Dieu est-il juste s'il prédestine certains au salut ?
28 août 2017

Le titre original de cet article était “Romains 9 parle-t-il de nations ou d’individus ?” et répond donc premièrement à cette question. Mais au cours du développement, nous expliquons comment la justice de Dieu se manifeste dans l’élection.


Romains 9 parle-t-il de nations ou d’individus ? C’est la question qui revient souvent dans les discussions sur la double prédestination puisque le débat se centralise assez vite sur ce chapitre. Toutefois, à la suite de John Piper, je suggère que cette question passe complètement à côté du sens du chapitre, comme s’il y avait une opposition entre le plan de Dieu pour Israël et son élection en tant que nation, et le plan de Dieu pour l’humanité et le salut des individus. Comme si Dieu avait deux plans.

Ainsi, avant de répondre à la question, nous ferons une rapide exégèse de Romains 9:1-29.

Romains 9:1-5

Je vais me contenter ici de donner ma compréhension des 5 premiers versets de Romains 9, dont je reproduis le texte ci-dessous :

Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit: J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le coeur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, et le culte, et les promesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. Amen!

Ici, Paul exprime sa tristesse et introduit un paradoxe étonnant : ses concitoyens ne croient pas. Pourquoi est-ce un paradoxe ? Car ces concitoyens sont les juifs, ceux qui ont tant reçu : le Messie lui-même est né dans ce peuple.

Ainsi, dès le début de Romains 9, Paul parle d’Israël, mais il ne le fait pas ici en parlant de la nation d’Israël comme s’il parlait de sa destinée terrestre. Non, ici Paul est attristé car des individus sont perdus, incrédules et destinés à la perdition, à “l’anathème” (malédiction). Anathème que Paul préfèrerait subir à leur place.

Ainsi, le thème du chapitre 9 est dans la continuité avec les 8 chapitres qui précèdent parce qu’il est question de salut individuel et il est en continuité avec les chapitres 10 et 11 parce qu’il est question du paradoxe d’Israël.

Mais ce paradoxe, comme tous les paradoxes, soulève une question que Paul a du entendre souvent dans la bouche de ses opposants : Si ton Évangile est vrai, pourquoi les Juifs ne croient pas ? La Parole de Dieu aurait-elle menti ?

Romains 9:6-13

 

Nous allons voir ici comment Paul commence à répondre à ce paradoxe, ce qu’il va continuer à faire jusqu’au chapitre 11. Là encore, je tiens à ce que mes lecteurs se remémorent le texte :

Ce n’est point à dire que la parole de Dieu soit restée sans effet. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas Israël, et, pour être la postérité d’Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants; mais il est dit: En Isaac sera nommée pour toi une postérité, c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité. Voici, en effet, la parole de la promesse: Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils. Et, de plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul Isaac notre père; car, quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu’ils n’eussent fait ni bien ni mal, -afin que le dessein d’élection de Dieu subsistât, sans dépendre des oeuvres, et par la seule volonté de celui qui appelle, – il fut dit à Rébecca: L’aîné sera assujetti au plus jeune; selon qu’il est écrit: J’ai aimé Jacob Et j’ai haï Esaü.

Paul montre clairement dès le début le but de ce paragraphe, il cherche à répondre au paradoxe énoncé dans les 5 premiers versets. Ce paradoxe qui pouvait nous laisser croire que la Parole de Dieu soit devenue invalide. Voyons donc comment Paul répond à cela.

Paul commence à répondre en montrant que le fait qu’une partie d’Israël soit incrédule n’est pas quelque chose de nouveau. Et il nous montre qu’il ne faut pas confondre l’Israël selon la chair et l’Israël choisi par Dieu.

Il introduit ainsi une première catégorie de personne “ceux qui descendent d’Israël” qu’il appelle aussi “la postérité d’Abraham” et il nous dit que ces personnes ne sont pas tous Israël. Il y a donc 2 Israël pour Paul, un Israël selon la chair et parmi cet Israël un Israël selon la promesse, croyant et élu.

Que Paul ensuite réponde à cette question en parlant de personnes qui deviendront les pères de nations entières et désigne par cela ces nations ne change pas son objectif : expliquer comment cela se fait que beaucoup de Juifs ne croient pas. Sa réponse est dans un premier temps de montrer que cela n’est pas une nouveauté dans l’histoire de ce peuple. Puis, dans un deuxième temps de souligner qu’il y a une raison théologique à cela : Dieu choisit, selon sa volonté et non selon nos oeuvres.

Ici, je fais une pause pour souligner que dans la théologie calviniste, il est important de distinguer la justification qui ne se fait pas par les oeuvres mais par la foi et l’élection qui ne se fait pas par les oeuvres mais par la volonté de Dieu.

