Prêcher la foi de Chalcédoine
16 août 2022

Dans un commentaire de texte publié précédemment, nous avions présenté la doctrine de l’union hypostatique dans le contexte de son élaboration — la querelle entre Nestorius et Cyrille d’Alexandrie. Nous terminions le commentaire en insistant sur la continuité entre l’Église ancienne et les Églises réformées sur ce point. L’union hypostatique est aussi au cœur de la doctrine de la participation à la nature divine, à propos de laquelle Maxime Georgel partageait quelques réflexions récemment, inspiré notamment par la lecture de Zanchi.

L’objectif du présent article, quant à lui, est d’étudier quel témoignage la prédication réformée donne de cette théologie. Nous nous pencherons en particulier sur trois aspects importants des enseignements du concile de Chalcédoine, qui parachève la christologie catholique des temps œcuméniques :

  • Le caractère véritable de la maternité de la Vierge Marie, « mère de Dieu ». La christologie s’articule ici à la mariologie. C’est de là qu’est partie la controverse qui mena au concile d’Éphèse, au Ve siècle.
  • La question de la « communication des idiomes ». La christologie s’articule ici à la doctrine des attributs de Dieu, et souvent aussi à l’herméneutique. À l’époque de la Réforme protestante, tout un volet de cette discussion concerne la Cène, notamment dans la polémique contre les luthériens ; ce n’est pas ce que nous avons choisi de présenter ici.
  • La mort expiatoire d’une personne divine (et non de sa seule nature humaine) sur la Croix, et le motif du « sang de Dieu ». La christologie s’articule ici à la sotériologie.

Nous sommes donc partis à la recherche de sermons qui présentent et défendent ces enseignements, sans reculer devant les paradoxes apparents que l’on trouvait déjà dans la Lettre IV de Cyrille d’Alexandrie. Pour les limites de cet article, nous n’avons considéré que les prédicateurs français du XVIIe siècle, dont un bon corpus est disponible sur le site Dvarim (et le sera à terme aussi sur Par la foi). Nous vous présentons donc ci-dessous quelques extraits commentés de sermons de sept pasteurs français parmi les plus illustres (dans une langue très légèrement modernisée, comme à l’accoutumée). Les trois aspects identifiés se trouvent tantôt séparément, tantôt ensemble selon le passage scripturaire prêché et la profondeur systématique jusqu’à laquelle le prédicateur a souhaité s’avancer.


1. Jean Daillé : l’honneur fait à la mère de Dieu

Dans son sermon du 8 décembre 1650, le jour de la conception de la sainte Vierge (aujourd’hui fête de l’Immaculée conception) dans le calendrier liturgique romain, Jean Daillé, pasteur à Paris (Charenton) de 1626 à 1670, prêche sur Luc 1,39-45 (la Visitation). Après avoir critiqué l’idée, non encore dogmatisée, de l’Immaculée conception, et rappelé la position de Bernard de Clairvaux à ce sujet, il fait l’éloge de la Vierge Marie, mais aussi de la figure d’Élizabeth, exemple parfait d’une piété mariale sincère, perspicace et sans excès. Tout au long du sermon, Daillé parle de Marie comme de la mère du Seigneur ou la mère du Fils de Dieu. À la fin du sermon, il se fait plus précis encore :

Mais que fit-elle donc [Élizabeth] ? Premièrement elle reconnut et confessa à haute voix qu’elle [Marie] était bénie entre les femmes ; deuxièmement, que Jésus qu’elle portait alors dans son corps, et dont elle accoucha son terme étant venu, était le fruit de son ventre ; en troisième lieu, qu’elle est la mère de notre Seigneur ; et enfin en quatrième et dernier lieu, qu’elle a cru et qu’elle est bienheureuse d’avoir cru les choses qui lui furent dites par le Seigneur. En conscience, n’est-ce pas là le vrai et légitime honneur que nous devons tous à cette sainte et bienheureuse Vierge, d’en avoir ces sentiments, de les confesser et publier à toutes occasions ? S’il y a des gens assez malheureux pour lui dénier et refuser ces éloges qui lui appartiennent, ils sont coupables, je l’avoue, de ne pas lui rendre ce que nous lui devons d’honneur ; comme par exemple quelques anabaptistes, qui tiennent que la chair de Jésus a été formée du ciel, et n’a fait simplement que passer par le corps de la Vierge, contre ce qu’Élizabeth dit expressément : que Jésus est le fruit de son ventre. Comme les nestoriens, qui rompant l’union personnelle des deux natures en Jésus-Christ, ne peuvent vraiment reconnaître pour notre Seigneur celui dont la Vierge est mère ; ni ceux-là non plus, qui ne le tiennent que pour une simple créature ; étant clair qu’Élizabeth ne l’aurait pas appelé son Seigneur s’il n’était vraiment Dieu ; ni la Vierge mère de son Seigneur, si l’enfant de la Vierge et le Fils de Dieu n’étaient une seule et même personne. Par la grâce de Dieu nous sommes très éloignés de tous ces blasphèmes, et nul ne peut nier que nous ne croyons fermement et ne confessions hautement tout ce qu’Élizabeth dit ici et du Fils, et de la Mère.

pp. 31-32 [557-558].

