L’humiliation du Christ – Turretin (13.9)
26 octobre 2026

Christ, le Médiateur, devait-il accomplir son office sous un double état ? Nous l’affirmons.

Les deux états font référence aux deux mouvements du Symbole des apôtres lorsqu’il parle de Jésus. D’abord, l’état de son humiliation :

« Il a été conçu du Saint-Esprit, il est né de la Vierge Marie, il a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, il est descendu aux enfers. »

Puis son état d’exaltation :

« Le troisième jour, il est ressuscité des morts, il est monté au ciel, il siège à la droite de Dieu, d’où il reviendra pour juger les vivants et les morts. »

Turretin consacre une ou deux petites pages à démontrer que son office de médiateur nécessitait les deux états : d’abord l’humiliation, puis l’exaltation.

Défense

L’humiliation du Messie a été prophétisée dans l’Ancien Testament ici :

  • Psaume 8, où il est écrit qu’il est un peu inférieur aux anges.
  • Psaume 110,7, en sachant que le torrent est partout un symbole de calamité (Ps 69,2.14-15 ; Ps 32,6 ; Jb 21,20 ; Jb 13,7 ; És 51,17), il est écrit ici qu’il va communier à des souffrances. Puis il « relèvera la tête », ce qui signifie son exaltation.
  • Psaume 118,22 : son exaltation suit son rejet.
  • Ésaïe 53 raconte lui aussi l’exaltation et la gloire comme un cinquième évangile.
  • Christ lui-même dit que la gloire du Messie doit venir après ses souffrances (Lc 24,26-27 ; 1 Pe 1,10-11).

Il faut rajouter les différents passages du Nouveau Testament où ces prophéties sont dites être accomplies en Jésus-Christ : Ph 2,7-9 ; 2 Co 13,4 ; 1 Co 15,3 et suivants ; Hb 2,9 ; 1 Pe 3,18 ; 1 Tm 3,16.

Nécessité

Il était nécessaire que le médiateur soit d’abord humilié, puis exalté, du point de vue de Dieu. En effet, pour que Dieu soit réconcilié avec nous, il fallait d’abord que la satisfaction soit faite concernant sa justice, ce qui a été accompli par la souffrance et la mort de Jésus-Christ. Ensuite, il fallait que les dons de sa grâce puissent être déversés sur les hommes, ce qui a été accompli par l’exaltation du Christ.

Du point de vue du Christ, il fallait qu’il partage la misère de l’humanité pour pouvoir nous distribuer ensuite la plénitude de la divinité. Cela se voit dans son triple office. En tant que prêtre, il doit à la fois obtenir satisfaction sur la terre et intercéder pour nous dans les cieux. En tant que roi, il doit d’abord acquérir son peuple, puis ensuite il doit nous gouverner. En tant que prophète, il doit d’abord être un ministre de la circoncision parmi ses frères, avant qu’il ne soit élevé aux cieux comme la lumière des nations et l’enseignant du monde.

De notre point de vue, nous avons deux problèmes à éliminer : (1) notre culpabilité devant Dieu et (2) notre propre impureté. La culpabilité a été enlevée par le sang du Christ (son humiliation). L’impureté ne peut être lavée que par la grâce de l’Esprit, qui est un fruit de son exaltation.

Pour l’acquisition du salut, il fallait passer par l’humiliation pour prendre la mort sur lui. Puis il fallait l’exaltation pour donner la vie en retour.

Le Fils de Dieu est dit s’être vidé lui-même (Ph 2,6 et suivants) non par une abdication de la divinité, car il est toujours resté égal avec Dieu (Jn 5,17 et suivants), mais par la dissimulation de celle-ci sous une forme servile. Il est devenu pauvre (2 Co 8,9) non par une perte des richesses célestes, qu’il a toujours gardées, puisque la plénitude de la divinité était en lui (Col 2,3 et 2,9) et que les trésors de la sagesse et de la connaissance lui ont été donnés, mais en les cachant sous une chair faible et nécessiteuse (Mt 8,20 et Ép 4,9).

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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