Je travaille depuis de longs mois ร une sรฉrie sur l’รฉthique sexuelle. Pardonnez mon impatience mais, puisqu’elle prend du temps, j’aimerais prรฉsenter en peu de mots un des arguments. Aussi, puisque j’ai รฉcrit rรฉcemment un courrier ร un ami ร ce sujet, j’en propose le contenu ร la lecture. Sachez toutefois qu’une argumentation plus complรจte sera proposรฉe dans le cadre de la sรฉrie d’articles mentionnรฉe.
L’argument
1) Lโacte sexuel est par nature fรฉcond.
2) La nature est, non pas une donnรฉe du hasard, mais le fruit dโun dessein divin.
Conclusion 1 : Une des multiples finalitรฉs naturelles de lโacte sexuel est la procrรฉation.
3) Reprendre la conclusion 1.
4) Il nโest pas licite pour lโhomme de sโopposer ร une ou plusieurs des finalitรฉs naturelles dโun acte.
Conclusion 2 : Tout acte posรฉ par un homme qui viserait ร rendre un acte naturellement fรฉcond infรฉcond est immoral.
Dรฉfense de l’argument
La prรฉmisse 1 est รฉvidente. Je ne veux dire par cela uniquement que faire lโamour fait des bรฉbรฉs.
Prรฉmisse 2 : Lร encore, un chrรฉtien ne peut pas le nier ; ce nโest pas par hasard que lโunion sexuelle produit des enfants.
La conclusion 1 est donc inรฉvitable : lโacte sexuel a (en partie) pour but de procrรฉer.
Excluons ici une incomprรฉhension : cela ne revient pas ร affirmer quโil sโagit du seul but de la sexualitรฉ. La sexualitรฉ, selon ma comprรฉhension, a aujourdโhui au moins quatre finalitรฉs :
- La procrรฉation et la perpรฉtuation de lโespรจce ;
- Lโunion des conjoints dans lโamour, ce ร quoi le plaisir participe ;
- รtre une manifestation de lโamour du Christ et de lโรglise, comme le reste du mariage ;
- รtre un remรจde ร lโimpudicitรฉ.
La prรฉmisse 3 a รฉtรฉ admise.
La prรฉmisse 4 est celle quโil faut le plus dรฉfendre.
Aujourdโhui, il est commun de considรฉrer que la nature dโune chose nโimplique aucun impรฉratif moral qui lui soit associรฉ. Mais cโest prรฉcisรฉment ce quโon appelle la ยซย loi naturelleย ยป : la nature nโรฉtant pas un hasard mais un fruit divin, la rรฉgulation des naissances ne peut pas se faire par lโempรชchement dโune des finalitรฉs naturelles de lโacte.
La conclusion 2, si nous lโรฉlargissons aux autres finalitรฉs, nous donne quelque chose comme ceci : lโacte sexuel ne doit jamais รชtre empรชchรฉ dโรชtre fรฉcond sโil lโest naturellement, il ne doit jamais รชtre fait contre lโunion dans lโamour des conjoints (pas de choses dangereuses pour la santรฉ de lโautre, pas de choses dรฉplaisantes pour lโun des conjoints, pas contre la volontรฉ dโun des conjoints, etc.), en faisant cela, lโunion du Christ avec lโรglise sera proprement manifestรฉe.
Est-ce ร dire pour autant quโaucune rรฉgulation des naissances ne serait possible ? Ou existe-t-il une maniรจre de rรฉguler qui nโimplique pas de dรฉtourner un acte naturellement fรฉcond pour le rendre infรฉcond ? Oui, il en existe une : la connaissance du cycle de fertilitรฉ de la femme par le couple. Cette connaissance anthropologique livre aux couples les outils pour dรฉcider, au jour le jour, sโils veulent avoir un rapport sachant quโil est probablement fรฉcond ou si, ne voulant pas, pour des raisons qui sont suffisantes, avoir dโenfant pour lโinstant, ils sโabstiennent dโun acte.
