Apprendre à raisonner (8) : La différence entre concept, terme et mot
26 juillet 2021

Cet article est le huitième d’une série consacrée à la logique classique (ou aristotélicienne, c’est-à-dire développée par Aristote). Le septième présentait les différentes propriétés des concepts. Cet article explique la différence entre concept, terme et mot. Si vous avez du mal à la comprendre, ne vous inquiétez pas, cette précision technique n’est pas très importante. Comme d’habitude, je reprendrai énormément le contenu du livre de Peter Kreeft, Socratic Logic des pages 40 et 41.


I. Les concepts

Le concept est quelque chose d’immatériel et invisible qui se trouve dans notre esprit (il est “privé”) et qui est produit par lui quand nous pensons à quelque chose (ex : notre esprit produit le concept de “chien” quand nous pensons à un chien). Il a sa place en épistémologie (la discipline de la philosophie qui étudie la connaissance)..

II. Les termes

Il faut retenir deux idées importantes pour comprendre ce qu’est un terme. Premièrement, en logique, un terme est l’unité la plus basique, plus simple que les propositions et les arguments. Deuxièmement, un terme est l’une des deux extrémités (terme vient du mot latin « terminus » qui veut dire fin) d’une proposition (une phrase qui affirme quelque chose à propos de quelque chose). Il se trouve donc soit au début en tant que sujet, soit à la fin en tant que prédicat.

Si l’on pense à une proposition générale « A est B », un terme est tout ce qui peut soit être A (le sujet : ce dont on parle), soit être B (le prédicat : ce qu’on dit à propos du sujet). Dans « Laurent est chinois », « Laurent » est le sujet alors que « chinois » est le prédicat. Il n’y a pas d’objet logique plus petit (de même qu’il n’y a pas de matière plus petite que les atomes ou autres). Ce terme peut s’exprimer sous plusieurs formes, en plusieurs mots dans différentes langues. Les termes ne dépendent pourtant pas des langues, ils sont naturels et immuables.

Un terme est une réalité matérielle et exprime de manière objective1 (il est “public”) ce qui est connu de manière subjective2 dans un concept (qui est “privé”), une réalité immatérielle dans l’esprit de quelqu’un.

III. Les mots

Un mot est donc une expression linguistique d’un terme (qui lui est une expression logique). Chaque terme peut être exprimé par plusieurs mots. Par exemple, le terme associé au concept “chien” s’exprime par les mots “chien” en français, “dog” en anglais, “gou” en chinois ou “Hund” en allemand. Evidemment, les mots varient en fonction des langues. Contrairement aux termes qu’ils expriment, ils sont artificiels, conventionnels, muables et des réalités sensibles et physiques.

Réalités sensibles parce qu’accessibles à nos oreilles (quand on entend un mot), par nos yeux (quand nous lisons les mots d’une phrase) ou par le toucher (quand les aveugles touchent une écriture en braille). Réalités physique car si j’écris un mot, il est bien physique comme il se trouve sur une feuille, il prend de la place sur un support physique et il est composé d’atomes (les atomes de l’encre du stylo ou du crayon à papier). Mais même si je le prononce à l’oral, il est encore une réalité physique : c’est une suite d’ondes physiques qui se répandent dans l’air.

Résumé

  1. C’est-à-dire de la même manière pour tout le monde[]
  2. C’est-à-dire de manière personnelle à chacun[]

Laurent Dang-Vu

Etudiant en maths/info, passionné par la théologie biblique qui me permet d'admirer la beauté et la cohérence de la Bible comme une seule grande histoire, par l'apologétique culturelle (l'analyse d'oeuvres culturelles, films/jeux/anime/littérature à la lumière de la foi) et par la philosophie thomiste pour ses riches apports en apologétique.

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