Reprenons, Paul a donc donné une première réponse. Mais cette réponse soulève a elle seule une question : Si Dieu gouverne son plan sans tenir compte des oeuvres mais selon sa volonté uniquement et si c’est la raison pour laquelle beaucoup de Juifs ne croient pas aujourd’hui, Dieu n’est-il pas injuste ?

Romains 9:14-18… ou la justification de Dieu

 

Une fois de plus, je tiens à ce que le lecteur prenne le temps de relire la suite de notre texte :

Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice? Loin de là! Car il dit à Moïse: Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l’Ecriture dit à Pharaon: Je t’ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.

Le passage commence donc par la question soulevée par le passage précédent, à savoir : Si Dieu se base sur sa seule volonté pour choisir Israël parmi les nations et si c’est encore par sa volonté seulement et non par les oeuvres que Celui-ci choisit, au sein d’Israël, un peuple qui est le véritable Israël selon la promesse, n’est-il pas injuste ?

Evidemment, Paul rejette cette possibilité mais il ne nous laisse pas sans réponse. Il répond à deux reprises et en reprenant deux fois sa conclusion. Ses deux réponses sont introduites par “Car” et ses deux conclusions par “Ainsi”.

Comme première réponse, Paul cite Exode 33:19. Dans le contexte, Moïse a fait sortir le peuple d’Egypte et il dialogue avec Dieu. Moïse, pour être certain d’avoir reçu la faveur de Dieu lui demande quelque chose d’étonnant : que Dieu lui montre sa gloire. Et Dieu lui répond alors en lui disant qu’il fera passer devant lui sa bonté, qu’il proclamera son Nom et qu’il fera grâce à qui il fera grâce, qu’il aura compassion de qui il aura compassion.

Ainsi, le contexte nous rappelle qu’il est avant tout question de gloire et de Nom de Dieu ici. De plus, John Piper, dans The Justification of God, fait remarquer que la formule “je fais grâce à qui je fais grâce” ou “j’aurai compassion de qui j’aurai compassion” est une formule dite “idem per idem”, où un élément est repris de chaque côté de la formule. Ce type de formule est précisément utilisé en Exode quand il s’agit du Nom de Dieu “Je suis celui qui suis”.

Le Nom de Dieu désigne à la fois sa gloire, sa renommée et son identité. Et la formule je ferai grâce à qui je ferai grâce signifie tout simplement : je ferai grâce à qui je veux.

Ainsi, en gardant le contexte d’Exode en tête, une réponse semble émerger à la question “Dieu est-il injuste ?”. C’est une réponse étonnante et profondément centrée sur Dieu : Dieu n’est pas injuste quand il choisit librement car cela fait partie de sa gloire, de son Nom. Autrement dit, pour Paul, la justice de Dieu ne se mesure pas selon nos standards humains mais selon la nature de Dieu lui-même. Dieu, en faisant grâce librement, à qui il veut, agit pour sa gloire, il est donc juste.

Prenons du recul. Dieu est comme le soleil de notre système : tout tourne autour de lui et face à lui nous sommes insignifiants. Ainsi, quand Dieu agit pour Lui, pour son Nom, pour sa gloire, Dieu est profondément juste. Dieu serait au contraire injuste s’il agissait d’une manière qui ne le glorifie pas premièrement. C’est donc la gloire de Dieu que Dieu recherche premièrement.

Et (quel mystère !) Dieu a choisi de se glorifier en faisant grâce à son peuple :

A cause de mon Nom, je suspends ma colère ; a cause de la louange qui m’est due, je me contiens envers toi, pour ne pas te retrancher. (…) C’est pour l’amour de Moi, pour l’amour de Moi que je veux agir; Car comment mon Nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre.
Esaie 48:9,11

Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Egypte par ta main puissante et qui t’es fais une renommée comme elle l’est aujourd’hui (…) pour l’amour du Seigneur, fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté ! (…) Ouvre les yeux et regarde nos ruines et la ville sur laquelle ton nom est invoqué ! (…) Seigneur, écoute ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, sois attentif ! Agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu ! Car ton Nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple.
Daniel 9:15-19

Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son Nom.
Psaume 23:3

C’est à cause de ton Nom, Éternel, que tu pardonneras ma faute, car elle est grave.
Psaume 25:11

Mais revenons à notre texte. Dieu n’est pas injuste dans l’élection car il agit pour sa gloire, ce qui est la justice même. Cela permet à Paul de conclure : “ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.” (9:16).

