La transsubstantiation cachée de la louange contemporaine – Josh Pauling
10 mars 2020

Cet article est une traduction de “The Hidden Transsubstantiation of contemporary worship“de Josh Pauling publié sur Mere Orthodoxy. Joshua Pauling enseigne l’histoire au lycée, a fait ses études au Messiah College, au Reformed Theological Seminary et à la Winthrop University, et a écrit pour Modern Reformation, Front Porch Republic, FORMA Journal et Salvo Magazine. Il est également ancien de l’Église luthérienne All Saints (LCMS) à Charlotte, en Caroline du Nord.


Dans un nombre incalculable d’Églises à travers tout le paysage confessionnel d’Amérique, les pratiques de louange contemporaines l’ont emporté au nom de la pertinence culturelle et des préférences stylistiques. Mais il y a une dangereuse séparation entre le style et la substance inhérente à la louange contemporaine qui, si on n’y remédie pas, peut saccager le cœur même de l’orthodoxie chrétienne.

Les défenseurs de la louange contemporaine expliquent qu’ils ne sont pas en train de changer la substance, ou le contenu de la louange chrétienne, mais ne font que mettre à jour le style, ou la forme pour des sensibilités modernes. Les groupes de rock, les sonorités pop’, sermons dans le style des TED Conférences, l’atmosphère de café, et [Introduire la dernière mode de louange ici] sont –dit l’argument- juste là pour rendre le Christianisme plus pertinent. Alors qu’il semble sans danger, l’argument est bâti sur une division problématique entre le style et la substance ; une sorte de transsubstantiation cachée qui abrite un rejet de la forme et du rituel dans la louange en faveur d’une substance intérieure supposée, ou d’un sentiment, induit par la louange.

Ce que je propose ici est que la séparation style/substance est le véritable problème. Pour sûr, on peut légitimement critique les paroles vagues et insipides de certains chants de louange contemporains. Mais les problèmes vont plus loin dans les messages communiqués par le style, ou la forme elle-même, qui conduit inconsciemment les chrétiens à être davantage curvatus in se (tournés vers eux-même) plutôt que vers la nature objective de la vérité chrétienne qui est extra nos (en dehors de nous).

La division entre le style et la substance met à mal les liens étroits entre doctrine et pratiques reconnus par l’Église historique. Avec les pratiques de louanges maintenant sans frein, elles finissent facilement par contrevenir au contenu même de la foi chrétienne que la louange est censée renforcer. Ce qui doit être restauré, c’est le sens selon lequel le style est la substance et comment l’Église a un style et une culture distincte qui transcendent les débats épuisants autour de la pertinence et des goûts musicaux.

Alors qu’aucun évangélique n’admettrait qu’il épouse la position romaine autour de l’eucharistie, dans la pratique il utilise les même principes dans ses temps de louange. Ainsi, la transsubstantiation se trouve un nouveau foyer, non pas dans la Sainte Cène, mais le nouveau sacrement du « temps de louange ». Dans la Sainte Cène, Rome dit que la forme extérieur du pain et du vin reste alors que la substance intérieure se change en corps et sang de Christ, basé sur les catégories philosophiques d’Aristote de la forme extérieure (dit accidents) et du contenu (dit substance).1

La louange contemporaine propose une séparation similaire entre la forme extérieure ou style de la louange et son contenu intérieur ou substance. Les conducteurs de louange sont la nouvelle prêtrise qui ne préside pas la Sainte Cène, mais le Mouvement de l’Esprit. Le groupe de louange requis accomplit un mélange de chants conduisant l’assemblée à travers une progression émotionnelle qui est censée être l’œuvre du Saint Esprit. Les émotions induites sont interprétées comme des preuves de la présence de l’Esprit avec les sentiments intérieurs et subjectifs de l’adorateur qui sont la substance de la louange qui est importante, tandis que le style extérieur de la musique, les paroles prononcées, et les rituels réalisés sont les formes accidentelles.