Malgré cette précision sans ambiguïté, peut-être remarquerez-vous que l’expression au cœur de la dispute d’Éphèse, mère de Dieu, n’est pas présente expressis verbis dans ce sermon. Est-ce à dire que Daillé la répudie ? S’en distancerait-il au moins ? Loin de là ! Un an plus tard, saisissant la même occasion que précédemment, voici ce qu’il déclare :

C’est ici où il faut que toutes les femmes, voire toutes les créatures, cèdent à l’honneur de Marie. Car celui qu’elle a éclos du sein de sa féconde virginité, n’est pas simplement un homme, un roi, un prophète, un sacrificateur, un législateur, ou quelque autre personne d’une qualité relevée entre les hommes ; mais c’est le Roi des rois, le Maître souverain des sacrificateurs et des prophètes, le Rédempteur et le Médiateur du genre humain, le Fils éternel de Dieu, le vrai Dieu, Créateur de l’univers, béni aux siècles des siècles. Ainsi le Tout-Puissant n’a pas simplement fait l’honneur à Marie d’être Vierge et mère tout ensemble, ce qui est déjà un grand miracle ; mais (ce qui est infiniment davantage) il a voulu qu’elle fût mère de Dieu ; cet enfant qu’elle a porté, et qu’elle a mis au monde, étant tellement son enfant, qu’il est aussi l’Unique du Père ; c’est-à-dire qu’il est tellement homme qu’il est aussi vrai Dieu tout ensemble en une seule et même personne. Le chaste corps de Marie a été le saint et glorieux tabernacle, où ce grand-chef d’œuvre de la bonté, puissance, et sagesse de Dieu, a été fait et consommé, où la divinité a épousé la nature humaine, où l’éternité s’est alliée avec le temps, et la puissance avec l’infirmité, et la vie avec la mort ; où le ciel a baisé la terre ; où la Parole a été faite chair ; où Dieu s’est uni personnellement avec l’homme. Ô Vierge vraiment heureuse, que le Souverain a choisie pour un si admirable ministère ! où il a posé le pavillon de sa gloire ! et d’où il a fait sortir son grand et unique Soleil de justice ! et où il a déployé toutes les merveilles de sa puissance et de sa sagesse !

pp. 21-22 [580-581].

Jean Daillé prêche aussi sur le catéchisme de Genève, en l’occurrence sur la nécessité de la naissance virginale et de la purification de la Vierge par le Saint-Esprit (le catéchisme lui-même ne s’étendant guère sur ce sujet, cf. qq. 52-53). C’est une bonne occasion de parler de l’union hypostatique : c’est parce que Christ est la Parole éternelle du Père, habitant pour l’éternité notre nature humaine, que celle qui le porte dans sa grossesse doit elle aussi être purifiée par le Saint-Esprit :

Or il fallait nécessairement que la nature humaine du Christ fût pure et nette de tout péché, soit que vous considérez sa personne, soit que vous ayez égard à ses offices ; sa personne : car comment eût pu la Parole éternelle du Père habiter, non pour un temps, mais éternellement en un domicile souillé ? Comment eût pu cette grande et glorieuse Divinité, qui consume l’iniquité comme l’éteule1, non se joindre légèrement, mais s’unir personnellement à une humanité tachée des ordures originelles de notre nature ; cela est tout à fait inimaginable. […] Donc puisque le Christ a dû véritablement être très saint et très pur, et qu’il ne pouvait être tel, s’il eût été conçu à la façon ordinaire des hommes, il a bien fallu, même de nécessité, que toute opération d’homme, source et origine d’impureté, fût bannie bien loin de cette sacrée et immaculée conception, et que le Saint-Esprit y intervenant, purifiât la chair de la Vierge par sa toute-puissante vertu, et de cette substance ainsi nettoyée et sanctifiée, façonnât, d’une étrange et merveilleuse matière l’humaine nature du Seigneur, le Tabernacle éternel du Saint des saints, son Arche où il habite aux siècles des siècles.

pp. 11-12 [267-268].

2. Charles Drelincourt : l’honneur dû à la mère de Dieu

Charles Drelincourt, lui aussi pasteur pendant plusieurs décennies à Charenton, est sans doute le meilleur exemple d’une profonde piété mariale parmi les prédicateurs réformés du temps. Le texte qui nous intéresse au premier chef ici est son traité apologétique De l’honneur qui doit être rendu à la sainte et bienheureuse Vierge Marie (1634), destiné à un public catholique. Le premier chapitre est une véritable confession de foi mariologique. Que Marie soit véritablement la mère du Sauveur est affirmé dès les premières lignes.

