Le voile chrétien : réponse aux objections et aux questions.
5 janvier 2018

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Cet article fait suite à ceux-ci : Le voile chrétien et la tradition chrétienne. , Le voile chrétien : Est-ce important ? , Le voile chrétien : 1 Corinthiens 11:2-16 .


Je me suis dépêché de finir cette série alors que je prends beaucoup de temps pour d’autres séries comme celle sur le problème protestant car je ne veux pas passer trop de temps sur cette question que je juges secondaire, bien qu’importante. Je me suis efforcé dans la série de ne pas donner mon avis sans l’appuyer par le témoignage des chrétiens qui m’ont précédé dans l’histoire pour la simple raison que je n’ai pas d’autorité pour parler de ces questions et que le blog a une orientation historique.

Ici encore, je ne vais pas réinventer la roue mais me servir de ce que d’autres ont écrit et rediriger de temps en temps vers le site du Head Covering Movement. Mais je ne veux pas le faire sans avertir le lecteur : je n’approuve pas ce mouvement dans son ensemble. Je trouve cela excessif d’en faire un mouvement et je trouve que certains articles donnent une place disproportionnée à la question. Pensez-y, si je vous demandais quel est votre ministère et que vous me répondiez “je travaille au retour du voile chrétien dans les assemblées chrétiennes” j’aurai bien envie de vous répondre “et vous n’avez pas mieux à faire ?”. Bref, même si je trouve tout cela excessif, certains articles peuvent être utiles. Je recommande en particulier cette petite vidéo qui introduit le sujet : Introduction au voile

Réponse aux objections

Par où commencer ? les objections sont si nombreuses, parfois contradictoires, toutes récentes dans l’histoire. Rien que ce fait témoigne d’un blocage, parfois très personnel en raison d’une mauvaise expérience dans une église légaliste à ce sujet, parfois culturel car notre société veut gommer les différences entre les genres (tout en faisant de la femme un objet comme jamais auparavant).

Le voile était une pratique donnée pour une raison culturelle

En lisant mon article précédent, vous voyez déjà que cette objection est quelque peu malhonnête : Paul donne 4 raisons pour le port du voile et aucune d’elle n’est culturelle !

Cet article du Head Covering Movement explique pourquoi la référence si courante aux prostituées de Corinthe est en fait une belle erreur historique. Une citation de cet article :

“Les marbres montrant des portraits publics de femmes à Corinthe, membres présumées des grandes et prestigieuses familles, sont le plus souvent représentées tête découverte. Cela suggère qu’il était socialement acceptable pour une femme dans une colonie romaine, d’être vue tête découverte en public.”

(David W. J. Gill – The Importance of Roman Portraiture for Head-Coverings in 1 Corinthians 11:2-16, Tyndale Bulletin 41.2)

Cet autre article du Bon Combat explique comment distinguer une coutume culturelle d’un principe.

Les cheveux de la femme lui servent de voile

Nous avons expliqué dans notre précédent article le lien entre cheveux longs et voile. Certains en comprenant mal ce lien vont dire que puisque les femmes ont les cheveux longs, elles ne doivent pas porter le voile.

Mais Paul limite le port du voile à la prière, les femmes doivent-elles donc retirer leurs cheveux après avoir prier ? Le texte ne fait plus aucun sens. Voici une réponse plus complète à ce sujet. Et un autre article, par une femme cette fois-ci.

Les arguments se concentrent en général sur le verset 16 sans noter qu’en grec, à ce verset, le mot utilisé et traduit par beaucoup par “voile” est différent de celui utilisé dans tout le reste du chapitre.

Encore une fois, cette objection ignore l’histoire de l’Église qui nous dit que les Corinthiennes et les églises du premier siècle (et des 18 siècles qui ont suivi) ont bien porté un tissu et non seulement des cheveux longs.

Voici encore une petite vidéo qui répond à cela : VIDEO : 5 arguments pour le voile chrétien.

Jésus se couvrait la tête dans les synagogues

On avance que, puisque l’on se couvre la tête dans les synagogues, Jésus se la couvrait aussi et Paul aussi certainement quand ils y allaient pour prier.

Premièrement, il ne serait pas étonnant que l’Église ne suive pas les pratiques de la synagogue en tout point. Quand je dis que le voile est ancré dans l’ordre créationnel, je ne suis pas en train de dire qu’Ève a été créée avec un voile ni que toutes les femmes de toutes les époques ont prié voilées ! Je dis simplement que Dieu a décidé que cet ordre créationnel soit visible de cette manière dans l’Église sous la nouvelle alliance.

