Nature de l’alliance de grâce – Turretin (12.2)
22 juin 2026

Qui furent les deux parties contractantes ; qui est le médiateur ; quelles sont les clauses de l’alliance, du côté de Dieu et de l’homme ?

Dieu ayant désiré de toute éternité habiter dans un peuple, il a proposé librement une alliance pour régler cette relation. Après l’échec de l’alliance des œuvres avec Adam, il a proposé une deuxième alliance, de grâce.

Définition de l’alliance de grâce :

Cette alliance de grâce est un pacte gratuit conclu en Christ entre Dieu offensé et l’homme offensant. Dans cette alliance, Dieu promet gratuitement à l’homme la rémission des péchés et le salut en raison de Christ ; l’homme, quant à lui, s’appuyant sur cette même grâce, promet la foi et l’obéissance. Ou encore, c’est un accord gratuit entre Dieu offensé et l’homme offensant, concernant l’octroi de la grâce et de la gloire en Christ au pécheur sous condition de foi.

Son auteur : Dieu, par son seul bon plaisir (εὐδοκία)

L’auteur et le principal agent efficient de cette alliance est Dieu, porté à la conclure par sa seule bonté et sa libre et bonne volonté (eudokia). C’est pourquoi, dans l’Écriture, elle est partout appelée « l’alliance de Dieu » et jamais l’alliance de l’homme, car lui seul y a pensé (l’homme non seulement n’y pensait pas, mais était intentionnellement tourné vers tout autre chose, étant ennemi de Dieu par ses pensées et par ses œuvres). Lui seul avait le pouvoir, en tant que Seigneur et prince suprême, de contracter avec la créature et de renoncer à ce droit suprême par lequel (selon l’alliance des œuvres) il aurait pu punir le pécheur lui-même sans aucun espoir de pardon. Lui seul pouvait relever l’homme déchu et perdu et le sauver en substituant une nouvelle alliance à la première. Cependant, il en est tellement l’auteur que la gloire doit lui être entièrement attribuée à lui seul, et aucune cause impulsive hors de lui-même ne l’a poussé à l’instituer — ni le mérite ni la misère de l’homme. Car si l’homme innocent ne pouvait rien mériter auprès de Dieu, combien moins le pécheur coupable ? Et si la misère des anges déchus n’a pas poussé Dieu à les sauver, pourquoi la misère des hommes déchus l’aurait-elle plutôt poussé à leur rédemption ? Par conséquent, la seule bonne volonté (εὐδοκία) d’un Dieu de miséricorde et son amour gratuit ont été la cause première (προηγουμένη) de cette alliance.

Cette œuvre provient de la Trinité indivise, et elle se déroule ensuite d’une telle sorte que chaque personne divine est plus visible dans un certain aspect :

Comme cette œuvre est éternelle, elle est commune et indivise à toute la Trinité, avec cette distinction toutefois — que chaque personne a ici son propre mode d’opération particulier, conforme à cette économie de salut (1 Pi. 1:2). Dieu, le Père, y concourt parce qu’il a le premier institué cette méthode de se communiquer et a donné son Fils en vertu de cette constitution (Jn 3:16). Il invite à la communion avec lui, d’abord par les prophètes, puis par son Fils, et enfin par ses apôtres et ministres, et il envoie le Saint-Esprit pour appliquer l’alliance (Gal. 4:6). Dieu, le Fils, concourt à la fois comme cause et fondement de l’alliance par son propre sang (Mt 26:28 ; Éph. 1:3, 4) et comme la substance même de celle-ci (parce qu’il est promis dans cette alliance et qu’il en est l’ange, Mal. 3:1) ; ou encore comme messager et exécuteur, et ainsi comme Médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim. 2:5 ; Héb. 9:15) et garant pour les hommes (Héb. 7:22). Dieu, l’Esprit, concourt comme cause conjointement avec le Père et le Fils, et comme substance (parce qu’il est promis, Gal. 3:14), comme témoin (Rom. 8:16) et comme gage de l’héritage céleste (Éph. 1:14 ; 2 Cor. 1:22).

