsi, que tout homme soit prompt ร รฉcouter, lent ร parler, lent ร se mettre en colรจre; car la colรจre de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excรจs de malice, recevez avec douceur la parole qui a รฉtรฉ plantรฉe en vous, et qui peut sauver vos รขmes.
Jacques 1,19-21.
Dans la premiรจre partie du sermon, nous avons commencรฉ ร rรฉpondre ร la question suivante : Quelle est la maniรจre la plus appropriรฉe et efficace d’รฉcouter et de recevoir la parole de Dieu pour le salut de mon รขme ? Nous avons vu qu’il fallait avant tout considรฉrer avec rรฉvรฉrence l’autoritรฉ suprรชme de la Parole, notamment car elle est celle de Dieu. Ayant รฉtabli cela, voyons maintenant comment nous devons รฉcouter la Parole.
Car avant de recevoir le contenu de la Parole, eh bien, il faut l’รฉcouter, et l’รฉcouter d’une certaine faรงon. Car nous savons tous ici que nous pouvons รฉcouter ce que nous dit une personne de bien des maniรจres diffรฉrentes, et que la maniรจre dont nous รฉcoutons ce qu’on nous dit traduit les dispositions de notre cลur, et dรฉtermine aussi le rรฉsultat de notre รฉcoute.
Je vous donne un exemple pour illustrer cela. J’imagine que la majoritรฉ d’entre nous est allรฉe ร l’รฉcole. Dans une salle de classe, vous avez ร peu prรจs tous les profils d’รฉlรจves. Il y a ceux qui dorment et qui ne peuvent donc mรชme pas entendre ce que dit l’enseignant. Il y a ceux qui sont tellement perdus dans leurs pensรฉes ou occupรฉs ร faire autre chose qu’ils entendent, mais n’รฉcoutent pas, car il y a bien une grande diffรฉrence entre entendre le professeur, et l’รฉcouter : entendre c’est une facultรฉ physique passive ; si vos oreilles fonctionnent, vous entendrez. รcouter rajoute au fait d’entendre un minimum d’implication, de concentration, et de volontรฉ de comprendre ce qui est dit.
Et on peut finalement diviser les รฉlรจves qui รฉcoutent en deux sous-catรฉgories. Il y a ceux qui รฉcoutent dans le but de provoquer le professeur ร la moindre occasion, par une blague, une question dรฉplacรฉe, ou en le contredisant. Et enfin il y a ceux que le professeur prรฉfรจre : ceux qui รฉcoutent attentivement et calmement dans le but d’apprendre et de progresser.
Vous voyez bien que chacune de ces attitudes traduit assez facilement la disposition et les motivations de l’รฉlรจve, et dรฉtermine aussi ces rรฉsultats futurs. L’รฉlรจve qui dort montre trรจs clairement qu’il n’a que faire de ce que le professeur lui enseigne, qu’il n’a pas de respect pour lui, et ses rรฉsultats scolaires seront certainement trรจs mauvais. Il en va de mรชme, dans une moindre mesure, pour l’รฉlรจve qui ne fait qu’entendre. Il en va de mรชme pour l’รฉlรจve qui รฉcoute, certes, mais pour provoquer le professeur : Il manifeste un vrai manque d’intรฉrรชt pour le contenu, de respect pour l’enseignant, et probablement qu’il ne retiendra pas grand-chose de ce qui est dit, et que ses rรฉsultats seront รฉgalement mauvais.
Finalement, il n’y a que le dernier groupe qui traduit ร la fois un vrai intรฉrรชt pour le contenu de l’enseignement, pour ses progrรจs scolaires, un vrai respect pour l’enseignant, et qui trรจs probablement obtiendra de bons rรฉsultats.
