Catholicisme Romain,  Pères de l'Église

Les Pères et le Sola Scriptura : Clément d’Alexandrie

Ce qui suit est un extrait d’une recension que j’avais écrite des Stromates de Clément. La recension complète peut être lue ici, sur Goodreads.


Pour Clément, les grecs ont tort d’avancer comme argument contre le christianisme la diversité de ses sectes. En effet, il montre que leurs philosophies sont tout autant divisées et que cela ne les pousse pas à abandonner toute philosophie. Il propose au contraire 3 choses : 1) Faire d’autant plus d’effort pour distinguer le vrai du faux dans ces sectes, 2) Utiliser un critère objectif : les Ecritures, « voix du Seigneur », 3) considérer que les sectes gnostiques ou marcionites sont des inventions postérieures au temps des apôtres.

>> Lisez : « Les protestants sont si divisés » – Clément d’Alexandrie

Clément ne fait pas appel à un dogme pour distinguer les hérétiques des autres mais il a une ferme confiance en l’Ecriture pour justifier le vrai christianisme. « Mais ceux qui sont prêts à peiner pour le meilleur (note : c’est-à-dire à faire l’effort d’aller au-delà de la division apparente pour distinguer le vrai du faux), n’abandonneront pas la recherche de la vérité avant d’avoir reçu la démonstration des Ecritures elles-mêmes. » (VII, XVI, 93, 1)

>> Lisez : L’analogie de la foi – Augustin

Il va plus loin en s’opposant à ceux qui voudraient qu’un principe précède les Ecritures pour accéder à la vérité. Il pense certainement aux gnostiques qui, comme le dit Irénée, disaient que les Ecritures étaient incompréhensibles à moins de connaître tout d’abord leurs traditions. Il répond « Si l’on supposait que le principe (les Ecritures) ait besoin d’un autre, il ne serait plus préservé réellement comme principe. En fait, celui qui tire de lui même ses preuves, par l’Ecriture et la voix du Seigneur, en tant que c’est par le moyen du Seigneur que la voix opère pour dispenser aux hommes les bienfaits, est avec raison probant… Aussi saisissons-nous avec raison par la foi probante le principe commun indémontrable. » (VII, XVI, 95, 2-6).

>> Lisez : l’analogie de la foi – Irénée

Il poursuit donc en disant qu’il n’accepte pas l’avis d’un homme à moins qu’il soit fondé sur ce principe de vérité que sont les Ecritures : « Nous ne prêterions pas en effet attention à des hommes qui donnent tout simplement leur avis, car on peut avec une force égale leur opposer l’avis contraire… mais il faut prouver ce qu’on a dit… nous prouvons ce qui fait l’objet de la recherche par la voix du Seigneur, qui offre plus de garanties que toutes les démonstrations, bien plus, qui se trouve être la seule démonstration. » (VII,XVI,95,7-9). L’Ecriture comme seule démonstration, Sola Scriptura

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