Les causes instrumentelles de cette alliance (l’outil par lequel l’alliance de grâce est transmise) sont la Parole de Dieu et les sacrements, et le ministère qui les distribue.

Les parties contractantes

Dieu offensé

Dieu n’agit pas ici comme dans l’alliance de nature (en tant qu’il est Créateur et Seigneur), parce que le péché a aboli cette communion naturelle qui unissait la créature au Créateur ; ni en tant qu’il détient une prééminence élevée et infinie (hyperochēn) sur les choses créées, parce que l’homme (coupable de péché et frappé par le sentiment de sa culpabilité) n’aurait pu supporter une si grande majesté, et encore moins les anges qui sont contraints de se voiler la face devant elle (És. 6:2) ; ni en tant que législateur et rigide exigeant de la perfection morale de sa part, car on ne pouvait attendre cela d’une créature corrompue ; et le pécheur ne peut en aucun cas s’approcher d’un Dieu très juste et saint, si ce n’est en tant qu’il est un Père miséricordieux et Rédempteur — comme offensé, certes, mais disposé à être apaisé, qui, par son amour de bienveillance, a voulu réconcilier avec lui-même les hommes offensants (Rom. 5:8 ; Éph. 2:4).

Homme offensant

L’homme n’est pas considéré ici simplement comme une créature ou comme une créature droite et juste (comme dans la première alliance), mais comme une créature pécheresse et offensante ; comme un homme mort dans le péché, impuissant, enfant de colère, aliéné de Dieu et de sa vie ; et en vérité, en tant qu’il est conscient de sa propre misère, frappé par le sentiment de celle-ci et ainsi, selon la loi, « fatigué et chargé » (Mt 11:28). Ainsi, il ne faut pas considérer ici la relation (schesis) du pécheur de manière brute, bien qu’elle soit la condition préalable requise dans l’objet ; autrement, cette alliance devrait s’étendre à tous les pécheurs sans exception. Que l’on ne puisse dire cela, la chose elle-même le crie et le décret de réprobation le prive amplement ; mais elle doit nécessairement être jointe à la relation (schesei) du pécheur contrit appelé à croire en vertu de l’élection gratuite de Dieu.

Le médiateur

Particularité de l’alliance de grâce : il faut un médiateur qui franchisse la distance nouvelle entre l’homme et Dieu : Dieu est trop juste pour laisser passer le péché, l’homme est trop faible pour être capable de s’approcher de Dieu. Dieu nous a donc donné un médiateur, assez humain pour être notre représentant, et assez divin pour que sa valeur soit à la hauteur du péché de notre nature.

Preuves du pacte entre le Père et le Fils.

Turretin apporte les preuves bibliques suivantes :

  • Luc 22,29 c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur.
  • Esaïe 42,1 Voici mon serviteur, celui que je soutiendrai, celui que j’ai choisi et qui a toute mon approbation. J’ai mis mon Esprit sur lui; il révélera le droit aux nations.
  • Esaïe 42,6 Moi, l’Eternel, je t’ai appelé en toute justice et je te tiendrai fermement par la main. Je te garderai et je t’établirrai pour que tu sois l’alliance du peuple, la lumière des nations,
  • Esaïe 49,6 et 8 Il dit: «C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël: je t’établis pour être la lumière des nations, pour apporter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre et : pour dire aux prisonniers: «Sortez!» et à ceux qui sont dans les ténèbres: «Montrez-vous!» Ils trouveront leur nourriture sur les chemins et des pâturages sur tous les sommets.

