De la fin des années 2010 à l’élection de Donald Trump en 2025, la pratique des drags shows où des personnes pratiquant le travestissement est devenue beaucoup plus visible et soutenue, faisant une sorte de percée dans l’espace public que l’on n’avait pas vu avant. En France, on peut par exemple mentionner l’émission Drag race sur TF1 depuis 2022, ou bien la participation de « Léona Winter » dans The Voice en 2019. Cette pratique, autrefois limitée au monde du théâtre puis tardivement associé à l’homosexualité[1] a mis bien des familles chrétiennes au contact d’une chose inattendue, dont les réactions ont été épidermiques. Ce devoir a pour objectif d’en présenter une étude rapide, d’abord informative en première partie, puis analytique en deuxième partie.
Notre définition de travail sera la suivante : le travestissement est la pratique qui consiste à jouer un rôle scénique dans les attributs d’un genre différent du genre civil de l’acteur, dans un but de divertissement ou militant.
Le genre est l’expression culturelle d’un sexe. Ainsi un ancien romain avait les cheveux courts et pas de barbe et un ancien germain avait les cheveux longs et barbe longue, mais ces deux expressions contradictoires exprimaient toutes deux le genre masculin. Contre les philosophes queer, j’affirme et prend pour présupposé que le genre n’est pas flottant, mais nécessairement en aval du sexe mâle ou femelle, sa réalité biologique. Nous en reparlerons.
Nous laissons donc de côté dans ce devoir la question de la transsexualité (où le changement de genre n’est pas limité à un spectacle, mais une identité de long terme).
Partie informative
Historique. Ainsi que le raconte Catherine Robert, la pratique du travestissement théâtral trouve sa racine dans le théâtre élisabethain (Angleterre du XVIe siècle). Différents interdits culturels (dont certains d’origine chrétienne) proscrivaient la parole publique des femmes, jeux d’acteurs compris. Par conséquent, la scène était exclusivement masculine, rôles féminins compris. Même lorsque les lois changent pour permettre aux femmes d’être actrice, l’usage demeure. Cependant, au cours du XIXe siècle, une polarisation des sexes tend à faire disparaître la pratique. En revanche, alors qu’on arrive vers la fin du XIXe siècle, elle commence à s’associer de plus en plus nettement avec l’homosexualité, une association qui n’existait pas nécessairement à l’origine. L’association entre travestissement et homosexualité n’est consolidée qu’au début du XXe siècle, où elle n’est pratiquée que dans des cabarets, des musics-halls et non plus dans des théâtres à proprement parler, et de plus en plus souvent dans des lieux de culture homosexuelle identifiée.
Il est donc important de souligner que, bien que le travestissement soit aujourd’hui une pratique queer et LGBT revendiquée, il n’en a pas toujours été ainsi, et par ailleurs, encore aujourd’hui, il existe des rôles travestis au théâtre sans que ce soit là une pratique queer. Dans la suite du devoir, nous nous concentrerons surtout sur l’acte militant queer.
Doctrine queer. Les philosophes queer n’ont donc pas inventé le travestissement, même dans sa version gay, mais ils lui ont donné une doctrine et une trajectoire militante qu’il n’avait pas forcément avant. Pour expliquer le contenu doctrinal de cet acte militant, nous allons exposer brièvement la théorie qu’expose Judith Butler dans Troubles dans le genre, son œuvre principale. Il est à noter que Judith Butler n’a pas inventé cette théorie seule, mais elle a synthétisé en une seule œuvre plusieurs contributions éparses d’autres philosophes qui la précedent.
Le concept clé de cette expression militante est la performativité du genre. Le concept de performativité vient du linguiste J.L. Austin, et il désigne la propriété de certains énoncés de créer la réalité même qu’ils énoncent. L’exemple classique est la phrase « Je vous déclare mari et femme » ou « unis par les liens du mariage » prononcée par le maire, qui ne se contente pas de décrire l’état d’union, mais le créé positivement.