Nous croyons que la sainte et bienheureuse Vierge est véritablement mère du Sauveur du monde ; qu’elle l’a conçu en ses entrailles et engendré de sa propre substance. Car nous ne sommes point de l’opinion des fanatiques, qui estiment que la matière dont a été composé le corps de notre Seigneur Jésus-Christ est descendue des cieux, et qu’elle n’a passé par le ventre de la Vierge que comme par un canal. Ce serait renverser les fondements de la foi chrétienne, et arracher de nos âmes leurs plus douces et plus salutaires consolations.

p. 8 [1].

L’unité de personne du Fils est ensuite précisée :

La Parole a été faite chair. Le fils éternel de Dieu à uni à soi, non pas une personne, mais une nature humaine. Car comme en la très sainte et très glorieuse Trinité il y a trois personnes en unité de nature et d’essence, aussi y a-t-il au Fils deux natures en unité de personne. Je ne parle que de deux natures, d’autant que sous le nom de la nature humaine je comprends l’âme de Jésus-Christ créée immédiatement de Dieu, qui est le Père des esprits, et son corps formé (comme je viens de dire) de la substance de la Vierge. À cause de cette étroite et incompréhensible union, ce qui convient à l’une des natures peut être attribué généralement à la personne. Tout ainsi donc que l’apôtre saint Paul dit que les Juifs ont crucifié le Seigneur de gloire et que Dieu a racheté l’Église par son sang, nous ne faisons point de difficulté de dire avec les anciens que la Vierge Marie est la mère de Dieu. Car celui qu’elle a engendré est Dieu sur toutes choses, béni éternellement. c’est un Dieu manifesté en chair.

p. 11 [4].

Cette qualité de mère de Dieu que l’Incarnation donne à la Vierge est la première de ses vertus, que Drelincourt va énumérer ensuite :

Quand il n’y aurait que cette seule considération, que la Vierge Marie est la mère de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ, son nom doit nous être à jamais en bénédiction, et sa mémoire vénérable. Mais de surcroît, de quelque côté que nous regardions, cette sainte et bienheureuse vierge, nous la voyons toute rayonnante de vertus.

p. 12 [5].

Comment vénérer sa mémoire ? Par exemple en répétant et en s’appropriant les paroles du cantique d’Élizabeth (l’Ave Maria), que Drelincourt amplifie dans un style qui ne trompe pas :

Nous disons de bon cœur avec la femme dont il est parlé en l’Évangile : Bienheureux est le ventre qui t’a porté, et les mammelles que tu as têtées. Car peut-on imaginer un bonheur plus grand et plus admirable que de concevoir en temps celui qui a été engendré de Dieu le Père avant les fontaines et les abîmes, et dont les issues sont dès jadis, dès les temps éternels ? De porter en son corps celui qui porte et soutient toutes choses par sa parole puissante ? De renfermer en son ventre celui que les cieux mêmes des cieux ne peuvent pas comprendre, et dont la terre n’est que le marchepied ? D’engendrer celui par lequel les siècles ont été faits, et par qui ont été créés toutes choses, soit les visibles ou les invisibles, les trônes, les dominations et les puissances ? D’être la mère de son Dieu et de son Rédempteur ? De nourrir celui qui donne pâture à tous les animaux, et les abreuve de son trésor ? D’allaiter celui qui fait sucer à tous les élus les mamelles inépuisables de ses consolations, et qui les rassasie de sa gloire éternelle ? De se voir honorée par celui que les anges adorent, et en la présence duquel les séraphins se couvrent de leurs ailes ?

pp. 20-21 [13-14].

Cela vaut à la mère de Dieu sa place la plus élevée parmi les créatures dans le ciel :

Et non seulement nous croyons que Dieu a favorisé la sainte et bienheureuse Vierge plus que tous les patriarches, les prophètes et les Apôtres ; mais aussi qu’il l’a exaltée par-dessus tous les anges et les archanges, les chérubins et les séraphins. Car Dieu n’a point pris la semence des anges, mais il a pris la semence d’Abraham au ventre virginal. Les anges ne peuvent se qualifier que de serviteurs du fils de Dieu, ses créatures et l’ouvrage de ses mains ; mais la sainte Vierge est non seulement la servante et la créature, mais aussi la mère de ce grand Dieu vivant.

pp. 23-24 [16-17].

Mais de telles considérations ont-elles une place en dehors de cet opuscule ? Oui, il les convoque également dans sa prédication. Dans un sermon sur les noces de Cana (Jean 2,1-11), il déclare par exemple :

Jésus-Christ, comme Dieu éternel, étant le père de sa propre mère, et le Créateur de la substance qu’il avait prise en son ventre, …

p. 31 [638] (nous soulignons).

