20 novembre 2017

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Les protestants savent que les catholiques romains prient Marie. Ces derniers nous expliquent qu’ils ne l’adorent pas vraiment mais la vénèrent. Les réformateurs et réformés ont objecté que cette distinction était artificielle en pratique et conduisait concrètement à adorer Marie.

Je ne me rendais pas vraiment compte de ce à quoi pouvait ressembler une prière à Marie jusqu’à ce que je lise des extraits de Les Gloires de Marie par De Liguori. Ce recueil de 780 pages visent à rassembler tous les éléments de dévotion envers la Vierge du 5ème siècle jusqu’à l’époque de De Liguori (1696-1787). De Liguori commente au passage et fait des remarques théologiques.

Le livre de De Liguori fait partie des livres approuvés et autorisés de l’Église catholique de Rome. Je vous invite à lire quelques commentaires faits par celui-ci ainsi que quelques prières pour que vous compreniez mieux les remarques de nos chers réformateurs :

C’est la bonté de Dieu lui-même qui nous vient par l’intercession de Marie.
En tant que Reine, elle possède de droit et entièrement le royaume de son Fils.

Il y a exactement autant de créatures servant Marie que de créatures servant Dieu.

Toutes choses dans les cieux et sur la terre sont sous la domination de Dieu. De même, elles sont sous la domination de Marie. Elle a la domination et le pouvoir sur toute la création.

Jésus est le Roi de Justice. Marie est la Reine de Grâce.

Chacune des requêtes de Marie est comme une loi établie pour notre Seigneur. Elle établit les lois par lesquelles Dieu agit.

Chacune des requêtes de Marie est comme une loi établie pour notre Seigneur, l’obligeant à être gracieux envers chaque personne pour laquelle elle intercède.

Marie répand et ouvre la porte des grâces de Dieu à qui elle veut, quand elle le veut et comme elle le veut.

Il n’y a aucun pécheur qui sera perdu, peu importe la grandeur de ses crimes, si Marie intercède pour lui.

Rien ne résiste à son pouvoir, car Dieu le Père regarde sa gloire comme si c’était la sienne.

Dieu le Fils, faisant sa joie en la glorifiant, lui donne toute (ou entière) perfection comme s’il lui payait une dette.

Voilà pour les commentaires théologique de De Liguori, et voici maintenant certaines prières faites à Marie (protestants sensibles s’abstenir !) :

Ravis par la splendeur de votre beauté céleste et poussés par les anxiétés du monde, nous nous jetons dans vos bras, Ô Mère Immaculée de Jésus et notre Mère. Marie, nous adorons et louons la richesse de vos dons sublimes et sans pareille par laquelle Dieu vous a comblée au-dessus de toute autre créature depuis le moment de votre conception jusqu’au jour où, après votre Assomption dans les cieux, il vous a couronné Reine de l’Univers. Ô fontaine cristalline de la foi, coulez sur nos coeurs par votre parfum céleste ! Ô Conquérante du mal et de la mort, inspirez en nous une horreur profonde du péché, qui rend l’âme détestable à Dieu et esclave de l’enfer ! Ô Bien-aimée de Dieu, écoutez les cris ardents qui se lèvent de nos coeurs en cette année. Et, avec tendresse veuille, Ô Marie, guérir nos plaies ouvertes. Convertissez le méchant, essuyez les larmes de l’affligé et de l’oppressé, confortez le pauvre et l’humble, éteignez la haine, adoucissez la dureté, protégez la fleur de la pureté, protégez la Saint Église. En votre nom, résonnant avec harmonie dans le ciel, que tous reconnaissent que nous sommes tous frères, et que les nations sont membres d’une seule famille. Recevez, Ô Douce Mère, nos humbles supplications et par dessus tout obtenez qu’en ce jour, dans la joie et avec Vous, nous puissions répéter devant votre trône cet hymne qui est dès maintenant chanté autour de votre autel. Ô Marie ! Vous êtes gloire, Ô Marie. Vous êtes la joie, vous êtes l’honneur de notre peuple !

Pape Pie XII

Ô Marie, doux refuge des pauvres pécheurs. Assistez-moi de votre grâce. Bannissez de moi mes ennemis infernaux et présentez mon âme au Juge éternel. Ma Reine, ne m’abandonnez pas. Je vous donne mon coeur et mon âme.

Ô immaculée, sainte et pure Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine du Monde, vous êtes la joie des saints. Vous êtes la réconciliation entre les pécheurs et Dieu. Vous êtes l’avocate des délaissés, l’havre de paix de ceux qui sont sur les mers de ce monde. Vous êtes la consolation de ce monde, la rançon des esclaves, la consolatrice des affligés, le salut de l’univers.

Ô grande médiatrice de paix entre les hommes et Dieu, amour de tous les hommes et de Dieu, à Vous l’honneur et la bénédiction avec le Père et le Saint-Esprit. Amen.

Ô Dame souveraine, sainte de tous les saints, notre force et notre refuge. Dieu (Note : l’anglais traduit bien “God” et non “Goddess” [Déesse] ), pour ainsi dire, de ce monde, Gloire des cieux, acceptez ceux qui vous aiment.