Et c’est ici que gît la transsubstantiation cachée : la forme extérieure de la louange n’a pas d’importance, tant que la substance, c’est-à-dire le contenu intérieur du cœur ressent ce qu’il faut ressentir. En d’autre mots, les protestants « basses-églises » [Low-church ; ayant une vision restreinte de l’Eglise quant à la liturgie. NdT] pensent que la forme extérieure et le style de la louange n’affecte pas le contenu et la substance de ce qui est réellement communiqué dans la louange. La même séparation entre forme et substance utilisé par Rome dans la transsubstantiation est utilisé par les défenseurs de la louange contemporaine comme justification pour un style « pertinent » et des techniques de louanges, tandis qu’on garde la substance historique du Christianisme. Considérez les citations suivantes :

Les styles seront toujours sujets à controverse parce qu’ils reflètent des préférences personnelles […]. Je crois que la réponse à cette dispute est de garder la substance au centre, et les styles en position secondaire […]. La louange […] semble être pour moi du domaine du cœur, pas quelque chose qui soit lié à un style de louange 2.

Ou bien :

La substance de notre louange est plus importante que le style ou la forme de la louange… Une des choses qui a causé le plus de problèmes et de divisions dans les Églises est cette « guerre liturgique » – conflits entre l’orgue et la guitare ; les carnets ou les projections ; style calme, posé, cognitif, contemplatif ou bien bruyant, expressif, jubilatoire. Dieu est davantage concerné par le cœur de la louange, la substance de la louange, le cœur de l’adorateur, le contenu de notre louange plutôt que par le style, le format particulier ou l’approche de la louange 3.

Une grande partie du protestantisme américain a accepté sans réfléchir ce raisonnement, ainsi que le révèle une rapide visite de nos lieux de culte. Dehors la présence structurante de l’autel de Christ, faites entrer la batterie. Dehors la chaire logocentrée, faites entrer le pupitre en plexiglas éphémère. Dehors le prêcheur qui couvre son propre pêché par un vêtement, faites entrer l’aspirant pop-star à la mode. Dehors le banc communautaire permanent, faites entrer les chaises de stades individuelles. Dehors la tangibilité sensorielle des bougies et de l’encens, faites entrer les éclairages fantastiques et la machine à fumée. Dehors l’orgue destiné à accompagner un chant communautaire théologiquement riche, faites entrer les micros étiquetés par couleur pour les chanteurs. Dehors les psautiers qui facilitent la mémorisation, faites entrer le défilé des mots projetés sur écrans. Tous ces changements sont bien plus qu’un changement de style.

Chaque changement communique une certaine théologie, mais dans le mauvais sens puisque ces changements tendent à porter atteinte à la doctrine orthodoxe et historique au sujet de Dieu, de l’homme et du salut. Au milieu de ces messages troublants envoyés par ces changements pratiques, le contenu central du christianisme se perd facilement, jusqu’à ce qu’on se demande qu’est ce qu’on enseigne aux participants à long terme. Peut-être ne devrait-il pas être surprenant que des gens quittent l’église si tout ce qu’ils y trouvent est une imitation faiblarde du monde avec un concert de second-ordre vaguement religieux et des mots d’encouragement et de développement personnel « juste en passant ».

Mais le plus grand changement de tous, et celui qui dévoile le plus la transsusbtantiation cachée est l’élévation de la louange et de l’adoration à un statut quasi-sacramentel, comme on le voit dans le grand espace qui lui est consacré dans le culte, et le crescendo émotionnel qu’il crée. Il n’en a pas toujours été ainsi ; car dans la très grand majorité de l’histoire de l’Église, le climax de l’adoration chrétienne était la célébration hebdomadaire de la Sainte Cène.

Mais quand cette pratique fut évacuée, quelque chose d’autre a rempli l’espace vacant, et dans beaucoup d’Églises, la louange contemporaine a fait exactement cela. Et ainsi, comme plus grande conséquence : dehors le pardon des péchés objectif et ferme de Jésus dans la fraction du pain, faites entrer les sentiments subjectifs et flottants invoqués par une répétition de refrains. Non seulement les pratiques liturgiques de la louange contemporaine communique cette transition sacramentelle, mais les paroles de beaucoup de chants de louange rendent ce remplacement très facile à voir. L’un des chants de louanges du « top-parade » fait par le CCLI [Christian Copyright Licensing International], « Build my life » de Pat Barrett inclut une sorte de prière :

Ouvres mes yeux d’émerveillement,
Montre moi qui Tu es et remplis moi
Avec ton cœur et conduis moi (4x)

