Peut-on prier le Saint-Esprit, troisiรจme personne de la Trinitรฉ, au mรชme titre que le Pรจre et le Fils ? Pour les opposants ร la priรจre au Saint-Esprit, une telle pratique ne serait pas fondรฉe dโun point du vue scripturaire. Or, cette objection mรฉrite dโรชtre discutรฉe et nuancรฉe. En effet, le thรฉologien รฉvangรฉlique D. Glenn Butner, dans son ouvrageย Trinitarian Dogmatics: Exploring the Grammar of the Christian Doctrine of Godย (2022), derniรจre synthรจse de rรฉfรฉrence en matiรจre de thรฉologie trinitaire, dรฉclare, au sujet des priรจres adressรฉes au Pรจre, mais aussi au Fils et ร lโEsprit (p. 23)ย : ยซ Le Saint-Esprit n’a pas seulement inspirรฉ des cantiques ; il est aussi directement [nous soulignons] invoquรฉ dans les bรฉnรฉdictions des รฉpรฎtres du Nouveau Testament (2 Corinthiens 13,13 ; cf. Romains 15,13)1.ย ยป Examinons les exemples choisis par lโauteur. Pour 2 Corinthiens 13,13, lโEsprit est invoquรฉ au mรชme titre que le Dieu le Pรจre et le Fils : Que la grรขce du Seigneur Jรฉsus-Christ, lโamour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. Paul appelle ainsi le Pรจre ร rรฉpandre son amour (แผฮณฮฑฯแฝต), le Fils ร prodiguer sa grรขce (ฯแฝฑฯฮนฯ) et lโEsprit ร assurer la communion (ฮบฮฟฮนฮฝฯฮฝแฝทฮฑ) des croyants. Bien que lโEsprit soit invoquรฉ avec le Pรจre et le Fils, Paul appelle chacune des trois personnes, dont lโEsprit, ร agir en faveur des fidรจles pour lesquels il proclame cette bรฉnรฉdiction : lโEsprit est ainsi invoquรฉ pour quโil unisse les fidรจles dans la communion. Mais le deuxiรจme passage allรฉguรฉ par D. Glenn Butner (Romains 15,13) semble encore plus probant : Que le Dieu de lโespรฉrance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, afin que vous abondiez dโespรฉrance par la puissance du Saint-Esprit. En utilisant deux infinitifs (ฯฮปฮทฯแฟถฯฮฑฮน et ฯฮตฯฮนฯฯฮตแฝปฮตฮนฮฝ) ร valeur, respectivement, dโimpรฉratif (ฯฮปฮทฯแฟถฯฮฑฮน) et de but (ฯฮตฯฮนฯฯฮตแฝปฮตฮนฮฝ), Paul exprime le souhait fervent de voir Dieu le Pรจre (ฮธฮตแฝนฯ) remplir (ฯฮปฮทฯแฟถฯฮฑฮน) ses lecteurs de joie et de paix, mais aussi le Saint-Esprit (ฯฮฝฮตแฟฆฮผฮฑ แผ ฮณฮนฮฟฮฝ) de faire abonder (ฯฮตฯฮนฯฯฮตแฝปฮตฮนฮฝ) chez eux lโespรฉrance. La valeur proprement jussive de ces deux infinitifs traduit lโappel que lance Paul au Pรจre et lโEsprit afin quโils agissent favorablement en faveur des croyants.ย
Si ces deux exemples, certes discrets, indiquent que la priรจre ร lโEsprit est bien prรฉsente chez Paul, un troisiรจme passage, notamment dans sa rรฉception augustinienne, apparaรฎt comme capital en vue de fonder, dโun point de vue biblique, le principe de la priรจre ร lโEsprit. En Philippiens 3,3, lโapรดtre Paul dรฉclare, selon les traductions franรงaises usuelles : En effet, nous sommes de la circoncision, car nous rendons un culte ร Dieu en Esprit et nous nous glorifions dans le Christ Jรฉsus, ne plaรงant pas notre confiance dans la chair. Mais une traduction plus juste serait : En effet, nous sommes de la circoncision, car nous rendons un culte ร lโEsprit de Dieu et nous nous glorifions dans le Christ Jรฉsus, ne plaรงant pas notre confiance dans la chair. En effet, le syntagme ฯฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ (ou ฯฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯฮน ฮธฮตแฟท selon certains manuscrits) est