Philosophie,  Théologie

Rejeter la vérité que l’on voit chez les philosophes, c’est injurier l’Esprit de Dieu – Jean Calvin

Lorsque nous discernons chez les écrivains païens une admirable lumière de vérité, nous sommes exhortés à reconnaître que la nature humaine, bien que déchue de sa perfection et très corrompue, est cependant comblée de nombreux dons de Dieu. Si nous admettons que l’Esprit de Dieu est comme la fontaine unique de vérité, nous ne mépriserons pas la vérité où qu’elle apparaisse, autrement nous ferions injure à l’Esprit de Dieu. Sous-estimer les dons de l’Esprit revient à mépriser et humilier l’Esprit.

Comment pourrions-nous nier que les Anciens ont fait preuve de prudence éclairée en recherchant un si bon ordre et une justice équitable? Dirons-nous que les philosophes ont été aveugles aussi bien en observant les secrets de la nature avec un grand zèle qu’en les décrivant avec un tel art? Dirons-nous que ceux qui ont enseigné l’art de la rhétorique, la bonne manière de parler de façon éloquente, n’avaient aucune intelligence? Dirons-nous que ceux qui ont inventé la médecine étaient fous? Penserons-nous que les autres disciplines sont insensées? Bien au contraire, nous ne pourrons pas lire les livres qui ont été écrits sur tous ces sujets sans nous émerveiller. Nous nous émerveillerons parce que nous serons contraints d’y discerner la sagesse qu’ils contiennent. Estimerons-nous que rien ne peut être excellent ou louable si nous ne voyons pas que cela vient de Dieu? Si tel est le cas, ce serait faire preuve d’une grande ingratitude que n’ont pas éprouvée les poètes païens, qui ont reconnu que la philosophie, les lois, la médecine et les autres formes de connaissance étaient des dons de Dieu.

Ainsi ces personnages qui, sans autre aide que la nature, ont fait preuve de tant de génie dans la compréhension des choses inférieures appartenant au monde, doivent nous instruire par leur exemple, en nous montrant combien notre Seigneur a laissé de grâces dans la nature humaine après qu’elle a été dépouillée du souverain bien.

Institution, II, II, 15.

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