Où les disciples de Jésus disent-ils que leurs yeux s’ouvrirent d’émerveillement après la Résurrection ? Dans la fraction du pain 4. Où Christ montre-t-il qui il est et remplit les chrétien avec son cœur ? Dans l’eucharistie. Mais il n’en est pas ainsi dans la louange contemporaine. A la place, tout se passe dans le monde noumenal5 de l’esprit pendant que l’on chante émotionnellement les chants. Prenons un autre exemple dans les paroles de transition du dernier succès de chez Hillsong intitulé : « Oceans (where feet may fail) »

Ô Esprit conduis-moi là où ma confiance est sans limites
Laisse-moi marcher sur les eaux quel que soit là où tu m’appelleras
Emmène-moi plus profond que là où mes pieds s’aventureraient jamais
Et que ma foi soit rendue plus forte
Dans la présence de mon Sauveur (3x)

Où cette « présence du Sauveur » doit-elle être trouvée ? Est-ce dans les émotions du cœur ? Sur la base des paroles, il ne nous reste plus qu’à l’imaginer, puisqu’il n’y a aucun mot qui indique clairement où Christ doit être trouvé. Et ainsi, au lieu d’expérimenter concrètement la présence du Seigneur promise, et avoir sa foi « rendue plus forte » à travers le pardon du Christ dans la Sainte Cène, tout devient abstrait, désincarné, une chose spirituelle qui nous émeut à travers le chant et expérimenté platoniquement dans notre esprit, si l’on a de la chance. Quel remplacement décevant. Cet échange est coûteux, et quand on en fait l’examen, le modèle style-substance de la louange contemporaine craque de façon encore plus fondamentale.

D’une, la tentative d’être « pertinent » devient très rapidement obsolète avec les rapides changements dans les goûts culturels. Au moment où quelque chose de nouveau fait son chemin dans les pratiques de louanges, elle est déjà datée aux yeux de la culture pop. De même, ce paradigme est problématique dans la façon subtile dont il rejette la physicalité et la communauté. En se concentrant sur la substance intérieure de la louange, il encourage une attitude individualiste « Moi et Jésus » où chaque adorateur est supposément en train d’expérimenter Dieu à sa façon, dans une sorte de relativisme culturel d’arrière-boutique. En se concentrant exclusivement sur « l’esprit intérieur » ou le « cœur » de la louange, un dualisme entre l’esprit et le corps émerge qui s’oppose à la vision holistique de la personne humaine propre au christianisme.

Dans son excellent livre, Disruptive Witness, Alan Noble résume : « nous avons fait de la communion avec Dieu quelque chose qui arrive dans nos têtes, et non avec nos êtres entiers, corps inclus. »6 Le modèle de louange contemporaine néglige aussi la communio sanctorum qui est le corps de Christ, et remplace la communauté confessant la foi ensemble en paroles, sacrements, et chants par des cœurs atomistiques exprimant leurs sentiments.

Tout le paradigme de style et substance présente une fausse dichotomie. Pour reprendre la fameuse phrase de Marshall McCluhan : « Le medium est le message » dans les catégories de la louange, le style de la louange est la substance de la louange, ou bien, la forme de louange est le contenu de la louange. Pour nuancer un peu, le style et la forme que la louange prend définit les limites du messages conscient ou inconscience communiqué par cette forme. Cette perspective va au-delà de la « guerre liturgique » entre style contemporain et style traditionnel. Si la forme est le contenu, alors la vraie question n’est plus les préférences stylistiques, mais la théologie. Et la théologie n’est pas une affaire de préférence. Cela nous amène plus loin que ces disputes superficielles quant au style.

A la façon MacLuhanesque donc, l’Eglise doit reconnaître que les styles et goûts culturels actuels déforment facilement le message de la « foi qui fut délivré aux saints une fois pour toutes »7 Chaque parole, acte, style et pratique utilisé dans la louange est un message théologique au sujet de la nature de Dieu et de l’humantié. La louange envoie aussi des messages au sujet de comment on atteint Dieu ; qui est actif et qui est passif dans le processus. La question pour une quelconque forme ou style est donc : Communique-t-il inconsciemment ou de façon subliminale la théologie historique et orthodoxe au sujet de Dieu, l’homme et le salut ? Les styles contemporains aussi bien que traditionnels sont en défaut sur ce point vu qu’ils sont liés à une époque et un lieu spécifique et voient l’humanité comme le principal acteur dans la louange, et Dieu comme le récepteur de la louange.

