Un « collège des anciens » dans le Nouveau Testament ?
26 octobre 2022

Le Nouveau Testament connaît-il ce qu’on appelle couramment un « collège des anciens (presbytres) » ? Quel est le sens du substantif grec τὸ πρεσβυτέριον (latin presbyterium) ? Qui participe à une cérémonie d’ordination ? Ces questions ont fait débat dans la théologie chrétienne, y compris parmi les réformés. Au XXe siècle, plusieurs études ont renouvelé la question en apportant de nouveaux arguments, que nous nous proposons de vous présenter ici, et qui renforcent des propositions déjà formulées en leur temps par d’illustres anciens.

Cet article nous servira aussi de long excursus dans notre étude de la doctrine réformée du ministère divin, pour aborder prochainement la question de l’ordination, mais il peut tout à fait être lu indépendamment.


Tout au long de leur histoire, les Églises réformées ont connu des débats sur le degré de participation des clercs et des laïcs à l’organisation de l’Église et à la vie liturgique. Le vocabulaire biblique témoigne d’une certaine variété dans les termes qui désignent les serviteurs de l’Église, et leur usage n’était pas définitivement fixé. À côté des évêques (ἐπίσκοποι) et des diacres (διάκονοι), il est fréquemment question de πρεσβύτεροι, au sens littéral des « anciens » (il s’agit de la forme de comparatif de supériorité de l’adjectif πρέσβυς « ancien, âgé ; respectable » ; il désigne donc des personnes qui jouissent d’une certaine expérience et considération parmi leurs coreligionaires), mais le terme a également donné les mots presbytre et prêtre en français. Voici comment une spécialiste de l’histoire du christianisme primitif, Marie-Françoise Baslez, explique la formation et le sens du mot πρεσβύτερος :

Les traducteurs de la Septante ont choisi de rendre par presbytéroi le terme hébreu zâqénîm, qui qualifie les soixante dix « Anciens » mis à la tête du peuple d’Israël. C’est une institution que l’on faisait remonter à Moïse et qui introduit le principe d’ancienneté dans le judaïsme comme dans l’hellénisme : il se matérialise plus tard dans le Conseil du Temple, appelé conventionnellement Sanhédrin (du grec synédrion), qui est du type gérousia. Ce même terme d’ « Anciens » s’appliqua aussi aux chefs de famille (hébreu sarîm) qui siégeaient en Conseil pour administrer chaque ville : dans la version grecque du livre de Judith, quand il traite de Béthulie, ils sont appelés presbytéroi de la ville. Il semble donc bien qu’à l’époque perse et hellénistique soient établis à la tête de toute communauté juive des « chefs » (sarîm traduit par archontes) et des « Anciens » (zâqénîm traduit par presbytéroi). Les Septante ont affiné la traduction de zâqénîm selon qu’il s’agissait dans le contexte d’un homme âgé ou d’un notable, en saisissent bien la nuance particulière qu’introduit la forme comparative en grec et en opposant à presbytéroi, les « Anciens », l’adjectif simple presbytês au sens de « vieillard ».

Marie-Françoise Baslez, « L’ancienneté dans les premières communautés chrétiennes. Usage et interprétation d’un principe de la cité antique », Recherches de science religieuse 2016/4 (t. 104), pp. 517 à 532.

Le mot πρεσβύτερος connaît un substantif dérivé de genre neutre τὸ πρεσβυτέριον, que l’on considère généralement comme collectif : « ensemble des anciens, collège d’anciens ». Il s’agit donc d’une institution chargée de l’exercice de l’autorité religieuse.

Πρεσβυτέριον dans le Nouveau Testament

Πρεσβυτέριον a trois occurrences dans le Nouveau Testament : deux sous la plume de l’évangéliste Luc, et une chez Paul. Présentons-les chacune dans leur contexte immédiat :

  • Luc 22,66 :

66Καὶ ὡς ἐγένετο ἡμέρα, συνήχθη τὸ πρεσβυτέριον τοῦ λαοῦ, ἀρχιερεῖς τε καὶ γραμματεῖς, καὶ ἀπήγαγον αὐτὸν εἰς τὸ συνέδριον αὐτῶν λέγοντες· 67εἰ σὺ εἶ ὁ χριστός, εἰπὸν ἡμῖν.

66Quand il fit jour, le collège des anciens du peuple, les principaux sacrificateurs et les scribes s’assemblèrent et le [Jésus] firent amener devant leur sanhédrin. 67Ils dirent : Si tu es le Christ, dis-le nous.

Πρεσβυτέριον désigne ici une institution politico-religieuse juive, agissant au nom du peuple (d’où le génitif τοῦ λαοῦ). Il n’est pas évident à la lecture de ce seul verset de comprendre si le mot est utilisé comme un hyperonyme, désignant à la fois les ἀρχιερεῖς et les γραμματεῖς (qui sont nommés séparément ensuite), ou s’ils constituent une troisième catégorie distincte des deux autres (énumérées à la suite). Il s’agit en tout cas des mêmes personnes qui, lorsqu’elles sont rassemblées, siègent en tant que Sanhédrin (το συνέδριον), c’est-à-dire la plus haute instance politique et judiciaire juive. Cette institution a perduré après la destruction du Temple, et on la trouve encore parmi les juifs à l’époque byzantine :

L’institution des Anciens fut reprise dans l’organisation des synagogues de l’Orient romain, et même déjà par la synagogue de Théodotos à Jérusalem dans les années 100 avant notre ère. Dans les décisions collectives, ils sont toujours associés aux « chefs » ou responsables (archontes) comme une sorte de Conseil ou de Bureau. Cette structure a perduré jusqu’à la fin de l’Antiquité, comme l’attestent des lois de Constantin où le terme grec est encore conservé, translittéré en presbyteri, avant d’être traduit par seniores Judaeorum dans le Code de Justinien. Les presbytéroi juifs n’ont jamais été appelés sacerdotes en latin et n’étaient donc pas détenteurs d’une autorité sacerdotale, mais il est difficile de donner un contenu à leur fonction, puisque le terme apparaît le plus souvent comme un titre dans des épitaphes.

Marie-Françoise Baslez, op. cit.

La réalité désignée par ce πρεσβυτέριον est donc antérieure (et hostile) au christianisme.

  • Actes 22,5 :

5Ὡς καὶ ὁ ἀρχιερεὺς μαρτυρεῖ μοι καὶ πᾶν τὸ πρεσβυτέριον, παρ’ὧν καὶ ἐπιστολὰς δεξάμενος πρὸς τοὺς ἀδελφοὺς εἰς Δαμασκὸν ἐπορευόμην, ἄξων καὶ τοὺς ἐκεῖσε ὄντας δεδεμένους εἰς Ἰερουσαλὴμ ἵνα τιμωρηθῶσιν.

5Le souverain sacrificateur et tout le collège des anciens m’en sont témoins. J’ai même reçu d’eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin de lier ceux qui s’y trouvaient et de les amener à Jérusalem pour les faire punir.

Il s’agit ici de la même institution que précédemment, toujours sous la plume de Luc (mais c’est Paul qui parle !). Ce verset nous apprend en plus que le πρεσβυτέριον est présidé par le grand-prêtre. Il prend des décisions collégiales exécutoires, les mandats d’arrêt contre les chrétiens sont délivrés par ses membres solidaires (παρ’ὧν καὶ ἐπιστολὰς δεξάμενος). Les ἀρχιερεῖς et les γραμματεῖς doivent donc être partie intégrante du πρεσβυτέριον.