Toutefois, après recherches, j’ai remarqué que même Jésus et Paul ne se couvraient pas la tête dans les synagogues des premiers siècles, voici ce que dit la Reformation Study Bible à ce sujet :

Au premier siècle, les hommes juifs découvraient leurs têtes pendant l’adoration. La coutume juive de se couvrir la tête pendant la prière ne remonte probablement pas à la période du Nouveau Testament.

Ainsi, Jésus ne se couvrait pas la tête, et même s’il l’avait fait dans la synagogue, cela n’aurait rien prouvé.

Le principe s’applique, mais autrement

C’est une approche plus récente et ambiguë. Certains reconnaissent que le texte est valable aujourd’hui mais proposent de changer le symbole, d’appliquer le principe autrement. Certains disent que c’est l’alliance au doigt qui joue désormais le rôle de voile. Mais l’alliance, par exemple, est portée par les deux sexes, n’est pas liée à l’ordre de la création mais à celui du mariage, et n’est pas une marque “sur la tête” comme dit le texte.

Je trouve cela dangereux de jouer ainsi avec les symboles. L’Armée du salut va dans l’extrême à ce sujet en annulant le baptême et en le remplaçant par une déclaration publique d’engagement. Ben oui, se plonger dans l’eau, “ça ne parle plus à notre culture” tandis que ça parlait bien aux juifs du premier siècle.

Le symbole compte. Le symbole se trouve sur la tête car il est lié à l’autorité, au chef. Or dans la Bible chef et tête sont des mots parfois interchangeable, Christ est la tête et le chef de l’Église. Nous retrouvons cela dans la langue française : un objet qui couvre la tête est aussi appelé un couvre-chef.

En fait, par quelle autorité pourrions-nous changer le symbole là où les apôtres ont établi quelque chose que les églises ont suivi pendant des siècles ? Si le symbole avait du sens pendant tous ces siècles, au nom de quel principe culturel ça ne serait plus le cas aujourd’hui ? Par quoi le remplacer ? Et finalement, est-ce le rôle de la culture de déterminer la pertinence d’un signe/symbole ? Cette position sophistiquée me semble très problématique et serait dangereuse si la logique était suivie jusqu’au bout.

Remarquons une fois de plus qu’il est faux de croire que la pertinence du signe se limitait au premier siècle puisque cette pertinence a été perçue pendant près de 20 siècles par tous les chrétiens de toute culture et l’est encore aujourd’hui par plusieurs. Et, comme je l’ai fait remarqué, encore en notre siècle, la langue française (qui fait partie de notre culture) établi un lien entre la tête et le chef : “couvre-chef”, “je suis à la tête de…” (pas besoin d’être étudiant en médecine pour savoir que la tête a un rôle physiologique dans la direction). Bref, le signe garde de sa pertinence dans notre culture et même si ça n’était plus le cas, rien ne nous dit que nous devrions changer le signe puisque nous sommes chargé, dans tous les cas, d’en expliquer le sens.

Remarquons aussi que l’Église est en partie responsable du fait que le voile perde de son sens dans notre société. En l’abandonnant et en laissant la pratique à l’islam, nous avons diminué la force du symbolisme, qui n’attend qu’à être retrouvée.

Comme le dit Guillaume Bourin, nous devons accepter parfois que l’Église de Dieu a développé sous Sa direction des rites et symboles qui lui sont propres et ne sont pas directement liés à la culture mais la transcendent, comme pour le Baptême et la Cène.

Très souvent, ceux qui tiennent cette position sont en fait incapables de donner un signe visible remplaçant le voile. Cette position se transforme souvent en pratique en une “excuse” pour ne pas pratiquer ce texte (je n’accuse pas ici ceux qui la tiennent d’être volontairement malhonnête et de chercher une excuse).

J’ai aussi entendu que l’équivalent pouvait être les signes culturels marquant le respect de la femme pour son mari. Cela pose plusieurs problèmes. Premièrement parce que le rôle du voile n’est pas de servir de marqueur culturel de respect pour le mari mais de symbole de l’ordre créationnel dans le cadre du culte public, le respect n’est qu’une partie de cet ordre. Deuxièmement, parce que ces marques culturelles de respect doivent dans tous les cas être respectées par les croyantes. Troisièmement, parce que derrière cette formule il sera bien difficile d’identifier une pratique précise qui puisse être celle de toutes “les églises de Dieu (1 Cor 11:16)”. Quatrièmement, que faire si une culture n’a plus aucune marque de respect ? Ou si ses marques de respect sont telles qu’elles ne peuvent pas être exprimées lors du culte public ? Et finalement, encore une fois : qu’est-ce qui nous dit que la culture a un rôle à jouer là-dedans et par quelle autorité peut-on changer ce signe ? En fait, il y a de bonnes chances que le port du voile soit une pratique à contre courant de la culture des premiers siècles, voici en effet ce que dit la note de la Reformation Study Bible sur 1 Corinthiens 11:4 :

Les statuaires Gréco-romains semblent indiquer que les hommes romains voilaient leur tête de leur toge pendant qu’ils offraient des sacrifices païens.

