La catholicité des vaudois
31 août 2018

En consultant la confession de foi des vaudois, leur catholicité saute aux yeux : ceux-ci commencent par confesser le Credo, ils citent saint Jérôme et se réclament de l’Eglise antique. Les citations des pères ne sont pas rares non plus dans leurs autres écrits. Mais il faut examiner avec des critères plus précis leur catholicité, il ne suffit pas de citer le Credo et les pères pour être catholique.

Nous proposons trois critères de catholicité :

  1. La catholicité de doctrine, qui est première et source des autres et qui consiste en la possession de l’Evangile tel qu’il est résumé dans la proclamation qu’en ont faite les apôtres et dans le Credo.
  2. La catholicité dans l’espace, c’est-à-dire l’universalité.
  3. La catholicité dans le temps, c’est-à-dire l’antiquité.

Pour ce qui est de la catholicité de leur doctrine, ils confessaient comme je l’ai dit le Credo. Pour ce qui est de l’antiquité, j’ai déjà donné ici 9 arguments en faveur de leur ancienneté (antérieurs à Pierre de Lyon) mais je pourrai ajouter à ces raisons le fait que la langue utilisée dans leurs écrits a été certifiée comme antérieure à Pierre de Lyon (je tiens cela d’une conversation orale avec un membre de l’association d’étude vaudoise, je suis à la recherche des sources et études) ou que tous les auteurs du siècle de Pierre de Lyon parlant des vaudois parlent de leur antiquité. Pour ce qui est de leur universalité, elle est elle aussi attestée, par leurs ennemis même.

Mais laissons ici la parole à l’inquisiteur des vaudois (qu’il appelle léonistes) Rainier Sacco qui, en un paragraphe, nous confesse leur catholicité de doctrine, d’espace et de temps :

De toutes ces sectes qui existent ou qui ont existé, il n’en est point d’aussi pernicieuse à l’Eglise que celle des léonistes, et cela pour trois raisons. La première, parce qu’elle est la plus ancienne, puisque selon quelques-uns elle s’est conservée depuis le temps de Sylvestre, selon d’autres depuis le temps des apôtres. La seconde raison, c’est qu’elle est la plus répandue; en effet, il n’est presque pas de pays où elle ne se trouve. La troisième raison est celle-ci, que, pendant que toutes les autres sectes inspirent l’horreur à ceux qui les entendent, par la grandeur de leurs blasphèmes contre Dieu, celle des léonistes manifeste une grande apparence de piété, en ce que ceux qui en sont membres vivent justement devant les hommes, ont la vraie foi en Dieu, et qu’ils croient tous les articles du symbole. »

(Max. Biblioth., P. P., t. XXV, cap. V et VI, p. 264 et suiv.)

Au témoignage de leur catholicité il ajoute, contrairement à plusieurs inquisiteurs calomniateurs, un bon témoignage quant à leur moralité.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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