  • 1 Timothée 4,14 :

14Μὴ ἀμέλει τοῦ ἐν σοὶ χαρίσματος, ὃ ἐδόθη σοι διὰ προφητείας μετὰ ἐπιθέσεως τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου.

14Ne néglige pas le don qui est en toi et qui t’a été donné par la prophétie, avec l’imposition des mains du collège des anciens.

L’apôtre Paul — si c’est bien lui l’auteur de la lettre ; les deux épîtres à Timothée sont considérées par la critique moderne comme pseudépigraphes, et la première comme particulièrement tardive (« trito-paulinienne ») — s’adresse ici à Timothée. Ce verset est le plus important des trois pour l’ecclésiologie des temps apostoliques (pour qui tient ces textes comme authentiques). Si nous comprenons et traduisons πρεσβυτέριον dans un sens similaire à celui des occurrences précédentes (comme le fait Segond), nous avons affaire ici à une institution nouvelle, spécifiquement chrétienne. Celle-ci a un rôle dans le discernement des ministres de l’Église et dans la liturgie qui permet de les reconnaître officiellement — l’ordination par imposition des mains.

Paul enseignant Timothée. Initiale de la première lettre à Timothée, enluminure du XIIe siècle (Bibliothèque municipale de Lyon).

On a longtemps cru que le mot πρεσβυτέριον n’était pas attesté dans la littérature juive hellénistique ; il semblait notamment absent chez Philon d’Alexandrie et Flavius Josèphe. Or il serait pour le moins étrange que des chrétiens aient forgé un néologisme pour désigner une réalité juive.

Πρεσβυτέριον dans la Septante

Deux articles du théologien luthérien allemand Joachim Jeremias, parus dans le Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft, ont renouvelé l’état de la question du sens du mot πρεσβυτέριον :

Joachim Jeremias attire l’attention sur un passage non canonique de l’Ancien Testament, l’histoire dite de Suzanne et des vieillards. Cette histoire appartient à la tradition de Daniel, et vise à glorifier un de ses hauts faits.

Deux versions grecques du texte existent :

  • La version originale, probablement due aux Septante (IIe siècle avant J.-C.), mais perdue ensuite en tant que telle ; nous ne disposons que d’une version annotée et émendée par Origène. Une lacune subsiste pour les six premiers versets.
  • Une réécriture, légèrement plus longue et plus détaillée, attribuée à Théodotion1, un érudit proche des ébionites, puis converti au judaïsme, du IIe siècle après J.-C. Il était donc assez proche de l’apôtre Paul chronologiquement et culturellement. Son texte est assez nettement différent. C’est cette version que Jérôme a traduite dans la Vulgate, et qui a donc intégré le corpus catholique deutérocanonique de l’Ancien Testament.

Les éditions de référence de la Septante présentent les deux textes. Outre le texte lui-même, le statut de l’histoire diverge également : dans la Septante, il s’agit d’un simple chapitre complément au livre de Daniel (Daniel 13), après les douze chapitres canoniques et l’histoire de Bel et du dragon deutérocanonique. Dans l’édition de Théodotion, l’histoire de Suzanne précède en revanche le livre de Daniel, constituant ainsi un livre autonome2.

Suzanne est une jeune femme mariée vertueuse, surprise un jour par deux vieillards lubriques au bain. Comme elle refuse leurs avances, ils décident de se venger et de l’accuser d’adultère. Ils sont crus par les anciens du peuple, des juges, et Suzanne est d’abord condamnée à mort. Elle manque d’être lapidée quand un jeune adolescent (παιδάριον νεώτερον, v. 45), Daniel, poussé par l’Esprit, intervient pour mettre en doute le témoignage des vieillards. Il convainc l’assemblée de surseoir à la lapidation, de revenir siéger au lieu de jugement, et parvient finalement à sauver Suzanne en confondant ses accusateurs.

Voici le verset 50 de l’histoire de Suzanne de l’édition de Théodotion (ce verset n’a pas d’équivalent dans le texte originel) dans l’editio altera de la Septante (Rahlfs-Hanhart, p. 868) :

Καὶ ἀνέστρεψεν πᾶς ὁ λαὸς μετὰ σπουδῆς. Καὶ εἶπαν αὐτῷ οἱ πρεσβύτεροι « Δεῦρο κάθισον ἐν μέσῳ ἡμῶν καὶ ἀνάγγειλον ἡμῖν· ὅτι σοὶ δέδωκεν ὁ θεὸς τὸ πρεσβεῖον. »

Le peuple retourna donc promptement ; et les anciens lui dirent : « Viens, assieds-toi au milieu de nous, et déclare-nous comment Dieu t’a donné la charge d’ancien. »

(Ostervald)

Tout le monde se hâta d’y retourner et les anciens dirent à Daniel : « Viens siéger au milieu de nous et dis-nous ta pensée, puisque Dieu t’a donné la dignité de l’âge. »

(Bible de Jérusalem)

La différence de traduction d’ὅτι — interrogatif (comment) ou causal (puisque) — n’a guère d’importance pour la question qui nous occupe ; la traduction de la Bible de Jérusalem semble mieux s’accorder avec l’invitation à siéger. Le substantif τὸ πρεσβεῖον ne se trouve pas dans le Nouveau Testament, mais son sens est assuré ; c’est un synonyme du fěminin ἡ πρεσβεία ; les deux mots signifient « dignité d’ancien », « droit d’aînesse » (le Nouveau Testament utilise pour cela le substantif ἡ πρωτοτοκία moins classique, cf. Hé 12,16). On le trouve par exemple chez Flavius Josèphe, successivement au singulier et au pluriel (τὰ πρεσβεῖα les privilèges de l’aîné, ce qui appartient à l’aîné).

 Ὁ δὲ ἀποδόσθαι τὸ πρεσβεῖον αὐτῷ τοῦ φαγεῖν συνεργῷ χρησάμενος τῇ πείνῃ τὸν ἀδελφὸν ἠνάγκαζε, κἀκεῖνος ὑπὸ τοῦ λιμοῦ προαχθεὶς παραχωρεῖ τῶν πρεσβείων αὐτῷ μεθ’ ὅρκων.

Celui-ci [Jacob], profitant de ce grand appétit, obligea son frère de lui céder en échange son droit d’aînesse ; et ce dernier, talonné par la faim, lui abandonna ses droits en s’engageant par serment. 

Antiquités judaïques, II, 1.

