Les pères de l'Église et la papauté (8) : Chrysostome
21 décembre 2017

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Cet article est adapté de ceux de William Webster à ce sujet et est le huitième de la série.


Jean Chrysostome est un père d’Orient qui vivait durant la deuxième moitié du IVème siècle. Il fut prêtre à Antioche, évêque de Constantinople et contemporain de plusieurs pères majeurs comme Ambroise, Augustin et Jérôme. Il fut l’écrivain le plus prolifique parmi les pères d’Orient et est considéré par beaucoup comme le plus grand prédicateur, commentateur et théologien de l’Église d’Orient. Il était connu comme le prédicateur à la bouche d’or pour son éloquence. Il est mort en exil en 407.

Quelle était donc la vue de Chrysostome sur Pierre et son interprétation de Matthieu 16 ? Elle était très similaire à celle d’Augustin. Lui aussi, il avait une opinion élevée de Pierre et le tenait comme le prince des apôtres. Mais il n’en fait celui qui a la juridiction universelle sur l’Église. Ni ses successeurs.

Toutefois, si nous nous arrêtons à l’expression « prince des apôtres » nous constatons que Chrysostome l’applique aussi à Jean et Jacques. Il est notable en effet que, dans les Évangiles, Jésus s’adresse à Pierre, Jacques et Jean de façon toute particulière. Ainsi dans ses homélies sur l’Évangile de Matthieu, Chrysostome dira que Jésus a pris sur la montagne de la Transfiguration les « princes des apôtres » (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume X, Saint Chrysostom, Homilies on the Gospel of Saint Matthew, Homily 56.2; p. 345). Il dira aussi que Paul est le prince des apôtres en tant que vase d’election. (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XI, Saint Chrysostom, Homilies on the Acts of the Apostles, Homily XXVI, p. 169). Il appelle Jean le bien-aimé de Christ, le pilier des églises dans le monde, celui qui tient les clés des cieux, celui qui boit la coupe du Christ, celui qui est baptisé de son baptême, qui repose sur son sein, etc. (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XIV, Saint Chrysostom, Homilies on the Gospel of John, Homily 1.1, p. 1). Il dit que Pierre et Jean ont reçu la charge du monde entier (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XIV, Saint Chrysostom, Homilies on the Gospel of John, Homily 88.1-2, pp. 331-332). Il fait de Paul l’égal de Pierre (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XI, Saint Chrysostom, Homilies on the Epistle to the Romans, Homily 32, Ver. 24, pp. 561-562.). Et il mentionne Jacques comme celui qui a dirigé le Concile de Jérusalem et non Pierre (Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume XI, Saint Chrysostom, Homilies on the Acts of the Apostles, Homily 33, pp. 205, 207).

Donnons maintenant un exemple de ses commentaires sur Matthieu 16.18 pour que chacun puisse constater comment son opinion est similaire à celle d’Augustin :

Et sur cette pierre je bâtirai mon Église; c’est-à-dire, sur la foi de sa confession.
(Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume X, Saint Chrysostom, Homilies on the Gospel of Saint Matthew, Homily 54.2-3; pp. 332-334).

Car il a bâti son Église sur la confession de Pierre, et l’a ainsi fortifié et 10 000 dangers et morts ne prévaudront pas contre elle.
(Philip Schaff, Nicene and Post-Nicene Fathers (Grand Rapids: Eerdmans, 1956), Volume X, Chrysostom, On Matthew, Homily 82.3, p. 494).

Même le catholique Dom Chapman reconnait :

La pierre sur laquelle l’Eglise est bâtie est souvent prise par Saint Chrysostome comme étant la confession de Pierre ou la foi qui a inspiré cette confession.
(Dom John Chapman, Studies on the Early Papacy (London: Sheed & Ward, 1928), p. 77).

Beaucoup d’autres textes sont encore cités par William Webster, ceux que nous avons donné suffisent à voir le point de vue de Chrysostome sur la question.

 
 

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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