La plus grande histoire (DeYoung et Clark) – Recension
7 mars 2020

Dans la catégorie des ressources catéchétiques, j’ai déjà abordé « Tout ce que je devrais savoir sur Dieu » de Kenneth Taylor, spécialement pour les tous-petits. Cette semaine, je vais parler de « La plus grande histoire » de Kevin deYoung (auteur) et Don Clark (Illustrateur), publié chez BLF éditions.

L’intention du livre

Comme je l’ai dit par ailleurs, le plus grand piège de faire son catéchisme en lisant directement la Bible est que l’on va bombarder l’enfant de tas de faits bibliques sans aucunement lui donner l’idée de comment ils s’articulent (raison pour laquelle je conseille d’abord de passer par un catéchisme formel). Pourtant, il est réellement important qu’à un moment où un autre il ait connaissance des faits bibliques, et que l’on puisse lire directement la parole de Dieu, afin que notre enfant apprenne à être au contact de la Bible.

Lui apprendre une théologie systématique de son âge par un catéchisme est une première étape. Mais ce serait tellement bien si on avait l’équivalent en théologie biblique, pour des enfants de 4 ou 6 ans…

Voilà ce qu’est La Plus Grande Histoire : l’essentiel de la théologie biblique adapté pour des enfants, afin qu’ils connaissent eux-mêmes le fil rouge de la Bible et comprennent comment l’ensemble des textes bibliques s’articulent entre eux.

Et c’est une intention très bien réussie, qui a été utile même pour moi !

Le texte

En 10 chapitres, Kevin deYoung balaie les principaux points de l’histoire biblique, avec un remarquable équilibre entre concision et détail. Tous les points importants de la Bible y sont, en seulement une demi-heure de lecture. C’est un bel exploit. Contrairement à la plupart des Bibles pour enfants, il ne s’agit pas d’un recueil de biographies : c’est réellement un seul récit, cohérent, dont le sujet est le message évangélique qui structure la Bible, et qui se dévoile livre après livre, personnage après personnage. Le vocabulaire est adapté à des enfants de 5-6 ans, et la vulgarisation est très bien faite : pas de mots techniques, pourtant les idées sont bien exprimées.  C’est accessible sans être « bébé ». Le plan est clair et facilement suivable. Mon fils a accroché.

Pour ce qui est de l’orthodoxie, c’est Kevin DeYoung. La question se pose-t-elle encore ?

L’illustration

Le texte est déjà une belle réussite, mais ce qui sublime le livre, c’est le travail artistique. Les premières secondes j’étais déboussolé devant l’abondance de détails fins, le choix des couleurs et surtout l’abondance des symboles. Des enfants pouvaient-ils vraiment être attirés par des dessins aussi « matures » ? J’ai été surpris de constater que oui, les dessins de Don Clark ont vraiment retenu l’attention de mes enfants.

Les dessins de Don Clark sont plus qu’illustratifs : ils sont une variante même du récit, tout aussi talentueuses que le texte de DeYoung. Je pouvais raconter à mes enfants une deuxième fois l’histoire, mais cette fois en m’appuyant sur les petits détails du texte. Par exemple, pour illustrer la chute à la page 23, Don Clark met à gauche une moitié de l’image sous forme de jardin, puis au milieu un cercle blanc qui irradie comme une explosion vers la droite de l’image, en direction d’une sorte de vide intersidéral. Je pouvais alors dire à mes fils : « Tu vois parce qu’on a désobéi, Dieu qui est au centre est tellement saint, tellement lumineux qu’on ne pouvait plus rester près de lui. On serait mort. Alors on a été chassé comme par une explosion en dehors du jardin, dans le noir. » Il y a un travail symbolique excellent dans ses dessins qui sont vraiment utiles d’un point de vue pédagogique.

En plus de cela, les couleurs et l’aspect géométrique de son style donnent de quoi plaire à l’œil, et le fond noir apporte une touche de sobriété qui empêche le foisonnement de dégénérer en festival indigeste. Même en tant qu’adulte, on reste plusieurs minutes sur les images, à découvrir et redécouvrir des détails que nous n’avions pas encore vus, et en passant faire et se refaire l’histoire décrite dans notre tête. Pour les enfants, c’est fascinant également. Du bel art.

En défense du « il était une fois »

Dans les commentaires sur le site de BLF, deux personnes ont exprimées de vives critiques autour de l’incipit du livre « Il était une fois », disant en substance que cette formule convient à des contes de fées, et non à une vraie histoire. Je pense bien que cette critique n’est pas largement répandue, mais je souhaite tout de même en parler un peu :

  1. La formule « Il était une fois » n’exclut pas la vérité historique. C’est aux parents/lecteurs de bien préciser que ce que l’on raconte sont des évènements historiques et réels.
  2. La Bible est un mythe, dans le sens où elle n’est pas une « petite histoire » comme une autre, mais le récit narratif fondateur de toute notre identité et notre vision du monde. Encore une fois : un mythe n’est pas un mensonge, ni quelque chose d’a-historique, mais un récit fondateur. Très peu de récits sont tels, et pour de tels récits, qui forment le squelette et le sang de notre vie rationnelle, il convient de dire « Il était une fois ». Cette formule introductive permet ainsi de souligner que Jésus n’appartient pas à la même catégorie que Mickey ou Donald, des histoires que l’on consomme sans rien en tirer, mais qu’il est le personnage fondateur et central de toutes nos vies.

Conclusion

Je suis vraiment très content de ce livre, et c’est réellement un outil que je n’ai pas fini d’utiliser. Kevin DeYoung avait écrit le texte pour les familles de son Église, afin qu’elles préparent l’Avent. Il est évident qu’il est bien adapté pour cette période. Mais en dehors de cela, il est utile pour nos enfants pour leur faire saisir parfaitement quelle est cette « plus grande histoire » qui est notre histoire, l’histoire du Dieu qui est notre Dieu, selon la vision que Dieu a donné.

C’est grâce à celui-ci que je peux maintenant faire rentrer mes enfants dans l’univers biblique en toute sécurité.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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