La façon de s’en sortir consiste à comprendre que l’Eglise ne joue pas au jeu de la pertinence culturelle et de la mode. A la place, l’Eglise créé et soutient sa propre culture telle qu’elle apparaît dans les pratiques les plus anciennes de la louange chrétienne historique et orthodoxe avec leurs styles musicaux distincts et sacrés et leurs formes étrangères et fortement liturgiques [high liturgical] toutes saturées de l’Ecriture. Ce qui rend l’Eglise pertinente est le fait qu’elle est en dehors du temps, et qu’elle livre un message sans changement qui s’applique à toutes les époques et lieux. Cette approche hors du temps communique que Dieu vient à la rencontre de son peuple à travers la Parole et le Sacrement pour les pardonner en Jésus Christ. Dans la louange historique, Dieu est celui qui fait le travail, et non les humains. Cette compréhension plus ancienne est gardée par les luthériens confessionnels et les traditions orthodoxes qui continuent d’appeler leur louange le « Service divin » et la « liturgie divine ».

C’est un rappel clair que la louange n’est pas au sujet de ce que l’on peut faire pour Dieu. La louange est le service que Dieu rend à l’humanité à travers le don de sa grâce dans la Parole et les Sacrements à toute la personne, selon ses cinq sens. Nous entendons le pardon de Dieu dans l’absolution et la Parole prêchée. Nous touchons le pardon de Dieu dans les eaux du baptême, et nous le goûtons et le voyons dans le pain et le vin de l’Eucharistie. Nous sentons l’odeur du pardon de Dieu dans le vin piquant ou l’encens aromatique 8. Cela est meilleur que n’importe laquelle des présentations multi-médias ou session de louange et adoration parce qu’il y a une résonance et une unité entre la forme et le contenu donnés par le Seigneur lui-même.

Cette compréhension holistique de l’unité entre le style et la substance et l’importance de l’humain en entier dans la louange est en train de faire son chemin dans certaines sections du monde évangélique, peut-être le signe que le paradigme de louange contemporaine est en train de s’effriter. Les chrétiens de beaucoup de dénominations différentes sont en train de buter sur les problèmes créés par la séparation entre style et substance, et sont en train de redécouvrir le pouvoir catéchétique et le contenu théologique à travers le calendrier liturgique, les formes liturgiques, les rites, les crédos et l’art sacré.

Considérez le récent succès de Every Moment Holy : New Liturgies for Daily Life9 publié chez Rabbit Room Press, localisé au cœur même de la scène de la musique chrétienne contemporaine, Nashville Tennessee. C’est un beau livre rempli de liturgies et de prières écrites pour tous les aspects de la vie accompagné par de l’art conçu pour les évangéliques. Considérez aussi ce mouvement récent parmi les évangéliques pour l’utilisation d’un lectionnaire structuré pour mieux guider la lecture de la Bible avec la ré-émergence du plan de Robert Murray McCheyne, qui date du XIXe siècle.

Ou prenez l’exemple de la redécouvert de formes liturgiques de louange avec le chant d’Andrew Peterson « Is he worthy ? » qui est essentiellement des citations de l’Ecriture au sujet de Christ tel qu’il est représenté dans Apocalypse dans le format d’un repons10 entre l’assemblée et le conducteur –une des plus ancienne forme rituelle chrétienne. Tous ces signes sont dignes d’être célébrés et sont peut-être des indices de ce qui vient.

Ce que les évangéliques et d’autres protestants avec une vision basse de l’Eglise [low-church] sont en train de découvrir pour la toute première fois, l’orthodoxie historique chrétienne l’a pratiqué pendant un millénaire et peut offrir de grands trésors envers ceux qui commencent leurs toute nouvelle quête. À la recherche de quelque chose de plus réel, pertinent et durable, il y a un risque que ce qui va remplacer la louange contemporaine soit tout aussi problématique ou puisse conduire les gens encore plus loin de la doctrine et pratique historique.

