En explorant la thรฉologie fรฉministe, jโai dรฉcouvert lโรฉtrange dรฉbat suivant : doit-on attribuer ร Dieu un genre ou pas ? Lโidรฉe de base est rรฉsumรฉe ainsi par Mary Dalyย : ยซย Si Dieu est un mรขle, alors le mรขle est Dieuย ยป (ce qui est vrai, si lโon ignore la loi naturelle). En consรฉquence, beaucoup dโauteurs fรฉministes ont niรฉ le fait que lโon doive appeler Dieu ยซย Pรจreย ยป. Aujourdโhui, ce nโest plus simplement une idรฉe de thรฉologiennes, mais quelque chose de rรฉellement appliquรฉ dans les รglises libรฉrales, comme en tรฉmoignent les pratiques de l’Evangelical Lutheran Church in America (ELCA, รglise libรฉrale dโorigine luthรฉrienne).
Pour un traitement en franรงais de cette question, je signale aussi Alexis Masson dans sa vidรฉo ยซ Dieu est-il un homme ou une femme ? ยป
Ce qui est en jeu dans cette question en apparence superficielle, cโest lโautoritรฉ que nous avons dans la dรฉfinition de ce qui est masculin ou fรฉminin. Du cรดtรฉ du fรฉminisme extrรฉmiste, nous avons une totale libertรฉ pour appeler Dieu par des noms masculins ou fรฉminins, car les rรฉalitรฉs sur lesquelles ils sโappuient ne sont pas rรฉelles, mais uniquement construites, et prรฉsentes ร รฉgalitรฉ en Dieu. ร lโinverse, lโorthodoxie enseigne que nous nโavons pas la libertรฉ dโappeler Dieu autre chose que ยซย notre Pรจreย ยป, parce que sa nature est mieux exprimรฉe par des termes masculins, compris comme des rรฉalitรฉs fixes. Les รฉgalitariens, ou fรฉministes รฉvangรฉliques, tiennent un รฉquilibre entre les deux, reconnaissant que ยซย Notre Pรจreย ยป est ร privilรฉgier, mais qu’en rรฉalitรฉ Dieu est agenre, et que la dรฉfinition de masculinitรฉ n’a pas d’importance. Mais nous allons exposer cela avec soin.
La Bible en effet โ et c’est lร toute la difficultรฉ โ utilise parfois des termes et des images fรฉminines pour parler de Dieu : Osรฉe 11:1-4; รsaรฏe 1:2 ; 42:14 ; 46:14-15; 66:11, 13; Psaumes 91:4 ; 131:12 ; la parabole de la femme qui cherche sa drachme (Lc 15:8-10). On ne peut donc pas se prรฉcipiter sur les conclusions.
Nous allons dโabord exposer :
- La position รฉgalitarienne intermรฉdiaire de Valรฉrie Pujol-Duval, dans la Revue rรฉformรฉe.
- La position รฉgalitarienne radicale de R.K McGregor Wright, dans son chapitre de Discovering Biblical Equality.
- La position orthodoxe de Paul Wells, telle quโil lโexprime dans le mรชme numรฉro de la Revue Rรฉformรฉe.
Puis jโexposerai mon approche personnelle de la question : Dieu nโa pas de sexe, mais il est masculin.