La note poursuit en disant qu’il est probable que Paul avertisse ici les Corinthiens en leur faisant remarquer qu’en se voilant, l’homme rend flou les distinctions entre les sexes. Paul ne cherche pas à se conformer à une pratique culturelle, il s’y oppose même, en s’appuyant sur l’ordre naturel !

L’autorité dans ce texte n’est pas donné à l’homme

C’est un débat complexe sur le sens du grec ici. Disons simplement que Wayne Grudem a réfuté cette objection en étudiant 2 336 textes grecs utilisant les mots débattus. Voici une réponse plus simple.

Réponse aux questions

Beaucoup de soeurs sont en fait convaincues du bien-fondé de la pratique du voile et du sens du texte mais ne portent pas le voile pour d’autres raisons ou parce qu’elles ont des questions honnêtes sur l’étendue de la pratique.

Que faire si mon ancien ou mon mari est contre cette pratique ?

Honnêtement, je ne sais pas. Et je ne suis pas sûr de devoir vraiment apporter une réponse à cette question. C’est certainement du cas par cas. L’ancien est-il absolument contre ou simplement sans avis ? Je conseillerai d’essayer de faire réfléchir la personne au passage de 1 Corinthiens 11, d’en discuter sans en faire un cheval de bataille. Si vous êtes convaincu que cette pratique est biblique, pourquoi ne pas demander “Je sais que tu n’es pas convaincu par cela, mais moi si et j’aimerai bien le pratiquer, puis-je le faire ?”.  Douceur, patience, conviction devrait être des principes à garder en tête, avec foi en Dieu et en sa Parole qui a une force de conviction.

Que faire si je doute à ce sujet ?

Si après avoir examiné les arguments, je continue à ne pas être sûr, à ne pas savoir qui a “raison”. Dans ce cas, nous vous suggérons deux principes “d’humilité” : le premier concerne l’histoire de l’Église : si vous ne savez pas que penser de ce texte, n’est-il pas raisonnable dans le doute de suivre la pratique que les chrétiens ont eu pendant des siècles ? N’est-il pas probable que ces croyants pendant des siècles aient une bonne chance d’avoir compris ce texte et que ça soit notre culture égalitarienne qui rende la lecture difficile aujourd’hui ?

Mais le deuxième principe d’humilité est celui qui est véritablement important, et il nous vient du théologien R.C. Sproul, dans l’article du Bon Combat cité plus haut :

C’est un principe cher à Sproul. Manié avec précaution, il peut se révéler utile. Le voici :
“Que faire, si après une étude attentive de telle ou telle injonction Biblique, nous demeurons incertains quant à son caractère : principe ou coutume ? […] C’est ici que le principe d’humilité peut être utile.”
Pour Sproul, “la problématique est simple :

  • Est-il meilleur de traiter ce qui pourrait être une coutume comme un principe, et risquer alors d’être plus scrupuleux que nous n’aurions dû l’être dans notre désir d’obéir à Dieu ?
  • Ou bien est-il meilleur de traiter ce qui pourrait bien être un principe comme une simple coutume, et être par conséquent coupable d’avoir été peu scrupuleux en rabaissant une exigence transcendante de Dieu au niveau d’une simple convention humaine ?  

J’espère que pour vous, la réponse est évidente.”
Attention toutefois :
“Si le principe d’humilité est isolé des autres lignes directrices mentionnées plus haut, il peut aisément être mal interprété et être considéré comme une base pour le légalisme. Nous n’avons pas le droit de régir la conscience des chrétiens là où Dieu les a laissés libres. Le principe d’humilité n’est pas applicable là où l’Ecriture est silencieuse. 
Ce principe s’applique là où nous avons un commandement biblique dont la nature est incertaine (comme c’est le cas pour la différence entre coutume et principe), et après que toutes les pistes d’un travail exégétique difficile aient été épuisées. […]
Il s’agit d’une ligne directrice à utiliser en dernier recours. Elle serait destructrice si elle était utilisée en premier lieu.”

Faut-il que le voile soit opaque ou transparent, beau ou discret, long ou court, rouge ou blanc ?