Pour éviter ce danger, ceux qui sont familier avec le grand héritage de la louange chrétienne historique doivent partager le plan de cette contrée de louange riche, mature et liturgiquement raffinée. Les crédos historiques et les confession forgées dans le creuset des persécutions et des hérésies, les cantiques et les mélodies de tous temps et tous lieux qui transcendent les styles cuturels et les préférence. Les prières pour toutes occasions utilisée depuis des temps immémoriels. Les rites et liturgies transmis depuis l’Eglise primitive qui font écho aux paroles mêmes de Dieu jusqu’à Lui. C’est réel. C’est pertinent. C’est durable. C’est la véritable doctrine chrétienne mise en pratique.

L’Eglise ancienne avait une formule brève pour résumer l’importance de cette unité entre doctrine et pratique : lex orandi, lex credendi.11 Traduit littéralement : la règle de comment il faut prier est la règle de comment il faut croire. Traduit de façon plus adaptée, la façon dont vous louez est la façon dont vous finissez par croire. Ils avaient réalisés bien avant les débats contemporains sur la louange que la théologie et la pratique avaient une relation symbiotique, et que les chrétiens devaient être aussi sérieux au sujet de l’orthodoxie qu’au sujet de l’orthopraxie, parce que quand vous détruisez l’une, l’autre a tendance à suivre.

En illustration: L’adoration du veau d’or, de Lucas von Leyden, 1530.


  1. Ce n’est pas le but de cet article que de critiquer la transsubstantiation ; Rome a raison de voir la véritable présence de Christ dans le sacrement, mais peut-être que leurs explications philosophiques laissent à désirer. L’objectif est qu’en dessinant un parallèle entre les catégories philosophiques utilisées par Rome et par les évangéliques, peut-être que les problèmes de la louange contemporaine apparaîtront plus clairement.[]
  2. Peter Horne, “Expanding Worship – Substance & Style,” July 23, 2012.[]
  3. What is More Important in Worship, Substance or Style?” Biblical Training, April 12, 2012.[]
  4. Luc 24.35[]
  5. Référence à Kant, qui considérait que le monde « réel » dans lequel nous vivons est en réalité à l’intérieur de notre esprit [Noous]. NdT[]
  6. NOBLE, Alan, Disruptive Witness: Speaking Truth in a Distracted Age (Illinois : InterVarsity Press, 2018), p. 130.[]
  7. Jude 1.3.[]
  8. Il est dommage que l’auteur place au même niveau des sacrements du Seigneur et une tradition liturgique, NdE[]
  9. Un site entier de ressource accompagne ce livre à l’adresse : https://www.everymomentholy.com/.[]
  10. Alternance entre l’appel d’un soliste et la réponse d’un chœur. NdT[]
  11. Cette phrase vient probablement de Prosper d’Aquitaine au 5e siècle, pendant la controverse semi-pélagienne. Frère André Marie « Lex Orandi, Lex Credendi » 18 avril 2009.[]

Etienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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Dans les Églises où est récité le Symbole des Apôtres, les chrétiens récitent d’une traite qu’ils croient « à l’Église, à la communion des saints, à la rémission des péchés… » Et s’il est vrai que le croyant protestant perçoit assez intuitivement comment le thème de l’Église et celui de la communion des saints peuvent être traités ensemble (puisque la théologie protestante définit précisément l’Église comme la communauté des saints ou des fidèles, c.-à-d. des croyants), il lui est en revanche difficile à première vue de voir un lien immédiat entre l’Église et la communion des saints d’une part, et la rémission des péchés d’autre part.
Ce n’était pas le cas de Jean Calvin. Celui-ci, dans l’un de ses premiers écrits, sa Brève Instruction Chrétienne (1537), à la fin de son explication de ce qu’il faut comprendre par la clause « Je crois à la rémission des péchés », lie ensemble ces trois expressions de la manière suivante : « nulle rémission des péchés n’est donnée d’ailleurs ni par autre moyen, ni à d’autres [que ceux qui en font partie], vu qu’hors de cette Église et communion des saints, il n’y a point de salut. » Calvin énonce ici le caractère ecclésial de la rémission des péchés : c’est dans l’Église seulement que les péchés sont pardonnés. Une telle affirmation peut étonner de la part d’un des pères fondateurs du protestantisme. Comment la comprendre ?

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