La treiziรจme sรฉance du Synode, le 20 juin 1872, commence, comme souvent, par des salutations de dรฉputรฉs รฉtrangers, en l’espรจce de l’รglise presbytรฉrienne d’Angleterre, et de celle d’Irlande (lequel prรฉcise que ยซย tous sont attachรฉs aux doctrines รฉcrites dans leur confession de foi, et s’appliquent ร les prรชcherย ยป). Ensuite, bien que la discussion sur le projet de dรฉclaration de Charles Bois soit censรฉe avoir รฉtรฉ clรดturรฉe, quatre ultimes amendements, รฉmanant tous du parti libรฉral ou des modรฉrรฉs, sont encore discutรฉs. Un seul d’entre eux reรงoit l’aval de M. Bois et est adoptรฉ.
Contrairement ร son habitude, le pasteur Bersier (Histoire du synode gรฉnรฉral…, t. 1, pp. 323-341) rapporte bon nombre des propos tenus au discours indirect.
Amendement de Philippe Jalabert
M. Jalabert. โ La discussion รฉtant close, il nโy a plus quโune seule proposition en discussion ; cโest celle de M. Bois. Je me propose de la combattre, et je le fais sous lโempire de sentiments trรจs sรฉrieux. Il y a des heures dรฉcisives dans lโhistoire des รglises ; telle est lโheure oรน nous sommes ; je suis profondรฉment affligรฉ parce que lโunion que jโavais rรชvรฉe nโexiste plus, et quโau moment oรน nous touchons ร un vote solennel, nous nous ressentons trop des luttes passionnรฉes de ces derniers jours. Je veux apporter ici une parole de paix, une solution pratique qui pourrait nous rรฉunir tous. Un mot dโabord sur la position du groupe que je reprรฉsente, sur le centre gauche ; je crains que la dรฉfiance ne nous aveugle, et que nous ne sachions pas reconnaรฎtre la part de vรฉritรฉ que possรจde chaque partie de cette assemblรฉe. Je veux donc essayer de dire comment nous comprenons le christianisme.
Et d’abord nous sommes dโaccord avec la majoritรฉ de cette assemblรฉe pour reconnaรฎtre que le christianisme est une rรฉvรฉlation divine, le produit dโune intervention de Dieu dans lโhistoire de lโhumanitรฉ, et non pas lโeffort le plus รฉlevรฉ de la conscience humaine. Jรฉsus-Christ pour nous est plus quโun homme, il est le Fils unique de Dieu ; il y a en lui quelque chose dโunique ; sa personne, ses ลuvres, sa vie et sa mort forment pour nous le centre mรชme du christianisme ; nous voyons dans son sacrifice la manifestation la plus haute de lโamour de Dieu ; nous croyons que nous rรฉpondrons ร cet amour par le don de nous-mรชmes, par la consรฉcration personnelle, par la transformation de notre รชtre, et nous demandons ร Dieu son esprit pour cette ลuvre. Voilร pour nous la religion vraie, et nous rรฉpรฉtons volontiers ร ce propos ces paroles de lโun de nos pasteurs les plus pieux, Jean Macรฉ : ยซ La science, la critique historique peuvent faire leur ลuvre, elles nโeffaceront jamais une dรฉclaration comme celle-ci : Dieu a tant aimรฉ le monde quโil a donnรฉ son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne pรฉrisse point, mais quโil ait la vie รฉternelle. ยป
Mais dโun autre cรดtรฉ nous ne pouvons croire, avec lโextrรชme droite, ร la Trinitรฉ dont nous ne trouvons pas trace dans lโรvangile, ร lโexpiation par le sang, ni aux peines รฉternelles ; il y a plus : entre vous et nous il existe une diffรฉrence dโesprit et de tendance. Nous voulons pour lโรglise la base la plus large ; nous voulons rรฉsoudre toutes les questions par la libertรฉ. ร nos yeux, les questions de vie intรฉrieure et de morale sont infiniment supรฉrieures aux conceptions thรฉologiques. Dieu ne nous demandera pas compte des erreurs de notre esprit, mais des dรฉfaillances de notre volontรฉ, et un verre d’eau donnรฉ pour l’amour du Christ vaut mieux que le plus parfait des systรจmes.
Le centre gauche se distingue de la gauche extrรชme en ce quโil admet le surnaturel, tout en se rรฉservant d’exercer la critique sur tel ou tel miracle; ainsi nous croyons ร la rรฉsurrection corporelle de Jรฉsus-Christ comme ร un fait historique dont on ne nous a pas dรฉmontrรฉ l’inauthenticitรฉ. En second lieu, nous nous distinguons de la gauche par notre opinion sur la nature de Jรฉsus-Christ ; en troisiรจme lieu, nous n’admettons pas que le pasteur ne relรจve que de sa conscience.