La leçon πρεσβεῖον est introduite dans le texte de Suzanne sur la base du Codex Vaticanus (B) du IVe siècle, un des meilleurs manuscrits de la Bible. Mais à cette exception près, toute la tradition manuscrite a ici πρεσβυτέριον au lieu de πρεσβεῖον. Πρεσβυτέριον est donc bien un mot grec connu des juifs hellénophones, comme on pouvait s’y attendre au vu des occurrences néotestamentaires. Et dans les manuscrits qui le contiennent ici, il n’a donc pas seulement un sens collectif (impossible dans le passage de Suzanne), mais aussi abstrait. La correction de πρεσβεῖον (dont on peut supposer qu’il soit effectivement la leçon première) en πρεσβυτέριον s’explique par un souci d’exactitude : l’honneur fait à Daniel ne consiste pas seulement en ce qu’on lui accorde, malgré son âge, le crédit qu’on accorderait aux aînés (τὸ πρεσβεῖον), mais bien plutôt en ce qu’on le reconnaît assez sage pour siéger au tribunal (avec les πρεσβύτεροι) et donner son avis dans cette affaire. La traduction d’Ostervald, charge d’ancien, si elle est moins immédiatement compréhensible que celle de la Bible de Jérusalem, dignité de l’âge, a donc toute légitimité.

Valentin de Boulogne, Le jugement de Daniel, huile sur toile, 1621-1622 (Paris, musée du Louvre).

Jeremias cite une deuxième attestation du sens abstrait de πρεσβυτέριον chez Flavius Josèphe :

Γονέων τιμὴν μετὰ τὴν πρὸς θεὸν δευτέραν ἔταξεν καὶ τὸν οὐκ ἀμειβόμενον τὰς παρ’ αὐτῶν χάριτας ἀλλ’ εἰς ὁτιοῦν ἐλλείποντα λευσθησόμενον παραδίδωσι. Καὶ παντὸς τοῦ πρεσβυτερίου τιμὴν ἔχειν τοὺς νέους φησίν, ἐπεὶ πρεσβύτατον ὁ θεός.

Le respect des parents vient au second rang, après le respect de Dieu, dans les prescriptions de la loi ; et si on ne répond pas à leurs bienfaits, si l’on manque le moins du monde, elle livre le coupable à la lapidation. Elle veut que la dignité de l’âge soit respectée par des jeunes gens, car Dieu est la vieillesse suprême. 

Contre Apion, II, § 206.

Πρεσβυτερίου est la leçon du seul manuscrit grec de ce livre en notre possession, mais Eusèbe de Césarée, qui cite le passage dans sa Préparation évangélique (VIII,8), a pour sa part παντὸς τοῦ πρεσβυτέρου τιμὴν. Cet exemple nous semble personnellement moins probant, et le sens concret (la dignité de tout vieillard) plus difficile à exclure (cf. γονέων τιμὴν au début de la phrase).

Le sens de πρεσβυτέριον en 1 timothée 4,14

Revenons à 1 Timothée 4,14 ; la plupart des commentateurs traduisent sans sourciller τὸ πρεσβυτέριον par « collège des anciens », comme ils le font pour les occurrences lucaniennes. Ils ont pour eux un argument de poids : l’usage du mot par un des pères apostoliques, Ignace d’Antioche. On relève treize occurrences du mot dans le corpus de ses lettres, et toutes avec ce sens. Quelques exemples :

Ὅθεν πρέπει ὑμῖν συντρέχειν τῇ τοῦ ἐπισκόπου γνώμῃ, ὅπερ καὶ ποιεῖτε. Τὸ γὰρ ἀξιονόμαστον ὑμῶν πρεσβυτέριον, τοῦ θεοῦ ἄξιον, οὕτως συνήρμοσται τῷ ἐπισκόπῳ, ὡς χορδαὶ κιθάρᾳ.

Vous devez rester unis à la foi de votre évêque, ainsi du reste que vous le faites. Votre presbytérium, si justement réputé et si digne de Dieu, est attaché à l’évêque comme les cordes le sont à la cithare.

(Aux Éphésiens, 4)

Μάλιστα ἐὰν ὁ κύριός μου ἀποκαλύψῃ, ὅτι οἱ κατ’ἄνδρα κοινῇ πάντες ἐν χάριτι ἐξ ὀνόματος συνέρχεσθε ἐν μιᾷ πίστει καὶ ἐν Ἰησοῦ Χριστῷ, τῷ κατὰ σάρκα ἐκ γένους Δαυίδ, τῷ υἱῷ ἀνθρώπου καὶ υἱῷ θεοῦ, εἰς τὸ ὑπακούειν ὑμᾶς τῷ ἐπισκόπῳ καὶ τῷ πρεσβυτερίῳ ἀπερισπάστῳ διανοίᾳ, ἕνα ἄρτον κλῶντες, ὅς ἐστιν φάρμακον ἀθανασίας, ἀντίδοτος τοῦ μὴ ἀποθανεῖν, ἀλλὰ ζῆν ἐν Ἰησοῦ Χριστῷ διὰ παντός.

[Je réaliserai ce projet] d’autant plus volontiers que le Seigneur me fera savoir que chacun en particulier et tous ensemble, avec l’appui de la grâce, vous vous réunissez en son nom dans une même foi en Jésus-Christ, fils de David selon la chair, fils de l’homme et fils de Dieu ; que vous obéissez à l’évêque, aux presbytres, dans une inébranlable unité d’esprit, rompant le même pain, cet adjuvant de notre immortalité, cet antidote de la mort, ce pourvoyeur en Jésus-Christ de la vie éternelle.

(Aux Éphésiens, 20)

Σπουδάζετε οὖν βεβαιωθῆναι ἐν τοῖς δόγμασιν τοῦ κυρίου καὶ τῶν ἀποστόλων, ἵνα πάντα ὅσα ποιεῖτε, κατευοδωθῆτε σαρκὶ καὶ πνεύματι, ἐν ἀρχῇ καὶ ἐν τέλει, μετὰ τοῦ ἀξιοπρεπεστάτου ἐπισκόπου ὑμῶν καὶ ἀξιοπλόκου πνευματικοῦ στεφάνου τοῦ πρεσβυτερίου ὑμῶν καὶ τῶν κατὰ θεὸν διακόνων.

Veillez donc à rester fermement attachés aux précepts du Seigneur et des apôtres, et vous réussirez en tout ce que vous entreprenez dans la chair et l’esprit, avec foi et amour, selon le Fils, le Père et l’Esprit, au commencement et à la fin, auprès de votre admirable évêque, avec la précieuse couronne spirituelle que forment vos presbytres et vos saints diacres.

(Aux Magnésiens, 13)

Le sens collectif est ici très clair puisque πρεσβυτέριον est coordonné avec d’autres noms de ministres (au pluriel dans le dernier exemple). Il n’est pas non plus impossible qu’on le trouve dans le passage de la première épître à Timothée qui nous intéresse. Mais une difficulté subsiste : il est question d’imposition des mains à deux autres endroits dans les épîtres pastorales. Celle-ci est reçue de Paul (2 Timothée 1,6 : διὰ τῆς ἐπιθέσεως τῶν χειρῶν μου) ou de Timothée son représentant (1 Timothée 5,22 : χειρὰς ταχέως μηδενὶ ἐπιτίθει) et non d’un groupe de personnes : une seule personne a charge d’imposer les mains. Cette incohérence apparente a été utilisée pour arguer de l’inauthenticité des épîtres pastorales.

