Il est fréquent d’entendre que les divergences d’interprétation biblique prouveraient que la Bible n’est pas claire. Ce raisonnement est défectueux car bien d’autres facteurs peuvent expliquer un désaccord. Ce n’est pas parce que des êtres rationnels ne s’accordent pas sur l’existence de Dieu que l’on ne peut pas dire que la raison indique que Dieu existe. De même, les désaccords en exégèses ne prouvent pas l’obscurité biblique. En ce sens, Jean Chrysostome (349-407), commentant les mauvaises interprétations des hérétiques Eunoméens (une forme d’Arianisme), déclare :
Mais, comme je le disais, en tordant les Écritures, ils [c’est-à-dire les Eunoméens hérétiques] négligent tout le reste et cherchent seulement à voir s’ils pourraient trouver quelque passage qui semble, d’une manière ou d’une autre, s’accorder avec leur maladie. Et ne me dites pas que l’Écriture en est responsable. Ce n’est pas l’Écriture qui est responsable, mais leur manque de discernement, puisque le miel est en réalité doux, mais que le malade le trouve amer. Ce n’est donc pas la faute du miel, mais une condamnation de la maladie. […] Je fais ces remarques afin que personne ne calomnie les Écritures, mais plutôt le mauvais discernement de ceux qui interprètent mal ce qui est pourtant bien énoncé. Car même le Diable s’est entretenu avec le Christ à partir des Écritures. Mais ce n’est pas l’Écriture qui est responsable, c’est l’esprit qui interprète mal ce qui est bien énoncé1.
- Jean Chrysostome, The Cult of the Saints, On Saint Phocas, trad. Wendy Mayer (Crestwood, NY : St Vladimir’s Seminary Press, 2006), 83-84.Texte grec : Ἀλλʼ ὅπερ ἔλεγον, παραγραφόμενοι τὰς Γραφὰς, τὰ μὲν ἄλλα παρατρέχουσι, ζητοῦσι δὲ, εἴπου εὕροιεν λῆμμα δοκοῦν τι συντρέχειν αὐτῶν τῷ νοσήματι. Καὶ μή μοι λέγε ὅτι ἡ Γραφὴ αἰτία· οὐχὶ ἡ Γραφὴ αἰτία, ἀλλʼ ἡ ἀγνωμοσύνη αὐτῶν, ἐπεὶ καὶ τὸ μέλι γλυκύ ἐστιν, ἀλλʼ ὁ νοσῶν πικρὸν αὐτὸ νομίζει· ἀλλʼ οὐ τοῦ μέλιτος τὸ ἔγκλημα, ἀλλὰ τῆς ἀῤῥωστίας ἡ κατηγορία. …Ταῦτα λέγω, ἵνα μηδεὶς τὰς Γραφὰς διαβάλλῃ, ἀλλὰ τὴν ἀγνωμοσύνην τῶν τὰ καλῶς εἰρημένα κακῶς ἑρμηνευόντων. Καὶ γὰρ ὁ διάβολος ἀπὸ Γραφῶν τῷ Χριστῷ διελέγετο. Ἀλλʼ οὐχ ἡ Γραφὴ αἰτία, ἀλλʼ ἡ διάνοια ἡ τὰ καλῶς εἰρημένα κακῶς ἑρμηνεύουσα, Jean Chrysostome, De sancto hieromartyre Phoca, § 3, Patrologia Graeca 50:703-704.[↩]





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