D’ailleurs, il y a un autre aspect qu’il est intรฉressant de mentionner : il n’y a que ce dernier groupe qui favorise aussi le bon apprentissage et donc les progrรจs des autres. Car celui qui dort, ou qui entend, ou qui รฉcoute pour provoquer, va d’une maniรจre ou d’une autre gรชner le professeur, soit en le dรฉmotivant, soit en l’interrompant. Mais ceux qui รฉcoutent pour progresser encouragent le professeur par leur attitude, installent un climat favorable ร l’รฉcoute, posent des questions pertinentes qui font progresser toute la classe. Ce sont รฉgalement eux qui seront les plus capables d’aider les รฉlรจves en difficultรฉ : bref, leur attitude n’est pas bรฉnรฉfique que pour eux-mรชmes, mais aussi pour les autres. Ces รฉlรจves sont prompts ร รฉcouter, lents ร bavarder et ร perturber le cours. Ils ont un intรฉrรชt pour la matiรจre, une volontรฉ de progresser, un objectif ร atteindre sur le long terme, et un respect pour le professeur car ils savent qu’il est lร pour les y aider et qu’il en a la capacitรฉ.
Vous l’aurez compris, frรจres et sลurs, il y a beaucoup de similitudes et de parallรจles ร faire entre ces รฉlรจves et nous, en ce qui concerne notre รฉcoute de la Parole, en particulier le dimanche matin. Notre disposition intรฉrieure qui se manifeste dans notre attitude extรฉrieure traduit trรจs clairement l’intรฉrรชt que nous avons pour la prรฉdication, le respect que nous avons pour Dieu ร travers le prรฉdicateur, et notre volontรฉ de progresser spirituellement. Et tout comme l’รฉlรจve, notre attitude est dรฉterminante pour notre progrรจs spirituel.
Cela peut vous sembler superficiel. Peut-รชtre que vous vous dites comme certains : ยซย Tu ne sais pas ce qu’il y a vraiment dans mon cลur ou mes pensรฉes, alors, ne me juge pas par ce que tu vois ร l’extรฉrieur.ย ยป Pourtant Jacques, et il n’est pas le seul, est trรจs concernรฉ par ce que notre attitude extรฉrieure traduit de nos dispositions intรฉrieures. Cela n’a rien de superficiel car Dieu nous a crรฉรฉs pour que notre รชtre entier forme un ensemble cohรฉrent. Notre bonne attitude extรฉrieure peut favoriser de bonnes dispositions intรฉrieures et inversement : ces deux aspects de notre รชtre sont intimement liรฉs.
Parmi les attitudes qui traduisent une mauvaise disposition et qui ne favorisent pas une bonne รฉcoute, il y a par exemple le fait d’arriver en retard au culte, ou en cours de prรฉdication. Sortir de la salle une ou plusieurs fois pour boire, manger ou mรชme discuter en pleine prรฉdication, somnoler devant le prรฉdicateur. Dans tout autre contexte, ce genre d’attitude serait pris comme un manque de respect vis-ร -vis de l’orateur et un manque d’intรฉrรชt pour ce qu’il dit. Mais paradoxalement, alors que nous savons que c’est Dieu qui nous parle, pour le salut de notre รขme, ร travers le prรฉdicateur, nous nous autorisons bien plus de choses que nous le ferions ร l’รฉcole, au travail, au cinรฉma, ou dans n’importe quelle confรฉrence.
Encore une fois cela peut vous paraรฎtre superficiel mais, si vous avez du mal ร vous lever le dimanche matin, que vous รชtes trop fatiguรฉs durant la prรฉdication pour garder les yeux ouverts, autant que cela est possible pour vous, vous devriez peut-รชtre revoir votre planning pour avoir une bonne nuit de sommeil le samedi soir et รชtre ainsi plus en forme le dimanche. Si vous avez faim au point de devoir sortir de la salle, mangez bien avant de venir ou prenez ร boire et ร manger avec vous dans la salle pour ne pas avoir besoin de sortir, au risque de manquer des points importants de la prรฉdication. Si vos pensรฉes s’รฉvadent trop souvent, peut-รชtre que prendre des notes pourrait vous aider ร rester concentrรฉs.