Le Fils est institué pour avoir un rôle :

  • De prêtre : Psaumes 110,4 L’Eternel l’a juré, et il ne se rétractera pas: « Tu es prêtre pour toujours à la manière de Melchisédek.»
  • De prophète : Esaïe 61,2 pour proclamer une année de grâce de l’Eternel et un jour de vengeance de notre Dieu, pour consoler tous ceux qui sont dans le deuil
  • De roi : Psaume 2,8 Demande-le-moi, et je te donnerai les nations en héritage, les extrémités de la terre en possession.

Cette alliance est établie par le Père (Jean 10,18), elle contient une promesse selon laquelle Dieu récompensera l’obéissance (Esaïe 42,6s) par une issue heureuse (Esa 49,1-6 et 8) pour tout le peuple du Fils (Esa 53,10).

Le Fils se soumet à la volonté du Père dans l’Incarnation (Héb 10,5). Il a activement obéi à la loi (Galates 4,4 ; Jean 15,10) et a remporté le prix promis par le Père (Jean 17,4-5).

Périodes de l’alliance [de rédemption]

Dans l’éternité

Preuves bibliques que l’alliance de grâce a une origine éternelle :

  • Proverbes 8,23 J’ai été établie depuis l’éternité, dès le début, avant même que la terre existe.
  • 1 Pierre 1,20 Prédestiné avant la création du monde, il a été révélé dans les derniers temps à cause de vous.
  • Psaume 2,7-8 Je veux proclamer le décret de l’Eternel. Il m’a dit: «Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui! Demande-le-moi, et je te donnerai les nations en héritage, les extrémités de la terre en possession.

Dans la promesse

Juste après la Chute, le Médiateur est appointé pour l’obéissance promise de toute éternité. C’est ainsi que son office prophétique a commencé dès l’Ancienne Alliance (1 Pierre 1,10-11 ; 3,19) ; il était roi de son peuple avant l’Incarnation (1 Corinthiens 10 ; Josué 5,13) ; il était prêtre de son peuple avant l’Incarnation (Job 33,24).

A l’exécution.

Le Christ s’incarne en rupture avec l’économie légale de l’Ancienne Alliance (Héb 10,5-7). En tant que Médiateur, il agit du côté des deux parties en conflit (Dieu et l’humanité) :

  • à Dieu, il offre la satisfaction pour nos péchés et règle notre dette, il obéit parfaitement à l’alliance de grâce à notre place, et il atteint la perfection dans l’Esprit.
  • Du côté des hommes pécheurs, il annonce le salut, présente son œuvre de rédemption par les ombres des cérémonies anciennes, promet les bienfaits éternels par la parole et les sacrements, il ratifie l’alliance à notre place.

L’objet de l’alliance

Pour Dieu: qu’il devienne notre Dieu

En ce qui concerne la promesse, elle est si grande et d’une telle nature qu’elle est à juste titre appelée l’âme et la substance de l’alliance, le fondement et le résumé de toutes les autres promesses faites aux croyants dans les Écritures ; il n’y a rien de plus élevé, de plus plein, de plus doux ni de plus ferme. C’est pour cette raison qu’elle est proposée non pas seulement une ou deux fois, mais très fréquemment, aussi souvent que l’alliance a été soit instituée au début, soit renouvelée sous l’Ancien comme sous le Nouveau Testament.

