Il y a quelques temps, j’ai commencé à enquêter sur les miracles eucharistiques. J’ai tout d’abord offert des considérations générales à ce propos, puis quelques réflexions sur le groupe AB. Je suis ensuite entré dans le vif du sujet avec une première réfutation du miracle de Lanciano (le seul qui ait été documenté dans une étude). J’ai répondu dans un second article à des objections à mon premier article. J’ai également partagé quelques éléments relatifs au miracle de Tixtla ainsi que divers éléments démontrant que l’enquêteur principal pour les miracles de Tixtla et Buenos Aires est connu pour des fraudes répétées. Suite à cela, considérant que l’intérêt pour ces miracles était plus important parmi le public anglophone, j’ai lancé un Substack dans lequel j’ai publié une bonne dizaine d’articles sur les miracles, dont une réponse au Dr Serafini sur la contamination bactérienne, une réponse au même Dr Serafini relative à une attaque personnelle, une remarque relative à l’électrophorèse de Lanciano ainsi qu’un compte-rendu de l’avis de 3 pathologistes et 1 hématologue que j’ai personnellement contacté et qui ont confirmé diverses analyses offertes dans mes articles sur Lanciano.
Au cours de ces investigations, j’ai également rencontré divers cas de miracles eucharistiques allégués dont personne ne fait l’apologie parce qu’il a été démontré indubitablement qu’ils résultaient d’une contamination fongique ou bactérienne. Les apologètes catholiques, naturellement, ne mentionnent jamais ces cas. Mais cela peut offrir la fausse idée que les hosties devenant rouge du fait d’un phénomène naturelle sont une chose rarissime et biaiser l’appréciation des cas dont sont friands nos apologètes. Aussi, j’ai pour idée de recenser dans cet article, que j’espère pouvoir tenir à jour, les cas de miracle eucharistique qui n’en sont incontestablement pas. Je n’offrirai que peu de remarques, l’idée est simplement de les compiler en un lieu.
Dallas (2006)
Peu de détails sont disponibles pour ce cas. Mais le diocèse a publié un compte-rendu affirmant que l’hostie miraculeuse : « était une combinaison de mycéliums fongiques et de colonies bactériennes qui ont été incubés dans le milieu aqueux du verre pendant les quatre semaines durant lesquelles celui-ci a été conservé à l’air libre. »
South Saint-Paul (2011)

À l’église Saint-Augustin, une hostie tombée au sol pendant la communion a rougi dans une tasse d’eau. L’archidiocèse de Saint-Paul et Minneapolis l’a fait analyser par un laboratoire indépendant. Il a conclu à un champignon.
Utah (2015)

En Utah, en 2015. Une hostie consacrée est laissée dans de l’eau. C’est la procédure habituelle lorsqu’une hostie qui ne peut pas être consommée est retrouvée. Elle doit être placée dans l’eau jusqu’à dissolution/jusqu’à ce qu’elle soit méconnaissable, ce qui signifiera la fin de la présence réelle. Après une semaine, une substance rouge est présente dans l’eau, semblant provenir de l’hostie. Des fidèles déplacent l’hostie pour qu’elle puisse être contemplée. Une enquête est demandée par le diocèse. L’aspect rouge est causé par divers bactéries connues pour produire un tel aspect sur le pain. La nouvelle a été communiquée par le diocèse.
Tyrol (2016)