Paul est silencieux à ce sujet. Pourquoi parlerai-je ? Il faut que le voile soit visible et il me parait évident qu’il ne doit pas devenir une course pour avoir le plus beau. Le reste importe peu à mon avis.

Est-ce que cela concerne aussi les femmes célibataires ?

Cette question vient du fait que certaines traductions rendent “homme et femme” par “mari et épouse”. Le mot grec permet les deux traductions, un peu comme le mot femme en français. Toutefois, remarquons que Paul ici ne fait pas appel à l’ordre marital (ordre du mariage : femme soumise à son mari) mais à l’ordre créationnel (la femme est tirée de l’homme, verset 8). Ici Paul n’est pas en train de dire que l’épouse est tirée de son mari mais que Ève est tirée d’Adam. Ce n’est pas l’ordre mari-femme-enfants qui est en jeu ici mais l’ordre Dieu-Christ-homme-femme. Les deux sont évidemment liés, mais la femme célibataire est aussi concernée par le sujet. De même, l’homme célibataire doit être découvert (retire-moi cette casquette ! ^^).

Et, puisque le blog se veut orienté sur l’histoire de l’Église, remarquons que Tertullien, qui vivait aux IIème et IIIème siècle dit qu’à son époque encore les Corinthiens voilent leurs vierges. Les célibataires étaient donc voilées :

Ainsi le comprirent les Corinthiens eux-mêmes. Aujourd’hui encore ces mêmes Corinthiens voilent leurs vierges. Les disciples prouvent par leur conduite quel a été l’enseignement des Apôtres.

Tertulien, le voile des vierges.

Jérôme (347-420) confirme aussi cette pratique pour les femmes non-mariées lorsqu’il parle “des vierges et des veuves” en Égypte et en Syrie “qui se sont consacrées au Seigneur“. Il dit que ces femmes “ne vont pas tête découverte afin de ne pas être en défiance avec le commandement des apôtres, mais elles portent au contraire un manteau couvrant et un voile.”

Lisez-en plus sur cet article du Head Covering Movement.

Et si mon Église risque d’être interpellée ou choquée ?

Je me place dans le cas où l’ancien n’est pas opposé à la pratique mais où malgré tout la majorité ne porte pas le voile. Le regard des autres, on connait tous cela. Et puis, la Bible ne nous dit-elle pas de ne pas être une occasion de chute envers des gens qui ont, par exemple, eu des expériences compliquées liées au légalisme autour de cette pratique ?

C’est encore un cas compliqué, mais j’ai ici plus de liberté pour parler sur cette idée d’occasion de chute : Paul dit cela dans le contexte des questions pour lequel nous n’avons pas de commandement explicite (manger de la viande ou non, etc.). Dans ces cas-là, nous devons chercher à ne choquer personne. Par contre, là où Dieu demande quelque chose, même si cela choque et n’est pas facile, nous devons le faire. Avec sagesse bien-sûr et encore une fois sans légalisme, en étant prêt à expliquer calmement notre pratique.

Et puis, ces personnes victimes du légalisme des autres, qui sait si Dieu ne les guérira pas en leur donnant un exemple d’obéissance joyeuse, sans légalisme ?

Après tout, n’est-ce pas une affaire de conscience ?

Oui et non. Oui si vous êtes convaincu honnêtement que le texte n’enseigne pas le port du voile. Mais vous devez dans ce cas répondre aux arguments présentés dans cette série d’articles. Comprenez bien, si je parle d’arguments, ce n’est pas que je considère que nous sommes des ennemis en train de vouloir gagner un débat. En écrivant ces articles, je m’adresse à mes lecteurs en supposant qu’ils sont bien intentionnés et qu’ils veulent vraiment se conformer à ce que dit la Bible, quoi qu’elle dise.

Et non, ce n’est pas une affaire de conscience au même titre que le fait d’être végétarien par exemple. Pourquoi ? Car la Bible ne nous dit pas “mangez de la viande” ou “n’en mangez pas”. Ce domaine relève donc de la liberté chrétienne. Pour ce qui est du voile, la Bible nous dit quelque chose. Et, dans le doute, comme je l’ai dit plus haut, appliquons le principe d’humilité.
Plus ici : Le voile est-il un commandement ? Et la liberté chrétienne ?

Où mettre le voile ? Partout ? À l’Église ?

En résumé : Non, car le contexte est celui du culte public, comme nous l’avons souligné dans notre série d’article. Une réponse plus complète dans cet article du Head Covering Movement. Et oui, jeune homme, tu peux prier avec ta casquette chez toi ! ^^

Je suis responsable d’église et j’ai changé d’avis sur le voile, que faire ?