Un spécialiste de littérature rabbinique (David Daube, professeur de droit civil à Oxford) a tenté de résoudre la contradiction. Il est d’accord qu’il est peu vraisemblable que les épîtres pastorales présentent deux types d’imposition des mains, individuelle et collective. Il voit plutôt dans l’expression ἐπίθεσις τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου le calque du terme technique rabbinique סְמִיכַת זְקֵנִים (b Sanh 13b Bar.) ou סְמִכוּת זְקֵנִים (Tos Sanh 1,1), qu’il traduit « imposition des mains des anciens » (Handaufstemmung der Alten). Il est nécessaire de garder à l’esprit trois choses pour comprendre le terme :

  • Il y a une distinction rigoureuse à faire entre la locution סָמַךְ יָדַיִם (présente ici) et שָׂם יָדַיִם (ou שָׁת יָדַיִם). Malheureusement, les Septante, et les auteurs du Nouveau Testament après eux, ne l’ont pas respectée en traduisant en grec les deux expressions par ἐπιτίθημι τὰς χεῖρας, ἐπίθεσις τῶν χειρῶν. La première expression désigne une pression réellement exercée avec les mains, tandis que שָׂם ou שָׁת יָדַיִם ne consiste qu’à effleurer de la main (Handauflegung, Berührung). Le second geste était plus courant, pratiqué pour les bénédictions et les guérisons ; mais le premier geste — l’imposition des mains au sens strict — était d’usage assez réduit dans le judaïsme tardif (par rapport à l’Ancien Testament) : il se pratiquait principalement lors des ordinations et pour certains sacrifices ; sans doute aussi pour les lapidations et peut-être aussi pour l’envoi des ambassadeurs (שְׁלִיחִין)3.
  • Le terme זָקֵן, dès l’époque chrétienne, ne dénote plus seulement l’âge, mais aussi le statut de connaisseur des Écritures. Le président du Sanhédrin à l’époque de la naissance de Jésus, Hillel, est toujours qualifié d’Ancien (הִלֵּל הַזָּקֵן) à titre honorifique.
  • סְמִיכַת זְקֵנִים est un syntagme nominal typique avec l’état construit. Le deuxième nom est alors de sens final, il indique le but du rite accompli. L’ajout d’un complément du nom permettait d’en préciser la raison : soit pour un sacrifice, soit pour une ordination. La traduction à privilégier n’est donc pas « imposition des mains de la part des anciens », mais « imposition des mains qui crée un ancien » (Handaufstemmung, die zum ordinierten Theologen macht; das Ordinieren zu Ältesten). Si ἐπίθεσις τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου rend bel et bien l’expression סְמִיכַת זְקֵנִים, le génitif τοῦ πρεσβυτερίου doit alors être lui aussi de sens final.
David Daube (1909-1999).

Jeremias donne un résumé du propos de Daube, dont voici le développement complet de l’argument ; je le laisse en anglais (la lecture n’en est pas indispensable pour la suite du propos).

It remains to inspect three passages from the Epistles to Timothy. In the first, the writer admonishes Timothy not to neglect ‘the gift that is in thee, which was given thee by prophecy, with the laying on of hands of the presbytery’. The conclusion generally drawn is that Timothy was made bishop by an imposition of hands on the part of the presbytery. It may be correct, but it is difficult to reconcile with the second passage, where Timothy is warned to ‘lay hands suddenly on no man’. This, at first sight at least, seems to assume that the imposition of hands is performed by the bishop, not by the presbytery, or in other words, that a bishop is appointed by a previous bishop. There are, of course, several ways of harmonizing the texts. We may, for example, regard the second passage as speaking not of the appointment of a further bishop, but of the bestowal of the Spirit on a convert.

The problem becomes almost insoluble, however, when we add the third passage, from II Timothy, where the writer admonishes Timothy to stir up ‘the gift of God which is in thee by the laying on of my hands’. Here the only natural interpretation is that Timothy was installed by the writer and no one else. To say, as is usually said, that ‘the laying on of my hands’ means ‘the laying on of my hands — together with the presbytery’ is reading a great deal into the text; not to mention the fact that even so the conflict is not quite resolved, unless we take a further step and say that, in the first passage, ‘the laying on of the hands of the presbytery’ means ‘the laying on of the hands of the presbytery — together with me’.

However, such is the prevalent view, and it may be right. If so, it is impossible to decide whether the ceremony still consisted in samakh [סָמַךְ] and still involved the idea of creating a representative, an extended self, or whether it had lost its original form and meaning and become a sim [שָׂם] or shith [שָׁת], with the touch as the principal element.

We incline to a different solution. The clue seems to lie in the first passage. The phrase έπίθεσις τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου looks like a rendering of the technical term semikhath zeqenim [סְמִיכַת זְקֵנִים], literally, ‘the leaning on of elders’; its meaning being ‘the leaning on of hands on persons in order to make elders, Rabbis, of them’, or briefly, ‘Rabbinic ordination’. In the only two other New Testament texts where πρεσβυτέριον occurs, it stands for zeqenim [זְקֵנִים], ‘elders’; and the most likely reason why the collective noun is put instead of πρεσβύτεροι is that the reference is not to individual Rabbis, but to the Sanhedrin as a body. Surely, as semikhath zeqenim denotes not the ordination of specified individuals, not the appointment of certain men as elders, but the rite of ordination in general, πρεσβυτέριον is here the proper equivalent of zeqenim. On this basis we ought to translate: ‘Neglect not the gift which was given thee by prophecy, with semikhath zeqenim, due ordination, ordination conferring full authority.’

The difficulties with which the current interpretation has to contend are now removed. Rabbinic ordination in the New Testament era took the form of samakh, ‘a leaning on of hands’: the master would lean his hands on his disciple’s head, thus passing on the wisdom and authority which Moses had passed on to Joshua, Joshua to his successors and so on. In the passage under discussion, the installation of a bishop is likened to Rabbinic ordination, indeed, is supposed to be the corresponding Christian practice.

It follows that Timothy must have been ordained by his master alone, and that is exactly what is implied in the similar exhortation in the Second Epistle: ‘Stir up the gift of God which is in thee by the laying on of my hands.’ Again, at that time any Rabbi himself authorized was entitled to authorize others. But there are many stories in the Talmud showing that great care was exercised to ordain only such as deserved it; and as a rule a candidate must be forty years old. It is, therefore, open to us to connect the rule ‘Lay hands suddenly on no man’ with ordination. It is a warning that might have been given by any Rabbi to a younger colleague.

The result is curious. The installation of the seven distributors of charity, normally treated as an adumbration, if not the prototype, of apostolic succession or delegation, was no such thing4. Those officers were the delegates of the ordinary people who had leaned their hands on them. Conversely, the passage in I Timothy, commonly interpreted as speaking of a democratic installation of a bishop by the presbytery, turns out to be the earliest reference to apostolic succession, i.e. the creation of a bishop by a samakh on the part of one who is bishop already — on the model of Rabbinic ordination.

So once again a question concerning the silence of our sources arises, the last one: why do we not hear of an equivalent of Rabbinic ordination — of a disciple being invested with full authority by a master leaning his hands on him — prior to the Epistles to Timothy? (If the translation of ἐπίθεσις τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου here suggested is rejected, then even these Epistles offer no certain instance of this kind of succession.) As nearly always, the silence may be accidental. But in all probability it is not. One can think of various reasons why some time should have elapsed before semikhath zeqenim was definitively taken over by the Church for the appointment of bishops.