Ce n’est pas une question de capacitรฉ, car nous savons trรจs bien que nous pouvons rester devant un film de deux heures et demie sans bouger, รฉcouter de la musique, lire ou jouer aux jeux vidรฉo pendant des heures sans que notre attention ne se relรขche. Ce n’est pas une question de capacitรฉ intellectuelle ou physique, mais bien de prioritรฉs, d’affections, de volontรฉ, et d’intรฉrรชt. Notre attitude traduit l’importance que nous accordons ร la Parole de Dieu et l’intรฉrรชt que nous avons pour notre croissance spirituelle.
Mais l’enjeu principal, vous l’aurez bien compris, je l’espรจre, ce n’est pas que tout le monde arrive ร l’heure et reste bien assis, les yeux rivรฉs sur le prรฉdicateur. Bien sรปr, comme nous venons de le voir, une bonne attitude extรฉrieure favorisera une bonne รฉcoute de la prรฉdication, pour vous et pour les autres. Mais l’enjeu de ce passage, c’est l’รฉcoute de notre cลur. Nous voulons รชtre comme l’รฉlรจve qui รฉcoute en engageant toutes les facultรฉs de son รชtre parce qu’il a envie de comprendre, d’apprendre, et de progresser.
Notre attitude traduit l’importance que nous accordons ร la Parole de Dieu et l’intรฉrรชt que nous avons pour notre croissance spirituelle.
Et tout ce que je dis lร ne concerne pas que la prรฉdication du dimanche, mais aussi vos temps personnels de lecture et vos cultes familiaux. Lorsque vous lisez la Bible, avez-vous un esprit et un cลur prompts ร รฉcouter Dieu et lents ร parler, prompts ร comprendre et lents ร rรฉtorquer ? Pouvez-vous dire que vous avez une รฉcoute active de la Parole de Dieu, qui dรฉmontre votre soif rรฉelle d’apprendre, de comprendre et de progresser dans votre foi ?
La mauvaise nouvelle c’est que, ร cause de notre pรฉchรฉ, nous sommes tous naturellement mal disposรฉs, comme les trois premiรจres catรฉgories d’รฉlรจves qui dorment, entendent, ou รฉcoutent pour critiquer. L’homme naturel ressent soit de l’indiffรฉrence, soit de la haine vis-ร -vis de la parole de vรฉritรฉ. Cela change le jour oรน le Saint-Esprit transforme et adoucit notre cลur de pierre, ouvre nos yeux pour qu’ils voient, nos oreilles pour qu’elles entendent. ร partir de ce jour-lร , le Saint-Esprit qui vit en nous nous rend capables d’รฉcouter avec envie, concentration et joie la parole de Dieu. Mais le reste de corruption qui demeure en nous peut toujours refaire surface si nous n’y prenons pas garde, car c’est un combat de chaque jour, et il est toujours possible de retomber dans nos travers d’indiffรฉrence, voir d’un certain rejet de la parole de vรฉritรฉ.
C’est justement pour nous prรฉserver au maximum de cela que nous devons nous prรฉparer, non pas seulement physiquement, mais aussi et surtout spirituellement avant, pendant et aprรจs les cultes personnels, familiaux ou publics, en priant le Saint-Esprit qu’il nous donne une bonne disposition de cลur, qu’il renouvelle notre intรฉrรชt pour la Parole, et notre zรจle pour notre progrรจs spirituel. Une bonne รฉcoute de la Parole de vรฉritรฉ est toujours le point de dรฉpart et d’arrivรฉe d’une vie de croissance spirituelle rรฉguliรจre.
Mais une fois que nous avons avons fait tous nos efforts pour รชtre dans de bonnes dispositions afin d’รฉcouter attentivement la parole de Dieu, qui est la seule ร pouvoir sauver nos รขmes, il y a encore une รฉtape ร franchir, avant de mettre en pratique cette Parole : Nous devons la recevoir avec douceur.
Illustration : Edouard Dubufe (1855), La lecture de la Bible.



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