Nous ne pouvons croire, avec lโextrรชme droite, ร la Trinitรฉ dont nous ne trouvons pas trace dans lโรvangile, ร lโexpiation par le sang, ni aux peines รฉternelles ; il y a plus : entre vous et nous il existe une diffรฉrence dโesprit et de tendance.
P. Jalabert
Mais, aprรจs avoir marquรฉ ce qui nous sรฉpare de la gauche, je tiens ร dire ce qui nous unit ร elle ; ce ne sont pas seulement les souvenirs, les traditions communes, la mรฉthode et l’รฉducation. C’est une foi vive en Dieu notre pรจre, un amour vrai pour Jรฉsus-Christ ; cโest de plus, chez ses membres que nous connaissons, que vous avez entendus, le dรฉvouement, la sanctification, une vie intรฉrieure intense. Si quelques-uns d’entre eux mโont affligรฉ par leurs รฉcrits en attaquant des croyances qui me sont chรจres, je dois reconnaรฎtre que leur prรฉdication, leur vie de famille m’ont profondรฉment รฉdifiรฉ. La diffรฉrence qui existe entre eux et les libres penseurs est immense. Ils ont un Dieu vivant, un amour profond de lโhumanitรฉ, et sโils nโadmettent pas les miracles matรฉriels, ils croient fermement ร ces miracles spirituels qui sโopรจrent par lโesprit de Dieu dans les รขmes. Ils sont, si jโose me servir de cette image, dans la disposition des disciples qui suivaient Jรฉsus-Christ avant sa mort.
Au fond, quโest-ce qui nous divise ? Cโest notre notion de lโรglise ; si lโรglise a une foi, qui soit ร la base de son enseignement, il sera bien difficile ร ceux dont je viens de parler dโy rester. Pourtant, il faudrait trouver une solution qui puisse tout concilier. Tout le monde est dโaccord sur le fait quโil ne saurait y avoir de rรฉtroactivitรฉ, et que les droits acquis doivent รชtre scrupuleusement respectรฉs. Reste la question de lโavenir. Si lโรglise rรฉformรฉe adopte, comme cela est probable, le rรฉgime presbytรฉrien synodal, le Synode sera en quelque sorte la conscience de lโรglise.
Mais ce rรฉgime peut porter atteinte ร la libertรฉ de conscience du pasteur. Ceux donc qui le repousseraient auront un moyen de sauvegarder leur indรฉpendance, cโest de former une fรฉdรฉration dโรglises congrรฉgationalistes unies ร lโรtat.
Une voix ร droite. โ Mais ce sera une autre รglise.
M. Jalabert. โ Dans ce nouveau systรจme, la conscience du pasteur nโaura dโautres limites que celle de la paroisse, mais jโose affirmer quโil nโy a ici aucun pasteur qui voulรปt sโimposer ร une paroisse. (Trรจs bien ! ร gauche.)
Je reviens ร la proposition de M. Bois. Je ne mโarrรชterai pas aux fins de non-recevoir que je pourrais lui opposer et aux arguments que je pourrais puiser dans lโarticle 7 du chapitre IX de la Discipline, et dans le rรจglement adoptรฉ au Synode de Tonneins, en 1614, par lequel il est ordonnรฉ ยซ pour lโavenir, que les Synodes nationaux, non-seulement ne changeront rien ร la confession, au catรฉchisme, au formulaire des priรจres et ร la discipline, si la chose n’est proposรฉe au nom dโune province ou de plusieurs, mais aussi que si la chose est de grande importance, elle ne sera point rรฉsolue sans avoir รฉtรฉ au prรฉalable agrรฉรฉe de toutes les provinces dรปment averties, etc. ยป Je repousserai cette proposition, parce que, malgrรฉ son titre, elle a les allures d’une confession de foi et sera prise pour telle. D’ailleurs, en adoptant ma proposition, on atteint le but vers lequel on tend. Que veut-on en effet ? Que dans l’exercice des fonctions pastorales on ne puisse attaquer les grands faits chrรฉtiens. Mais le rรฉgime synodal, au rรฉtablissement duquel nous sommes disposรฉs ร prรชter les mains, vous offrira ร cet รฉgard une garantie puissante.
Je reconnais, de plus, que le besoin quโรฉprouve l’assemblรฉe de rendre tรฉmoignage, est des plus lรฉgitimes ; mais je crois quโon peut le satisfaire par d’autres moyens que ceux employรฉs par M. Bois.
Comme Synode gรฉnรฉral, l’assemblรฉe a le droit dโรฉcrire aux รglises une lettre synodale, dans laquelle elle affirmera ce qu’elle croit รชtre la foi de lโรglise.