3. Pierre du Moulin : enfanter le Fils éternel

Prêchant sur Luc 8,19-21, Pierre du Moulin, pasteur de Sedan et professeur à l’Académie de théologie de la ville, après avoir rappelé qui sont les frères de Jésus2, s’élève contre l’idée qu’il y ait eu quelqu’un dans la foule qui méritât plus d’honneur que sa mère :

Qu’il n’advienne jamais que nous croyons qu’aucun de ses auditeurs ait surpassé la sainte Vierge en vertu et en sainteté. Car elle était remplie du Saint-Esprit : les paroles qu’elle a dites au premier chapitre de S. Luc, verset 40 et suivants, témoignent qu’elle avait l’Esprit prophétique. Pourrait-on assez magnifier le bonheur et l’honneur que Dieu a fait à cette sainte créature, que d’avoir enfanté le Sauveur du monde, le Fils éternel de Dieu ? Peut-on douter que Dieu n’ait sanctifié ce vaisseau tant précieux ? Afin que comme la première femme a apport à l’homme le fruit de mort, celle-ci apportât au monde le fruit de vie ? Pourtant l’Ange Gabriel lui dit qu’elle est reçue en grâce et qu’elle est bénie entre les femmes. Et elle-même en glorifiant Dieu en son Cantique, dit, que tous âges la diront bienheureuse. Par sa mort elle a été rejointe avec son Fils, et jouit avec lui d’une gloire éternelle.

pp. 9-10 [116-117].

Du Moulin critique ensuite la pensée que la Vierge ait pu vouloir se mettre en avant ou commettre quelque autre impair à ce moment — quitte à s’opposer à l’opinion de certains pères de l’Église (Chrysostome, Hilaire de Poitiers, Épiphane) là-dessus. Il rejette en revanche bon nombre de titres que l’Église romaine lui attribue : Reine des cieux, Dame du monde, l’inventrice de grâce, la Mère de miséricorde (Drelincourt fait de même dans le sermon déjà cité, p. 25 [632].) On notera que mère de Dieu ne fait évidemment pas partie des titres contestés.

Au détour d’un sermon sur Matthieu 16,16 (Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant), du Moulin explique aussi le titre de fils de Dieu en recourant à la doctrine de la communication des idiomes :

Parce que la nature divine s’est unie personnellement avec la nature humaine, l’Écriture appelle aussi cet homme né de la Vierge Marie, fils de Dieu. L’ange envoyé à la Vierge Marie, au ch. 1 de S. Luc nous apprend à parler ainsi, lui disant, Tu concevras en ton ventre, et enfanteras un fils, et [il] sera appelé fils du Dieu souverain. Et l’Apôtre [Paul] au ch. 8 aux Romains, Dieu n’a point épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous. Non pas que la divinité du Fils puisse être conçue, ni livrée à la mort ; mais parce que ce qui ne convient à Jésus-Christ que selon l’une de ses natures est attribué à la personne entière, de même façon que nous disons que l’homme est mortel, bien que son âme soit immortelle.

Là-dessus, on demande si Jésus-Christ en tant qu’homme, et sans considérer l’union personnelle avec sa nature divine, peut être appelé fils de Dieu, puisque Dieu l’a formé immédiatement du [au] ventre de la bienheureuse Vierge, et que sa conception est une œuvre en laquelle Dieu a immédiatement opéré ; et il semble qu’on peut le dire, de la même façon que les anges et Adam sont appelés fils de Dieu parce que Dieu les a créés et formés immédiatement. Mais il vaut mieux s’abstenir de cette façon de parler ; car si Jésus-Christ était appelé fils de Dieu à cause de sa conception par la vertu de Dieu, il serait fils du Saint-Esprit, voire il serait fils de lui-même ; car en cette conception les personnes de la Trinité ont conjointement opéré, comme quand trois personnes travaillent à faire un habit à l’une des trois. Outre que ce mot de fils signifie la personne de Jésus-Christ, par conséquent on ne peut l’appeler fils en considérant seulement la nature humaine.

pp. 19-20.

4. Alexandre Morus : Je suis meurt à trente-trois ans

Pour Alexandre Morus, expliquant lui aussi le catéchisme de Genève à Charenton, la communication (ou communion) des idiomes va à tel point de soi qu’il la considère comme chose entendue pour ses auditeurs, et qu’il peut par exemple y recourir dans un argument par l’absurde :

Car s’il [Christ] eût pris une chair pécheresse, comme, ayant pris une chair infirme, nous disons véritablement, en vertu de la communion des idiomes, que Dieu s’est fait homme infirme et misérable ; alors on dirait ce qui ne peut ni se dire sans horreur, ni se penser sans blasphème, que Dieu serait pécheur. Mais s’il n’a pris que la forme de chair de péché, il a été fait péché pour nous, mais non pas pécheur, car il n’a point connu de péché, car pour être fait péché, il fallait nécessairement qu’il ne fût pas pécheur, pour être une sainte victime qui les expiait. Car comment les expier s’il en eût été souillé lui-même ?

p. 4 [74] (nous soulignons).