Judith Butler associe ensemble les travaux sur le genre de ses collègues précédentes (par ex. Monique Wittig) et le concept de performativité de J.L. Austin pour inventer la performativité du genre : l’idée est que le genre vient à l’existence par la performance même de son expression. C’est en portant habituellement des robes que certains individus créent le genre féminin. C’est en portant habituellement et systématiquement une barbe avec une intention d’accomplir et définir un genre masculin que le genre masculin se crée.
Judith Butler l’exprime ainsi :
« L’idée que le genre est performatif a été conçue pour montrer que ce que nous voyons dans le genre comme une essence intérieure est fabriqué à travers une série ininterrompue d’actes, que cette essence est posée en tant que telle dans et par la stylisation genrée du corps. De cette façon, il devient possible de montrer que ce que nous pensons être une propriété « interne » à nous-même doit être mis sur le compte de ce que nous attendons et produisons à travers certains actes corporels, qu’elle pourrait même être, en poussant l’idée à l’extrême, un effet hallucinatoire de gestes naturalisés »[2]
Il est important de souligner qu’aussi contre-intuitif que cela puisse paraître pour des chrétiens, la doctrine queer nie fermement toute existence d’un genre objectif. Un travesti n’est pas « un homme » qui se déguise « en femme », car ni homme ni femme n’ont d’existence réelle et objective. Un travesti est un individu qui pirate ou détourne le genre en mélangeant ensemble deux expressions, pour mieux attirer l’attention sur le fait que le genre n’est que cela : une expression performative, qui pourrait être autre. C’est ce qu’explique Eric Fassin dans la préface à l’édition française de Judith Butler Trouble dans le genre :
« Le malentendu le plus radical tient sans doute à l’exemple abordé à la fin de Trouble dans le genre : le drag, ou travesti. Pour certains lecteurs, la performance inversée du genre semblait annoncer une libération des conventions sexuées. Au fond, la politique queer se résoudrait en une esthétique : chacun pourrait s’inventer soi-même, au gré de jeux de rôles. Autrement dit, comme l’explique Judith Butler avec humour, « on s’éveillerait le matin, on puiserait dans son placard, ou dans quelque espace plus ouvert, le genre de son choix, on l’enfilerait pour la journée, et le soir, on le remettrait en place ». Bien entendu, pareille liberté supposerait un sujet donné d’avance – cela même que récuse l’analyse de la philosophe, dans son approche de la construction du sujet par les normes sexuelles. »[3]
Le travestissement a une utilité importante dans la doctrine queer en ce qu’il subvertit le concept même de genre objectif, ce qui en fait un outil utile à la libération de l’humanité des chaînes de l’oppression des sexes. Il est important ici de faire un pas en arrière et de rappeler l’idéologie progressiste dont les queers sont un courant : l’humanité est esclave d’une déchéance dans des traditions et des systèmes d’oppression d’origine purement humaine et sociale. La tâche des progressistes consiste à dénoncer ces systèmes d’oppressions, travailler à leur affaiblissement en attendant une révolution progressiste qui les abolira entièrement, pour que l’humanité entre enfin dans un âge de bonheur et de conduite en conformité avec les doctrines progressistes. Le drag queen est comme un bouffon du roi qui peut se permettre d’interroger tout haut les évidences que personne n’ose remettre publiquement en cause, afin d’en affaiblir l’autorité et que tout le monde puisse voir que « l’empereur [le genre] est nu ».
