Nous avons publiรฉ rรฉcemment divers articles sur Jean chapitre 6.ย Un articleย oรน nous prenons un peu de recul pour considรฉrer ce que Jรฉsus dit sur sa prรฉsence dans lโรvangile de Jean,ย un articleย oรน nous argumentons que Jean 6 est incompatible avec la transsubstantiation, et enfin divers articles exposant lโavis des pรจres sur ce texte, en dรฉbutant parย Augustin et Jรฉrรดmeย puisย Tertullien,ย Origรจne,ย Eusรจbe de Cรฉsarรฉe et Clรฉment d’Alexandrie. Aujourd’hui, c’est ร un mรฉdiรฉval prolongeant la lecture patristique de ce passage que nous donnons la parole, Arnaud de Bonneval, bรฉnรฉdictin du XIIe siรจcle, connu pour รชtre l’auteur d’une biographie de Bernard de Clairvaux. Voici donc ce qu’il dรฉclare ร propos de Jean chapitre 6 :
Le Maรฎtre qui a transmis cette doctrine a dit que, si nous ne mangeons sa chair et ne buvons son sang, nous n’avons pas la vie en nous ; nous instruisant ainsi par un enseignement spirituel et ouvrant notre intelligence ร un mystรจre si cachรฉ, afin que nous comprenions que manger signifie demeurer en lui, et que boire signifie une certaine incorporation ร lui โ par la soumission de l’obรฉissance, par l’accord des volontรฉs et par l’union des affections. Ainsi, manger sa chair est une certaine aviditรฉ, un dรฉsir ardent de demeurer en lui : dรฉsir par lequel nous imprimons en nous la douceur de la charitรฉ, de telle sorte que la saveur infuse de l’amour s’attache ร notre palais et ร nos entrailles, pรฉnรฉtrant et imprรฉgnant tous les replis de l’รขme et du corps. Manger et boire concourent ร une mรชme fin : car, de mรชme que la substance corporelle en est nourrie, vit et se maintient en bonne santรฉ, de mรชme la vie de l’esprit est nourrie par cet aliment qui lui est propre ; ce que la nourriture est pour la chair, la foi l’est pour l’รขme ; et ce que le mets est pour le corps, la Parole l’est pour l’esprit : car, par une vertu plus excellente, elle opรจre รฉternellement ce que les aliments charnels n’opรจrent que de maniรจre temporelle et passagรจre1.





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