Dans un sermon sur Galates 4,4-6 (Mais quand l’accomplissement du temps est venu, Dieu a envoyé son Fils, etc.), Morus insiste sur la divinité de celui qui est venu naître et mourir au milieu de nous :

C’est donc dans la plénitude du temps que Dieu a envoyé son Fils au monde, son Fils éternel dans le temps, celui qui est, et qui était, et qui est à venir, qui embrasse toutes les différences du temps, toutes ensemble, celui qui disait, avant qu’Abraham fût, je suis – il fallait dire, j’étais selon les règles de notre langue, mais il dit je suis, parce qu’il est le même hier, aujourd’hui et éternellement ; il a daigné néanmoins s’assujettir à notre présent, et commencer d’être et naître aujourd’hui3, et mourir à trente-trois ans.

pp. 7-8 [178-179].

5. Jean Mestrezat : Dieu lui-même envoyé mourir pour nous

Au tour de Jean Mestrezat, lui aussi pasteur de Charenton, de prêcher sur le catéchisme. Dans un sermon où il se concentre sur les deux natures du Christ, il est là aussi sans ambiguïté :

Or recueillez de ce titre [Fils de Dieu] ces enseignements, à savoir, de l’amour de Dieu envers vous, de la certitude de votre salut et de la qualité d’enfants qui vous en revient.

Le premier, car il s’agit d’admiration et de ravissement, que Dieu ait envoyé au monde, pour revêtir notre nature et mourir pour nous, non quelque ange ou quelque autre créature mais Dieu lui-même. Fidèles, soyez ravis de cette charité, Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle. Celui qui était en forme de Dieu a pris la forme de serviteur, et s’est abaissé et anéanti soi-même, jusqu’à la mort de la croix, ce qui fait dire à saint Paul au chapitre 8 de son épître aux Romains que Dieu n’a point épargné son propre Fils. Vous admirez l’amour d’Abraham sacrifiant son fils à Dieu, lui et son fils créatures, au Créateur auquel il devait toutes choses. Voici le Créateur qui livre à la mort son Fils Créateur pour des créatures.

pp. 12-13 [232-233].

Il continue en rappelant notamment le verset d’Actes 20,28 disant que Dieu a acquis son Église par son propre sang. S’intéressant ensuite à « la nature basse et terrestre qu’il a revêtue », il change de propos… non sans rester profondément chalcédonien dans ses expressions :

Voyons la nature basse et terrestre qu’il a revêtue ; attachons-nous à ce mystère que l’Apôtre appelle grand, sans contredit, à savoir, Dieu manifesté en chair ; voyons le Père d’Éternité prendre naissance ; celui duquel procède le Saint-Esprit, être conçu de lui ; celui qui a créé le monde, être formé d’une femme ; et celui qui est par dessus tous les cieux, être descendu aux parties les plus basses de la Terre.

p. 16 [236].

Sur la croix, c’est une personne divine qui meurt et offre sa nature humaine en sacrifice :

Il fallait que Dieu se fît homme ; toutes les nations avaient présenté à Dieu des sacrifices de bêtes, brebis, boucs et taureaux ; mais ce n’étaient pas elles qui avaient péché, c’était la nature humaine ; il fallait donc qu’elle fût offerte en sacrifice, et qu’elle portât la peine due au péché ; mais une nature humaine seule ou d’une personne finie ne suffisait pas, il fallait une victime qui fût d’un prix infini et dont la mort et l’oblation fût la digne rançon de l’Univers. Cette victime donc devait de nécessité être divine et humaine, à savoir, un Dieu homme en une même personne ; nul ne devait mourir que l’homme, nul ne pouvait vaincre la mort que Dieu ; l’homme, parce que l’homme devait la dette, Dieu, afin que la victime fût d’un prix infini, n’y ayant qu’une personne divine qui la pût payer.

pp. 18-19 [238-239].

La suite du sermon suit étroitement les systématiques réformées sur le sujet. Mestrezat montre par exemple l’intérêt de ces notions pour exposer la doctrine de l’expiation :

Or à un seul et même Jésus-Christ sont attribuées les choses qui sont de la nature divine et celles qui sont de la nature humaine ; il est dit de lui qu’il a fait les siècles, qu’il soutient toutes choses par sa parole puissante ; il est aussi dit de lui qu’il est né, qu’il a eu faim et soif, qu’il a été crucifié ; d’où résulte nécessairement, que ces deux natures sont dans une même personne, c’est pourquoi il est dit, que Dieu a racheté l’Église par son propre sang. Or l’importance de cette doctrine est que les actions et passions empruntent leur dignité et leur prix de la personne dans laquelle elles sont ; et parce qu’il n’y a en Jésus-Christ qu’une personne qui est divine, les souffrances qui ont été dans sa nature humaine sont d’un prix infini ; car encore qu’elles soient dans une nature finie, elles sont dans une personne infinie, puisqu’elles sont dans une personne qui est Dieu. Mais s’il y avait deux personnes, une personne humaine et une personne divine, les souffrances de la personne humaine ne pourraient être d’un prix infini, parce qu’elles ne seraient que d’une personne finie.

pp. 26-27 [246-247] (nous soulignons).