  • Promise à Abraham : Gen 17,7-8
    • « J’établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations: ce sera une alliance éternelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi. Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession éternelle, et je serai leur Dieu. »
  • Lors de la fondation du peuple d’Israël :
    • Exode 20,2 : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. »
    • Exode 29,45 : « J’habiterai au milieu des enfants d’Israël, et je serai leur Dieu. »
    • Deutéronome 5,2-3 : « L’Éternel, notre Dieu, a traité avec nous une alliance à Horeb. Ce n’est point avec nos pères que l’Éternel a traité cette alliance; c’est avec nous, qui sommes ici aujourd’hui tous vivants. »
  • Dans la captivité babylonienne :
    • Jérémie 24,7 : « Je leur donnerai un cœur pour qu’ils sachent que je suis l’Éternel; ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu, s’ils reviennent à moi de tout leur cœur. »
    • Jérémie 30,22 : « Vous serez mon peuple, et je serai leur Dieu. »
    • Ézéchiel 11,20 : « Afin qu’ils suivent mes lois, et qu’ils observent et pratiquent mes ordonnances; et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. »
  • Après la captivité :
    • Zacharie 13,9 : « Je mettrai ce tiers dans le feu, et je le purifierai comme on purifie l’argent, je l’éprouverai comme on éprouve l’or. Il invoquera mon nom, et je l’exaucerai; je dirai: C’est mon peuple! Et il dira: L’Éternel est mon Dieu! »
  • Dans le Nouveau Testament :
    • 2 Corinthiens 6,16 : « Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit: J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »
    • Hébreux 8,10 : « Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur: Je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »
    • Apocalypse 21,3 : « Et j’entendis du trône une forte voix qui disait: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. »

Cela pose cependant la question suivante : Dieu n’est-il pas le Dieu de tous ?

Mais pour que le sens véritable de cela soit compris, il ne faut pas le prendre au sens large en ce qu’il signifie l’autorité, le soin et la domination de Dieu. Car ainsi, il est le Dieu non seulement des croyants, mais aussi des hommes en général ; et même de toutes les créatures à l’égard de la création et du gouvernement, et rien de singulier ni d’extraordinaire ne serait promis à son peuple par rapport aux autres nations. Il faut plutôt le prendre au sens strict, en tant qu’il implique une relation fédérale et cette communion de grâce par laquelle Dieu se communique au pécheur pour lui accorder la vie immortelle et le bonheur. Ainsi, s’il est le Dieu de toute la providence, il est le Dieu des croyants par la grâce ; s’il est le Dieu des créatures dans le monde par autorité et par puissance, il est le Dieu de son peuple dans l’Église par bienveillance et par amour, et par les bénédictions qu’il leur accorde.

Que Dieu soit notre Dieu dans l’alliance de grâce nous donne les bénéfices suivants :

  1. La réconciliation et la communion avec Dieu. C’est plus que la paix avec Dieu, c’est une intimité et un lien spirituel complet.
  2. Communion des biens : les biens de Dieu sont à nous.
  3. Conformité à Dieu : participation à sa nature divine, transformation à son image.
  4. La constance et l’éternité de l’amour de Dieu et notre union avec lui.

Les bienfaits de l’alliance

La réconciliation et la communion avec Dieu

La réconciliation avec Dieu fait que Dieu n’est plus à notre égard un juge plein de colère contre notre péché. Il devient :

  • Celui qui se donne à nous comme notre part :
    • Psaume 16,5 : « L’Éternel est ma part et mon calice; c’est toi qui garantis mon lot. »
    • Psaume 73,26 : « Ma chair et mon cœur peuvent se consumer: Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et ma part. »
    • Psaume 119,57 : « Ma part, ô Éternel! je le dis, c’est d’observer tes paroles. »
    • Osée 2,23 : « Je planterai pour moi cette nation dans le pays, et j’aurai pitié de celle qui n’était pas aimée; je dirai à celui qui n’était pas mon peuple: Tu es mon peuple! et il répondra: Mon Dieu! »
  • Comme un mari marié à nous :
    • Osée 2,19 : « Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde. »
    • Cantique des cantiques 2,16 : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui; il fait paître son troupeau parmi les lis. »
  • Comme un père qui nous adopte :
    • 2 Corinthiens 6,18 : « Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. »
  • Comme notre roi protecteur.