On rรฉpliquera que cela ne change pas grand-chose : on cherche quand mรชme ร avoir une sexualitรฉ qui ne soit pas fรฉconde. Et je rรฉpondrai que cโest diffรฉrent tant en principe quโen pratique :
1) En principe : lร oรน la contraception dรฉtourne un acte de sa finalitรฉ, la rรฉgulation de ce type sโabstient dโun acte dont elle ne dรฉsire pas la consรฉquence naturelle. Dans le premier cas, il sโagit dโune maรฎtrise de la technique sur la nature. Dans le second cas, il sโagit de maรฎtrise de soi. Lโun admet une logique transhumaniste : je contrรดle par la technique la nature, lโautre sโinscrit dans la nature crรฉรฉe et soumet ses dรฉsirs ร cela. Par ailleurs, il ne faut pas considรฉrer en รฉthique uniquement le rรฉsultat de l’acte mais aussi le moyen pour atteindre ce rรฉsultat. Que la consรฉquence puisse รชtre dans les deux cas d’espacer les naissances n’implique pas que les moyens pour le faire se valent.
2) En pratique :
- Cela pousse le couple ร rรฉguliรจrement rรฉรฉvaluer son dรฉsir ou non-dรฉsir dโavoir des enfants. En effet, comme ร chaque cycle il y a des brรจves pรฉriodes dโabstinence et que, la sexualitรฉ รฉtant une bonne chose, ces abstinences sont ressenties comme un jeรปne, le couple a tendance ร se demander plus rรฉguliรจrement si, en fin de compte, il a une raison sรฉrieuse de ne pas en vouloir un. Puisque lโabstinence ยซย coรปteย ยป, le sรฉrieux des motifs est pesรฉ plus… sรฉrieusement, justement. Ce sรฉrieux des raisons rend justice ร la faรงon dont la Parole nous parle de l’enfant comme d’une bรฉnรฉdiction. J’imagine qu’on veut et doit avoir de bonnes raisons de se priver d’une bรฉnรฉdiction !
- Cela force lโhomme ร prรชter attention au fait que la femme nโest pas comme lui, tant au niveau du dรฉsir sexuel que dans son cycle en gรฉnรฉral. Les hommes remarquent souvent la pรฉriode menstruelle, mais une connaissance plus รฉtendue du cycle leur permettra de mieux connaรฎtre leur femme dโune faรงon gรฉnรฉrale et de repรฉrer dโautres variations que celle des menstruations.
- Cela ne fait pas reposer, comme la pilule contraceptive, le poids de cette rรฉgulation sur la femme premiรจrement, mais sur le couple et l’homme en particulier. En effet, le couple prend connaissance ensemble du fonctionnement du cycle fรฉminin et le mari s’informe auprรจs de son รฉpouse sur ce qu’elle constate et qui lui indique le moment du cycle oรน elle se trouve. Ainsi, si le couple prend ensemble le ยซ risqueย ยป d’un rapport fรฉcondant, c’est un risque assumรฉ ร deux (je me place dans l’optique oรน le couple veut espacer les naissances).
- Cela offre aussi, dans le cas inverse d’une volontรฉ de procrรฉer, les outils pour favoriser une naissance.
- Comme je le disais plus haut, cela travaille la maรฎtrise de soi. Cโest tout ร fait vertueux que de soumettre ses passions (ici, son dรฉsir sexuel) ร une chose noble comme la construction dโun foyer et de les gouverner selon ce projet.
- Cela donne rรฉguliรจrement lโoccasion de manifester autrement de lโamour ร son conjoint que par ce moyen. Cโest encore une maniรจre de rรฉorienter son dรฉsir vers lโamour du conjoint afin de se retrouver dโautant mieux dans lโacte sexuel.
- Cela donne rรฉguliรจrement lโoccasion de vivre lโabstinence dโun commun accord pour la priรจre dont parle Paul.
Conclusion
Je vous invite ร consulter la sรฉrie mentionnรฉe qui dรฉveloppera ร l’avenir ces arguments. Si toutefois vous รฉtiez dรฉjร convaincu et cherchiez ร apprendre cette mรฉthode conforme ร la loi naturelle de rรฉgulation des naissances, vous pouvez me contactez par ce site, pour que je vous mette en lien avec des formateurs expรฉrimentรฉs.
Illustration en couverture : Titien, Les trois รขges de l’homme, huile sur toile, 1515 (รdimbourg, Galerie nationale d’รcosse).


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