Aimer mes proches ou mon prochain ?
22 mars 2025

La Bible enjoint, cela est bien connu, à aimer notre prochain. Mais, par ailleurs, elle enjoint chacun à avoir un soin particulier pour les « siens1 » ainsi que pour les chrétiens2. Cette « préférence » vient qualifier l’amour du prochain : nous devons aimer tout le monde, mais nous ne devons pas le faire sans un certain ordre (que la tradition chrétienne a appelé ordre de la charité). Nous avons la responsabilité d’aimer premièrement certaines personnes auxquelles Dieu nous a lié par la nature (les « siens ») ou par la grâce (les « saints ») et nous avons par ailleurs le devoir d’étendre cet amour à tous les hommes, en tant que porteurs de l’image de Dieu.

En ce sens, cet extrait de la Synopsis Purioris Theologiae est un résumé très à propos de ce que nous devons de dire. Ce document est une synthèse doctrinale réformée hollandaise du XVIIe siècle. Dans son chapitre dédié à l’aumône, elle s’interroge sur le sens de l’expression « quiconque demande », dans le verset qui nous encourage à donner à quiconque nous demande.

Ainsi, vous devez comprendre que l’expression « quiconque demande » désigne toute personne (sans distinction), qu’elle soit d’origine étrangère ou citoyenne et compatriote, qu’elle soit, par le sang, étrangère ou parente, amie ou ennemie, croyante ou incroyante (Matthieu 5,34, 44 et Luc 6,27, 32). En bref, « tout prochain ». Notre prochain est donc toute personne qui, compte tenu de sa situation, a besoin de notre aide et pour laquelle nous avons la possibilité et les moyens de l’aider et de l’assister, comme le Christ l’enseigne (contrairement aux Juifs) dans la parabole du blessé (Luc 10,30). Mais en même temps, selon le degré d’affinité et de communion, nous devrions faire preuve d’une plus grande générosité envers les nôtres, c’est-à-dire nos proches, qu’envers les étrangers (1 Timothée 5,8, 16) ; et envers les membres de la famille des croyants et les saints plutôt qu’envers les Gentils (Galates 6,10) ; C’est précisément ce que 2 Pierre 1,7 appelle « l’amour fraternel ». Mais si nous devons commencer par ceux qui nous appartiennent, nous ne devons pas nous arrêter à eux3.

Un chrétien aime les saints, les siens et son prochain.


Illustration en couverture : Le labyrinthe de l’amour, Le Tintoret.

  1. 1 Timothée 5,8, 16.[]
  2. Galates 6,10.[]
  3. Polyander, J., Rivetus, A., Walaeus, A., Thysius, A., Synopsis Purioris Theologiae / Synopsis of a Purer Theology, éd. D. te Velde, trad. R. A. Faber, 3 vol., Leiden, Brill, 2014-2020.[]

Maxime Georgel

Maxime est interne en médecine générale à Lille. Fondateur du site Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs quatre enfants, sont membres de l'Église de la Trinité (trinitelille.fr) et sont moniteurs de la méthode Billings.

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