Est-ce que seule la deuxième personne de la Trinité s’est incarnée, et pourquoi ?
Nous allons, traiter, dans les quatre prochaines questions, de l’Incarnation, à commencer par savoir qui s’incarne.
En un sens, c’est toute la Trinité qui participe à l’Incarnation :
« La question n’est pas de savoir si la Trinité entière a agi dans le mystère de l’Incarnation. En effet, puisque les œuvres extérieures de Dieu sont indivises — selon un axiome reçu des théologiens —, cette œuvre de l’Incarnation (qui est extérieure) ne peut qu’être commune à l’ensemble de la Trinité. C’est pourquoi l’on dit du Père qu’il a envoyé le Fils (Jn 3.16) et du Saint-Esprit qu’il l’a conçu dans le sein de la Vierge. Bien plus, trois personnes étaient nécessairement requises pour cette œuvre : la première, pour soutenir la majesté de Dieu, auteur de toutes choses, souverain Juge et partie offensée ; la deuxième, pour agir comme Médiateur entre Dieu et les hommes et satisfaire pour eux ; la troisième, pour accomplir cette œuvre de salut en nous. À la première appartient le dessein du salut ; à la deuxième, son acquisition ; à la troisième, son application et sa consommation. Dès lors, la question n’est pas : l’Incarnation concerne-t-elle la Sainte Trinité de quelque manière ? La seule question est de savoir si la Trinité s’est incarnée de manière terminative et appropriative. Bien qu’à l’origine et quant au principe d’efficience l’Incarnation soit l’œuvre de la Trinité entière, elle ne l’est pas quant au sujet et au terme (sens selon lequel elle n’appartient qu’au seul Fils). »
Nous affirmons donc que ce n’est ni la première ni la troisième, mais la deuxième personne de la Trinité (le Fils) qui s’incarne.
Argumentation (§§ 4-6)
C’est ce qu’enseigne l’Écriture :
- La Parole est devenue chair ; elle a fait sa demeure parmi nous, et nous avons vu sa gloire, une gloire de Fils unique issu du Père ; elle était pleine de grâce et de vérité.
lui qui était vraiment divin, il ne s’est pas prévalu d’un rang d’égalité avec Dieu, mais il s’est vidé de lui-même en se faisant vraiment esclave, en devenant semblable aux humains ; reconnu à son aspect comme humain,
Ainsi donc, puisque ces enfants ont en commun le sang et la chair, lui aussi, pareillement, a partagé la même condition, pour réduire à rien, par sa mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable,et délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient retenus dans l’esclavage toute leur vie.
C’est aussi plus conforme à la logique trinitaire :
- Le Père ne peut pas être envoyé et être un médiateur envers le Fils et le Saint-Esprit. Il n’est pas non plus convenable que le Père devienne le fils (d’une vierge).
- Le Saint-Esprit est destiné à être le médiateur de l’Église (Jn 16.7) et ne peut pas être envoyé par lui-même.
- Seul le Fils est entre le Père et le Saint-Esprit pour être un médiateur entre les deux.
- Il est plus naturel que ce soit le Fils qui fasse de nous des fils (adoptifs).
- Il est plus convenable que ce soit la Parole qui a créé le monde qui prêche la parole qui nous sauve, et que l’Image du Dieu invisible restaure l’image de Dieu en nous.
Réponse aux objections (§§ 7-11)
N’est-ce pas juste de dire, comme les luthériens, que c’est la nature divine qui s’est incarnée ? Ce serait maladroit. Certes, l’Incarnation est une œuvre divine, mais elle est déterminée et caractérisée sur une seule personne divine : c’est donc une œuvre personnelle et non naturelle. Cette Incarnation ne change pas la relation qui unit le Père et le Fils, ni le reste de la nature divine.




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