6. David Martin : Christ, médiateur en tant que Dieu et homme tout ensemble

Dans un sermon nommé L’unité d’un Dieu et d’un médiateur (sur 1 Timothée 2,5) de 1694, David Martin, réfugié à Utrecht où il est pasteur de l’Église wallonne, insiste sur l’unité des deux natures du Christ dans sa Passion, contre des théologiens catholiques4; le texte peut aussi fournir des armes contre les théories « kénotiques » ultérieures.

Les théologiens de l’Église romaine ont ici à l’occasion de notre texte un sentiment assez bizarre. Ils reconnaissent avec nous et avec toute l’Église deux natures en Jésus-Christ, la divine et l’humaine ; ils croient comme nous que le médiateur est Dieu et homme tout ensemble, et comme nous ils enseignent qu’il n’aurait pas pu être Médiateur entre Dieu et les hommes s’il n’avait été un homme Dieu. Mais quelques-uns de ces scolastiques qui s’étaient fait un grand nom dans leurs écoles avant la Réformation, ayant mal pris le sens de saint Paul dans ces paroles, Jésus-Christ homme, ils crurent qu’elles voulaient dire que Jésus-Christ avait été médiateur précisément en tant qu’homme, et non pas en tant que Dieu, et ce sentiment passant, comme il arrive d’ordinaire, du Maître aux disciples, il a été enfin celui de toute leur Communion. Je ne m’étendrai pas ici à le réfuter, je dois employer le temps à des choses plus utiles. Je dirai seulement quant à la chose elle-même que Jésus-Christ n’a été notre médiateur ni en qualité de Dieu simplement, et dans sa nature divine, ni simplement en qualité d’homme, et dans sa nature humaine ; mais conjointement dans l’une et dans l’autre, en tant que Dieu et homme tout ensemble. Et pour ce qui regarde en particulier ces paroles de saint Paul, il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, à savoir, Jésus-Christ homme, elles ne restreignent pas davantage l’office de médiateur à la simple qualité d’homme, que ces paroles du même apôtre dans le chapitre 15 de la première [épître] aux Corinthiens, comme la mort est par un homme, ainsi la résurrection est par un homme, restreignant la résurrection des fidèles à la simple nature humaine de Jésus-Christ. Il n’y a point de chrétien qui ne voie l’absurdité qu’il y aurait à dire que Jésus-Christ en tant qu’homme précisément, et non pas en tant que Dieu et homme, ressuscitera ceux qui auront crû en lui ; il n’y a pas aussi moins d’absurdité à dogmatiser qu’il n’est médiateur en qualité d’homme.

Mais pourquoi, me direz-vous, saint Paul n’a-t-il pas dit simplement, il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes, à savoir, Jésus-Christ ? Cela n’aurait-il pas suffi, sans y ajouter le mot d’homme ? La chose eût toujours été la même, il est vrai, parce que qui dit Jésus-Christ, dit aussi un homme ; mais ce mot n’est pourtant pas mis ici inutilement : c’est sur la nature humaine de Jésus-Christ qu’a tombé le sacrifice, qui a été le grand acte du médiateur, et le fondement de tous les autres actes de sa glorieuse médiation. Si ce divin médiateur a établi une nouvelle alliance, il l’a fondée sur son sang ; s’il nous a rachetés de la mort et du péché, nous n’avons cette rédemption qu’en son sang ; s’il nous a réconciliés avec Dieu, il l’a fait au corps de sa chair ; s’il comparaît dans le ciel pour nous, comme notre intercesseur devant le trône de Dieu, c’est en y paraissant avec son sang, qui est toujours frais et vivant pour intercéder pour nous. Or ce sang par lequel nous avons été rachetés, et par lequel le chemin du sanctuaire céleste nous a été ouvert, est le sang de l’homme ; il est vrai que cet homme est Dieu, mais encore une fois, c’est le sang de l’homme, et non pas du Dieu ; car la divinité n’a pas de sang.

pp. 57-61 [117-121].

La dernière phrase peut sembler, il est vrai, aller contre notre argumentaire ; mais le contexte et le choix des mots (« la divinité n’a pas de sang » plutôt que « Dieu n’a pas de sang ») invitent clairement à la lire dans un sens orthodoxe. Du reste, même l’affirmation « Dieu n’a pas de sang » peut être orthodoxe (nous allons en voir un exemple ci-dessous), pour autant qu’elle n’implique pas la séparation des deux natures.

7. Pierre du Bosc : un Dieu qui ravit en mourant

S’il fallait décerner une palme au plus « chalcédonien » des prédicateurs, c’est peut-être (rappelons que notre étude n’a aucune prétention à l’exhaustivité) Pierre du Bosc qui pourrait se la voir attribuée. Comme David Martin, il a dû terminer son ministère dans les Églises wallonnes, à Rotterdam.