Trois approches
Valรฉrie Duval-Pujol : position intermรฉdiaire
La thรฉologienne baptiste Valรฉrie Duval-Poujol (Poujol-Duval ร l’รฉpoque de parution de son article) dรฉfend que le terme de Pรจre est ร privilรฉgier, mais aussi qu’il est important de comprendre cette paternitรฉ ยซ ร part ยป de toute notion de virilitรฉ, car la masculinitรฉ est purement ร attribuer ร la crรฉature. Cette paternitรฉ stricte et pure se dรฉfinit ainsi :
La pensรฉe trinitaire permet de dรฉpasser le patriarcalisme thรฉologique pour une autre raison : le Pรจre de Jรฉsus est le Pรจre maternel. En effet, le Fils vient du Pรจre, cโest-ร -dire que le Pรจre, ร la fois, engendre un fils et le met au monde : il nโest donc pas quโun pรจre masculin, il est plutรดt un pรจre maternel. Ainsi le synode de Tolรจde de 675 a dรฉclarรฉ: โNous devons croire que le Fils est nรฉ des entrailles du Pรจre et quโil a รฉtรฉ engendrรฉ de lโรชtre propre du Pรจre.โ
Pour dรฉcrire la paternitรฉ de Dieu, le recours au modรจle maternel est sans doute le plus รฉclairant. Comme le dit Karl Rahner, en disant โPรจreโ au sujet de Dieu, nous ne disons pas nรฉcessairement quelque chose dโautre que โmรจreโ. Le concept de Pรจre implique dโรชtre le principe premier dโune vie nouvelle et de protรฉger cette vie nouvelle. Le concept de paternitรฉ รฉquivaut ici au concept de โgรฉnitoritรฉโ, de parentalitรฉ qui inclut Pรจre et Mรจre. Jean-Paul II va dans le mรชme sens lorsquโil dรฉclare en 1978 : โDieu est pรจre, plus encore il est mรจre.โ
Ajoutons que le verbe aimer (avec ses entrailles) a souvent Dieu YHWH pour sujet. Mรชme si le terme โentraillesโ nโest jamais au singulier quand il concerne Dieu โ ce qui signifierait utรฉrus โ, il nโempรชche que ce terme colore de tendresse maternelle la misรฉricorde de Dieu.
Quant aux catรฉchismes, ils prรฉsentent un Pรจre fort รฉloignรฉ du patriarche :
Catรฉchisme de Genรจve : โNous appelons Dieu Pรจre car cโest le nom le plus doux, pour que nous bannissions la crainte.โ
Catรฉchisme de Heidelberg : โDieu le Pรจre : il me donne tout ce qui est nรฉcessaire ร mon corps et ร mon รขme.โ
Pujol-Duval, Valรฉrie, ยซ Faut-il continuer dโappeler Dieu : Pรจre ? ยป, La Revue rรฉformรฉe, no 217, 2002, consultable en ligne : https://larevuereformee.net/articlerr/n217/faut-il-continuer-d%e2%80%99appeler-dieu-pere
Jโexpliquerai plus bas pourquoi il faut maintenir une comprรฉhension ยซ masculine ยป de Dieu, comprise de faรงon analogique et non directe.
R.K McGregor Wright : position รฉgalitarienne radicale
Dans le chapitre 17 de Discovering Biblical Equality, R.K McGregor Wright dรฉfend que le genre ne sโapplique pas ร Dieu.
Le but de cet essai est de montrer quโil nโy a pas de bases dans lโรcriture pour lโassomption populaire que Dieu est essentiellement masculin ou mรขle.
McGregor Wright, R.K, ยซ God, metaphor and gender: Is the God of the Bible a Male Deity? ยป, in Discovering Biblical Equality, IVP Academic, 2012, p. 288.
Pour ce faire, il montre dโabord que le sexe est strictement matรฉriel, ainsi que le genre. Les esprits humains nโont pas de genre. En consรฉquence, le sexe est strictement pour les crรฉatures et ne sโapplique pas du tout ร Dieu.
Clairement, la personnalitรฉ est plus basique ร notre nature que notre sexe. Le simple fait quโil y ait maintenant des personnes qui ont expรฉrimentรฉ un ยซ changement de sexe ยป qui vivent parmi nous sans quโon sโen rende compte, montrent que le sexe est bien plus une catรฉgorie superficielle que la personnalitรฉ. Il faut aussi faire remarquer que les รชtres humains partagent la sexualitรฉ avec les chevaux et les papillons, et avec beaucoup de plantes, bien quโils ne partagent pas lโimage de Dieu avec aucun dโentre eux. Les preuves crรฉationnelles pointent vers une sexualitรฉ basรฉe sur la biologie plutรดt que la spiritualitรฉ.
Ibid., p.287
Le problรจme, cโest quโil y a bien des diffรฉrences gรฉnรฉrales entre lโesprit des hommes et celui des femmes. Et mรชme au niveau de lโapproche des religions ! Certes, la sexualitรฉ est basรฉe sur la biologie. Mais lโerreur de McGregor Wright est la mรชme que Descartes : sรฉparer hermรฉtiquement le corps et lโรขme. Il nโa jamais que 400 ans de retardโฆ
Il aborde ensuite plusieurs arguments en faveur de la masculinitรฉ de Dieu, que je nโai jamais entendus par ailleurs. Les รฉpouvantails sont toujours plus faciles ร rรฉfuter.