Les drags shows que nous avons vu dans la fin des années 2010 début des années 2020 procèdent de cette militance : ils visaient à montrer non pas que les hommes peuvent être des femmes, mais que le genre n’a pas d’existence objective. On le voit en ce que certains critiquent l’émission Drage race parce qu’elle est encore trop binaire et ne respecte donc pas toute la démarche du travestissement contemporain.[4]
Cadre légal. Déjà au début du XXe siècle, les homosexuels trouvaient en France un cadre favorable aux spectacles de travestissement parce que l’homosexualité n’y était pas interdite. Il n’y avait guère qu’une ordonnance de 1800, venant du préfet de police de Paris qui interdisait aux femmes de porter des pantalons d’hommes sauf permissions liées aux spectacles justement. On possède encore des autorisations signées par le préfet. Ce règlement, bien que toujours écrit et techniquement en vigueur[5], tombe en désuétude au cours du XXe siècle et n’a pas été appliqué avec un grand zèle.[6]
Ainsi les spectacles de travestis, militants ou non, sont permis par la loi française, la seule limite étant l’exhibition sexuelle définie par l’article 222-32 du code pénal. Ces spectacles n’ont fait l’objet d’aucun procès ces dernières années.
Réactions chrétiennes officielles. On trouvera facilement des réactions individuelles, évangéliques ou autres, en opposition aux spectacles de travestis. Cependant il est notable de voir que parmi les organes officiels de notre pays, pas un seul n’a exprimé publiquement d’opposition à ce genre de spectacles. Le plus proche que nous ayons fut la condamnation de la Conférence des Évêques de France du spectacle d’ouverture des JO 2024[7] et encore ces paroles sont bien mesurées :
« Cette cérémonie a malheureusement inclus des scènes de dérision et de moquerie du christianisme, ce que nous déplorons très profondément… Nous souhaitons qu’ils comprennent que la fête olympique se déploie très au-delà des partis pris idéologiques de quelques artistes. »
Il est à noter que dans ce cas précis, le travestissement est lié à une représentation de la Sainte Cène si bien que ce n’est pas le travestissement en tant que tel qui est condamné ici.
De son côté, le CNEF a lui aussi été mesuré dans ses réactions, ciblant aussi le blasphème plutôt que l’élément spécifique du travestissement.[8]
Cela n’est pas étonnant : dans le contexte français, les organes officiels des cultes doivent d’abord assurer leur propre survie en montrant qu’ils ne sont pas nocifs à la vie publique. Or, les spectacles de travestissements sont définis comme des spectacles ordinaires (avec toutes leurs particularités) protégés par la loi et la coutume française. En dénonçant les spectacles travestis, les organes des cultes ne gagneraient rien d’autre que des tracas de gravité diverse, pour une cause qui, en fin de compte, est peu visible globalement, même si elle paraît spectaculaire sur le moment.
Du côté des cultes libéraux, on peut signaler un spectacle de drag show organisé dans une église de l’EPUdF (Saint-Guillaume, à Strasbourg) en 2022[9], ce qui est cohérent avec leurs doctrines pro-modernes.
Partie analytique
Si, conformément à une démarche réformée évangélique, nous commençons notre étude par l’Écriture, nous verrons qu’il y a peu d’éléments, mais qu’ils sont extrêmement clairs et négatifs. L’élément le plus pertinent est Deutéronome 22,5 :
Une femme ne portera pas une tenue d’homme et un homme ne mettra pas des vêtements de femme, car celui qui fait cela est en horreur à l’Eternel, ton Dieu.
On notera ici tout d’abord l’absolue clarté de l’Écriture et le fait que, contrairement à des règlements plus anciens, ce n’est pas seulement le travestissement de femme vers l’homme qui est interdit, mais toute sorte.
A ceci, on peut rajouter aussi la règlementation apostolique sur le voile féminin (1 Corinthiens 11). Quelque soit l’interprétation que l’on retient, tous conviendront que ce règlement oblige les chrétiens à ce que les différences de genre soient non seulement visibles dans l’Église, mais aussi gardées et défendues. Le « mélange des genres » essentiel au travestissement queer est absolument rejeté par l’Écriture.
