Jésus est le vrai messie – Turretin (13.2)
7 septembre 2026

Jésus de Nazareth est-il le vrai Messie ? Contre les Juifs, nous l’affirmons

Nous avons vu à la question précédente qu’il y a bien eu un Messie. Mais s’agit-il de Jésus ?
Jésus de Nazareth (que nous professons et prêchons comme étant le Messie) est-il le vrai Messie promis par Dieu, qui devait venir pour le salut des hommes ? Les Juifs le nient obstinément ; nous l’affirmons constamment et le démontrons invinciblement.

Argumentation (§§3-27)

Première démonstration : à partir de la naissance de Jésus (§§3-13)

La naissance de Jésus valide tous les critères messianiques.

  1. Le temps : Les 70 semaines de la prophétie de Daniel (entre la reconstruction de Jérusalem et l’arrivée du Messie) étaient accomplies à l’époque de Jésus.
  2. Le précurseur : Il était prophétisé un précurseur au Messie (Ésaïe 40.3 ; Malachie 3.1 et 4.5). Cela s’est accompli en Jean-Baptiste (Mt 3.3 ; 11.14 ; Lc 1.17). Une fois que Jésus est venu, Jean-Baptiste lui a cédé la place (Mt 11.13).
  3. Le lieu : Le Messie devait naître à Bethléem (Michée 5.2), et Jésus est né littéralement à Bethléem, dans des circonstances tout à fait inattendues (le recensement d’Auguste).
  4. La lignée : Le Messie devait naître dans la tribu de Juda, et dans la famille de David (Gen 49.10 ; Ésa 11.1 ; 2 Sam 7.13s). Or les deux parents humains de Jésus sont de la famille de David, de la tribu de Juda (cf. généalogies de Luc et Matthieu).
  5. La manière : Le Messie devait naître d’une vierge (Ésaïe 7.14).

Réfutation des objections sur Ésaïe 7.14 (§§9-12)

Objection : Il s’agit d’Ézéchias ou d’un enfant contemporain d’Achaz, et non du Messie.
Réponse de Turretin : Cette prophétie ne peut s’appliquer à aucun autre qu’au Messie :

  1. Elle parle d’un enfant qui devait être « Emmanuel » et le Seigneur de la terre (Ésa 7.14 ; 8.8).
  2. Ézéchias était déjà né à cette époque ; il n’est pas né d’une vierge (‘almah), et sa naissance n’a jamais été présentée comme un signe miraculeux inouï.
  3. Il ne s’agit pas non plus de Shear-Jaschoub ou de Maher-Schalal-Chas-Baz (les fils d’Ésaïe), qui sont explicitement distingués de l’Emmanuel.

Objection : Quel est le rapport entre la naissance d’un Messie des siècles plus tard et la délivrance immédiate de Juda face à la guerre syro-éphraïmite ?
Réponse de Turretin : Un événement futur grand et glorieux peut servir de signe d’assurance pour une délivrance immédiate. Si Dieu promet d’accomplir la plus grande promesse (la préservation de la lignée davidique pour donner le Messie), à combien plus forte raison protégera-t-il Juda contre deux petits rois ennemis à court terme ! De plus, la délivrance immédiate était aussi liée au jeune fils du prophète présent à ses côtés (v. 16).

Objection : Mais Jésus n’a jamais été appelé littéralement « Emmanuel ».
Réponse de Turretin : Dans la Bible, « être appelé » signifie souvent « être véritablement » (cf. Ésa 9.5 ; Jér 23.6). Comme le dit Jean Chrysostome, dire « ils l’appelleront Emmanuel » signifie simplement qu’« ils verraient Dieu parmi les hommes ».

Objection : Le mot עַלְמָה (‘almah) en Ésaïe 7.14 ne signifie pas « vierge » mais simplement « jeune fille ».
Réponse de Turretin : Le terme désigne bel et bien une vierge :

  1. L’étymologie renvoie à une jeune fille gardée à l’écart du regard des hommes (cachée/préservée).
  2. Les traducteurs juifs de la Septante (LXX) ont eux-mêmes traduit le mot par parthenos (vierge).
  3. L’annonce d’une simple conception ordinaire par une jeune femme n’aurait eu aucun caractère miraculeux ni extraordinaire pour servir de « signe » divin.
  4. Dans les 6 autres occurrences scripturaires (ex. Gen 24.43 ; Cant 1.3), le mot désigne systématiquement une vierge.