First, Jesus himself had been without Rabbinic authority: he had, indeed, been attacked on this ground. Secondly, the attitude expressed in the words ‘The scribes and Pharisees sit in Moses’ seat’ may have delayed the adoption of the Rabbinic practice. (In the Rabbinic writings preserved, ’the scat of Moses’, qathedhra’ demoshe [קתדרה דמשׁה], does not occur before the 4th cent. AD: a striking illustration of the fact that an institution or idea may be early even though mentioned only by the later Rabbis.) Thirdly, the working out of the principles of church government was an enormous task. Even when the principles were agreed on, such details as the way in which to ordain a bishop need not have been immediately obvious. Jesus, we have seen, had never used the rite of samakh, ‘leaning on’, for commissioning his disciples; they had been called and given power as Moses had been — by the word alone. When it came to the appointment of successors, the exact mode of installation may well have presented a problem.

This does not mean that Rabbinic ordination cannot have been applied to bishops before the Epistles of Timothy, even, perhaps, in the time of the apostles. The description of the installation of a bishop as semikhath zeqenim must in any case go back to a fairly early date, when Jewish Christians were still in close and living contact with the Synagogue. Only, from the silence of the earlier portions of the New Testament, as well as from general considerations, it does seem likely that a few decades at least were needed for Rabbinic ordination to find its lasting place in Christianity.

The later development, when ‘leaning’ became confused with ‘placing’, lies outside the scope of our inquiry.

David Daube, The New Testament and Rabbinic Judaism, 1956, pp. 244-246.

Quelle hypothèse retenir ? Daube, et Jeremias à sa suite, plaident pour le sens abstrait ; en effet, lorsqu’Ignace parle du presbytérium, il le fait dans un autre cadre : il a déjà en tête la triade classique des ministères, évêque, ancien / presbytre, diacre. En 1 Timothée 4,14, nous avons en revanche un terme technique qui désigne un geste rituel, emprunté à la cérémonie juive d’ordination.

L’hypothèse de Daube se heurtait à une faiblesse majeure : πρεσβυτέριον ne semblait pas avoir connu le sens de « dignité d’ancien » dans le grec de l’époque du Nouveau Testament. La remise au jour des attestations du mot au sens abstrait dans la littérature juive, apportée par Jeremias au dossier, la renforce considérablement. Certains manuscripts ont de plus τοῦ πρεσβυτέρου au lieu de τοῦ πρεσβυτερίου en 1 Timothée 4,14, ce qui accrédite l’idée d’un génitif final (imposition des mains [caractéristique] d’un ancien ; Handlegung, die zum Ältesten macht). Le nouveau sens que prend πρεσβυτέριον peu après dans l’histoire du christianisme (cf. Ignace) rend aussi peu plausible le fait que la leçon de l’histoire de Suzanne soit influencée par l’usage chrétien.

Si le sens majoritaire dans la littérature chrétienne ultérieure, à partir d’Ignace, est collectif (« collège d’anciens »), cela ne signifie pas pour autant que le sens abstrait a totalement disparu. Jeremias (à la suite de Selden) le relève chez Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique, VI,8,4) : dans son récit sur Origène, il dit que les évêques de Césarée et de Jérusalem lui avaient imposé les mains pour l’ordonner à la charge de presbytre, χεῖρας εἰς πρεσβυτέριον αὐτῷ τεθείκασιν. Le canon XVIII adopté lors du concile d’Ancyre (314) évoque la radiation des presbytres, c’est-à-dire la perte de la τιμὴ τοῦ πρεσβυτερίου ; le canon II du concile de Nicée (325) parle d’élever à l’épiscopat ou au presbytérat, προάγειν εἰς ἐπισκοπὴν ἢ πρεσβυτερεῖον5.

Jeremias signale enfin que la traduction syriaque du Nouveau Testament, la Peshitta (Ve siècle), traduit πρεσβυτέριον en 1 Timothée 4,14 par l’abstrait ܩܰܫܺܝܫܘܽܬ݂ܳܐ qaššišutā, le même mot qui est utilisé en 1 Timothée 3,1 pour traduire ἐπισκοπή « charge d’évêque ». Ajoutons à cela que le syriaque n’est pas isolé là-dessus : en arménien classique, par exemple, les deux mots sont traduits par des abstraits, mais différents (երիցութիւն ericʿutʿiwn pour la charge d’ancien et եպիսկոպոսութիւն episkoposutʿiwn pour la charge d’évêque). Les versions arabes anciennes ont aussi un abstrait (القسیسیة, manuscrit Erpenianus).

Joachim Jeremias, théologien allemand (1900-1979).

Les trouvailles de David Daube dans la littérature rabbinique et celles de Joachim Jeremias en philologie grecque ont eu lieu indépendamment, ce qui contribue aussi à renforcer leur crédit. Comme nous allons le voir, parmi les modernes, ils ne sont pas d’ailleurs les premiers à adopter cette interprétation d’1 Timothée 4,14.

Jeremias signale qu’on trouve déjà une telle exégèse chez John Selden, célèbre juriste anglais du XVIIe siècle, versé dans les langues orientales et auteur de plusieurs traités d’histoire du droit, notamment du droit judaïque.

Dans son traité De Synedriis et praefecturis juridicis veterum Ebraeorum (1696), Selden donne une analyse détaillée du ministère des πρεσβύτεροι dans le judaïsme du premier siècle. Il commence par insister sur la continuité évidente entre judaïsme et christianisme sur ce point :

Sed vero nulla comparet institutio Presbyterorum in Christianismi illis incunabulis nova seu singularis. Juxta morem Judaicum qui etiam tunc Christianus et erat et sic dicebatur, creati sunt ; quod observatu forte dignissimum hic veritatis amantioribus. Et Grotius ibi : Totum regimen Ecclesiarum Christi conformatum fuit ad Synagogarum exemplar.

Mais dans ces premiers ouvrages du christianisme [les Actes des apôtres], l’institution des presbytres ne semble rien présenter de nouveau ou de singulier. [Les disciples] furent créés presbytres d’après l’usage judaïque, qui était alors aussi l’usage chrétien, sans qu’il fût appelé autrement ; cela apparaît ici peut-être de la manière la plus remarquable, pour ceux qui sont attachés à la vérité. Grotius a dit au sujet de ce passage : Tout le gouvernement des Églises du Christ avait été calqué sur le modèle des synagogues.

De Synedriis…, I,14, p. 391.

Selden rappelle ensuite la rareté de πρεσβυτέριον dans le corpus biblique (et cite l’histoire de Suzanne), et mentionne 1 Timothée 4,14 comme le seul exemple possible d’une mention de cette institution dans un contexte chrétien. Certes, de nombreux manuscrits ont la leçon τοῦ πρεσβυτέρου au lieu de τοῦ πρεσβυτερίου (ou presbyteri au lieu de presbyterii en latin) : c’est ainsi que Thomas d’Aquin, Pierre Lombard ou William Tyndale, par exemple, citent ou traduisent ce verset ; ou encore saint Rémi, le célèbre évêque de Reims. Mais la leçon à préférer est incontestablement presbyterii (et τοῦ πρεσβυτερίου en grec) : c’est celle dont disposaient Jean Chrysostome, Théodoret, Ambroise, Bède le Vénérable, c’est aussi celle que privilégie Érasme.

