Le péché actuel – Turretin (9.13)
15 septembre 2025

Le péché actuel est une déviation de la loi de Dieu, et un effet du péché originel sur lequel nous avons consacré plusieurs questions. Combien de sortes d’actes pécheurs existe-t-il ?

A ce sujet, cf Du péché actuel [Q7.4 Heidelberg]

1. Quant à l’objet

Contre Dieu ou contre notre prochain

C’est ce que l’on appelle aussi les « péchés contre la première table » (contre Dieu) et contre la « deuxième table » de la Loi. Il est à noter que l’on ne peut faire cette distinction que quant à la matière du péché, car dans la forme, tout péché est contre Dieu. Cela veut dire que même lorsque concrètement nous faisons du tort à notre prochain, spirituellement c’est contre Dieu que nous péchons tout de même.

2. Quant à la forme

Péché d’omission et de commission

L’omission, c’est ne pas faire un bien qui nous est prescrit. La commission, c’est faire un mal qui nous est interdit. L’omission est tout aussi coupable que la commission, parce qu’il s’agit quand même d’une décision volontaire, et qu’elle enfreint la loi de Dieu également.

Le péché en lui-même et accidentel

Le péché en soi est un acte mauvais dans son essence. Le péché accidentel est l’abus d’une chose qui est bonne autrement. Ainsi, même prier peut être un péché en soi, si c’est fait d’une façon dont ne veut pas. On pensera aussi à Jésus qui dénonce ces pharisiens qui s’excusaient de ne pas donner d’argent à leurs parents parce qu’ils l’avaient d’abord donné au trésor du temple.

3. Quant au principe

Péché d’ignorance et en connaissance

On parle ici spécifiquement de l’ignorance que Paul avait quand il disait qu’il péchait dans son ignorance, avant sa conversion (1 Timothée 1:13) ou bien comme les Juifs qui ne savaient pas « ce qu’ils font » quand ils ont crucifié Christ.

Le péché d’ignorance a lieu parce que l’on ignore totalement (en théorie et en pratique) comment faire le bien.

Un péché contre la connaissance a lieu alors même que l’on sait ce que Dieu veut, et que l’on sait que ce que l’on fait est mal.

Péchés de faiblesse et de dépravité

La Bible distingue entre les péchés involontaires (Nombres 15:25) et les péchés commis de manière délibérée (Nombres 15:30). La différence entre les deux, c’est le degré d’orgueil et de volonté que l’on met à désobéir à Dieu.

Un péché de faiblesse est un péché commis dans une faute involontaire de jugement, ou bien contre lequel on a lutté mais les forces nous ont manqué, ou bien que l’on a commis sans le vouloir.

Un péché dépravé est un péché commis de son libre gré, et volontairement.

4. Quant aux auxiliaires

Le péché inhérent et le péché régnant

Le péché inhérent, c’est celui qui reste en nous et contre lequel nous réussissons à résister (ce qui n’exclut pas des faiblesses temporaires).

Le péché régnant, c’est celui que nous pratiquons sans même y résister, en y adhérant volontairement.

Ainsi le croyant n’est que partiellement hors du royaume du péché, mais il continue d’en être touché.

Péché pardonnable et impardonnable

Le péché pardonnable est couvrable par la grâce de Dieu.

Le péché impardonnable est impossible à pardonner, c’est le péché contre le Saint-Esprit. À ce sujet, cf. Des péchés véniels – Turretin (9.4).

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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