Apprendre à raisonner (28) : Les règles pour avoir une bonne définition
19 juin 2022

Cet article est le vingt-huitième d’une série consacrée à la logique classique (ou aristotélicienne, c’est-à-dire développée par Aristote). Dans le vingt-septième, j’ai expliqué rapidement ce qu’était une définition (puisque nous en verrons de nombreuses catégories plus tard). Dans cet article, je donnerai les règles pour vérifier qu’une définition est bonne. Comme d’habitude, je reprendrai énormément le contenu du livre Socratic Logic de Peter Kreeft (page 124) et Raisonner en vérité de Bruno Couillaud (page 171).


Voici maintenant les règles qu’une bonne définition doit respecter (les règles 2 et 3 sont souvent les plus importantes lors des débats) :

  1. Une définition ne doit pas être circulaire : elle ne doit pas faire apparaître le terme défini (ou des termes trop proches) dans la définition.
    Exemple : La liberté, c’est être libre est circulaire.
  2. Une définition ne doit pas être trop générale.
    Exemple : Les pommes sont des fruits est trop générale.
  3. Une définition ne doit pas être trop précise.
    Exemple : Les pommes sont des golden. est trop précise.
  4. Une définition doit être claire : en particulier elle ne doit pas être plus compliquée que le mot défini.
    Exemple : L’homme est la flèche montante de la grande synthèse biologique. n’est pas claire.
  5. Une définition doit être courte.
    Exemple : L’homme est un animal avec deux mains, deux bras, deux pieds, deux jambes, omnivore, intelligent, qui dort la nuit… est trop longue.
  6. Une définition ne doit pas être négative (si possible).
    La définition nous dit ce que la chose est, et non, ce qu’elle n’est pas. Quelqu’un aurait-il une idée bien claire de l’histoire s’il savait seulement qu’elle n’est pas la philosophie ? La définition négative n’est acceptée que lorsque la chose définie, à cause de sa grande perfection, Dieu, par exemple, ne peut pas être connue directement, positivement mais uniquement par comparaison avec les autres dont elle n’a pas les défauts. Ainsi on définit la simplicité de Dieu en disant qu’elle est la négation de toute composition1.
    Exemple : L’homme n’est pas une plante est une définition négative.
  7. Une définition ne doit pas seulement être une division.
    Exemple : L’homme est corps et âme est une division.
  8. Une définition ne doit pas être métaphorique mais littérale.
    Exemple : L’homme est un roseau pensant2 est une définition métaphorique.
Les différents types de définitions incorrectes3

Illustration : Éducation d’Alexandre par Aristote, gravure de Charles Laplante, publiée dans le livre de Louis Figuier, Vie des savants illustres – Savants de l’antiquité (tome 1), Paris, 1866, pages 134-135.

  1. ROBERT, Arthur, Leçons de logique, Québec : Action Sociale limitée, 1915, [1re éd. 1914], pp. 25-26.[]
  2. Définition de Pascal[]
  3. Peter Kreeft, Socratic Logic, South Bend, Indiana : St.. Augustine’s Press, 2014, [1re éd. 2004], pp. 125-126.[]

Laurent Dv

Informaticien, époux et passionné par la théologie biblique (pour la beauté de l'histoire de la Bible), la philosophie analytique (pour son style rigoureux) et la philosophie thomiste (ou classique, plus généralement) pour ses riches apports en apologétique (théisme, Trinité, Incarnation...) et pour la vie de tous les jours (famille, travail, sexualité, politique...).

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