L’orateur donne alors lecture d’un projet d’adresse qui demeurera annexรฉ au procรจs-verbal ; en voici la teneur :
Le Synode gรฉnรฉral, aux membres de l’รglise chrรฉtienne rรฉformรฉe de France
Chers et bien-aimรฉs frรจres en Jรฉsus-Christ,
Aprรจs avoir offert du plus profond de nos cลurs nos actions de grรขces ร Dieu, de ce quโil a permis ร vos reprรฉsentants de se rรฉunir et de reprendre la suite de nos Synodes gรฉnรฉraux, non plus au Dรฉsert sous la persรฉcution, ou sans caractรจre reconnu par lโรtat comme en 1848, mais avec lโassentiment du gouvernement de notre pays, qui a tenu ร honneur de lever lโinterdiction prononcรฉe par Louis XIV en 1659, โ nous รฉprouvons le besoin de rendre tรฉmoignage de notre foi et de notre espรฉrance, de la foi et de lโespรฉrance de la majoritรฉ de lโรglise, en prรฉsence de nos frรจres de la grande famille chrรฉtienne, de nos compatriotes et de nos contemporains.Nous nous rattachons ร la tradition de nos grands rรฉformateurs, de nos confesseurs et de nos martyrs, qui nous ont appris ร nous affranchir de toute autoritรฉ humaine dans les choses de la conscience; avec eux. nous voulons maintenir la glorieuse libertรฉ des enfants de Dieu, le droit de sonder les รcritures de lโAncien et surtout du Nouveau Testament, et dโy chercher la rรจgle de notre foi, lโassurance du pardon de nos pรฉchรฉs et les gages de notre immortalitรฉ.
Mais cโest ร Jรฉsus-Christ lui-mรชme que nous demandons dโรฉclairer notre intelligence, de purifier nos mลurs et de sanctifier notre volontรฉ. Nous รฉcoutons ses enseignements avec la docilitรฉ dโenfants, avec le sentiment de nos fautes, avec un ardent dรฉsir dโaller ร Dieu par lui, qui est le chemin, la vรฉritรฉ et la vie. Nous ne cessons de rendre grรขce ร notre Pรจre cรฉleste de ce don ineffable quโil nous a fait, dans sa misรฉricorde infinie, de son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne pรฉrisse point, mais quโil ait la vie รฉternelle, et nous disons avec Pierre : ยซ Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. ยป Nous ajoutons avec les apรดtres : ยซ ร qui irions-nous, Seigneur, quโร toi ? tu as les paroles de la vie prรฉsente et celles de la vie รฉternelle. ยป Nous nous inclinons avec amour, avec toute la gratitude dont nous sommes capables, devant le mystรจre du sacrifice accompli sur la croix pour le salut des hommes et le relรจvement de lโhumanitรฉ pรฉcheresse. Nous reconnaissons que la rรฉsurrection de Jรฉsus-Christ a รฉtรฉ lโun des enseignements apostoliques. Nous voyons en notre Sauveur, qui est le mรชme hier, aujourd’hui, รฉternellement, le Chef de lโรglise invisible sur les cieux et sur la terre.
Dโaccord sur le seul fondement qui puisse รชtre posรฉ pour une รglise chrรฉtienne, nous ne saurions nous arroger le droit de dรฉcrรฉter la foi de nos frรจres et de dominer sur leur conscience. Nous demandons ร Dieu, dans nos ferventes priรจres, une abondante effusion de son Esprit de lumiรจre; mais nous proclamons notre faillibilitรฉ quand il sโagit de concevoir et dโexprimer la vรฉritรฉ รฉternelle et infinie. Nous ne sommes et nous ne voulons รชtre que les fidรจles disciples de Jรฉsus-Christ, travaillant, avec les secours promis ร notre faiblesse, ร lโavancement du rรจgne de notre Pรจre cรฉleste dans le champ providentiellement ouvert ร notre activitรฉ.
Nous nโaspirons pas, sur tous les points et dans tous les dรฉtails, ร une uniformitรฉ de croyances qui serait inconciliable avec les diversitรฉs individuelles, avec le travail incessant de lโesprit, avec la vie intense de la conscience et de lโรขme. Nous voulons conserver et resserrer la sociรฉtรฉ de tous ceux qui invoquent Dieu dโun cลur pur, qui ont faim et soif de justice, et qui veulent vivre dans la communion de notre bien-aimรฉ Sauveur.
Nous estimons que, pour notre รglise chrรฉtienne rรฉformรฉe de France, il nous suffit de maintenir hors de contestation dans son enseignement, dans son culte et dans sa discipline, les grands faits chrรฉtiens reprรฉsentรฉs dans ses sacrements, cรฉlรฉbrรฉs dans ses .solennitรฉs religieuses, et exprimรฉs dans ses liturgies : โ et de constituer, suivant les traditions de nos pรจres mises en harmonie avec les besoins modernes, le gouvernement et lโadministration de lโรglise par elle-mรชme. Dans ce but, nous demanderons quโau-dessus des Conseils presbytรฉraux, des Consistoires et des Synodes dโarrondissement rรฉorganisรฉs suivant les bases les plus รฉquitables, le Synode gรฉnรฉral pรฉriodique soit inscrit dans la loi avec les attributions que comporte une assemblรฉe reprรฉsentative supรฉrieure. Celles de nos paroisses ou de nos sections de paroisses, qui ne croiraient pas pouvoir accepter ce rรฉgime nettement dรฉfini, conserveraient le droit de former ร cรดtรฉ de nous, au mรชme titre que nos frรจres luthรฉriens, une confรฉdรฉration dโรglises congrรฉgationalistes reconnues par lโรtat et uties ร lui. De cette faรงon, toutes les situations et tous les droits seraient respectรฉs, et, dans le projet de loi que nous allons รฉlaborer, il nโy aurait aucune rรฉtroactivitรฉ.