lโobjet du verbe ยซ rendre un culte ยป (ฮปฮฑฯฯฮตแฝปฯ), qui rรฉgit le datif ; ฯฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ nโest donc pas un complรฉment adverbial de ฮปฮฑฯฯฮตแฝปฯ. En outre, que ฯฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ soit lโobjet de ฮปฮฑฯฯฮตแฝปฯ est confirmรฉ par la syntaxe : ร la proposition participale ฮฟแผฑ ฯฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ ฮปฮฑฯฯฮตแฝปฮฟฮฝฯฮตฯ correspond, en structure parallรจle, le ฮบฮฑฯ ฯแฝฝฮผฮตฮฝฮฟฮน แผฮฝ ฮงฯฮนฯฯแฟท แผธฮทฯฮฟแฟฆ. Cโest ainsi que lโavait bien compris Augustin dโHippone lorsque, dans son De Trinitate2, il dรฉclare que certains exรฉgรจtes se mรฉprennent en traduisant ce passage par ยซ nous rendons un culte ร Dieu en Esprit ยป. Pour Augustin, Paul indique bien quโil est digne de rendre un culte (servire, servitus) ร lโEsprit. Augustin en conclut que lโEsprit nโest pas une simple crรฉature, puisque ยซ tous les chrรฉtiens lui rendent un culte (servitus), conformรฉment ร la parole de lโapรดtre Paul ยป de Philippiens 3, 3 (cui ab omnibus sanctis talis servitus exhibitur dicente Apostolo). Augustin รฉtablit, avec raison, le culte qui est dรป ร lโEsprit comme personne divine, au mรชme titre que le Pรจre et le Fils. Or, quโest-ce rendre un culte ร lโEsprit sinon lโadorer, et donc le prier ? Rappelons simplement, en franรงais, quโยซ adorer ยป vient du latin adorare, composรฉ de ad– (ยซ vers ยป) et orare (ยซ prier ยป). Mais Augustin, dโune acuitรฉ thรฉologique redoutable, va encore plus loin. Dans ce mรชme passage du De Trinitate, il cite 2 Corinthiens 6,19 : Ou bien ignorez-vous que votre corps est le Temple (ฮฝฮฑแฝนฯ) mรชme du Saint-Esprit qui vous a รฉtรฉ donnรฉ par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous ? Augustin rรฉpond, ร lโappui de ce verset, ร ceux qui estimeraient que lโEsprit nโest pas digne dโรชtre adorรฉ : ยซ Mais ne serait-ce point un blasphรจme et un sacrilรจge que dโoser dire que le chrรฉtien, membre de Jรฉsus-Christ, est le temple dโune crรฉature infรฉrieure ร Jรฉsus-Christ ? ยป (Quid autem insanius magisque sacrilegum est, quam ut quisquam dicere audeat membra Christ templum esse creaturae minoris secundum ipsos, quam Christum est ?) Augustin a vu juste : de la mรชme maniรจre que Dieu est adorรฉ dans son Temple, le Saint-Esprit est adorรฉ dans le Temple quโest le corps du croyant. Or quโest-ce que le Temple (ฮฝฮฑแฝนฯ, templum) sinon un lieu de priรจre et dโadoration ? En consรฉquence, lโEsprit, qui vit dans le croyant mรชme, qui en est le Temple, doit รชtre adorรฉ et priรฉ comme personne divine. Les implications de 2 Corinthiens 6,19 sont, ร ce titre, dรฉcisives pour la piรฉtรฉ et lโacte liturgique en rรฉgime chrรฉtien.
Nous nous permettrons dโajouter, aux testimonia avancรฉs par Augustin, la parole de Jรฉsus en Jean 14,16 : Et moi, je prierai le Pรจre, et il vous donnera un autre consolateur (ou Paraclet), afin quโil demeure รฉternellement avec vous. Si donc Jรฉsus est le premier Paraclet et lโEsprit le second Paraclet, pour quelle raison pourrait-on librement prier le premier Paraclet, alors que nous ne pourrions pas adresser nos suppliques au second ? Le second Paraclet โ lโEsprit โ serait-il donc infรฉrieur au premier Paraclet โ le Fils โ au point quโil soit indigne de nos priรจres et de notre adoration ?