Il ne serait pas pertinent ici de faire une étude de la Tradition : (1) parce qu’elle ne fait que confirmer massivement l’Écriture ; (2) parce que le militantisme actuel est réellement neuf, et qu’il ne serait pas pertinent de citer les oppositions aux théâtre élisabéthain contre les queers actuels ; (3) parce qu’elle n’est de toute façon pas respectée ni par les athées ni par les libéraux qui soutiennent ces pratiques.
En revanche, il est ici pertinent d’interagir avec l’article : « Dieu est une drag queen »[10] par Maxime Michelet. Dans cet article, Michelet ne propose pas d’étude de l’Écriture, mais des parallèles esthétiques. Le plus développé d’entre eux est le suivant :
À l’altérité radicale de la drag queen, nulle réponse charitable n’est attendue. La joie permanente, les rires sur-joués et ce je-ne-sais-quoi de confiance en béton armé n’appellent pas la commisération des bonnes âmes mais simplement la fraternité d’un amour sincère de son prochain. Nous pouvons ne pas goûter à l’humour ou aux performances d’une drag queen mais cela ne justifie en rien la caricature ou le rejet. Trop souvent, cette altérité radicale qui nous met en danger ne reçoit pour réponse que le rejet et la caricature. Et ce, sans même aller au-delà de l’image, sans jamais oser la rencontrer et dialoguer en toute humanité. Et pourtant, n’est-ce pas à cela que nous appelle le Christ ? À nous confronter à autrui, à aller à sa rencontre et à l’aimer tout comme nous nous aimons nous-mêmes ? L’antinomie du message évangélique c’est d’assigner à une altérité inconnue une identité que nous fantasmons en nous-mêmes et que nous rejetons pour mieux consolider notre propre identité menacée. En agissant ainsi, nous sacrifions notre prochain sur l’autel d’un amour de nous-même mal assuré. Dieu est une drag queen car Dieu – par le principe de vie, d’amour et de fraternité qu’il fait régner en son royaume – ne peut exister sans altérité.
A ceci je réponds que Christ nous appelle à obéir à ses commandements (Jean 15) et qu’il n’a aboli aucune loi de l’Ancien Testament (Mt 5,18). Certes, il a accompli beaucoup de lois civiles, dont Deutéronome 22,5 fait partie. Mais cela ne permet pas de faire exactement ce qui était interdit auparavant. Cela veut dire que nous devons trouver une expression contemporaine du principe de Deutéronome 22,5, soit un rejet clair et sans ambiguïté de la pratique du travestissement. Aucun parallèle esthétique n’est d’une force suffisante pour renverser cette conclusion. Cette réponse s’appuie évidemment sur deux cent ans de débats entre évangéliques et libéraux sur l’autorité et l’usage des Écritures, mais je n’ai pas le temps de les refaire ici.
Je conclus donc à une opposition de principe au travestissement. Cependant, deux choses restent encore à faire :
- Une réponse à la doctrine queer qui sous-tend ces spectacles
- Quelques pistes d’applications.
Concernant la doctrine queer, nous ne sommes pas obligés de tout rejeter dans la doctrine de la performativité du genre. Certes, sur la base de l’Écriture, nous confessons la binarité sexuelle et genrée de l’être humain : « Dieu créa l’homme à son image. Homme et femme il les créa » (Genèse 1,27). Il n’y a donc que deux sexes, qui sont la réalité objective sous-jacente aux genres qu’ils soutiennent. Il n’y a donc que deux genres.
Mais je rappelle ici le commandement apostolique du voile dans 1 Corinthiens 11. Dans l’argumentation qu’il fait, Paul relie explicitement le genre au sexe en 1 Corinthiens 11,13-15 :
Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable pour une femme de prier Dieu sans avoir la tête couverte? La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter des cheveux longs, alors que c’est une gloire pour la femme d’en porter parce que la chevelure lui a été donnée pour servir de voile?
