Dieu n'a pas prédestiné sur la base de la foi – Pierre Lombard
7 juin 2018

Ainsi donc a-t-il élu ceux qu’il voulait d’une miséricorde gratuite, non pas parce qu’ils étaient de futurs croyants, mais afin qu’ils soient croyants ; et il leur a donné la grâce, non pas parce qu’ils étaient croyants, mais afin qu’ils le deviennent. – Augustin dans le livre Les Révisions : « L’Apôtre affirme en effet : j’ai obtenu miséricorde, afin d’être fidèle ; il ne dit pas : parce que j’étais fidèle. Elle est donnée certes à un fidèle, mais elle a aussi d’abord été donnée pour qu’il soit fidèle. » Ainsi encore a-t-il réprouvé ceux qu’il voulait, et ce n’est pas à cause de mérites futurs qu’il prévoyait, vérité éloignée de nos pensées et pourtant la plus juste.

Mais on demande si, de même qu’on a dit qu’il en a élu certains pour qu’ils deviennent bons et croyants, on doit de même aussi admettre qu’il en a réprouvé certains pour qu’ils soient mauvais et incroyants, et qu’il les a endurcit pour qu’il pèchent ? Il ne faut en aucune façon admettre cela : la réprobation, en effet, n’est pas la cause du mal, comme la prédestination est la cause du bien ; et l’endurcissement ne rend pas l’homme mauvais comme la miséricorde le rend bon.

Lombard, Sentences, Livre I, Distinction XLI, Chapitre II.
>>Lisez : Dieu a-t-il prédestiné sur la base de ce qu’il a vu d’avance ?

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

2 Commentaires

  1. David

    « et l’endurcissement ne rend pas l’homme mauvais comme la miséricorde le rend bon. » Certainement, d’ailleurs certains non-croyants sont parfois tellement bons, que nous avons à apprendre d’eux. Restons humbles devant cette grâce commune de notre Seigneur.

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    • Maxime Georgel

      Yep. Il faut reconnaître cette bonté, tout en maintenant fermement qu’elle ne peut rien pour leur justification.

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