Mais comme nous l’avons dit, Paul réitère sa réponse et sa conclusion aux versets 17 et 18. La réponse du verset 17 souligne encore ce que nous avons dit. Paul conclut au verset 18 que Dieu, non seulement fait grâce à qui il veut mais endurcit qui il veut (là encore un vocabulaire qui fait référence à des individus). Mais pour prouver son point, Paul aurait pu citer de nombreux textes où il est dit explicitement que Dieu endurcit le coeur de pharaon ou il aurait pu citer ce texte où Dieu annonce qu’il endurcira le coeur de pharaon quand Moïse commencera à lui parler. Mais non, Paul cite encore un passage où la gloire et le Nom de Dieu sont centraux : “Je t’ai suscité tout exprès pour montrer en toi ma puissance et pour que mon Nom soit publié par toute la terre.”

Même l’endurcissement est fait pour la gloire de Dieu et le Nom de Dieu. Nous pouvons conclure avec Paul que Dieu est juste aussi quand il endurcit, “Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut.”

Mais, là encore, une question demeure : Si Dieu est juste quand il se glorifie et que Dieu est glorifié par l’endurcissement du pécheur, pourquoi Dieu fait-il des reproches au pécheur ? Pourquoi condamner un pécheur qui finalement, lui aussi, glorifie Dieu et qui ne peut résister à la volonté de Dieu ?

 

Romains 9:19-23

 

Avant d’analyser le passage et quitte à lasser le lecteur, je désire encore que l’on relise celui-ci :

Tu me diras: Pourquoi blâme-t-il encore? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté? O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu? Le vase d’argile dira-t-il à celui qui l’a formé: Pourquoi m’as-tu fait ainsi? Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil? Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s’il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire? 

Encore une fois, Paul démarre cette nouvelle section en énonçant la question à laquelle il veut répondre. Cette fois-ci encore, il s’agit d’une question que des opposants pourraient lui poser suite à ce qu’il vient de dire. Si Dieu agit pour sa gloire seule, et si même mes péchés glorifient Dieu, pourquoi me fait-Il des reproches ?

C’est une question que Paul avait déjà abordé en Romains 3 :

Mais si notre injustice manifeste la justice de Dieu, que dirons-nous donc ? Dieu est-il injuste quand il donne cours à sa colère ? (…) Et si par mon mensonge, la vérité de Dieu abonde pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore jugé comme pécheur ?
Romains 3:5,7

La réponse de Paul consiste à remettre l’homme à sa place : il n’est qu’un vase et Dieu est le potier. Si nous acceptons qu’un potier fasse ce qu’il veut de son vase, à combien plus forte raison Dieu est libre de faire ce qu’il veut avec nous ! Tous les vases du potier lui sont utiles mais certains sont des vases d’honneur et d’autres des vases de mépris. Ainsi, Dieu est libre de faire d’un homme un vase “de colère formé pour la perdition”. Mais il peut aussi en faire un vase “préparé d’avance pour la gloire”.

L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur.
Proverbes 16:4 cf. Esaie 43:7,21

Piper fait remarquer que dans les lettres de Paul, les mots gloire et perdition désignent toujours le salut éternel et la perdition éternelle.

 

Romains 9:24-29

 
Les choses vont être tout-à-fait claires dans ce passage et les objections tomberont, lisons- le :

Ainsi nous a-t-il appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les païens, selon qu’il le dit dans Osée: J’appellerai mon peuple celui qui n’était pas mon peuple, et bien-aimée celle qui n’était pas la bien-aimée; et là où on leur disait: Vous n’êtes pas mon peuple! ils seront appelés fils du Dieu vivant. Esaïe, de son côté, s’écrie au sujet d’Israël: Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, Un reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu’il a résolu. Et, comme Esaïe l’avait dit auparavant: Si le Seigneur des armées Ne nous eût laissé une postérité, Nous serions devenus comme Sodome, Nous aurions été semblables à Gomorrhe.

Paul nous dit que Dieu nous a appelés “Ainsi”. Il se réfère ici à ce qu’il vient de dire. Comment Dieu nous a-t-il appelé ? “Ainsi” c’est à dire “avant que nous soyons nés” (verset 11), selon sa volonté et non selon nos oeuvres (verset 12), librement (verset 16 et 18), pour sa gloire (versets 15 et 17), comme des vases dont il est le potier (verset 22 et 23). Il se réfère en particulier à ce qu’il vient de dire sur les vases.

Ainsi, la Segond à la Colombe traduit le verset 23 “Et si Dieu a voulu faire connaitre la richesse de sa gloire à des vases de miséricorde…” et le verset 24 “C’est-à-dire à nous etc.” Les vases de miséricorde désigne donc des individus.

Le verset 24 nous apprend alors que ces individus sont appelés non seulement du milieu des Juifs mais aussi du milieu des païens. Il y a donc une élection qui sépare des personnes à l’intérieur d’Israël des autres Israélites et qui sépare aussi des païens des autres païens.

