Il y a quelques mois, nous avons publié divers textes patristiques sur la prière aux anges (Irénée, Clément d’Alexandrie, Origène). Nous avons également examiné ce qu’avait prescrit le concile de Laodicée à ce propos. Et, justement, Théodoret de Cyr, dans l’un de ses écrits, et alors qu’il commente le « culte des anges », promu par quelques partisans de la Loi mosaïque judaïsants et condamné par saint Paul en Colossiens 2, nous livre le contexte de la décision du concile de Laodicée :
Ceux qui étaient favorables à la Loi leur recommandaient aussi de vénérer les anges, disant que c’était par leur intermédiaire que la Loi avait été donnée.
Cette pratique demeura longtemps en Phrygie et en Pisidie. C’est précisément pour cette raison qu’un synode qui s’était réuni à Laodicée de Phrygie interdit par une loi de prier les anges. Et jusqu’à ce jour, on peut voir chez eux et chez leurs voisins des oratoires consacrés à saint Michel.
C’est donc cela que ces hommes conseillaient de faire, prétendument par humilité, en disant que le Dieu de toutes choses est invisible, inaccessible et incompréhensible, et qu’il convient de rechercher la faveur divine par l’intermédiaire des anges1.
Il revient sur ce sujet un peu plus loin :
Puisque, en effet, ceux-là ordonnaient de vénérer les anges, lui-même recommande précisément le contraire : que vous orniez aussi bien vos paroles que vos œuvres du souvenir du Seigneur Christ.
« Et faites monter vers Dieu le Père, par lui, l’action de grâces », dit-il, « et non par les anges. »
Suivant cette loi, le synode qui s’était réuni à Laodicée, et désirant aussi guérir cette ancienne maladie, légiféra qu’il ne fallait pas prier les anges ni délaisser notre Seigneur Jésus-Christ2.
- Robert Charles Hill, Theodoret of Cyrus: Commentary on the Letters of St. Paul, vol. 2, Brookline, Holy Cross Orthodox Press, 2001, p. 95 ; texte grec : Οἱ τῷ νόμῳ συνηγοροῦντες, καὶ τοὺς ἀγγέλους σέβειν αὐτοῖς εἰσηγοῦντο, διὰ τούτων λέγοντες δεδόσθαι τὸν νόμον. Ἔμεινε δὲ τοῦτο τὸ πάθος ἐν τῇ Φρυγίᾳ καὶ Πισιδίᾳ μέχρι πολλοῦ. Οὗ δὴ χάριν καὶ συνελθοῦσα σύνοδος ἐν Λαοδικείᾳ τῆς Φρυγίας, νόμῳ κεκώλυκε τὸ τοῖς ἀγγέλοις προσεύχεσθαι· καὶ μέχρι δὲ τοῦ νῦν εὐκτήρια τοῦ ἁγίου Μιχαὴλ παρʼ ἐκείνοις καὶ τοῖς ὁμόροις ἐκείνων ἔστιν ἰδεῖν. Τοῦτο τοίνυν συνεβούλευον ἐκεῖνοι γίνεσθαι, ταπεινοφροσύνῃ δῆθεν κεχρημένοι, καὶ λέγοντες ὡς ἀόρατος ὁ τῶν ὅλων Θεὸς, ἀνέφικτός τε καὶ ἀκατάληπτος, καὶ προσήκει διὰ τῶν ἀγγέλων τὴν θείαν εὐμένειαν πραγματεύεσθαι.[↩]
- Robert Charles Hill, Theodoret of Cyrus: Commentary on the Letters of St. Paul, vol. 2, Brookline, Holy Cross Orthodox Press, 2001, p. 99 ; texte grec : Ἐπειδὴ γὰρ ἐκεῖνοι τοὺς ἀγγέλους σέβειν ἐκέλευον, αὐτὸς τὸ ἐναντίον παρεγγυᾷ, ὥστε καὶ τοὺς λόγους, καὶ τὰ ἔργα κοσμῆσαι τῇ μνήμῃ τοῦ Δεσπότου Χριστοῦ· Καὶ τῷ Θεῷ δὲ καὶ Πατρὶ τὴν εὐχαριστίαν διʼ αὐτοῦ, φησὶν, ἀναπέμπετε, μὴ διὰ τῶν ἀγγέλων. Τούτῳ ἑπομένη τῷ νόμῳ καὶ ἡ ἐν Λαοδικείᾳ σύνοδος, καὶ τὸ παλαιὸν ἐκεῖνο πάθος θεραπεῦσαι βουλομένη, ἐνομοθέτησε μὴ εὔχεσθαι ἀγγέλοις, μηδὲ καταλιμπάνειν τὸν Κύριον ἡμῶν Ἰησοῦν Χριστόν.[↩]





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