À nous est la sagesse de Dieu pour nous diriger ; la puissance de Dieu pour nous protéger ; la miséricorde de Dieu pour la rémission des péchés ; la grâce de Dieu pour la sanctification et la consolation ; la justice de Dieu pour le châtiment des ennemis ; la fidélité de Dieu pour l’exécution des promesses ; la suffisance de Dieu pour la communication de toutes sortes de bonheurs. Et comme le péché a fait fondre sur nous des maux innombrables, nous trouvons un remède à tous dans les propriétés divines : sa sagesse guérit notre ignorance et notre aveuglement, sa grâce notre culpabilité, sa puissance notre faiblesse, sa miséricorde notre misère, sa bonté notre méchanceté, sa justice notre iniquité, la suffisance et la plénitude de Dieu notre pauvreté et notre indigence, sa fidélité notre inconstance et notre légèreté, sa sainteté notre impureté et sa vie notre mort.

Il y a une dimension trinitaire à notre communion à Dieu

Dieu nous appartient personnellement, dans la mesure où les personnes individuelles sont à nous et se donnent à nous pour accomplir l’œuvre de la rédemption : le Père élisant, le Fils rachetant, le Saint-Esprit sanctifiant.

  • Le Père nous adopte et nous reçoit dans sa famille et nous aime comme des fils (1 Jean 3,1).
  • Le Fils fait satisfaction à notre place, il nous dirige et nous vivifie. Il est notre prophète qui nous enseigne la doctrine du salut ; le prêtre qui nous attribue son mérite ; notre roi qui l’applique par l’efficacité du Saint-Esprit.
  • Le Saint-Esprit est notre sanctificateur et notre consolateur, il nous donne tous les fruits de l’Esprit (force, joie, liberté, sainteté et bonheur) (1 Jean 1,3 ; 2 Co 13,14).

Communication des biens

  • 1 Corinthiens 3,21-23 : « Que personne donc ne mette sa gloire dans des hommes; car tout est à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses futures. Tout est à vous; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. »
  • Romains 4,13 : « En effet, ce n’est pas par la loi que la promesse d’hériter le monde a été faite à Abraham ou à sa postérité, c’est par la justice de la foi. »
  • Psaume 84,11 : « Car l’Éternel Dieu est un soleil et un bouclier, l’Éternel donne la grâce et la gloire, il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité. »
  • Psaume 23,1 : « L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. »
  • Éphésiens 1,3 : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ! »
  • Colossiens 3,11 : « Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous. »
  • 1 Corinthiens 15,28 : « Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »
  • Apocalypse 21,7 : « Celui qui vaincra héritera ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils. »

Conformité à Dieu

Nous sommes rendus conformes (de même forme) à Dieu, en vue d’être unis à lui :

  • 2 Pierre 1,4 : « Lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise. »
  • Matthieu 13,43 : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. »
  • 2 Corinthiens 3,18 : « Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. »
  • 1 Jean 3,2 : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. »
  • Matthieu 5,48 : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »
  • 1 Pierre 1,15-16 : « Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit: Vous serez saints, car je suis saint. » (Note: Turretin cite probablement 1 Pi 1,15-16 plutôt que 1,5 ici pour la sainteté).

Éternité des bonnes choses et salut

Et tout ce que nous avons dit ne nous est pas promis pour un temps, même long, mais pour l’éternité, puisque le Dieu auquel nous serons unis est éternel (Ps 48,14).

Ah oui, et puis il y a notre salut aussi :