Et le fait que Dieu choisisse son peuple du milieu même des païens avait été prédit par Osée, que Paul cite au verset 25. De même, Esaie, cité aux versets 26 et 29, avait annoncé que Dieu faisait élection au milieu même d’Israël. Là encore, il s’agit de salut comme le dit explicitement le verset 27.

C’est alors que Paul poursuit au verset 30, toujours en parlant de salut individuel “la justice qui vient de la foi”, en se demandant donc en quoi Israël cherchait la justice de façon inadéquate.

Romains 9, 10 et 11

 

Un article ne suffit pas pour faire une exégèse complète de cette section, mais je chercherai ici à montrer rapidement en quoi la compréhension de Romains 9 présenté dans l’article s’inscrit harmonieusement dans cette section. En effet, il est notoire qu’une des questions à laquelle cette section cherche à répondre est “Dieu aurait-il rejeté son peuple (la nation d’Israël) ?” (Romains 11:1).

Or, notre compréhension de Romains 9 permet d’apporter une première réponse à cette question : Dieu n’a pas rejeté Israël totalement car encore aujourd’hui il choisit des vases de miséricorde destinés à la gloire parmi les Israélites. Paul en est un exemple, n’est-il pas Juif ?

Et c’est précisément la réponse que Paul commence à donner : “Certes non ! Car moi aussi, je suis Israélite, de la descendance d’Abraham, de la tribu de Benjamin”. Moi aussi, dit-il je suis Juifs, et pourtant Dieu m’a choisi, Il n’a donc pas rejeté son peuple.

Mais ce n’est pas la seule réponse donnée dans ce chapitre. Selon ma compréhension, Paul nous explique aussi dans la suite du texte qu’un grand nombre de Juifs seront sauvés lorsque “la plénitude des païens sera entrée”, c’est-à-dire quand l’ensemble des élus païens auront cru. Et là encore, il s’agit de foi (Rom. 11:20), de salut (11:26,27), de miséricorde (11:32). La fidélité de Dieu envers Israël se manifestera par le salut d’un grand nombre d’individu au sein de ce peuple.

Conclusion

 

Maintenant que notre interprétation de Romains 9 a été donnée ainsi que son lien avec les questionnements de Romains 11, nous pouvons conclure qu’il est artificiel d’opposer élection d’Israël et élection individuelle. Les promesses dont était dépositaire Israël comportaient le Messie et le salut et le principe d’élection selon lequel Dieu a choisi Israël d’entre les nations est le même que celui que Dieu a utilisé pour élire, au sein même d’Israël et du milieu des païens, un peuple qui aura part à la gloire, selon sa miséricorde.

Dieu a donc choisi librement, selon sa seule volonté et pour sa gloire un peuple à qui il va faire “connaitre les richesses de sa gloire”.

Dans son Temple, tout s’écrit : Gloire !
Psaume 29:9

Nous n’avons pas abordé ici toutes les questions que soulève cette interprétation d’un point de vue philosophique et théologique, le but ici était simplement de présenter le sens de Romains 9:1-29. Pour ce qui est des difficultés exégétiques, nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage précédemment cité : The Justification of God.

Illustration en couverture : Allégorie de la Justice, Bernadino Mei, 1656.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

2 Commentaires

  1. david

    il me semble plus raisonnable d interpreter Romain comme une explication concernant la transition du peuple de Dieu (qui est elu de Dieu) passant des israelites par descendance (bien que cette position faisant foi dans la mentalité juive est deja criticable comme le montre paul) aux paiens par la foi. Cela pour 2 raisons :
    – me semble plus en cohérence avec l ensemble de Romains
    – evite la position de déterminisme dur (ou double prédestination) qui me semble inconciliable avec 97% (chiffre arbitraire pour dire la tres grande majorité 🙂 ) du message biblique.
    malgré tout merci pour l article tres bien rédigé
    soyez bénis

    Réponse
    • Maxime Georgel

      Plusieurs problèmes avec cette interprétation :
      1. Paul ne parle pas de l’élection des descendants d’Abraham comme un tout mais de ceux qui, au sein même de sa descendance, sont élus.
      2. Cela ne répond pas à la question que Paul se pose qui est “pourquoi les Israélites rejettent en grande partie Jésus”.
      3. Vous parlez d’élection “par la foi”. La Bible ne dit JAMAIS que l’on est élu par la foi. La Bible utilise deux couples d’opposition : “justifiés par la foi vs. par les oeuvres” et “élus par la volonté de Dieu vs. par les oeuvres”. Autrement dit, dans le domaine de l’élection, ce n’est jamais la foi la cause mais la volonté de Dieu.
      4. Romains 8 au contraire appuie mon argumentation.
      5. Montrez-moi donc ces 97% (peut-être que les 3% manquant indique que votre interprétation est défectueuse, je revendique 100% de mon côte 😉 )

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