Selden note que d’illustres théologiens, y compris réformés, voient dans l’usage de πρεσβυτέριον le simple transfert, du judaïsme au christianisme, de l’institution de l’assemblée des presbytres. Mais il penche lui-même pour une autre interprétation :

Caeterum, cum Presbyterorum creatio esset per manuum impositionem, et tam dignitas in quam quis ita crearetur seu Presbyteratus Honor, quam Presbyterorum Coetus, Presbyterii nomine tunc denotari (ut ostensum est) soleret, non absonum est potius vocem ibi illam de ipsa Dignitate seu Officio Presbyterii non de Presbyterorum Coetu aliquo capere, quasi dictum fuisset « quae tibi data est per Prophetiam cum manuum impositione quâ creatus es Presbyter » ; perinde ac si quis diceret per impositionem manuum Doctoratus, Nuptiarum, Baptismi, Confirmationis, aut בסמיכת הזקנים per impositionem manuum qua Presbyteri creari soliti. Maxime sane, cum Paulus ipse, alibi de eadem gratia seu dono in Timotheo loquens ait expressim, ὅ ἐστιν ἐν σοὶ διὰ τῆς διαθέσεως τῶν χειρῶν μου, quod est in te per impositionem manuum mearum, quod quidem sonat quasi Paulus ipse eum creasset, non Presbyterorum coetus aliquis seu consessus Presbyterii nomine signantius inter Christianos tunc notus. Nam Presbyterum unicum alium creare potuisse ex more Ebraeorum qui tunc viguit vetusto, receptissimum erat. Certe etiam Paulum ipsum tam in Presbyterii, qua dignitas erat id ex more vetere Judaico juxta ante dicta, quam Apostolatus Christiani honorem jam ante evectum fuisse, non videtur dubitandum. Nam nutritum eum Hierosolymis scimus παρὰ τοὺς πόδας ad pedes Gamalielis ut Discipulum ejus, atque inde eruditum fuisse κατ’ἀκρίβειαν τοῦ πατρῴου νόμου, juxta exactiorem patriae legis scientiam.

Du reste, comme les anciens étaient créés par imposition des mains et que le mot de presbyterium désignait habituellement tant la dignité à laquelle ils étaient élevés, c’est-à-dire l’honneur du presbytérat, que le rassemblement des anciens (comme on l’a montré), il n’est pas faux de comprendre ici ce mot au sens de la dignité ou de la charge du presbytérat, et non de quelque rassemblement d’anciens, comme s’il était dit « [la grâce] qui t’a été donnée par prophétie avec l’imposition des mains par laquelle tu as été fait ancien » ; on pourrait bien parler de même de l’imposition des mains qui confère le doctorat, le mariage, le baptême, la confirmation, ou de l’imposition des mains (par סמיכת הזקנים) par laquelle les anciens étaient créés. Surtout que Paul lui-même, parlant ailleurs de la même grâce ou don reçu par Timothée, dit expressément ὅ ἐστιν ἐν σοὶ διὰ τῆς διαθέσεως τῶν χειρῶν μου, ce qui est en toi par l’imposition de mes mains, ce qui semble dire que Paul l’a créé [ancien] de lui-même, et non quelque rassemblement d’anciens ou une séance appelée presbytérium bien connue des chrétiens d’alors. En effet, d’après la coutume alors encore très vivante des Hébreux, la chose la mieux admise était qu’une seule personne pût en créer une autre presbytre. Et il n’y a assurément pas lieu de douter que Paul lui-même eût déjà été promu tant au presbytérat, dignité provenant de l’ancienne coutume judaïque, comme on vient de le dire, qu’au titre d’apôtre chrétien : car nous savons qu’il a été éduqué à Jérusalem παρὰ τοὺς πόδας aux pieds de Gamaliel, comme son disciple, et qu’il a été instruit κατ’ἀκρίβειαν τοῦ πατρῴου νόμου pour suivre exactement la loi de nos pères.

Op. cit., p. 395.

Il y aurait donc continuité entre le judaïsme et le christianisme jusque dans la transmission du ministère, Paul ayant été élevé à la dignité d’ancien (זָקֵן) par Gamaliel :

Haud igitur dubitandum videtur, quin Gamaliel ille Paulum in Presbyterii Judaici dignitatem dum discipulus ejus erat, id est, nondum Christianus, creasset. Postmodum autem is, Apostolatus Christiani munere donatus, quoniam non ad terram sanctam magis atque alias Gentilium terras verus Judaismus, id est Christianismus inde ortus atque numinis jussu tam Gentibus quam Judaeis communicandus, jam spectabat, tum extra terram sanctam, ut in Asia minori, Creta, alibi, Christianismi Presbyterorum creationem esse legitimam censuit, ad disciplinam Evangelicam praedicandam, docendam, explicandam, tum seipsum aliosque Apostolorum, quibus parilis potestas, uti et ab ipsis creatos […].

Il n’a donc pas lieu de douter que ce Gamaliel n’ait mis Paul au rang des anciens juifs lorsque celui-ci était son disciple, c’est-à-dire lorsqu’il n’était pas encore chrétien. Ensuite, puisque le vrai judaïsme, c’est-à-dire le christianisme, a pris son essor et, par décret divin, devait être annoncé tant aux Gentils qu’aux Juifs, ne tournait plus prioritairement son regard vers la Terre sainte mais plutôt vers les autres terres habitées par les Gentils, Paul, investi désormais de la charge d’apôtre chrétien, a jugé légitime d’établir des anciens hors de Terre sainte, par exemple en Asie mineure, en Crète et ailleurs6, pour prêcher la doctrine évangélique, pour l’enseigner et l’expliquer ; et les autres apôtres, qui jouissaient d’une même autorité, firent de même, ainsi que ceux qu’ils créèrent anciens […].

Op. cit., p. 396.
John Selden, juriste et orientaliste anglais (1584-1654).

L’intuition de Jean Calvin

Les trois exégètes cités jusqu’ici défendent en fait, avec plus de fondement et d’arguments, une hypothèse déjà avancée par Jean Calvin dans l’Institution de la religion chrétienne et dans son commentaire de la première épître à Timothée. Calvin serait donc, aux côtés de Daube et de Jeremias (citant Selden) une troisième autorité qui serait parvenue indépendamment aux mêmes conclusions. Ce fait a été relevé par exemple par Otfried Hotius (« Zur Auslegungsgeschichte von πρεσβυτέριον 1 Tim 4 14 » [Sur l’histoire de l’interprétation de πρεσβυτέριον, 1 Tim 4,14], ZNTW 62, 1971, pp. 128-129).

Voici ce que Calvin avance prudemment, dans son commentaire de 1548 sur l’épître, au sujet du verset discuté :

Dicit collatam esse [Spiritus nuncupationem] cum impositione manuum, quo significat, una cum ministerio necessariis etiam dotibus ornatum fuisse. Usitatum fuit ac solenne Apostolis, Ministros per impositionem manuum ordinare. Ac de hoc quidem ritu ejusque origine et significatione aliquid prius attigi, et reliqua ex Institutione petere licet. Presbyterium qui hic collectivum nomen esse putant, pro collegio presbyterorum positum, recte sentiunt meo judicio. Tametsi omnibus expensis diversum sensum non male quadrare fateor, ut sit nomen officii.