De plus, en s’ajoutant à cette promesse générale contenue dans la formule de l’alliance, beaucoup d’autres promesses particulières fondées sur elle et découlant d’elle y sont incluses : telles que l’octroi du Saint-Esprit (Ézé. 36:27) ; la rémission des péchés (Jér. 31:34) ; la régénération, désignée par l’inscription de la loi dans les cœurs (Jér. 31:33) ; l’adoption (2 Cor. 6:18) ; le retrait du cœur de pierre et le don d’un cœur nouveau et de chair (Ézé. 36:26) ; la persévérance (Jér. 32:40), bénédiction particulière de cette alliance parce qu’elle doit être inviolable et éternelle ; toutes les bénédictions spirituelles de la grâce et de la gloire (Gen. 12:3 ; Gal. 3:8, 9, 14 ; Actes 3:26 ; Éph. 1:3). Toutes ces choses sont habituellement désignées par le mot « salut », qui implique non seulement la possession de la vie (laquelle avait sa place dans la première alliance), mais aussi la délivrance de la mort (qui avait été introduite par le péché). Cela se réalise en quatre parties, opposées aux quatre mêmes parties de la mort auxquelles nous étions devenus assujettis par le péché : (1) la justification, qui nous libère de la malédiction imminente ; (2) la sanctification, qui enlève la souillure et la corruption dans lesquelles nous gisions morts ; (3) la consolation et la paix de la conscience, nous soutenant contre les afflictions de la vie et les terreurs de la conscience (qui, dans l’Écriture, relèvent du terme de mort) ; (4) la glorification éternelle, nous délivrant de la mort éternelle pour nous introduire dans un bonheur parfait.

Devoirs du côté de l’homme

Ils sont la réciproque des promesses de Dieu : s’il promet d’être notre Dieu, nous serons son peuple. S’il prend soin de nous comme un père, nous lui serons soumis comme des fils etc.

Ils sont exposés dans les Écritures de manière générale et particulière : de manière générale, lorsque Dieu souhaite que, de même qu’il promet d’être notre Dieu, nous soyons en retour son peuple — « Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » (Jér. 31:33). Ici est désignée la relation entre Dieu et nous, impliquant un échange mutuel de bienfaits et de devoirs, de sorte que si Dieu est notre époux, nous devons être son épouse chaste et fidèle ; s’il est notre Père, nous devons être des fils ; s’il est un Roi et Rédempteur, nous devons être son peuple particulier qui vit comme les rachetés du Seigneur. Cependant, de même que toutes les bénédictions de Dieu à notre égard sont comprises dans cette seule promesse, de même tous les devoirs de l’homme envers Dieu sont prescrits dans cette unique condition (qui indique ensemble et à la fois ce qu’ils doivent être et ce qu’ils sont tenus de faire).

Être le peuple de Dieu ne consiste pas seulement à être soumis à sa domination et à dépendre de lui pour être gouverné par lui (car ainsi tous les hommes universellement sont son peuple), mais à s’attacher à lui dans le culte et l’obéissance, de manière à n’être rien, à ne rien avoir, à ne pouvoir et ne faire rien qui ne vienne de Dieu, c’est-à-dire qui ne puisse être rapporté à sa gloire. Ainsi se trouve désignée, en premier lieu, la séparation d’avec le monde et la consécration à Dieu — le fait que, dans la mesure où nous ne sommes pas nos propres maîtres, mais appartenons à celui qui nous a créés, nous a rachetés et s’est donné lui-même pour nous, nous ne devons plus vivre pour nous-mêmes, pour Satan, pour le péché et le monde, mais pour lui seul.

Le culte et l’obéissance exigent que nous soyons soucieux de l’adorer religieusement et lui seul, de manière à faire avec zèle tout ce que nous pouvons soit pour faire avancer son royaume, soit pour promulguer sa vérité, soit pour défendre sa bonne cause, soit pour accomplir ses commandements, afin de répondre ainsi à son appel et de manifester notre gratitude pour ses bienfaits.

Or, ce sont là les deux principaux devoirs exigés — la foi et la repentance. La première embrasse les promesses ; la seconde accomplit les commandements ; l’une répond à la promesse de grâce.

Il est temps de conclure cet article. J’encourage le lecteur à lire directement le chapitre, car la difficulté de cette question n’a pas été la technicité du propos, bien au contraire : tout est si magnifique et si simple que bien souvent, synthétiser a été trahir. J’ai tâché de garder un équilibre entre synthèse et traduction, mais cette question aurait mérité d’être traduite sans autre commentaire.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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