Les miracles eucharistiques contredisent la résurrection
24 mars 2026

Nous avons développé plusieurs articles relatifs aux miracles eucharistiques sur Par la foi, je vais en rappeler le contenu car les thèses déjà posées par écrit soutiendront le présent article.

  1. Dans un premier article, j’ai évoqué 3 lectures possibles, compatibles avec le protestantisme, des miracles eucharistiques. Une première option, la moins convaincante à mes yeux, serait que ces miracles soient surnaturels et divins, mais ne soient pas une démonstration de la véracité du catholicisme. La seconde serait que ces miracles soient surnaturels mais démoniaques. La dernière serait que ces miracles n’en soient pas du tout (ce qui, d’ailleurs, n’exclus pas une action démoniaque pour le mensonge). C’est cette dernière option qui me convainc : ces miracles n’en sont pas.
  2. Dans un second article, j’ai répondu à l’argument du groupe sanguin convergent allégué par certains.
  3. Dans un troisième article, j’ai examiné en détail le miracle de Lanciano, le plus ancien et le seul ayant fait l’objet d’une étude publiée dans une revue scientifique.
  4. Dans un quatrième article, j’ai donné quelques éléments sur l’un des principaux artisans et promoteurs de ces miracles, dont la vie semble rythmée par les fraudes.

Le présent article vise à exposer un argument très simple, et à le rattacher dans un deuxième temps à des réflexions amorcées dans les précédents.

  • 1) a) La doctrine de la résurrection du Christ implique que son corps humilié lors des « jours de sa chair » (Hébreux 5,7) n’était pas sujet à la corruption, selon qu’il est écrit : « tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption (Psaume 16,10 ; voir encore Actes 13,35). » ;
    1) b) La doctrine de la résurrection du Christ implique également que son corps glorifié, depuis sa résurrection, n’est pas non plus sujet à la corruption (1 Corinthiens 15,42).
  • 2) Si les miracles eucharistiques étaient vrais, ils impliqueraient qu’il y a actuellement sur terre des lieux où des morceaux du corps du Christ (qu’il soit dans un état d’humiliation ou de glorification) sont sujets à la corruption (moisissures, dessiccation, décomposition). Bref, le corps du Christ serait en divers lieux en train de pourrir.
  • 3) Puisque la résurrection est vraie, les miracles eucharistiques ne peuvent pas l’être.

La conclusion atteinte est en réalité un euphémisme. Si la résurrection est vraie, alors les miracles eucharistiques sont en réalité des blasphèmes. Et ainsi, quand bien même l’on serait persuadé à tort de leur origine surnaturelle, l’hypothèse d’une origine démoniaque doit être privilégiée relativement à l’hypothèse de l’origine divine.

Certains catholiques seraient peut-être tentés de contester la possibilité pour un démon d’agir ainsi. Il se trouve que l’Exode nous rapporte que les magiciens du Pharaon ont changé de l’eau en sang (Exode 7,22). Il se trouve également que Franco Serafini, l’un des chantres des miracles eucharistiques, lorsqu’il aborde notamment le cas de Julia Kim (une mystique désavouée par le Vatican, connue notamment pour transformer des hosties en chair dans sa bouche), envisage aussi l’hypothèse démoniaque en ces termes :

Cette question des phénomènes mystiques factices, ou véritablement inexplicables — dont les origines peuvent être, et sont probablement, diaboliques — est assurément intéressante, bien qu’elle mériterait une discussion approfondie que je n’entreprendrai pas ici1.

Ainsi, refuser d’envisager cette hypothèse ici serait un double standard injustifiable.

Dans un article à venir, je montrerai que les miracles eucharistiques contredisent également la doctrine romaine de la transsubstantiation, car sa formulation historique chez Thomas d’Aquin implique une présence non locale (le corps du Christ n’est pas déplacé quand l’hostie l’est) et non quantitative (substance présente non pas par voie de quantité). Sur ces deux points, les miracles eucharistiques contredisent la transsubstantiation. Ainsi, ils se retournent contre ce qu’ils sont censés prouver.

  1. Franco Serafini, Un cardiologue rencontre Jésus, version Kindle.[]

Maxime Georgel

Maxime est médecin à Lille. Fondateur du site Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs quatre enfants, sont membres de l'Église de la Trinité (trinitelille.fr) et sont moniteurs de la méthode Billings.

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