Il est frรฉquent, dans l’รcriture, que le signe divin d’une chose reรงoive le nom de la chose signifiรฉe. Saint Augustin relevait dรฉjร :
Si les sacrements ne ressemblaient pas dโune certaine maniรจre aux choses dont ils sont les signes, ils ne seraient pas des sacrements.ย Cโest par cette ressemblance quโils reรงoivent souvent les noms des choses mรชmes. De mรชme donc que le sacrement du corps du Christ est le corps du Christ, dโune certaine faรงon, et le sacrement du sang du Christ le sang du Christ, de mรชme le sacrement de la foi est la foi1.
Il est des cas, en particulier, oรน cette dรฉnomination sacramentelle est particuliรจrement explicite. J’en relรจverais deux ici, en guise d’illustration.
On devra circoncire celui qui est nรฉ dans ta maison et celui qui est acquis avec ton argent; ce sera dans votre chair une alliance perpรฉtuelle2.
Il s’agit d’un extrait des paroles par lesquelles Dieu institue la circoncision pour Abraham et sa descendance. Pourtant, si nous sommes bien attentifs, nous voyons que la circoncision elle-mรชme est nommรฉe ยซ alliance perpรฉtuelle ยป.
Ce mรชme phรฉnomรจne se produit ร l’institution d’un autre sacrement, la cรจne :
Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mรฉmoire de moi, toutes les fois que vous en boirez3.
Ici, c’est au tour de la coupe d’รชtre appelรฉe alliance, ou plutรดt ยซ nouvelle alliance ยป. Le signe prend le nom de ce qui est signifiรฉ. Un principe ร garder en tรชte dans l’exรฉgรจse des passages relatifs aux signes divins.
- Augustin,ย Lettre XCVIII, 9. Voir รฉgalement cet article.[↩]
- Genรจse 17,13.[↩]
- 1 Corinthiens 11,25.[↩]





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