Nos sentiments et nos vues vous รฉtant bien connus, nous vous supplions, chers et bien-aimรฉs frรจres, de chercher lโunion de lโesprit par le lien de la paix, et de marcher ensemble dans les choses auxquelles vous รชtes parvenus. Nous vous conjurons, par les compassions de Dieu, de vous รฉdifier et de vous supporter fraternellement les uns les autres ; et, sโil y a quelque trouble, quelques divisions parmi vous, de vous rappeler que nous ne devons pas avoir un zรจle amer, ou nous abandonner ร lโorgueil de lโesprit, et que si trois vertus demeurent, la foi, lโespรฉrance et la charitรฉ, la plus grande de toutes, est la charitรฉ, cโest-ร -dire lโamour.
En prรฉsence de la grande mission ร laquelle lโรglise chrรฉtienne protestante est appelรฉe, ร cette รฉpoque de scepticisme et de matรฉrialisme, dans notre chรจre et malheureuse patrie, serrons-nous autour de cette divine parole, qui est la puissance de Dieu pour le salut des รขmes, et puisse notre Pรจre cรฉleste, source de toute grรขce excellente et de tout don parfait, subvenir ร notre insuffisance et fortifier nos cลurs ! Quโil nโy ait nulle part plus dโรฉnergie pour le bien sous toutes ses formes, de force dโรขme dans les รฉpreuves, de sollicitude pour toutes les misรจres morales et matรฉrielles, de dรฉvouement, dโesprit de sacrifice, dโefforts en vue de la rรฉgรฉnรฉration et de la sanctification, et quโon puisse dire de nous, comme des premiers chrรฉtiens : ยซ Voyez comme ils sโaiment ! Quelle vie intรฉrieure, quelle foi agissante, quelle ferme espรฉrance! Oui, lโEsprit de Christ vit en eux. ยป
Cโest dans ces sentiments, chers et bien-aimรฉs frรจres, que nous unissons nos priรจres aux vรดtres, et que nous demandons ร Dieu de bรฉnir notre ลuvre et dโy apposer le sceau de son amour.
Au nom du Synode gรฉnรฉral.
Les membres du bureau.
Si jโai parlรฉ aussi longtemps, cโest que je suis convaincu que lโheure est dรฉcisive et que, si lโassemblรฉe adopte une confession de foi, beaucoup dโรglises abandonneront le rรฉgime presbytรฉrien synodal. Plus les consรฉquences de lโadoption de la proposition de M. Bois peuvent รชtre graves, plus je me sens pressรฉ de me dรฉcharger de la responsabilitรฉ qui pรจse sur moi. Lโassemblรฉe est avant tout une assemblรฉe de pacification ; quโelle ne l’oublie pas, et quโelle aille aussi loin que possible dans la voie des concessions, afin de conserver un plus grand nombre dโรglises dans le vieil รฉdifice presbytรฉrien synodal.
Auguste Breyton. โ Si jโavais ร apprรฉcier le discours de M. Jalabert et son projet de lettre, je commencerais par le remercier des choses excellentes quโil nous a fait entendre et de lโaccent รฉlevรฉ avec lequel il les a dites. Mais il y a ici une question prรฉalable. M. Jalabert conteste-t-il au Synode le droit de parler au nom de lโรglise ? Sโil le lui accorde, la dรฉclaration de M. Bois demeure, et cโest sur elle que nous sommes appelรฉs ร voter ; sโil le lui conteste, et sโil veut substituer ร cette dรฉclaration de foi sa lettre circulaire, le dรฉbat actuel doit รชtre interrompu, et aprรจs six jours de longues discussions, tout doit recommencer. En effet, cette lettre est longue, elle doit รชtre mรปrement examinรฉe, il faudrait pour cela lโimprimer et la discuter. Il y a donc lร une question de prioritรฉ ร รฉtablir (Trรจs bien !), et pour moi jโestime que la prioritรฉ appartient ร la dรฉclaration de M. Bois.
Charles Bastie, modรฉrateur. โ Il me semble que la proposition de M. Bois รฉtant seule en discussion, cโest sur elle seule que nous avons ร nous prononcer.
Charles-Andrรฉ Seignobos. โ La proposition de M. Jalabert peut รชtre considรฉrรฉe comme un amendement ร celle de M. Bois, un contre-projet tout entier pouvant avoir parfois ce caractรจre.
