L'autorité des Écritures – Saint Augustin
16 avril 2018

Augustin, dans une épitre à Jérome, nous livre la façon dont il considère l’Écriture; un livre sans erreur et qui doit être reçu à tout prix. Tous les autres auteurs ne sont autoritaires que lorsqu’ils s’appuient sur l’Écriture ou sur des arguments adressés à la raison :

Dans de telles conditions, nous pourrions nous amuser sans craindre de nous offenser mutuellement dans le domaine de l’Écriture, mais je me demanderais bien si l’amusement n’était pas à mes dépens. Car je confesse à votre Charité que j’ai appris à ne donner ce respect et cet honneur uniquement aux livres canoniques de l’Écriture sainte: de ceux-ci, je crois fermement que les auteurs étaient totalement exempts d’erreur. Et si, dans ces écrits, je suis perplexe devant tout ce qui me paraît contraire à la vérité, je n’hésite pas à supposer que le manuscrit est erroné, ou que le traducteur n’a pas saisi le sens de ce qui a été dit, ou que moi-même je ne l’ai pas compris. Quant à tous les autres écrits, en les lisant, aussi grande que soit la supériorité des auteurs sur moi-même en matière de sainteté et d’apprentissage, je n’accepte pas leur enseignement comme vrai sur la seule base de l’opinion qu’ils ont; mais seulement parce qu’ils ont réussi à convaincre mon jugement de sa vérité soit par ces écrits canoniques eux-mêmes, soit par des arguments adressés à ma raison (sed quia mihi vel per illos auctores canonicos, vel probabili ratione, quod a vero non abhorreat, persuadere potuerunt). Je crois, mon frère, que c’est votre opinion et la mienne. Je n’ai pas besoin de dire que je ne pense pas que vous souhaitiez que vos livres soient lus comme ceux des prophètes ou des apôtres, au sujet desquels il serait faux de douter qu’ils soient exempts d’erreur. Quelle arrogance éloignée de l’humble piété et de la juste estime de soi que je vous connais pour avoir, et sans laquelle vous n’auriez certainement pas dit: Que je puisse recevoir votre accueil, et que, par le dialogue, nous puissions nous aider mutuellement à apprendre !

Augustin, Épitre 82 à Jérome.

Cela me rappelle une déclaration d’un certain Martin Luther :

À moins que je ne sois convaincu par les Écritures ou par des raisons évidentes -je n’accepte pas l’autorité des papes et des conciles, car ils se sont contredits- ma conscience est captive de la Parole de Dieu. Je ne peux ni ne veux me rétracter, car aller à l’encontre de la conscience n’est ni juste, ni sûr. Que Dieu me vienne en aide. Amen.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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