Vient ensuite le problรจme plus rรฉel du langage genrรฉ que la Bible utilise pour parler de Dieu. Il dรฉfend alors que toutes les images genrรฉes sont ร prendre au sens mรฉtaphorique, et non rรฉel. Contre cela, je vous renvoie ร Paul Wells plus bas, qui montre que,malgrรฉ ce point, il y a tout de mรชme des attributs de Dieu qui sont rรฉels et non seulement mรฉtaphoriques.
Pour ce qui concerne le fait que Jรฉsus enseigne ร prier ยซ Notre Pรจre ยป, il adopte la mรชme position que Valรฉrie Duval-Poujol : ce nโest quโune paternitรฉ sans masculinitรฉ. Attribuer une masculinitรฉ ร Dieu parce quโil se fait appeler Pรจre, ce serait comme dire quโun homme est forgeron parce quโil sโappelle Lefรจvre.
La masculinitรฉ de Dieu aurait besoin dโรชtre รฉtablie sur des fondations plus solides que le simple nom personnel de Pรจre. Il semblerait que lโargument souffre du fait que la conclusion ne suit pas nรฉcessairement des prรฉmisses. Les termes Pรจre et Fils ne nous disent rien quant ร la masculinitรฉ de Dieu. ร la place ils nous racontent comment la deuxiรจme personne de la Trinitรฉ a รฉtรฉ envoyรฉe du Ciel pour racheter les humains dรฉchus, et les actions paternalisantes de la premiรจre personne de la Trinitรฉ ร lโรฉgard ร la fois du Fils Incarnรฉ et ceux quโil a rachetรฉ pour devenir ses enfants.
Ibid., p 295.
Enfin โet cโest le sommet du chapitre- il nie tout simplement que ยซ masculinitรฉ ยป et ยซ fรฉminitรฉ ยป soient des objets rรฉels. Ce ne sont que des pures constructions sociales.
Quand Piper nous dit que les rรดles diffรฉrents de l’homme et de la femme ยซย ne sont jamais reliรฉs ร la chute dans le pรฉchรฉย ยป, il a sans doute raison, vu que l’idรฉe de ยซย rรดlesย ยป est une notion sociologique moderne et que la Bible ne les mentionne jamais. Un but souvent revendiquรฉ par les traditionnalistes รฉvangรฉliques est une virilitรฉ et une fรฉminitรฉ รฉpanouies. Pourtant la Bible ne dit rien ร ce sujet non plus, mais exhorte plutรดt tous les croyants sans distinction ร รชtre remplis de l’Esprit Saint et conformes ร l’image de Christ. Vu que la masculinitรฉ et la fรฉminitรฉ sont des concepts qui ne sont nulle part expliquรฉs dans les Ecritures, c’est sans suprise que les ยซย dรฉfinitionsย ยป que Piper donne sont en fait des rรฉsumรฉs de ses propres conclusions au sujet de ces deux rรฉifications plutรดt mystiques.
Ibid., p. 299.
La thรฉorie queer est biblique. Cโest du moins ce quโenseigne ce contributeur ร Discovering Biblical Equality, le pendant รฉgalitarien ร Recovering Biblical Manhood et Womanhood de Piper et Grudem.
Paul Wells : orthodoxie classique
Dans son article, il dรฉfend qu’il ne faut l’appeler que Pรจre et n’utiliser qu’un langage masculin parce que :
- C’est un langage trinitaire ;
- C’est le genre qui convient ร la crรฉation et la rรฉdemption.
Il dit que le langage fรฉminin est purement mรฉtaphorique (Dieu est comme une mรจre, comme un berger etc.) mais quand on parle du Pรจre รงa n’est pas totalement mรฉtaphorique : il y a quelque chose de rรฉel derriรจre.
Dieu est le Pรจre dans le sens : (1) oรน il est sans commencement, (2) qu’il engendre Jรฉsus-Christ de toute รฉternitรฉ, (3) qu’il nous adopte (gรฉnรฉration active).