M. Jalabert. โ Je pose au Synode la question suivante : Est-il dโavis dโรฉnoncer la foi de lโรglise dans une lettre synodale ou dans une profession de foi ?
M. le modรฉrateur fait remarquer que le vote รฉmis sur la proposition de M. Bois tranchera cette question.
Amendement de MM. de Magnin et Martin-Paschoud
Il y a, sur la proposition de M. Bois, un amendement de MM. de Magnin et Martin-Paschoud, conรงu en ces termes :
Les soussignรฉs ont lโhonneur de proposer ร lโassemblรฉe lโadoption de la dรฉclaration de M. Bois amendรฉe ainsi quโil suit :
Le Synode dรฉclare que lโEglise rรฉformรฉe de France reste fidรจle aux principes de foi et de libertรฉ sur lesquels elle a รฉtรฉ fondรฉe ;
Quโelle professe le plus pur christianisme tel qu’il est renfermรฉ dans les livres sacrรฉs de l’Ancien et du Nouveau Testament;
Que tous ses membres, pasteurs et fidรจles, instruits et persuadรฉs des vรฉritรฉs de lโEvangile, et prรชts ร tout souffrir plutรดt que dโabandonner la profession de la religion chrรฉtienne, prennent lโengagement :
1ยฐ De renoncer au pรฉchรฉ et de rรฉgler toute leur vie sur leยป commandements de Dieu ;
2ยฐ De vivre dans la paix et dans la charitรฉ, dโaimer sincรจrement leurs frรจres, et de leur donner des marques de leur amour dans toutes les occasions ;
3ยฐ De sโappliquer avec soin ร la lecture et ร la mรฉditation de la parole de Dieu et ร la priรจre, de frรฉquenter assidรปment les saintes assemblรฉes, et dโemployer tous les autres moyens que la Providence leur fournira pour avancer leur salut ;
4ยฐ De combattre leurs passions, de se consacrer ร Dieu et ร Jรฉsus-Christ leur Sauveur, et de vivre dans sa communion selon la tempรฉrance, la justice et la piรฉtรฉ.
L’Eglise rรฉformรฉe conserve donc et elle maintient, ร la base de son enseignement, de son culte et de sa discipline, les grandes vรฉritรฉs de l’รvangile et les principes essentiels de la Rรฉformation.
M. Paul de Magnin dรฉveloppe son amendement dans un discours รฉcrit.
Paul de Magnin โ Ce projet รฉmane tout ร la fois d’un esprit de conciliation sincรจre et de sรฉrieuse prรฉoccupation pour les intรฉrรชts de nos รglises. Je dirai pourquoi je lโai proposรฉ, en quoi il appuie la dรฉclaration de M. Bois, en quoi il en diffรจre, et quels sont les avantages qu’offrirait son adoption.
Je conviens que lโรglise protestante, comme toute sociรฉtรฉ quelconque, ne saurait se passer de principes ร sa base, et quโon ne devient chrรฉtien et protestant qu’en les acceptant. ร chacun d’ailleurs la responsabilitรฉ de ses opinions individuelles. Je renvoie ร cet รฉgard ร deux discours rรฉcents de M. Martin-Paschoud.
Pour ce qui est de l’union et de la pacification de nos รglises, la majoritรฉ a dรฉclarรฉ les dรฉsirer sincรจrement ; jโen prends acte et je vois dans l’amendement que je prรฉsente un moyen d’y arriver. Il s’agit donc de tenir compte de deux choses : lโintรฉrรชt rรฉel de lโรglise qui rรฉclame de sรฉrieuses garanties, et l’accord lรฉgitime de la vรฉritรฉ avec la charitรฉ.
Je crois que notre amendement en tient compte. Il repose, non sur la thรฉorie pure, mais sur la rรฉalitรฉ ecclรฉsiastique et vraiment protestante. La dรฉclaration de M. Bois nous invite ร proclamer la foi de la majoritรฉ de notre รglise ; mais sommes-nous compรฉtents ? Il y faudrait une enquรชte gรฉnรฉrale prรฉalable. Le plus grand nombre de nos coreligionnaires a-t-il d’ailleurs une notion bien claire de ces articles de foi ? On ne saurait รฉvidemment l’affirmer.