Dorรฉnavant, dโun point du vue dogmatique, ceux qui formulent des objections ร lโรฉgard de la priรจre au Saint-Esprit mรฉconnaissent un principe fondamental de la thรฉologie trinitaire, bien formulรฉ pour la premiรจre fois par Jean Damascรจne : la pรฉrichorรจse, du verbe grec ฯฮตฯฮนฯฯฯฮตแฟฮฝ, qui signifie ยซ contenir, inclure ยป. En vertu de ce principe, qui sโappuie sur Jean 10,38 (cf. Jean 14,10 ; 17,21, 23), les trois personnes de la Trinitรฉ sโinterpรฉnรจtrent mutuellement3 : le Pรจre est dans le Fils, comme le Fils est dans le Pรจre, lโEsprit est dans le Pรจre, comme le Pรจre est dans lโEsprit, etc. Les personnes divines ne subsistent pas les unes ร cรดtรฉ des autres, mais subsistent les unes dans les autres de maniรจre insรฉparable. le dogme de la pรฉrichorรจse permet ainsi de mieux affirmer la distinction des personnes divines sans pour autant amoindrir leur unitรฉ consubstantielle. Le dogme de la pรฉrichorรจse a une incidence directe sur la question de la priรจre au Saint-Esprit : quand le croyant adresse sa priรจre au Pรจre, cette priรจre est aussi reรงue par le Fils et lโEsprit. De mรชme, quand le croyant adresse sa priรจre au Fils, cette priรจre est aussi reรงue par le Pรจre et lโEsprit. Enfin, lorsque le chrรฉtien adresse sa priรจre ร lโEsprit, cette priรจre est aussi reรงue par le Fils et le Pรจre. Ainsi, en vertu de la consubstantialitรฉ divine et de la pรฉrichorรจse, il nโest pas de priรจre qui ne soit accueillie par la totalitรฉ des trois personnes de la Trinitรฉ. En somme, quand nous prions le Pรจre ou le Fils, nous prions aussi lโEsprit. De mรชme, prier lโEsprit ne revient pas ร le prier seul, ร lโexclusion du Fils et du Pรจre ; prier et adorer lโEsprit, cโest aussi prier et adorer le Pรจre et le Fils, avec lesquels il partage une mรชme essence divine.
Pour les quelques raisons รฉvoquรฉes ci-dessous, les chrรฉtiens ont trรจs tรดt composรฉ des priรจres au Saint-Esprit ; point nโest besoin dโattendre lโรฉpoque carolingienne โ nous pensons au Veni Creator Spiritus โ pour voir apparaรฎtre des priรจres en ce sens. Dรจs le deuxiรจme siรจcle, mรชme si elles restent peu frรฉquentes au regard des priรจres au Pรจre et au Fils, des priรจres ร lโEsprit furent รฉlaborรฉes et rรฉcitรฉes. Reproduisons, par exemple, cette trรจs belle priรจre dโillumination dโOrigรจne, adressรฉe directement au Saint-Esprit : ยซ Prions le Seigneur, prions le Saint-Esprit, afin quโil daigne รฉcarter tout nuage, toute tรฉnรจbre, qui, par le fait de nos pรฉchรฉs, pourrait obscurcir notre vue ; quโil nous donne une intelligence spirituelle et merveilleuse de la Loi, selon le mot de celui qui a รฉcrit : Dessille mes yeux et je contemplerai les merveilles de ta Loi (cf. Psaume 119,18). ยป On pourra รฉgalement citer lโexemple dโAugustin lui-mรชme : ยซ Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint. Agis en moi, Saint-Esprit, afin que je fasse ce qui est saint. Attire-moi, Saint-Esprit, afin que jโaime ce qui est saint. Affermis-moi, Saint-Esprit, afin que je garde ce qui est saint. Garde-moi, Saint-Esprit, afin que je ne perde jamais ce qui est saint. ยป
Il nโest pas inutile de rappeler que lโadoration due au Saint-Esprit, qui sโest traduite par la crรฉation dโhymnes et priรจres au cours des premiers siรจcles du christianisme, a รฉtรฉ dรฉfendue de maniรจre vigoureuse par les tenants de lโorthodoxie nicรฉenne, notamment par les Pรจres cappadociens (Basile de Cรฉsarรฉe, Grรฉgoire de Nazianze et Grรฉgoire de Nysse), qui durent parer les objections des pneumatomaques (reprรฉsentรฉs surtout par Macรฉdonius de Constantinople) ; en effet, les pneumatomaques, qui rejetaient simplement la divinitรฉ de lโEsprit, dรฉniaient, logiquement, toute forme dโadoration ou de priรจre ร lโรฉgard de la troisiรจme personne de la Trinitรฉ. Mais lโhรฉrรฉsie fut condamnรฉe sans appel au concile de Constantinople de 381. Ainsi, pour le parti orthodoxe, qui sโen tient aux dรฉfinitions dogmatiques de Nicรฉe (325) et de Constantinople (381), lโEsprit est divin au mรชme titre que le Fils et le Pรจre ; en consรฉquence, de la mรชme maniรจre que les chrรฉtiens rendent un culte au Fils et au Pรจre en tant que personnes divines, ils doivent aussi rendre un culte au Saint-Esprit. Par exemple, Basile de Cรฉsarรฉe, dans son traitรฉ Sur le Saint-Esprit4, ne dรฉcรจle aucune raison qui interdirait la priรจre ร lโEsprit, montrant notamment que la formule doxologique et Filio cum Spiritu sancto โ priรจre adressรฉe ร รฉgalitรฉ au Pรจre, au Fils et ร lโEsprit โ est tout aussi fondรฉe dโun point de vue scripturaire que celle, dont abusรจrent malheureusement les Ariens, per Filium in Spiritu Sancto. De mรชme, pour Ambroise de Milan5, les chrรฉtiens doivent non seulement adorer en Esprit, mais ils doivent aussi adorer lโEsprit lui-mรชme. Les Pรจres nicรฉens sont unanimes ร ce propos.
