Apprendre à raisonner (34) : Les différents types de propositions
1 août 2022

Cet article est le trente-quatrième d’une série consacrée à la logique classique (ou aristotélicienne, c’est-à-dire développée par Aristote). Dans le trente-troisième, j’ai expliqué ce que sont les sujets et les prédicats : les deux ingrédients dont on a besoin pour construire des propositions, les résultats du jugement (la deuxième opération de l’intelligence). Dans cet article, je présenterai les différents types de propositions. Comme d’habitude, je reprendrai énormément le contenu du livre Socratic Logic de Peter Kreeft (page 141 à 142).


Les propositions simples / indivisibles

Jusqu’ici, j’ai défini une proposition comme étant l’association d’un sujet avec un prédicat. En réalité, ce n’est qu’un type particulier de proposition : les propositions simples aussi appelées propositions catégoriques (par opposition aux propositions composées qui sont plus complexes). Parmi elles, on peut faire plusieurs distinctions.

Parmi ces propositions catégoriques (ou simples), on trouve les quatre catégories suivantes. En accord avec les habitudes des philosophes depuis le Moyen-Âge, on leur donnera à chacune une lettre (A, I, E ou O1) qui nous permettra de les désigner chacune rapidement.

  1. Les propositions universelles affirmatives (A)
    « Tous les hommes sont mortels. »
  2. Les propositions universelles négatives (E)
    « Aucun homme n’est immortel. »
  3. Les propositions particulières affirmatives (I)
    « Certains hommes sont mortels. »
  4. Les propositions particulières négatives (O)
    « Certains hommes ne sont pas mortels. »

Les propositions composées

Il en existe un autre genre : les propositions composées qui sont plus complexes car composées de deux ou plusieurs propositions simples. Cependant, chaque proposition simple qu’elles contiennent doit encore relier un sujet à un prédicat. On y trouve :

  1. Les propositions hypothétiques (« si … alors … »)
    « S’il fait beau, nous irons manger dehors. »
  2. Les propositions disjonctives (« … ou … »)
    « Fromage ou dessert ? »
  3. Les propositions conjonctives (« … et … » ou « ni … ni … »)
    « Rouge et bleu », « Ni bête ni intelligent »

D’autres distinctions : termes, phrases et arguments

Rappelons-nous aussi que les propositions ne forment qu’un type de phrases : les phrases déclaratives. En effet, il existe aussi des phrases non déclaratives : les phrases exclamatives, interrogatives, etc. De même encore, il existe d’autres expressions linguistiques inférieures ou supérieures à la phrase :

  1. Les termes (ils sont moins complexes que les phrases) :
    « homme », « animal » « bleu ».
  2. Les arguments (ils sont plus complexes que celles-ci) :
    « Tous les hommes sont mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel. »

Voici un résumé de toutes ces distinctions :

Les différents types de propositions

Illustration : L’Éducation d’Alexandre par Aristote, gravure de Charles Laplante, publiée dans le livre de Louis Figuier, Vie des savants illustres — Savants de l’Antiquité (tome 1), Paris, 1866, pp. 134-135.

  1. On verra dans le prochain article pourquoi ces lettres précises et pas d’autres.[]

Laurent Dang-Vu

Etudiant en maths/info, passionné par la théologie biblique qui me permet d'admirer la beauté et la cohérence de la Bible comme une seule grande histoire, par l'apologétique culturelle (l'analyse d'oeuvres culturelles, films/jeux/anime/littérature à la lumière de la foi) et par la philosophie thomiste pour ses riches apports en apologétique.

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