Je citerai ร lโappui de mes paroles un passage extrait de lโouvrage de M. Guizot, Lโรglise et la sociรฉtรฉ chrรฉtienne en 1861, page 85, et je regrette que dans les circonstances prรฉsentes M. Guizot ne se soit pas inspirรฉ des mรชmes sentiments. En quoi, du reste, la dรฉclaration de M. Bois peut-elle servir les vrais intรฉrรชts de lโรglise ? Le plus grand nombre de nos protestants croient, par exemple, que le Symbole est bien des apรดtres ; faudra-t-il souscrire ร une pareille affirmation ? Vous ne le voudriez pas. Vous avez dรฉclarรฉ, dโun autre cรดtรฉ, quโelle nโรฉtait pas une arme de guerre forgรฉe contre nous dans le but de nous expulser de lโรglise ! Si lโon veut simplement proclamer la foi de lโรglise, pourquoi rester dans des hypothรจses ? Pour รชtre dans la vรฉritรฉ, il faut descendre dans le domaine des rรฉalitรฉs ecclรฉsiastiques. Or, sur ce terrain, on constatera que lโรglise rรฉformรฉe repose, comme telle, sur deux principes solides : lโautoritรฉ de la Bible en matiรจre de foi et la libertรฉ dโexamen. La premiรจre ne saurait รชtre souveraine. Si les rรฉformateurs ont quelquefois employรฉ ce mot, cโรฉtait dans un but polรฉmique et pour lโopposer ร lโautoritรฉ des papes et des conciles. Lโautoritรฉ de la Bible est limitรฉe, en effet, par le principe du libre examen, et nos rรฉformateurs eux-mรชmes le prenaient souvent de bien haut avec tel passage ou tel livre de la Bible. Tรฉmoin Luther traitant lโรฉpรฎtre de Jacques dโรฉpรฎtre de paille.
Lโรglise rรฉformรฉe repose, comme telle, sur deux principes solides : lโautoritรฉ de la Bible en matiรจre de foi et la libertรฉ dโexamen. La premiรจre ne saurait รชtre souveraine.
P. de Magnin
Ce double principe, qui nous suffit, nโa pas suffi ร lโรglise rรฉformรฉe de France. Cette รglise, qu’on essaye de nous reprรฉsenter ouverte ร toutes les incrรฉdulitรฉs, a voulu se protรฉger contre les attaques du dehors, ou du dedans, en rรฉclamant de chacun de ses adhรฉrents des conditions prรฉcises, auxquelles chacun est obligรฉ de souscrire, et qui se trouvent dans toutes nos liturgies. Ce sont celles qui prรฉsident ร la rรฉception des catรฉchumรจnes. Ici, je dรฉclare que je ne me pose pas en champion des liturgies, et je fais ร ce sujet des rรฉserves expresses, en mโappuyant sur lโopinion de M. G. Monod.
En entrant dans lโรglise par la premiรจre communion, nous avons tous promis de renoncer au pรฉchรฉ et de rรฉgler toute notre vie sur les commandements de Dieu, etc. Tels sont les engagements en vertu desquels on est actuellement membre de lโรglise rรฉformรฉe de France. Si donc vous voulez ร toute force proclamer la foi de lโรglise, proclamez celle-lร . Cโest la seule dรฉclaration lรฉgitime que vous puissiez faire, la seule qui constate purement et simplement la rรฉalitรฉ. Elle rassurera les รglises et tranquillisera les esprits inquiets. Si vous ne la faites pas, bien loin de travailler ร la pacification des esprits, vous aurez en quelque maniรจre affirmรฉ que les engagements pris jusqu’ร ce jour par tous les protestants ne suffisent plus. Jโestime avoir indiquรฉ la voie de conciliation sur le terrain de la vรฉritรฉ dans la charitรฉ.
Lโamendement ayant รฉtรฉ appuyรฉ, M. le modรฉrateur met aux voix sa prise en considรฉration, qui est repoussรฉe.
Amendement de M. Pelon
M. Pelon prรฉsente un nouvel amendement et demande la parole.
Gustave Pelon โ Il me semble quโil est bon dโindiquer quels sont les vrais motifs de lโattitude que je compte prendre quand viendra lโheure de voter. Je crois ร toutes les vรฉritรฉs que renferme la dรฉclaration de foi prรฉsentรฉe par M. Bois, et, quoique le vent du siรจcle ait soufflรฉ souvent dans mon esprit, jโai senti dans ces orages que les vieilles racines tenaient bon. (Trรจs bien !) Je ne dois pas taire que j’aurais mieux aimรฉ que la proposition fรปt autrement formulรฉe, mais jโestime que maintenant il y aurait plus dโinconvรฉnient ร effacer ce qui me paraรฎt dรฉfectueux quโร le maintenir. Que penserait-on, au dehors, du Synode si son premier acte รฉtait de rayer de sa dรฉclaration le Symbole et lโautoritรฉ des รcritures ? Je ne voterai pas nรฉanmoins pour la dรฉclaration proposรฉe, parce que je la trouve entachรฉe dโun caractรจre autoritaire. Je crois le fond et je repousse la forme, qui me paraรฎt plus propre ร diviser quโร rapprocher. Je propose en consรฉquence, ร titre dโamendement, de substituer ร la phrase qui commence la dรฉclaration de M. le professeur Bois, la phrase suivante :
Les membres du Synode gรฉnรฉral, sans prรฉtendre au droit de dรฉcrรฉter la foi de leurs frรจres, adoptent comme lโexpression des doctrines religieuses professรฉes par les รglises rรฉformรฉes de France la dรฉclaration suivante, quโils recommandent ร la conscience des fidรจles.