Jรฉsus (dans le Prologue de Jean) est (1) le Fils incarnรฉ, (2) le Fils Sauveur et (3) le Fils Seigneur. Trois termes masculins.
Le Saint-Esprit n’est pas au fรฉminin dans la Bible, mais au genre masculin (alors que ฯฮฝฮตแฟฆฮผฮฑ pneuma est neutre).
La masculinitรฉ de Dieu n’est donc pas un sexe (comme s’il engendrait des bรฉbรฉs par des relations avec les femmes) mais le signe du fait qu’il est une personne qui est active dans la gรฉnรฉration, je reviendrai plus tard sur ce point. L’enjeu n’est donc pas directement thรฉologique (la doctrine de Dieu en lui-mรชme) mais sotรฉriologique (les ลuvres salutaires de Dieu : il sauve et adopte activement).
Il est important d’affirmer que Dieu est pรจre parce que sa relation avec la crรฉation est celle d’un pรจre ยซย extรฉrieurย ยป et non d’une mรจre ยซย nourriciรจreย ยป. Il y a une distance qui correspond ร la paternitรฉ plus que la maternitรฉ. De mรชme dans le salut, ร moins qu’on ne veuille exprimer l’idรฉe d’une coopรฉration entre le croyant et Dieu, affirmer que le salut est monergique nous force ร dire que c’est Dieu seul qui engendre activement, ce qui est la dรฉfinition de la paternitรฉ.
La masculinitรฉ de Dieu
Je souhaite maintenant apporter ma propre contribution โ certes rapide โ ร ce dรฉbat.
- Avec McGregor Wright, je suis dโaccord que la masculinitรฉ est essentiellement matรฉrielle et du cรดtรฉ des crรฉatures.
- Cependant, elle est analogue ร quelque chose de rรฉel en Dieu qui nโest pas prรฉsent dans la fรฉminitรฉ.
- En consรฉquence, Dieu est analogiquement masculin, plutรดt que fรฉminin.
Je refuse donc la distinction de Duval-Poujol : Dieu est Pรจre, et il a aussi quelque chose dโanalogue ร la masculinitรฉ.
Je prends la dรฉfinition de la masculinitรฉ dโIsolde Cambournac : la masculinitรฉ est un accident propre ร lโespรจce humaine, qui consiste en la puissance active dโengendrement. Le sujet de la masculinitรฉ sont les organes sexuels mรขles. Dรฉballons un peu cette dรฉfinition :
- Accident propre : ยซ Homme ยป et ยซ femme ยป ne sont pas deux espรจces diffรฉrentes, comme chien et cheval. Sinon ils nโauraient pas dโenfants ensemble. La masculinitรฉ et la fรฉminitรฉ ne se trouvent pas non plus dans les individus, sinon on aurait un sexe par personne (contre la thรฉorie queer). Puisque la masculinitรฉ nโest pas dans lโessence humaine, cโest quโelle est un accident. Puisquโelle nโest pas dans les individus, cโest quโelle est un accident propre ร lโespรจce humaine. Cela revient ร dire que la masculinitรฉ est un ยซ mode ยป dโรชtre humain.
- Puissance active dโengendrement : Une puissance est une ยซ capacitรฉ ยป de lโhumain. Actif sโoppose ร passif : dans lโengendrement des รชtres humains, il se trouve que cโest le sperme masculin qui actualise la fรฉcondation, tandis que lโovocyte fรฉminin reรงoit (passivement) lโacte du sperme.
- Le sujet sont les organes sexuels mรขles : Oรน siรจge cette puissance ? Dans les organes corporels de la gรฉnรฉration. En un sens trรจs brut, la masculinitรฉ se trouve uniquement dans les testicules. Cependant, elle ยซ remonte ยป jusquโร lโรขme. Dโabord parce que lโรขme est la forme du corps : les testicules ne sont pas un simple tas de viande : elles sont animรฉes [je rappelle quโen latin, รขme se dit anima] par lโรขme. Ensuite parce que les activitรฉs hormonales des organes sexuels marquent notre sensorialitรฉ et les autres organes de notre corps (dโoรน les caractรจres sexuels secondaires). Notre sensorialitรฉ alimente ensuite notre intellect, dont lโessence est dโabstraire les formes prรฉsentes dans les signaux sensoriels matรฉriels et concrets. Cโest ainsi que lโon peut observer des diffรฉrences gรฉnรฉrales entre lโesprit des hommes et lโesprit des femmes, sans pour autant dire que les esprits soient sexuรฉs au sens strict.