Ô souveraine Princesse. Tournez, Ô Marie, vos yeux pleins d’amour sur moi. Regardez-moi et et attirez-moi à vous.

Marie, Vierge Bénie, Reine Immaculée, je consacre pour toujours ma famille à votre service. Je vous établis dirigeante de toute ma maison. Bénissez-nous, défendez-nous, pourvoyez pour nous, conseillez-nous, réconfortez-nous, assistez-nous dans nos infirmités, en particulier dans les douleurs de la mort. Faites que nous allions au ciel.

Aidez-moi, pour l’amour de Jésus Christ. Étendez votre main vers une misérable créature qui est tombée et se recommande à vous. Je sais que votre plaisir est d’aider les pécheurs de tout votre possible. Aidez-moi, donc, puisque vous en êtes capables. Par mes péchés, j’ai perdu la grâce de Dieu et avec elle j’ai perdu mon âme. Je me place maintenant dans vos mains. Dites-moi ce que je dois faire pour retrouver la faveur de mon Seigneur et je le ferai immédiatement. Il m’a envoyé vers vous, afin que vous puissiez m’aider et il veut que j’aie recours à votre grâce, afin que non seulement les mérites de votre fils, mais aussi votre intercession puisse m’aider à sauver mon âme. C’est à vous, donc, que j’ai recours. Vous qui priez pour tellement d’autres, priez aussi Jésus pour moi. Demandez-lui de me pardonner et il me pardonnera. Dites-lui que vous désirez mon salut et il me sauvera. Manifestez comment vous pouvez enrichir ceux qui croient en vous. Amen. C’est ce que j’attends avec espérance.

Ma Dame Bien-Aimée, je vous rends grâce de m’avoir délivré de l’enfer aussi souvent que je l’ai mérité par mes péchés. Misérable créature que j’étais, j’étais condamné à cette prison et peut-être déjà après mon premier péché, la sentence aurait été exécutée si vous, dans votre compassion, ne m’aviez pas aidé. Vous-même, avant que je l’aie demandé, et par pure bonté, vous avez retenu la justice divine. Et, ayant vaincu mon obstination, vous m’avez poussé à me confier en vous. O, dans combien de péchés serais-je tombé, au milieu de tous les dangers que j’ai connu, si vous, ma Mère toute aimante, ne m’aviez préservé par les grâces que vous avez obtenues pour moi. Ah, ma Reine, continuez à me garder de l’enfer, car à quoi me serviront votre grâce et vos faveurs si je suis perdu ? Je vous aime en tout temps et, après Dieu du moins, plus que toute autre chose. Ne me laissez jamais me détourner de vous et de Dieu qui, par votre moyen, m’a accordé tant de grâces. Ma Mère, très aimable Dame, ne permettez jamais que j’aie la malchance de vous haïr et de vous maudire pour l’éternité en enfer.

Pourriez-vous supporter qu’un de vos serviteurs qui vous aime se perde ? Ô Marie, que dites-vous ? Je serai perdu si je vous abandonne. Mais comment mon coeur pourrait-il vous délaisser ? Comment pourrais-je oublier l’amour que vous me portez ? Ma Dame, puisque vous avez déjà tant fait pour me sauver, poursuivez l’oeuvre, continuez cette aide. M’aiderez-vous ? Mais que dirais-je si lorsque je vivais en vous oubliant vous m’avez fait tant de grâce. Combien plus pourrais-je espérer maintenant que je vous aime et me recommande à vous ? Non, il ne sera jamais perdu celui qui se confie en vous (Note : Cf. Psaume 25:3 !). Mais il sera perdu celui qui n’a pas recours à vous. Ah, ma Mère, ne me laissez pas dans mes propres mains sinon je serai perdu. Faites que j’aie toujours recours à vous. Sauvez-moi, mon Espérance. Sauvez-moi de l’enfer, mais avant tout sauvez-moi du péché qui seul peut me condamner.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

5 Commentaires

  1. Fils de Marie

    Vive Marie, maintenant et à jamais. Puissions nous la chérir et l’aimer toujours plus, elle qui concoit et enfante le salut. Amen.

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    • Maxime Georgel

      Si par concevoir et enfanter le salut, vous voulez dire qu’elle a conçu et enfanté Jésus, ça me va ;-).

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    • Steven

      Oui Marie est Dieu par grâce et nous aussi, c’est une dévotion extrême ou hyperdulie.
      Dans mes prières je l’appelle Sainte Mère Divine,
      “Santa Maria Madre di Dio, prega per noi peccatori”
      Nous prions avec Elle, nuance donc.
      Je le fait en Italien, ma langue de dévotion, sinon c’est juste une récitation sans le cœur qui va avec.

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      • Maxime N. Georgel

        Que Marie soit glorifiée dans la vision béatifique, on en conviendra. Mais je ne vois pas en quoi cela permet de lui adresser nos prières comme celles ci-dessus.

        Réponse
  2. Steven

    Parce que nous sommes une famille.
    Et Marie est la Reine-Mère notre Mère.
    “Honore ton Père et ta Mère”.

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