Il y a donc obligation que le genre suive notre sexe. Mais ce commandement n’aurait pas de sens si cela était une nécessité biologique, non soumise à notre délibération. Le fait même qu’il y ait un commandement de porter le voile implique qu’être femme ne suffit pas : il faut aussi maintenir de façon répétée et constante les attributs culturels de la féminité. L’apôtre Paul semble d’ailleurs d’accord avec Judith Butler que s’il n’y avait pas ces comportements genrés, alors peu importe le sexe dessous :
Si une femme n’a pas la tête couverte, qu’elle se tonde aussi les cheveux. Et s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux tondus ou d’être rasée, qu’elle se couvre donc la tête. ( 1 Co 11,6)
Autrement dit : si elle n’accomplit pas les gestes et signes culturels de féminité, que la femme abolisse aussi les signes biologiques de sa féminité. En mentionnant la honte de la tête rasée, Paul et Judith Butler tombent d’accord sur un point fondamental : l’ordre genré est bel et bien une contrainte sociale, il n’est pas un instinct individuel. On peut même aller plus loin : Paul est d’accord que le sexe ne suffit pas à exprimer la féminité. En insistant pour que le genre corresponde au sexe, il concède de façon implicite que le genre est différent et distinct du sexe.
Mais tout accord s’arrête là. La différence fondamentale entre Paul et Judith Butler, c’est que Butler veut abolir la contrainte sociale du genre là où Paul exige que nous la pratiquions. Son argumentation s’arrête de façon péremptoire : « Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas une telle habitude, et les Eglises de Dieu non plus. »
Paul est aussi en opposition à d’autres évangéliques contemporains qui relativiseraient ces différences culturelles, en disant que peu importe le vêtement « il n’y a plus ni hommes ni femmes car tous sont un en Jésus Christ » (Galates 3,28). Si cela est spirituellement vrai, il est cependant essentiel que dans l’ordre de l’Église, on garde les différentes distinctions sociales (pratiques discriminantes comprises), et même qu’elles soient renforcées. Ainsi, Paul suggère aux esclaves non pas d’abolir l’esclavage, mais de rester dans leur situation et voir comment ils peuvent la mettre à profit. De même, le Paul qui a dit qu’il n’y a plus ni hommes ni femme insiste pour qu’un signe discriminatoire fort soit posé avec le voile.
Ainsi, ce n’est pas seulement que nous devons « ne pas pratiquer » le travestissement. Nous devons aussi renforcer la distinction même des genres que les militants queers veulent subvertir. Il y a ici une petite ambiguité à lever : les philosophes queers diront eux-même que les drag queens sont incapables de renverser l’ordre genré, et que leur mission est en fait beaucoup plus restreinte : jeter le trouble sur l’idée de genre. Je concède tout leur argument, mais sur la base de l’Écriture, l’idée même de jeter le trouble dans le genre est pour nous un interdit.
Voilà pour le principe : nous ne pratiquons pas le travestissement, et même nous nous y opposons positivement.
Mais pour quelle application ? Il faut ici beaucoup de prudence, car notre contexte n’est pas favorable à une expression militante de cette opposition. Ainsi, il est prudent de ne pas en parler davantage que ce que la Bible en parle. Le pasteur ne devra pas hésiter à prêcher sur la binarité des genres et la nécessité de les maintenir activement lorsqu’il prêchera sur Genèse 1,27 ; Deutéronome 22,5 et 1 Corinthiens 11.13-15. Mais dans l’ensemble de l’Écriture, on conviendra que c’est un thème très peu mentionné, et qu’il ne faut pas insister plus que ce que fait l’Écriture.
De même, en accompagnement pastoral, on peut être clair sans être tranchant. Nous avons besoin de pédagogie plutôt que d’éclat. La position chrétienne sur le genre est si étrangère à notre époque que nous devons accepter d’avance de prendre le temps d’expliquer d’abord nos convictions sur l’ordre créationnel, la pertinence et l’utilité de la loi naturelle et pourquoi l’homme et la femme sont distincts, avant de dire tout le tranchant de nos convictions. Le Royaume sera bien mieux servi par notre patience que par notre éclat.
