Écologie : ce que nous croyons
26 mars 2022

Avide de se trouver une chute qui ne soit pas la Chute, un péché à corriger qui ne soit pas notre rupture avec Dieu, un rédempteur qui soit l’humain lui-même, les princes des puissances de l’air ont décidé ces dernières décennies de faire de l’écologie la grande et première cause de tout être humain. Ainsi, ils peuvent baptiser et sanctifier toutes sortes de projets dont le bien-fondé, même pour l’environnement est parfois douteux.

Cependant, la Bible n’est pas silencieuse sur notre rapport au monde naturel, et il y a des penseurs fidèles comme Francis Schaeffer qui ont réfléchi à ce sujet. Pour couper court donc à ces tentatives d’infiltrations, nous agissons comme nos pères : nous proposons une déclaration de foi qui détaille explicitement ce que pourrait être une doctrine chrétienne de l’écologie.

À moins qu’il ne soit repris par un synode national, ce document n’a aucune autorité. Mais nous espérons malgré tout que ce témoignage avertira des frères, et sera utile à l’Église de France. Que le Seigneur nous soit en aide.

I. De Dieu et la Création

Article I.1 Nous confessons que la Création vient de Dieu. À ce titre, elle mérite un grand respect, non à cause d’elle-même, mais de son Créateur.

Nous rejetons :

  • le panthéisme qui exalte la création à un statut divin.
  • la négligence de la Création, qui est la marque de l’orgueil et l’égoïsme humain, condamnés par Dieu.

Genèse 1 ; Jean 1,3 et 10 ; Hébreux 1,2 ; 3,4 ; Psaume 33,6.

Article I.2 Nous confessons que la Création a pour but d’être un témoignage de la gloire de Dieu. Tout discours sur la nature qui lui définit une autre fin n’est pas chrétien.

Nous rejetons l’idée :

  • que la Création soit son propre but, que l’on puisse dire que la nature se suffit à elle-même, et que sa préservation n’a pas de cause supérieure.
  • que la Création soit faite pour l’avidité humaine : comme nous le dirons plus tard, notre domination est une gestion responsable et non un saccage sans limite.
  • que la Création soit faite pour l’accomplissement d’un projet humaniste : la fin de l’humanité est de connaître Dieu, et non de bâtir une Gaïa sans Dieu.

Psaume 104 ; Ésaïe 40,25-26 ; Actes 17,25-27 ; Colossiens 1,16 ; Philippiens 3,19.

Article I.3 Nous confessons que la Création est déchue par la faute de l’homme : La nature que nous connaissons n’est pas exactement celle qui devrait être, et bien qu’il reste en elle de l’harmonie et de la beauté, il y a aussi des troubles et des convulsions qui ne devraient pas être.

Nous rejetons :

  • l’approche romantique qui considère que la Création est entièrement bonne, sans corruption. Si nous nous coupions de toute civilisation, nous y trouverions tout autant la mort et la destruction.
  • l’idée que l’homme n’ait aucune responsabilité quant à la Création : il a le devoir de veiller à son équilibre.
  • le matérialisme qui réduit le problème écologique a des considérations matérielles, qui transforme les problèmes du cœur en graphes savants.

Genèse 3,17-19 ; Genèse 5,29 ; Romains 8,19-22.

Article I.4 Nous confessons que la création sera renouvelée par Christ: Il y aura toujours une humanité sur la Terre jusqu’à son retour, qui ne disparaîtra pas dans des catastrophes climatiques.

Nous rejetons :

  • le catastrophisme, en tant que mécanisme de contrôle destiné à nous contraindre à agir sans réfléchir. Nous avons des devoirs graves et sérieux vis-à-vis de la création, et à cause de cette gravité, nous devons agir sur la base de la raison, et non de la peur.
  • des projets et des visions du futur qui n’auraient pas Christ comme fin.

Genèse 8,21-22 ; Genèse 9,9-17 ; Actes 1,11 ; Luc 21,28 ; 2 Thessaloniciens 1,6-10 ; Matthieu 25,31-32 ; 1 Thessaloniciens 4,17.

II. De Dieu et l’Homme

Article II.1 Nous confessons que Dieu a distingué l’Homme au milieu de toutes ses créatures. L’Homme est une créature à part, il ne doit pas être pris comme un animal de plus.

Nous rejetons:

  • l’antispécisme, qui refuse de distinguer l’homme et l’animal.
  • l’évolutionnisme athée, qui refuse aussi cette distinction.

Genèse 1,26-27 ; Psaume 8,5-6 ; Actes 17,26-29 ; Proverbes 8,34-39 ; 1 Corinthiens 9,9-10.