Dans un sermon sur le prologue de Jean (1,14, Et cette parole a été faite chair), il déclare considérer la doctrine de l’union hypostatique comme « une des plus grandes merveilles de notre foi ». Pourquoi ? Que signifie précisément le fait que la Parole se soit faite chair ? Voici son développement :

Car si l’on dit que Christ a pris notre chair, ce n’est pas assez, parce que pour prendre une chose, on n’est pas cette chose-là ; et le Saint-Esprit dans le baptême de notre Seigneur prit la forme d’une colombe, et cependant on ne peut pas dire que cet Esprit éternel et infini fût un pigeon, quoique quelques Anciens se soient imaginé mal à propos une espèce d’Incarnation dans cette rencontre. Si l’on dit que Christ a revêtu notre chair, ce n’est pas assez. Car les hommes revêtent tous les jours leurs habits, et néanmoins ils ne sont pas habits ; l’étoffe de leurs vêtements n’entre pas dans la composition de leur être. Si l’on dit que la Parole s’est manifestée en chair, ce n’est pas encore assez. Car les anges sont souvent apparus et se sont souvent manifestés dans des corps humains, et cependant ces bienheureux esprits n’étaient pas des corps, et les formes visibles qu’ils empruntaient leur étaient entièrement étrangères. Si l’on dit que la Parole s’est unie à la chair, ce ne sera pas assez non plus. Car dans le mariage et dans la société conjugale, l’homme et la femme s’unissent, et même tellement que l’Écriture assure qu’ils ne font plus deux, mais une chair ; et toutefois l’un n’est pas l’autre, et chacune des deux parties fait une personne à part qui a son être complet, et subsistant de soi-même.

Quoi qu’on puisse dire pour exprimer le mystère de l’Incarnation de la Parole, si l’on n’en vient jusqu’à ce terme, elle a été faite, l’on n’en dira jamais assez, et l’on n’exprimera pas sûrement la foi des vrais chrétiens. Si on se contente de dire, elle a pris, il semblera qu’on veuille favoriser Eutyches, qui confessait bien que le Verbe avait pris notre chair, mais il ajoutait qu’en la prenant il l’avait absorbée et engloutie, comme le feu consume la paille, lorsqu’il s’y applique, et la change en sa nature. Si l’on se contente de dire, elle s’est manifestée, il semblera qu’on penche vers Marcion, qui soutenait que la Parole n’avait qu’une chair apparente, dont elle s’était revêtue pour se rendre visible sur terre. Si l’on se contente de dire, elle s’est unie, il semblera qu’on s’entende avec Nestorius, qui posait dans Jésus-Christ non seulement deux natures, mais aussi deux personnes, dont l’une s’était jointe à l’autre. Il faut donc, pour parler juste dans cette importante matière, dire la Parole a été faite chair.

pp. 29-30 [72-73].

Enfin, dans son sermon L’Homme-Dieu, sur Colossiens 2,9 (car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité), il traite lui aussi de l’union hypostatique, écartant encore une fois tant le monophysisme que le nestorianisme, mais montrant surtout avec éloquence en quoi la christologie chalcédonienne peut renouveler et réhausser notre adoration.

Au reste ce mot d’habitation nous représente fort bien le mystère de cette union personnelle. Car d’un côté elle nous montre qu’il n’y a point eu confusion des natures de notre Seigneur, point de conversion de la divine en l’humaine, ni de l’humaine en la divine. La déité habite dans l’humanité. Toutes les deux donc conservent chacune son être. La divinité n’est point changée en l’humanité. L’humanité n’est point absorbée ni transformée en la divinité. L’une de ces deux natures loge dans l’autre, et par conséquent elles demeurent distinctes. L’une est l’hôte, et l’autre le domicile. L’une est le Dieu, et l’autre le temple.

Eutychien5, bannissez ici votre erreur qui veut confondre les deux natures du Sauveur, comme si de ces deux il ne s’en était fait qu’une par l’incarnation. Regardez attentivement le Seigneur Jésus, et vous y verrez également un Dieu et un homme, sans que Dieu y ait rien perdu de sa divinité ; sans que l’homme y ait rien aliéné de son humanité non plus. En sa naissance vous verrez un homme persécuté par Hérode, et un Dieu adoré par les sages d’Orient. En son baptême, un homme plongé dans le Jourdain, et un Dieu proclamé du ciel, comme le Fils bien-aimé du Père éternel. Dans la nacelle, un homme qui dort, et un Dieu qui tance les vents et la mer pour leur imposer silence. Sur le tombeau de Lazare, un homme qui pleure son ami mort, et un Dieu qui le ressuscite d’une parole. Sur le puits de Sichar, un homme qui a soif, et un Dieu qui donne des eaux saillantes en vie éternelle. Sur la croix, un homme qui meurt, et un Dieu qui en mourant étonne tellement toute la nature que la terre en tremble jusqu’aux fondements, et que le soleil même en perd sa lumière dans le ciel. Autant de preuves certaines qui montrent que le Verbe incarné était également Dieu et homme. Dieu éternel, et homme né dans le temps. Dieu tout-puissant, et homme faible et infirme. Dieu immortel, et homme sujet à la mort. Dieu Esprit, et homme chair, l’une et l’autre de ses deux natures s’étant jointes sans se confondre, sans humaniser la Divinité, sans déifier l’humanité, chacune ayant gardé invariablement ses propriétés essentielles.