Pour plus de dรฉtails, je vous renvoie vers lโexcellente thรจse dโIsolde Cambournac, Fรฉminin et masculin chez Thomas dโAquin quโelle a soutenue ร lโuniversitรฉ de Fribourg en 2018. Bref, McGregor Wright nโa pas totalement tort de dire que la sexualitรฉ est uniquement corporelle et matรฉrielle. En revanche il se trompe lourdement en disant que la sexualitรฉ reste limitรฉe au corps.
Venons-en ร ce que cela signifie une fois appliquรฉ ร Dieu. Si l’on regarde trop rapidement, on pourrait tenir le raisonnement suivant : La masculinitรฉ est avant tout corporelle ; or Dieu nโa pas de corps ; donc Dieu ne peut avoir aucune sorte de masculinitรฉ. Mais comme lโa fait remarquer Paul Wells, Dieu engendre rรฉellement. Cโest dโailleurs parce que Dieu engendre que Jรฉsus nous enseigne ร prier ยซ Notre Pรจre ยป. Question : Dieu engendre-t-il de faรงon active, ou passive ?
Dans le christianisme dรฉiste ou pรฉlagien (ou fรฉministe), Dieu nโengendre pas activement, il reรงoit passivement les croyants, mais nโactualise ni leur crรฉation, ni leur salut. Mais dans le christianisme orthodoxe, Dieu est ร lโorigine et de la crรฉation et du salut. Il nous engendre donc de faรงon doublement active, parce quโil est lโorigine de notre crรฉation et de notre adoption.
- La paternitรฉ de Dieu est la doctrine selon laquelle il engendre activement le Fils, ou ses enfants.
- Or, la paternitรฉ consiste en la capacitรฉ dโengendrement actif, ร lโopposรฉ de la fรฉminitรฉ.
- Cโest ainsi que lโon peut dire que homme et femme sont ร รฉgalitรฉ ร lโimage de Dieu, mais que lโhomme est une image plus conforme que la femme. Saint Augustin lโexprimait ainsi :
La femme avec son mari est ร lโimage de Dieu en ce sens que la substance humaine tout entiรจre nโest quโune seule image de Dieu, mais lorsque la femme est considรฉrรฉe seulement en tant quโaide โ qualification qui nโappartient quโร elle โ elle cesse dโรชtre image de Dieu ; tandis que le mari, mรชme pris isolรฉment, est lโimage de Dieu, aussi pleine, aussi entiรจre, que quand la femme ne fait quโun avec lui
De la Trinitรฉ, livre 12, chapitre 7, ยง10.
Bref. Dieu nโa pas de sexe, mais il est quand mรชme masculin, de faรงon analogique.
Bibliographie
CAMBOURNAC, Isolde, La masculinitรฉ et la fรฉminitรฉ ร la lumiรจre de lโanthropologie de Thomas dโAquin, Fribourg, 2018, 424 p.
MASSON, Alexis, Dieu est-il un homme ou une femmeโฏ? (4’20ย ยป), https://www.youtube.com/watch?v=xoBdmR5yQWM.
MCGREGOR WRIGHT, R.K, ยซ God, metaphor and gender: Is the God of the Bible a Male Deity? ยป, in Discovering Biblical Equality, IVP Academic, 2012, p. 287โ300.
PUJOL-DUVAL (sic), Valรฉrie, ยซย Faut-il continuer dโappeler Dieu : Pรจre? ยป, La Revue rรฉformรฉe, noย 217, 2002, https://larevuereformee.net/articlerr/n217/faut-il-continuer-d%e2%80%99appeler-dieu-pere. WELLS, Paul, ยซย Dieu:masculin et/ou fรฉminin?ย ยป, La Revue Rรฉformรฉe, noย 217, 2002, https://larevuereformee.net/articlerr/n217/dieu-masculin-etou-feminin.
Illustration : Raphaรซl, La vision d’Ezรฉchiel, huile sur toile, 1518.