Finalement, sans sโen rendre compte, ceux qui nient la validitรฉ scripturaire et dogmatique de la priรจre au Saint-Esprit non seulement ravivent la vieille hรฉrรฉsie pneumatomaque โ selon laquelle, prรฉcisรฉment, on ne pouvait adorer ni prier lโEsprit ! โ mais ils rรฉcusent aussi lโorthodoxie nicรฉenne, qui postule la stricte รฉgalitรฉ du Pรจre du Fils et de lโEsprit, trois personnes qui sont, comme le rappelle la confession de foi de la Rochelle de 1559 (chapitre 6), ยซ รฉgales en gloire et en majestรฉ ยป. Or si le Pรจre et le Fils mรฉritent dโรชtre glorifiรฉs, priรฉs et adorรฉs, lโEsprit โ qui nโest pas une simple puissance (virtus) ou crรฉature (creatura) mais une personne divine (persona) โ mรฉrite aussi toute gloire, toute priรจre et toute adoration. Ainsi, bien que la priรจre adressรฉe au Pรจre, par lโintermรฉdiaire du Fils, en communion avec lโEsprit soit plus conforme au tรฉmoignage biblique, la priรจre individuelle ร lโEsprit, tout comme les priรจres adressรฉes isolรฉment au Pรจre ou au Fils, demeure parfaitement recevable dโun point de vue scripturaire, dogmatique, rationnel et traditionnel.
Nous vous invitons ร consulter notre page recensant diverses priรจres par thรจme, qui contient notamment dans la catรฉgorie ยซ Requรชtes ยป une priรจre au Saint-Esprit du pasteur rรฉformรฉ Charles Drelincourt (1595-1669) ; รฉgalement cet extrait de Grรฉgoire de Nazianze sur la divinitรฉ du Saint-Esprit, contre les pneumatomaques.
- ยซ The Holy Spirit did not only inspire songs; he isย directlyย [nous soulignons] invoked in benedictions in New Testament Epistles (2 Cor. 13:13; cf. Rom. 15:13).ย ยป[↩]
- Augustin, De Trinitate I, 13.[↩]
- D. Glenn Butner parle justement de mutual indwelling.[↩]
- Les chapitres 1 ร 5 notamment.[↩]
- De Spiritu Sancto, III,11-12.[↩]





De plus en plus, je trouve que les รฉcrits de Paul ont une tengeante qui nous ฤloigne de la parole du christ. Que ce soit ร propos de l’argent, de la sexualitฤ ou de l’image que nous nous faisons de Dieu, Paul apporte des dรฉtails auquel Christ n’a jamais fait allusion. C’est ร se demander si c’est de la mรชme inspiration.
Puisque
1) Jรฉsus a annoncรฉ qu’il enverrait son Esprit pour conduire les apรดtres (cf. รฉvangile de Jean) ;
2) l’รฉvangรฉliste Luc nous rapporte en Actes que Paul a รฉtรฉ personnellement choisi par Jรฉsus ;
3) et que Pierre tรฉmoigne dans son รฉpรฎtre que l’apostolat de Paul รฉtait reconnu par lui ;
je suggรจre que si un conflit est perรงu par vous โ un lecteur sรฉparรฉ de 2000 ans du Christ โ entre les enseignements de Paul et ceux du Christ, il est plus probable que ce conflit provienne d’une mauvaise lecture des รฉvangiles, de Paul ou des deux plutรดt que d’un conflit rรฉel entre les deux.
Merci pour ce vivifiant article ! Tout ร fait convaincu par cette belle dรฉmonstration, il me reste nรฉanmoins une interrogation majeure: Bibliquement comment expliquer cette discrรฉtion extrรชme ? Les priรจres au Pรจre abondent, celles au Fils sont un peu plus discrรจtes, mais alors celles ร lโEsprit se rรฉduisent ร peau de chagrin. Thรฉologiquement, RAS.
Bibliquement, vous lโavez rappelรฉ, le fait existe mais il est tout de mรชme trรจs marginal ! Alors ne doit-on pas aussi en conclure quelque chose ? LโEsprit lui-mรชme qui ne rend pas tรฉmoignage de lui mais de Christ semble รชtre une pisteโฆ
En toute fraternitรฉ,
Romain Girardi