Mais s’il y a toujours en lui deux natures distinctes et différentes, il est certain néanmoins qu’il n’y a qu’une personne. Et il ne faut pas ici écouter le faux raisonnement de l’hérétique Nestorius, qui voulait se servir du mot d’habiter employé dans notre texte pour établir le contraire. Quoi, disait-il, n’est-ce pas une chose inouïe qu’une maison et l’hôte qui loge dedans ne soient qu’un ? qu’un temple et la divinité qui y habite ne fassent qu’une seule et même personne ? Puisque donc la déité habite dans l’humanité du Sauveur, ne faut-il pas que l’une et l’autre de ces deux natures ait chacune sa subsistance propre et particulière ? Faible et impertinente raison ! qui fait voir, combien peu de chose est quelquefois capable d’accrocher et d’embarasser les esprits. Car si on prend le mot d’habiter dans le sens propre, et au pied de la lettre, il est vrai que la maison et celui qui loge dedans ne sauraient être un, et qu’ils subsistent chacun à part ; mais si on prend ce terme dans le sens figuré et métaphorique, il n’y a rien de plus faux que cette maxime, car l’âme habite dans le corps, et cependant l’âme et le corps ne font qu’une seule personne, et n’ont qu’une même subsistance pour tous les deux. C’est ainsi que la déité de Christ habite dans son humanité sacrée. Comme l’âme dans le corps, pour ne faire qu’un seul tout. Car le Verbe éternel en s’incarnant ne prit pas une personne humaine, mais seulement une nature qu’il s’unit personnellement, pour la soutenir par la force de sa propre subsistance, et ainsi ne faire qu’une seule et même hypostase.

Nestorien, avouez cette vérité, puisque saint Paul nous assure que Dieu a racheté l’Église par son sang. Car Dieu a-t-il du sang ? Non, certes, et il ne peut en avoir ; mais la même personne qui est Dieu étant aussi homme, cette unité personnelle fait que le sang de l’homme est effectivement le sang de Dieu. C’est là cette admirable union qui a joint en notre Seigneur des choses qui semblaient incompatibles, l’éternité et l’enfance ; la toute-puissance et l’infirmité ; l’immensité et la petitesse ; la lumière et les ténèbres ; la gloire et l’ignominie ; l’immortalité et la mort. C’est cette union ineffable qui donne lieu de pouvoir dire sans se méprendre, que le Créateur est créature ; que l’Éternel a commencé d’être ; que la Parole essentielle a bégayé ; que la souveraine Sagesse a crû en grâce ; que l’infini a été enclos ; que l’invisible a été vu et touché dans ce merveilleux Emmanuel, qui veut dire Dieu avec nous. C’est là le miracle des miracles, le grand secret de la piété, l’étonnement de la raison, l’heureux prodige de la foi, le ravissement éternel des hommes et des anges.

pp. 26-30 [28-32] (nous soulignons).

Même un rapide examen comme celui-ci suffit pour se convaincre de la fidélité des Églises réformées de France, tout au long du Grand Siècle, à la foi de Chalcédoine. Ses énoncés dogmatiques n’étaient ni oubliés, ni jugés désuets, trop spéculatifs ou scandaleux pour les fidèles des cultes dominicaux. Nous ne pouvons que souhaiter qu’il en soit de même aujourd’hui dans l’Église de Dieu — celle qu’il s’est acquise avec son sang.


Illustration : Sébastien Bourdon, La descente de croix, huile sur toile (Montpellier, musée Fabre).

  1. Chaume laissé sur place après la moisson, facilement inflammable.[]
  2. Bien qu’il y croie et qu’il la défende, il ne fait pas de la virginité perpétuelle de Marie un dogme dont la négation mènerait nécessairement à l’hérésie : « Toutefois, cela n’étant pas un point nécessaire à salut, c’est avec un peu de rigueur qu’on a mis ces helvidiens [partisans d’Helvidius, qui la niait] entre les hérétiques. » (p. 8 [115].)[]
  3. Il s’agit probablement d’un sermon de Noël.[]
  4. Sur la réception du concile de Chalcédoine, cf. l’encyclique Sempiternus Rex Christus de 1951.[]
  5. C’est-à-dire monophysite.[]

Arthur Laisis

Enseignant en linguistique à l'université, étudiant en théologie à la faculté Jean Calvin et lecteur dans les Églises réformées évangéliques de Lituanie. Principaux centres d'intérêts : ecclésiologie, christologie, histoire de la Réforme en Europe continentale. Responsable de la relecture des articles du site.

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