Qu'est-ce que la Scolastique Protestante ? (Mark Jones) – Partie 1
14 septembre 2018

Cet article est traduit dans le cadre de notre partenariat avec The Calvinist International. Ce n’est que la partie 1, d’autres articles sont donc à suivre !


Un gros mot théologique

Peu de mots dans les milieux chrétiens évoquent autant de malentendus que celui de « scolastique ». Le « philosopherisme » aristotélicien rigide et rationaliste, aussi connu sous le nom de « scolastique », serait entré dans l’Église à divers moments de l’histoire de l’Église (c’est-à-dire au Moyen Âge et après la Réforme), et la pure clarté biblique des Pères de l’Église et des Réformateurs aurait été éclipsée. Si Calvin, dit-on, a aidé à libérer l’église des chaînes de la scolastique médiévale – celle de Lombard, de Thomas D’Aquin, de Scot, etc. – De Bèze et d’autres après Calvin n’ont fait que défaire tout le bon travail accompli par Calvin et les réformateurs précédents. Voici un résumé grossier, quoiqu’un peu exact, de la façon dont on nous présente souvent les choses. C’est cette conception de l’histoire qui est à l’origine de la vieille historiographie « Calvin contre les calvinistes« , aujourd’hui définitivement réduite au silence par les chercheurs depuis une trentaine d’années.

Des recherches récentes suggèrent cependant que la « scolastique », lorsqu’elle est bien définie, avec toutes ses nuances historiques et contextuelles, faisait partie intégrante des époques de la Réforme et de l’après-Réforme jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, où elle a commencé à perdre sa place en théologie – même en théologie réformée. Son influence et sa place dans la Réforme et ses suites ne peuvent pas être petites si l’on considère les sources de connaissance dont disposaient les Réformateurs et leurs héritiers.

Bref, la théologie réformée n’est pas seulement la théologie catholique réformée ou la théologie confessionnelle réformée, mais elle est aussi la théologie scolastique réformée. Même ceux qui, dans la tradition réformée d’aujourd’hui, souhaitent éviter l’étiquette « scolastique » ne savent probablement pas à quel point ils sont redevables à la scolastique et aussi à quel point (peut-être involontairement) leur théologie reste scolastique.

Téléchargez gratuitement notre ebook sur la scolastique protestante en cliquant ICI

Image Scolastique

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

sur le même sujet

Des attributs de Dieu — Turretin (3.5)

Des attributs de Dieu — Turretin (3.5)

Les attributs ne peuvent pas être une chose différente de l’être de Dieu parce que Dieu est parfait et simple. En langage plus ordinaire, cela veut dire que nous n’avons pas un objet divin d’un côté, et les attributs divins « stockés dans un serveur platonique » à côté. Dieu n’est pas un être qui se trouve avoir de la toute-puissance, il est la définition même de la Puissance. Il n’est pas un être qui a de la justice: il est la Justice grand J, sa définition même.

0 commentaires

Trackbacks/Pingbacks

  1. Qu’est-ce que la Scolastique Protestante ? – Sommaire – PAR LA FOI - […] Un gros mot théologique ? […]

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.