Le résumé de ce cas est fourni par les investigateurs eux-même, le miracle allégué ayant fait l’objet d’une étude publiée :
En résumé, une hostie a été trouvée au sol, sous la tribune de l’église franciscaine, par une femme venue assister à la messe le samedi 16 avril 2016. Elle remit l’hostie à l’un des moines et, comme cela se fait habituellement, l’hostie fut ensuite placée dans un « vasculum », c’est-à -dire un petit récipient en verre, afin d’y être dissoute. Celui-ci fut déposé dans le tabernacle du maître-autel, à côté des hosties consacrées.
Il n’était pas établi que l’hostie en question fût une hostie consacrée ou non. Les moines ont précisé qu’il ne s’agissait pas d’une « hostie de pain » utilisée pour la célébration eucharistique, mais d’un type d’hostie appelé « hostie oblate ».
Quatorze jours plus tard, le 1er mai 2016, l’un des moines qui servait à l’autel voulut jeter derrière l’autel l’hostie dissoute, ce qui constitue la pratique habituelle — également pour les hosties consacrées — une fois qu’elles sont dissoutes.
Les trois moines furent témoins du fait que l’hostie était devenue partiellement rouge, prenant l’apparence d’une « hostie qui saigne ». Au cours des cinq années suivantes, la couleur de l’hostie évolua ensuite partiellement vers le « brun ». C’est en 2020 que nous, les scientifiques, avons été sollicités afin d’étudier la nature de cette hostie « qui saigne ».
Les premières observations effectuées en 2016 par un médecin local avaient contribué à faire naître, chez les moines, la conviction d’une transformation surnaturelle de l’hostie en « sang ».
Selon les Pères concernés, l’autorisation de procéder à une étude scientifique de l’hostie avait été obtenue auprès du supérieur de l’Ordre franciscain autrichien, le Père Dr Fritz Wenigwieser, à Salzbourg.
Et voici la conclusion de l’étude :
Cinq ans après la découverte initiale de l’« hostie qui saigne » par les frères franciscains, nous avons constaté une contamination bactérienne et fongique de l’hostie (pain azyme), mais aucun élément de preuve formel de la présence de tissu de mammifère n’a été mis en évidence par l’examen histopathologique réalisé en 2021.
25 autres cas (2025)
En 2025, une équipe de chercheurs, dont la majorité si ce n’est la totalité sont catholiques, ont procédé à des analyses rigoureuses de 25 cas, sur divers continents, d’hosties devenues rouges. Voici leur conclusion :
L’équipe de l’auteur, sur la base de l’analyse de 25 cas réels, s’est attachée à  élaborer des procédures de recherche permettant de distinguer les phénomènes difficiles à  interpréter scientifiquement de ceux liés à une contamination. Aucun de ces cas n’a apporté de preuve réelle de la présence de sang humain ou de matériel humain autre que des cellules épidermiques isolées et des érythrocytes (probablement issus d’une contamination à très faible niveau).
Dans un cas, une quantité négligeable de matériel génétique masculin humain a été détectée, probablement à la suite d’un transfert d’ADN d’une personne vers une hostie par contact direct avec celle-ci. Dans plusieurs échantillons, différents microorganismes et champignons ont été identifiés (Brevundimonas intermedia, Serratia marcescens, Epicoccum spp., Fusarium spp.), notamment des espèces produisant des pigments rouge rosé ou rouge orangé (Epicoccum spp., Fusarium spp.).
Puis, faisant allusion à l’étude de Linoli dont j’ai proposé une analyse et à celle de Virgolini sur le cas du Tyrol (2016), les auteurs offrent la remarque qui suit :
Malheureusement, à l’exception de quelques cas isolés (Virgolini et al., 2023 ; Linoli, 1971), les résultats de ces travaux n’ont jamais été communiqués à la communauté scientifique au sens large sous la forme d’articles évalués par les pairs. Certaines conclusions ont plutôt été diffusées sous une forme destinée au grand public qu’à la communauté scientifique, ce qui a suscité ambiguïtés et confusions (Chłopkowska, 2017 ; Serafini, 2021).
Fait intéressant, l’étude relève également deux cas où les champignons ont ressemblé de près à … du tissu cardiaque humain au microscope :
Les caractéristiques microscopiques de Fusarium culmorum et d’Epicoccum nigrum, retrouvés comme contaminants des hosties et observés sous lumière visible et sous lumière UVB, sont résumées dans la Fig. 4.
Dans un cas, sur l’image histopathologique, des faisceaux de fibres ont été observés, présentant une coloration rouge-brun, avec des striations et des noyaux visibles, ressemblant à des fibres du muscle cardiaque. La coloration de Grocott n’a pas révélé la présence de champignons (cas n° 1, tableau 2).
Dans le second cas, l’image histopathologique était similaire à  la précédente, mais les noyaux n’étaient pas visibles.
Morris, Indianapolis (2025)
À nouveau le cas d’une hostie tombée au sol et découverte peu de temps après tachée de rouge.
Après enquête de l’archidiocèse, la conclusion est : « Les résultats indiquent la présence d’un champignon et de trois espèces différentes de bactéries, toutes couramment présentes sur les mains humaines. »
Bonus : les miracles eucharistiques de Julia Kim
Julia Kim est une mystique coréenne, qui prétend également avoir reçu des visions, revivre la passion du Christ ou transformer des hosties en chair sanglante dans sa bouche. Elle aurait également chez elle des statues de Marie versant des larmes véritables. Depuis, un sanctuaire à Naju, devenu un lieu de pélerinage (c’est-à -dire de tourisme religieux), a été ouvert. Après des années de polémique autour de ce sanctuaire, le Vatican a fini par frapper d’excommunication automatique ceux qui s’y rendraient.
Malgré cela, le site du sanctuaire marial continue de prétendre avoir le soutient du pape dans un document intitulé pompeusement « La position officielle du Vatican sur Naju. »
Je mentionne ce cas frauduleux car les images des miracles eucharistiques de Naju continuent d’être la principale source d’illustration des apologètes catholiques quand il s’agit de concevoir leur miniature YouTube sur un miracle eucharistique. Et on peut le comprendre, une image comme la première ci-dessous est beaucoup plus vendeuse qu’une image comme celle qui suit, issue de Buenos Aires.







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