Dans la vie familiale, il conviendra de s’écarter de toute exposition et tout spectacle comportant des travestissements, autant que possible. La distinction des genres sera enseignée par l’exemple plutôt que par la doctrine, mais pour traiter convenablement de cela, il faudrait multiplier par trois la longueur de ce devoir.
Dans la vie publique, nul chrétien ne devrait être vu en soutien du travestissement. Cela n’est pas une obligation à le condamner publiquement, car il y a bien de situations où le silence est une bonne voie. Cependant, nul ne devrait soutenir publiquement cette pratique, même si on le contraignait à dire sa vraie position.
Tout cela est impossible à notre chair de péché. Moi-même je suis incapable d’obéir à Dieu, même sur des choses plus simples. Mais en invoquant le Saint Esprit, en ayant une vie ecclésiale active, et en aimant Dieu de tout notre cœur, toutes choses deviennent possibles. Je vous remercie pour votre attention.
Ceci est à la base un devoir composé dans le cadre de mes études à la Faculté Jean Calvin.
[1] Robert Catherine, « Le travestissement, histoire et enjeux », Art Cena, 27.06.2022, https://www.artcena.fr/magazine/tendances/theatre-quel-est-ton-genre/camille-khoury-le-travestissement-histoire-et-enjeux.
[2] Butler Judith, Trouble dans le genre (Gender Trouble) : Le féminisme et la subversion de l’identité, Paris : la Découverte, 2005, p.17
[3] Ibid., préface, p.8
[4] Durand Héloïse, « Drag Race France, de l’underground à la vitrine. Paradoxes de la médiatisation du drag. », FastnCurious, 02.10.2025, https://fastncurious.fr/2025/10/02/drag-race-france-de-lunderground-a-la-vitrine-paradoxes-de-la-mediatisation-du-drag/, consulté le 17.02.2026.
[5] Bard Christine, « Le droit au pantalon : du pittoresque au symbolique », La vie des idées, 01.03.2013, https://laviedesidees.fr/Le-droit-au-pantalon.html, consulté le 17.02.2026.
[6] Christine BARD, « Le « DB58 » aux Archives de la Préfecture de Police », Clio [En ligne], 10 | 1999, mis en ligne le 22 mai 2006, consulté le 16 février 2026. URL : http://journals.openedition.org/clio/258 ; DOI : https://doi.org/10.4000/clio.258
[7] Conférence des évêques de France, « Réaction de la Conférence des évêques de France et Holy Games au sujet de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024 », Eglise Catholique.fr, 27.07.2024, https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/554020-reaction-de-la-conference-des-eveques-de-france-et-holy-games-au-sujet-de-la-ceremonie-douverture-des-jeux-olympiques-de-paris-2024/, consulté le 17.02.2026.
[8] Cloarec Erwann, « Cérémonie d’ouverture des JO : un appel à la prière et à l’action », lecnef.org, 30.07.2024, https://www.lecnef.org/articles/154506-ceremonie-d-ouverture-des-jo-un-appel-a-la-priere-et-a-l-action, consulté le 17.02.2026.
[9] « Strasbourg : un collectif de drag-queens se produit en spectacle dans une église protestante », Valeurs Actuelles, 02.06.2022, https://www.valeursactuelles.com/regions/grand-est/bas-rhin/strasbourg/societe/strasbourg-un-collectif-de-drag-queens-se-produit-en-spectacle-dans-une-eglise-protestante, consulté le 17.02.2026.
[10] Michelet Maxime, « Dieu est une drag queen », Evangile et Liberté, 07.05.2020, https://www.evangile-et-liberte.net/2020/05/dieu-est-une-drag-queen/, consulté le 17.02.2026.





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