Bravo pour cet article trรจs fourni et trรจs clair, qui m’a fait dรฉcouvrir ce blog par la mรชme occasion. Il y a trop peu de mรฉdias de ce type, qui osent explorer les choses en profondeur avec rรฉflexion. Merci !
Merci ร toi^^ Ca fait plaisir
Les dรฉcouvertes de la biologie attestent que contrairement aux idรฉes encore repandues. l’ovocyte n’est pas passif mais actif et que sans son activitรฉ la fรฉcondation n’est pas possible. Non,le spermatozoรฏde ne fรฉconde pas un ovulรฉ passif.. spermatozoรฏde et ovulรฉ interagissent mutuellement.. et ce sont les molรฉcules actives ZP3 prรฉsentes seulement ร la surface de l’ovocyte qui vont s’emboรฎter avec les protรฉines presentes sur le spermatozoรฏde et permettre ainsi aux gamรจtes mรขles et femelles de se coupler.. Rien ร voir avec la petite graine qui pรฉnรฉtre et fรฉconde un ovulรฉ passif, en attente..
Travaux de E.MARTIN. 1994 anthropologue.
J’utilise ici les termes ยซย actifs/passifsย ยป au sens mรฉtaphysique: je n’ignore pas qu’il y a aussi des mouvements chez l’ovule, mais ces mouvements sont initiรฉs par la prรฉsence du spermatozoรฏde. Ainsi l’acte du spermatozoรฏde active le potentiel de l’ovule, ce qui est traduit par les termes actifs et passifs.
Il n’est pas dรฉmontre que ce soit lร prรฉsence du spermatozoรฏde qui initiรฉ l’action de l’ovule. Par contre il est dรฉmontrรฉ que les spermatozoรฏdes sont trรจs peu mobiles, leur poussรฉe vers l’avant extrรชmement faible, et ont tendance ร tourner sur eux mรชmes ou ร faire des allers/retours.. La propension la plus forte ,par un facteur de 10, des spermatozoรฏdes est de s’รฉchapper en tentant de s’extraire de l’ovule, d’ou le role de la paroi de l’ovule (proteines ZP3) conรงu pour capter les spermatozoรฏdes et prรฉvenir leur fuite. Ce serait plutรดt le non-acte du spermatozoรฏde qui provoquerait l’activitรฉ de l’ovule. Il y a une extraordinaire complรฉtude active rรฉciproque dans le processus.
J’entends bien et je suis content d’apprendre ces รฉlรฉments. Mais le raisonnement est mรฉtaphysique ici, et non biologique (mรชme s’il fait rรฉfรฉrence ร la biologie). Le principe de fรฉcondation actif demeure dans le spermatozoรฏde, ainsi qu’on le voit dans le fait que la diffรฉrence entre fille ou garรงon est apportรฉe par la seule contribution du spermatozoรฏde.
Les donnรฉes biologiques sont assez claires, si l’on รดte quelques caricatures communes : il est indรฉniable que c’est le spermatozoรฏde qui sort du corps de l’homme et va dans celui de la femme et non l’inverse. Il est indรฉniable aussi qu’une fois dans le corps de la femme, c’est le spermatozoรฏde qui va ร la rencontre de l’ovule (d’oรน l’importance de la vitalitรฉ des spermatozoรฏdes pour la fรฉconditรฉ d’un couple). Enfin, c’est encore le spermatozoide qui se lie aux glycoprotรฉines qui protรจgent l’ovocyte (la zone pรฉllucide).
La citation donnรฉe plus haut tient plus de la vulgarisation de journaux grands publics que d’un manuel de science.
Je suis interne en mรฉdecine gรฉnรฉrale, et les enseignements biologiques actuels continuent de manifester que le spermatozoรฏde, s’il n’a pas une part plus grande dans la composition du gรฉnome, est bien celui qui quitte un corps pour aller ร la rencontre du gamรจte opposรฉ dans l’autre corps. Et pour connaรฎtre ce fait, il n’est nul besoin d’ouvrir un manuel. C’est une donnรฉe accessible mรชme aux cultures primitives que l’homme est celui qui รฉmet une semence qui rend la femme enceinte et non l’inverse. La femme ne peut pas รฉmettre quoi que ce soit qui rendrait l’homme enceint…