Il dit qu’elle [la désignation de l’Esprit] lui a été conférée avec l’imposition des mains ; il veut dire par là qu’il a été en même temps pourvu des dons nécessaires au ministère. Il était courant et régulier que les apôtres ordonnassent les ministres par imposition des mains. Et pour ce qui concerne ce rite, son origine et sa signification, j’en ai déjà quelque peu traité auparavant, et l’on pourra chercher le reste dans l’Institution [de la religion chrétienne]. Ceux qui pensent que presbyterium est ici un nom collectif, qui vaut pour le collège des anciens, ont un sentiment juste à mon avis. Toutefois, toutes choses considérées, j’avoue qu’un sens différent ne convient pas mal : c’est le nom de la charge.

Le lecteur est invité à se reporter à l’Institution, qui, dans sa première édition (1536 en latin, 1541 en français), au chapitre XIII, est plus affirmative :

Qua ratione, impositionem manuum presbyterii Paulus vocat ordinationem ipsam, qua in episcopatum assumptus erat Timotheus (I Tim. 4). Quanquam scio presbyterium eo loco a quibusdam accipi, pro coetu seniorum. Sed simplicius, meo judicio, de ministerio intelligitur, quandoquidem alibi se, non alios complures, Timotheo manus imposuisse commemorat.

Parquoy Saint Paul appelle imposition des mains de Prestrise l’establissement par lequel Timotée avoit esté constitué Evesque (1 Tm 4). Combien que je n’ignore pas qu’aucuns par ce mot de Prestrise entendent l’assemblée des Anciens. Mais, à mon jugement, nous le prendrons plus simplement du ministere, veu qu’en un autre lieu il fait mention de soy tant seulement, sans parler de plusieurs.

Dans son édition du texte français, Olivier Millet déclare que « l’allusion à ces aucuns nous échappe ». Qui donc défend une interprétation concurrente de celle de Calvin ? On peut mentionner ici, à titre d’exemple, le commentaire de Heinrich Bullinger sur les épîtres de Paul (paru lui aussi en 1536), qui paraphrase le texte comme nous le connaissons dans nos traductions modernes :

Hunc Pauli locum sic quoque reddi posse : Ne neglexeris quod in te est donum, nempe quod tibi delegatum est ad prophetandum, idque comprobatum manuum impositione a senioribus. Verum nullus hinc alius colligetur sensus quam quem modo indicavimus.

Ce passage de Paul peut aussi être rendu comme suit : Ne néglige pas le don qui est en toi, lequel t’a été confié pour prophétiser, et qui t’a été confirmé par l’imposition des mains reçue des anciens. Et qu’aucun autre sens différent de celui-ci, que nous venons d’indiquer, ne soit attaché [au texte].

On le voit, le principal argument de Calvin réside dans la comparaison avec la mention de l’ordination de Timothée par Paul en 2 Timothée 1,6. Toutefois, comme le relève Elsie Anne McKee dans une monographie d’histoire de l’exégèse (Elders and the Plural Ministry : the Role of Exegetical History in Illuminating John Calvin’s Theology, Genève : Droz, 1988, p. 29 n. 45), non seulement Calvin s’est opposé à considérer la charge d’ancien comme un ministère ordonné, mais dès la page suivante de l’Institution, il semble curieusement reprendre l’interprétation qu’il vient de mettre en cause :

Quod si is, qui assumitur in episcopum, constituatur in medio coetu ecclesiae, admoneatur sui officii, ac super eum oretur, seniorum manibus super eum impositis, nulla religion, nisi ut et ipse Deo se in ministerium offerri sentiat et ecclesia incitetur, ad ipsum communibus precibus Deo commendandum : talem manuum impositionem nemo sanus improbet.

Mais si celuy qui est receu pour Evesque, estant colloqué au milieu de l’assemblée des fideles, on l’instruit de son office, et prie on pour luy, les mains des Anciens posées sur sa teste, non pour autre mystere sinon afin qu’il entende qu’il est offert et dedié à Dieu pour le servir en cest estat, et que l’Eglise soit incitée à le recommander à Dieu par prieres communes, ceste imposition des mains ne sera reprouvée de toutes gens de bon jugement.

Dans l’édition définitive de l’Institution, on ne retrouve pas cette incohérence. La discussion du verset est reprise à la fin de son chapitre sur les ministres de l’Église (livre IV, chapitre III), et aucun nouvel argument n’est apporté :

Quod in altera Epistola (sc. 1 Tim 414) de impositione manuum presbyterii dicitur, non ita accipio quasi Paulus de seniorum collegio loquatur : sed hoc nomine ordinationem ipsam intelligo : quasi diceret, Fac ut gratia quam per manuum impositionem recipisti, cum te presbyterum crearem, non sit irrita.

Ce qu’en un autre passage [1 Tim 4,14] il parle de l’imposition des mains de la Prestrise, je n’entends pas cela comme font aucuns, de la compagnie des Prestres : mais de l’estat et office : comme s’il disoit, Regarde que la grace que tu as receue par l’imposition de mes mains, quand je t’elisoye en l’ordre de Prestrise, ne soit pas vaine.

Dans sa propre édition (avec Pierre Marcel) de l’Institution, Jean Cadier critiquait cette interprétation comme trop peu fondée. Elle ne semble jamais avoir emporté l’adhésion majoritaire des exégètes réformés. Ce ne fut pas l’interprétation de Théodore de Bèze7, ni celle de Junius8; ce ne fut pas non plus, plus tard, celle de Jean Daillé dans son exposition de l’épître9. Citons ce dernier, qui s’inscrit dans une perspective polémique contre l’Église romaine et semble ignorer la pensée de Calvin sur le sujet :

Et saint Paul et la compagnie des pasteurs imposèrent les mains à Timothée en son ordination ; saint Paul comme le président de la compagnie, et le chef de toute cette sainte action ; les autres comme ses adjoints et ses collègues, ainsi que vous voyez que cela se pratique dans la réception de nos pasteurs, où celui qui est commis par le Synode impose le premier les mains à celui que l’on reçoit, comme le principal dans cette action, et puis conjointement avec lui tous les autres pasteurs qui s’y trouvent présents. Sur quoi nous avons à remarquer deux choses ; la première est que la prêtrise et l’épiscopat étaient un seul et même ministère dans l’Église apostolique, ce qui paraît encore clairement dans plusieurs autres passages du Nouveau Testament. Car ici vous voyez que l’imposition des mains, qui est le principal avantage que les hiérarchiques réservent à l’évêque au-dessus du prêtre, est expressément attribuée aux prêtres ; saint Paul témoignant que la compagnie des prêtres, ou anciens imposa les mains à Timothée ; et même, comme il est clair d’ailleurs, qu’ils le firent avec lui. Il se les associa dans cette action. Qui êtes-vous, ô hommes, vous qui de votre autorité avez ôté ce droit à ceux que saint Paul en faisait jouir ? qui jugez indignes d’approcher de vous des mains qui ont eu l’honneur d’être mêlées avec celles de l’Apôtre sur la tête de Timothée ? Qui que vous soyez d’ailleurs, votre autorité est trop courte pour les priver du droit que ce grand ministre de Jésus-Christ leur a donné. Timothée était plus qu’aucun de vos évêques, et néanmoins la compagnie des prêtres eut part à son ordination ; elle lui imposa les mains. Quoi que vous disiez, il n’y a donc point d’évêque en l’Église qu’on collège ou une compagnie de prêtres ne puisse légitimement consacrer par l’imposition des mains.