Je ferai remarquer quโil nโy a pas un seul mot dans ce prรฉambule que je nโaie pris dans les discours ou dans les entretiens des membres de la droite. M. Babut a dit que la dรฉclaration nโaurait d’autre autoritรฉ que celle que les รglises voudraient bien lui accorder. Moi-mรชme, je vais plus loin et je fais intervenir le Synode auprรจs des รglises. Je tiens avant tout ร bien prรฉciser le rรดle de la conscience des fidรจles et des รglises que je mets au-dessus du Synode, et je termine en disant que cโest pour cela que j’ai prรฉsentรฉ l’amendement que je viens de lire, amendement qui protรจge ces trois grands principes : tolรฉrance, charitรฉ et libertรฉ, pour lesquels nos pรจres ont souffert, qui font notre force aujourd’hui et serviront de levier aux gรฉnรฉrations de lโavenir. (Applaudissements.)
Sous-amendement de M. de Clausonne
M. de Clausonne prรฉsente un amendement qui a pour but de complรฉter celui de M. Pelon.
M. le modรฉrateur. โ Il faut avant tout voter sur la prise en considรฉration de lโamendement de M. Pelon.
M. Guizot demande sโil sโagit dโun sous-amendement.
M. Breyton fait remarquer quโil est possible que le sous-amendement donne la majoritรฉ ร lโamendement principal, qui ne l’aurait pas eue sans cela.
M. le modรฉrateur, ayant mis aux voix la prise en considรฉration de lโamendement, M. Bois demande la parole sur la prise en considรฉration.
M. de Clausonne demande que, dans le prรฉambule qui vient dโรชtre proposรฉ par M. Pelon, on change la tournure de la phrase, de faรงon ร ce que le sujet soit le Synode et non pas lโรglise.
M. Bois pose ร M. Pelon la question suivante : Est-il disposรฉ ร voter, tel quโil est, le reste de la dรฉclaration ? Et si le Synode en tirait des consรฉquences disciplinaires, serait-il disposรฉ ร y adhรฉrer ?
M. Pelon rรฉpond de sa place quโil aurait prรฉfรฉrรฉ ne pas trouver certaines choses dans la dรฉclaration, mais que du moment oรน elles y sont il faut les y laisser. Quant ร la seconde question, il croit quโil y a quelque chose ร faire, mais il rรฉserve sa pleine libertรฉ dโapprรฉciation.
M. Bois, aprรจs avoir dit combien il a รฉtรฉ touchรฉ des dรฉclarations faites par M. Pelon ร la tribune, dit que ni lui ni ses amis nโont eu lโintention de dรฉcrรฉter la foi de personne, et trouve รฉtonnant quโon ait pu leur prรชter une semblable idรฉe. Ils se bornent ร exprimer la foi gรฉnรฉrale de lโรglise, et il est รฉvident que chacun conservera la libertรฉ la plus entiรจre d’accepter ou de rejeter.
M. รt. Coquerel. โ Et les mesures disciplinaires !โฆ
M. Bois. โ Si vous voulez vous soustraire aux mesures disciplinaires, rien nโest plus facile, et M. Jalabert vous en a indiquรฉ le moyen. Si vous ne voulez pas accepter lโautoritรฉ synodale, nul ne peut vous contraindre. Dโailleurs, vous le savez, le ministรจre est disposรฉ ร reconnaรฎtre votre รglise. (Exclamations. )
M. Clamageran. โ รtes-vous d’accord avec M. Pelon, et est-ce dans le mรชme sens que vous admettez la libertรฉ de conscience ?
M. Pelon demande ร sโexpliquer. Il admet la libertรฉ de conscience dans sa plus large acception, et ne pose aux ministres du culte dโautres limites que la divinitรฉ des รcritures et celle du christianisme. Il lui paraรฎt nรฉcessaire qu’il y ait une rรจgle, car il est une limite oรน la libertรฉ doit flรฉchir. Cette limite serait pour lui la nรฉgation des grands faits chrรฉtiens.
M. Bois, aprรจs les explications de M. Pelon, appuie la prise en considรฉration de son amendement.
M. Colani fait une dรฉclaration contraire, et fait remarquer ร M. Bois que, dans la question dโun partage dans lโรglise, ce nโest pas au ministre, mais ร lโAssemblรฉe nationale ร se prononcer, et quโelle a gardรฉ le silence.
M. le modรฉrateur met aux voix la prise en considรฉration de lโamendement de M. Pelon. Lโamendement est pris en considรฉration.