Article II.2 Nous confessons que Dieu a établi la domination de l’homme sur la Création, que nous appelons « mandat créationnel ». Cette domination doit être comprise comme la gestion responsable d’un intendant qui doit faire fructifier le domaine de son maître, et non comme la tyrannie capricieuse d’un souverain irresponsable.

Nous rejetons :

  • l’antispécisme qui refuse que nous dominions la Création. Il est d’ailleurs incohérent à ce sujet : il condamne la domination de l’homme sur la Création, mais affirme que c’est sa responsabilité de mettre fin à l’abus.

Genèse 1,28-30 ; Genèse 2,15 ; Psaumes 8,7-9 ; Proverbes 27,26-27.

Article II.3 Nous confessons que le mandat créationnel contient aussi la nécessité que l’humanité croisse et prospère. Nous affirmons donc que nos responsabilités écologiques contiennent aussi le devoir de gérer un accroissement humain en nombre et en qualité, travailler à ce qu’il y ait le plus d’humains possibles de la façon la plus responsable possible.

Nous rejetons:

  • le malthusianisme, et avec lui toutes les funestes doctrines et sinistres projets de contrôle des naissances.
  • la misanthropie radicale, qui considère l’homme comme essentiellement meurtrier de la Création.

Genèse 1,28 ; Genèse 9,1 et 7; Apocalypse 21,10-19.

III. De l’Homme et la Création

Article III.1 Nous confessons que l’homme a le devoir de cultiver et garder la Création. Il est l’intendant responsable d’un maître supérieur, appelé à rendre des comptes au jugement dernier.

Nous rejetons :

  • l’indifférence aux questions environnementales.
  • la rapacité économique, qui considère que l’homme est propriétaire de la Création sans compte à rendre, et qui détruit aussi bien la nature que l’humanité.
  • le rejet de la civilisation humaine : la domination de l’homme consiste aussi à bâtir des villes et des civilisations à partir de la nature.

Matthieu 25,31-33 ; 2 Thessaloniciens 1,6-10 ; Psaumes 72,16c ; Jonas 4,11.

Article III.2 Nous confessons que l’Homme a le devoir de conserver et mettre en valeur la gloire de Dieu dans la Création. Il le fait tantôt en développant les civilisations et les villes, tantôt en sauvegardant et protégeant les espaces sauvages. C’est avec sagesse et prudence qu’il doit déterminer l’équilibre entre les deux car Dieu tire sa gloire aussi bien de la nature sauvage que du développement humain.

Nous rejetons :

  • le manque d’égard pour la beauté de la Création.
  • les excès d’admiration, surtout quand ils deviennent opposés à l’humanité.

Psaume 8 ; Apocalypse 21, 10-19.

Article III.3 Nous confessons que l’homme a le droit de tirer de la Création sa substance et son plaisir, dans des limites raisonnables et justes, tout comme l’ouvrier a droit à son salaire, ou le bœuf peut grapiller le grain.

Nous rejetons :

  • les doctrines décroissantes : il faut développer à la fois la civilisation et la juste relation avec la Création.
  • le zèle luddite : toutes les nations ont droit à un confort honnête.
  • les excès de gloutonnerie des plus riches, qui contribuent de façon disproportionnée à certains problèmes environnementaux.

Genèse 1,29-30 ; Genèse 2,16 ; Genèse 9,2-3 ; Deutéronome 25,4 ; 1 Corinthiens 9,9 ; 1 Timothée 5,18.

IV. De l’Église et la Création

Article IV.1 Nous confessons que l’Église est pertinente pour s’exprimer sur les sujets environnementaux, dans le respect des limites de son expertise et de son mandat.

Nous rejetons :

  • la doctrine selon laquelle l’écologie est indifférente aux chrétiens.
  • les excès de confiance qui amèneraient l’Eglise dans une quelconque démarche écologique particulière (un exemple ici). Nous devons pas mêler l’Évangile infaillible à une doctrine scientifique ou politique faillible.
  • Le mépris de la saine science et des technologies raisonnées. Nous la distinguons seulement des visions du monde catastrophistes qui prennent appui sur la science, sans être cette science.

Malachie 2,7 ; Matthieu 19,28 ; Matthieu 16,19 ; Jacques 5,19-20.

Article IV.2 Nous confessons que le souci de la Création est un souci commun à tous les fils d’Adam, qui relève donc du citoyen plus que du chrétien, du magistrat plus que du pasteur.

Nous rejetons :

  • la doctrine libérationniste de Laudato si’ qui affirme que la pratique de l’Évangile est indissociable de l’activisme écologique.
  • la doctrine marxisante selon laquelle il faudrait modifier la doctrine ou les pratiques de l’Église afin qu’elle soit écologiquement « conforme ».

Romains 13,4 ; 1 Pierre 2,14-15 ; Psaumes 82 ; Psaumes 2,10-11.


Illustration : Lawrence W. Ladd, The Creation.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.