Exposition de la première épître de l’apôtre saint Paul à Timothée, t. II, sermon XXXI, Genève, 1661, pp. 296-297.

Jean Daillé présente ici l’harmonisation la plus courante entre les deux épîtres, pour ceux qui traduisent πρεσβυτέριον par « collège d’anciens » : Paul préside à l’ordination, il est celui qui ordonne au sens plein, mais les autres ministres (les anciens ou presbytres) le suivent et participent également à la cérémonie. C’est ce que Daube appelait reading a great deal into the text, d’autant que Paul lui-même ne fait pas partie du conseil d’anciens. Du reste, la pratique catholique romaine s’accorde elle aussi bien avec la distinction ainsi introduite : l’évêque est le ministre de l’ordination, mais c’est l’ensemble du presbytérium qui impose les mains. Comme on le voit, les deux interprétations ont eu leur place dans la théologie réformée et dans la vie des Églises. Nous reviendrons sur le sujet dans un article à paraître prochainement, consacré plus largement à la question de l’ordination, dans notre série d’articles sur la monographie de Jean-Jacques von Allmen (c’est lui qui a attiré notre attention sur le sujet dans une note).

Jean Calvin (1509-1564).

Toutefois, les arguments philologiques et historiques apportés après Calvin, et dont celui-ci ne pouvait disposer au XVIe siècle, peuvent nous amener aujourd’hui à considérer plus favorablement sa proposition10. Parmi les principales éditions de la Bible disponibles actuellement sur le marché francophone, aucune à notre connaissance n’a choisi cette interprétation pour sa traduction ; quelques-unes la mentionnent en note (Bible de Jérusalem, Nouvelle Bible Segond, etc.) et d’autres la passent complètement sous silence ; il en va de même pour plusieurs commentaires de la première épître à Timothée. Quelques théologiens réformés ont tenté d’apporter des arguments supplémentaires ou de montrer la pertinence de cette hypothèse au sein des épîtres pastorales : Matthew Colvin (pasteur anglican) relève par exemple que l’avertissement fait à son disciple en 1 Timothée 5,22 (N’impose les mains à personne avec précipitation) semble lui conférer la responsabilité entière de l’ordination (as though this is a business that he can mess up all by himself, note-t-il). Colvin va plus loin que Calvin en considérant même que l’ἐπίθεσις τῶν χειρῶν τοῦ πρεσβυτερίου est un terme à ce point lexicalisé que Timothée n’a pas forcément été fait ancien au sens strict du mot, mais a plutôt reçu un ministère extraordinaire.

Quel que soit le parti qu’on adopte sur l’interprétation de ce verset, on peut bien reconnaître, à tout le moins, la perspicacité des intuitions du réformateur de Genève dans ce domaine.

Conclusion

Pour finir, résumons ce que nous avons appris sur l’usage du mot πρεσβυτέριον dans le Nouveau Testament, en particulier dans la première épître à Timothée, et les implications qu’on peut ou qu’on ne peut pas en tirer :

  • L’existence d’un collège des « anciens » (זְקֵנִים), c’est-à-dire de théologiens formés et choisis pour l’encadrement d’une communauté, est une réalité du judaïsme du Ier siècle, comme en attestent les occurrences de πρεσβύτεριον dans l’évangile de Luc et les Actes des apôtres. Ces théologiens sont mis à part en leur imposant les mains (סָמַךְ יָדַיִם) ; c’est généralement le rabbin qui impose les mains à son ou ses disciples. Comme l’imposition des mains a d’autres usages, on peut préciser le but d’un tel geste par un génitif final : c’est la סְמִיכַת זְקֵנִים « l’imposition [des mains en vue de l’ordination] des anciens ».
  • C’est ce terme technique rabbinique qui est présent, en 1 Timothée 4,14, traduit en grec par ἐπίθεσις τῶν χαιρῶν τοῦ πρεσβυτερίου. Le mot πρεσβυτέριον, en alternance avec πρεσβεῖον, se trouve d’ailleurs dans la littérature juive de l’époque pour désigner la charge d’ancien. C’est aussi comme cela que le passage semble avoir été compris dans les permières versions en langues orientales.
  • Une fois cette traduction adoptée, les épîtres à Timothée sont univoques : c’est bien Paul qui a ordonné Timothée, probablement seul, conformément à la coutume juive, et non une institution collégiale.
  • Les épîtres pastorales n’attestent pas directement l’existence d’une telle institution chrétienne (et c’est un argument en faveur de leur datation haute et de leur authenticité) ; néanmoins, elle était assurément déjà en germe, puisque les collèges d’anciens ont déjà fermement leur place, au côté de l’évêque et des diacres, dans les épîtres pastorales d’Ignace d’Antioche (IIe siècle). Renoncer à traduire πρεσβυτέριον par « collège d’anciens » dans l’épître à Timothée n’implique donc pas une remise en cause radicale du modèle presbytérien de gouvernement de l’Église. C’est d’ailleurs pour cette raison que quelqu’un comme Calvin, en avance sur son temps, a pu le défendre.
Le modèle « ministériel », calvinien : imposition des mains par les seuls ministres de la Parole (Debrecen, Hongrie).
Le modèle « collégial / presbytérien » : imposition des mains par les anciens (Martinsburg, États-Unis).

Illustration de couverture : L’ordination de saint Étienne (détail), tapisserie, début du XVIIe siècle (cathédrale Saint-Étienne de Toulouse).

  1. Cette attribution traditionnelle n’est toutefois pas certaine. L’édition critique de Göttingen (1954) la rejette.[]
  2. Jérôme, et après les lui les éditions catholiques, tout en traduisant la version de Théodotion, ont gardé l’ordre de la Septante originelle. Dans les éditions protestantes qui contiennent les apocryphes (ce qui n’est généralement plus le cas aujourd’hui), les compléments grecs de Daniel sont rejetés après les textes canoniques, entre Baruch et Maccabées, dans l’ordre suivant : Le cantique des trois jeunes Hébreux (Daniel 3) — L’histoire de Suzanne (Daniel 13) — L’histoire de l’idole de Bel et du dragon (Daniel 14).[]
  3. Actes 13,3 : καὶ ἐπιθέντες τὰς χεῖρας αὐτοῖς ἀπέλυσαν, est peut-être le témoignage chrétien d’une telle pratique dans le judaïsme. C’est en tout cas un bon exemple d’imposition des mains collective.[]
  4. Cf. Actes 6,1, discuté plus tôt par Daube.[]
  5. Variante orthographique et accentuelle sans importance.[]
  6. L’ordination d’un rabbin n’était possible qu’en Terre sainte.[]
  7. Cf. Eslie Anne McKee, op. cit., p. 104.[]
  8. Ibid., p. 110.[]
  9. Ibid., p. 113.[]
  10. Calvin ne cite pas d’autorité particulière dont il se serait inspiré pour la formuler.[]

Arthur Laisis

Linguiste, professeur de lettres, étudiant en théologie à la faculté Jean Calvin et lecteur dans les Églises réformées évangéliques de Lituanie. Principaux centres d'intérêts : ecclésiologie, christologie, histoire de la Réforme en Europe continentale. Responsable de la relecture des articles du site.

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