M. de Clausonne propose lโamendement suivant : substituer dans la dรฉclaration le mot Synode au mot รgliseโฆ.
Le Synodeโฆ.. dรฉclare rester fidรจle aux principes de foi et de libertรฉ sur lesquels lโรglise a รฉtรฉ fondรฉe. En consรฉquence, et sans prรฉtendre dรฉcrรฉter par lร la foi de lโรglise et lui imposer ses croyances (ou la rรฉdaction de M. Pelon), il proclame sa foi, etc.
M. de Clausonne, dรฉveloppant son amendement, estime quโil a le mรชme-sens que celui de M. Pelon.
Gustave de Clausonne โ Je voudrais seulement, dit-il, que le Synode fรฎt un pas de plus, et nโentendรฎt pas dรฉcrรฉter la foi de lโรglise. Je crois ร la divinitรฉ du christianisme, qui, pour moi, ne saurait sโexpliquer par le jeu naturel de lโhistoire. Sur tel point de fait particulier, je fais des rรฉserves, jโhรฉsite, et tel est le cas de beaucoup. Je voudrais donc quelque chose qui ne fรปt pas de nature ร effrayer les รglises.
Je conviens qu’il y a eu bien des excรจs, qu’ou est parfois allรฉ trop loin de part et d’autre, quโil n’est pas facile de faire vivre ensemble deux รฉlรฉments contradictoires. Mais, d’autre part, le but poursuivi est respectable ; chacun croit que sa mรฉthode et ses idรฉes sont de nature ร attirer les รขmes ร Jรฉsus-Christ. Il est vrai que je crains que l’esprit religieux qui existe chez les membres de la gauche ne puisse bien longtemps subsister avec leur mรฉthode. Nรฉanmoins, mรชme en discipline, il ne faut pas commencer par les mesures de rigueur.
Il y a dans lโรcriture un texte mystรฉrieux : ยซ Celui qui a pรฉchรฉ contre le Fils de lโhomme, il lui sera pardonnรฉ ; mais il ne sera pas pardonnรฉ ร celui qui a pรฉchรฉ contre le Saint-Esprit. ยป Je vois dans l’opinion de lโextrรชme gauche le pรฉchรฉ contre le Fils de l’homme : on lโa dรฉcouronnรฉ, on lui a รดtรฉ cette aurรฉole sans laquelle il nโaurait pas traversรฉ dix-huit siรจcles. Mais, en dรฉfinitive, mรชme avec ces opinions avancรฉes, on arrive au nรฉcessaire : la vie religieuse, lโรฉdification. (Voix nombreuses : ร la question !) Lโamendement de M. Pelon me paraรฎt propre ร pacifier les esprits. Sans ce que jโappellerai la moelle religieuse, tout est inutile. Cette moelle est recouverte par lโรฉcorce.
Quelques-uns croient cette รฉcorce trop difficile ร percer. D’autres la croient nรฉcessaire pour protรฉger la moelle. Voilร la question.
Faut-il se sรฉparer pour des divergences ? Je ne le crois pas. La vie commune ne peut avoir lieu, il est vrai, quโร certaines conditions. Le mรฉnage ne doit pas รชtre un enfer, et il faut entre les conjoints des รฉgards rรฉciproques. Jโestime que les grands faits chrรฉtiens doivent รชtre respectรฉs. Dโun autre cรดtรฉ, il convient dโuser dโune extrรชme modรฉration dans la pratique. Il importe de respecter tout ensemble, dans une mesure รฉquitable, la foi des fidรจles et la conscience religieuse des pasteurs.
Jโestime que les grands faits chrรฉtiens doivent รชtre respectรฉs. Dโun autre cรดtรฉ, il convient dโuser dโune extrรชme modรฉration dans la pratique.
G. de Clausonne
Il pourrait y avoir deux solutions radicales : dโune part, un Synode autoritaire ; de l’autre, la libertรฉ illimitรฉe de lโenseignement religieux. Je les repousse lโune et lโautre; je recommande la modรฉration des deux cรดtรฉs.
M. le modรฉrateur met aux voix la prise en considรฉration du sous-amendement de M. de Clausonne. Il nโest pas pris en considรฉration.
La sรฉance est suspendue pendant dix minutes.
Elle est reprise ร cinq heures quarante minutes.
M. Bois dรฉclare que lโamendement de M. Pelon รฉtant diversement interprรฉtรฉ et susceptible de deux sens contraires, ses amis et lui regrettent dโavoir ร le rejeter.
M. le modรฉrateur le met aux voix, aprรจs en avoir donnรฉ lecture. Il est rejetรฉ ร une trรจs grande majoritรฉ.
M. Bois, au nom des signataires de la dรฉclaration de foi, propose la modification suivante : aprรจs ces mots : Elle dรฉclareโฆ ajouter : par l’organe de ses reprรฉsentants. Il relit la dรฉclaration ainsi modifiรฉe.
Illustration : Jules Garnier, Thiers proclamรฉ ยซย libรฉrateur du territoireย ยป lors de la sรฉance de l’Assemblรฉe nationale, chromolithographie, 1878 (chรขteau de Versailles).





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