Deuxième démonstration : les marques de la personne et de l’état du Messie (§§14-16)

  1. Sa divinité : La divinité du Messie est annoncée par les prophètes et confirmée par les miracles de Jésus, qui a réclamé une égalité avec Dieu. Si Jésus n’était pas Dieu, pourquoi Dieu l’a-t-il glorifié après son ministère au lieu de le punir pour blasphème ?
  2. Le triple office : Le Messie est oint selon un triple office (cf. Dn 9.24) :
    • Onction prophétique : Deutéronome 18.15 (« Le SEIGNEUR, ton Dieu, te suscitera un prophète comme moi… ») et Ésaïe 61.1-2 (« L’Esprit du Seigneur, le SEIGNEUR, est sur moi, car le SEIGNEUR m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux humbles… »).
    • Onction sacerdotale : Psaume 110.4 (« Tu es prêtre pour toujours, à la manière de Melchisédek. »).
    • Onction royale : Psaume 2.6 (« C’est moi qui ai sacré mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! »), Psaume 45.7-8 (« Ton trône, ô Dieu, subsiste à tout jamais ; le sceptre de ton règne est un sceptre de droiture… ») et Zacharie 6.12-13 (« Voici un homme dont le nom est Germe… il portera les insignes de la majesté, il siégera et dominerait sur son trône, il sera prêtre sur son trône… »).

Et ceci a été accompli en Jésus, qui possède tous ces offices à la fois.

  1. L’abaissement et la gloire : Il est prédit que le Messie sera humilié avant d’être glorifié (Psaume 22 et 110 ; Zacharie 9.9 ; Ésaïe 53). Ceci est accompli par Jésus dans sa passion, sa résurrection et son ascension.

Troisième démonstration : à partir de la doctrine et des œuvres de Christ (§§17-26)

  1. La pureté de sa doctrine : Comment peut-on nier que Jésus a prêché la doctrine céleste de l’Évangile ? Il nous a apporté une religion qui respire la piété, l’amour et la gloire de Dieu.
  2. La grandeur de ses miracles : Ses œuvres ont été si nombreuses et éclatantes qu’on ne pouvait rien attendre de plus du Messie (Jn 7.31 ; 10.37). Josèphe lui-même le qualifie d’« auteur de miracles étonnants » (Antiquités Juives 18.63), et le Talmud lui-même ne peut les nier.
    • Réfutation des accusations de magie : Les Juifs ont parfois prétendu qu’il opérait par la magie ou Beelzéboul. Mais pourquoi Satan combattrait-il son propre royaume ? Et pourquoi le Sanhédrin ne l’a-t-il jamais condamné formellement pour sorcellerie si cela avait été le cas ?
  3. Le miracle suprême : sa résurrection : En le ressuscitant, Dieu a authentifié publiquement sa mission et sa divinité.
  4. La conversion des nations et la fondation de l’Église : L’appel des nations était l’œuvre propre du Messie (Gen 49.10 ; Ps 2.8 ; Ésa 2.2-3 ; 49.6).
    • Comment expliquer qu’un fils de charpentier d’une province méprisée, exécuté sur une croix (scandale pour les Juifs, folie pour les Grecs), servi par 12 pêcheurs ignorants, ait conquis l’Empire romain et le monde sans armes ni violence, si ce n’est par la puissance divine ?

Quatrième démonstration : à partir des absurdités (§§27-32)

  1. Différence avec les faux messies : Si Jésus n’est pas le Christ, pourquoi son nom et son œuvre ont-ils subsisté, contrairement à Théudas, Judas le Galiléen (Ac 5.36s) ou plus tard Shabattaï Zvei, dont les mouvements se sont effondrés ?
  2. L’intégrité de sa personne : Si Jésus n’est pas le Christ, nous aurions affaire au plus grand imposteur de l’histoire. Or, même ses ennemis reconnaissent la perfection morale et la pureté de sa vie.
  3. L’argument de Gamaliel : Comme l’a dit Gamaliel (Actes 5.38-39), si cette entreprise venait des hommes, elle se serait détruite d’elle-même. Or elle s’est répandue dans le monde entier.

Réponse aux objections finales

Objection : Le Messie devait apporter la paix, or Jésus a dit qu’il apportait le glaive (Mt 10.34).
Réponse : Il s’agit d’une paix mystique et spirituelle avec Dieu, non d’une absence de conflit avec un monde récalcitrant.

Objection : Il est inimaginable que le Messie soit rejeté par les Juifs.
Réponse : Au contraire, ce rejet était explicitement prédit (Ps 118.22 ; Ésa 53.1). Même le Talmud (Sanhedrin 97a) rapporte ce mot du rabbin Juda : « Quand le fils de David viendra, les sages seront rares en Israël, la sagesse du Scribe pourrira, et les écoles de théologiens seront des cavernes d’infamie. »

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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