Vous êtes ancien et êtes maintenant convaincu que le voile est une pratique biblique et actuelle. Oui, mais par le passé vous n’avez jamais enseigné sur le sujet voire enseigné contre, que faire ? C’est à la fois simple et compliqué et cela nécessite de la sagesse et de l’humilité. Pourquoi ne pas prêcher sur 1 Corinthiens en entier et en profiter, au chapitre 11 pour simplement exposer ce que le texte dit ? Pourquoi ne pas dire honnêtement que vous avez changé d’avis et expliqué les raisons qui vous y ont amené ?

Je sais aussi que certains anciens sont tout simplement embêtés par ce texte. Ils savent ce qu’il enseigne, mais ils pensent déjà à la réaction de telle personne de l’Église et n’osent pas en parler. Ils se souviennent de telle assemblée qui s’est divisé sur la question. Difficile tache que celle de l’ancien, surtout quand ils doivent accomplir leur ministère “en gémissant” (Heb 13:17). Toutefois leur rôle est d’annoncer “tout le conseil de Dieu, sans rien en cacher” (Actes 20:27), même quand cela s’oppose à la culture, même quand cela ne plait pas au peuple de Dieu, même quand il faut dénoncer un péché. Prions pour nos anciens, il y a peu de fonctions à la fois si nobles et si difficiles. J’encourage les anciens à ne pas avoir honte de ce texte, c’est la Parole de Dieu, tout autant que Jean 3:16. Toute l’Écriture est inspirée de Dieu et est utile (1 Tim 3:16), le croyez-vous ? Prouvez-le par votre prédication (Jacques 2:18) !

Et nous, simples croyants, remettons-nous en question : comment est-il possible que certains anciens aient peur de proclamer toute la Parole (et je ne parle pas que du voile) ? N’est-ce pas parce que nous pratiquons bien peu la soumission et la révérence à laquelle Dieu Lui-même nous appelle (Heb 13:17) ? Voudrions-nous que nos anciens soient sous pression au point d’être tenté de choisir des interprétations qui nous arrange ? Voulons-nous obéir à Dieu ou à nos désirs ? Voulons-nous vraiment savoir ce que le texte enseigne, même si cela va contre nos présupposés, nos envies et notre interprétation à première lecture ?

Est-ce que je serai une super chrétienne si je le portes ?

Non, non et non. Le voile est un peu comme le fait de donner de l’argent aux pauvres et à l’Église : c’est bien et Dieu le demande mais ça doit être fait avec de bons sentiments et un coeur disposé à glorifier Dieu, non à se vanter de son obéissance.

Conclusion

Je prie que l’Église en notre siècle sache être honnête avec le texte biblique, comprendre l’importance de l’ordre créationnel dans une culture qui le rejette, comprendre la place du symbole dans l’éducation et le culte, comprendre l’importance de rendre un culte qui plait à Dieu et non aux hommes et soit courageuse quand il s’agit d’aller à contre courant. Si vous avez d’autres questions à ce sujet, n’hésitez pas à les envoyer via les commentaires, la section contact du blog ou via Facebook pour que l’article puisse être complété à l’avenir.

Vous pouvez télécharger notre ebook gratuit sur le voile en cliquant ici
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À consulter

Les femmes chrétiennes devraient-elles porter le voile pendant le culte public ?
Ressources sur le voile
1 Corinthiens 11 : le chef de la femme, par le blog femme chrétienne.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

11 Commentaires

  1. ladangvu

    GG WP

    Réponse
  2. tiluenkendhal

    Quand est ce qu’un culte devient publique ?
    Que dirais tu être le meilleur argument contre le port du voile aujourd’hui que tu as rencontré ?

    Réponse
    • Maxime Georgel

      Bonjour, la question du culte publique est vaste et devra être aborder soit sur ce blog soit sur psautierdegeneve.wordpress.com soit sur les deux. Dans tous les cas, je dirai que l’Ecriture enseignent 3 cultes : celui qui consiste à offrir nos vies toutes entières, celui qui consiste à se retrouver en église par des réunions étant de véritables théâtres de l’Evangile et lieux où coule la grâce, le troisième culte est le culte céleste, celui des saints et des anges que nous rejoindront un jour ! 🙂
      En attendant, je t’invite à consulter ce que j’ai déjà écrit sur l’organisation du culte public :
      https://psautierdegeneve.wordpress.com/2017/11/22/la-liturgie-reformee/
      Pour ce qui est de ton autre question, elle peut se comprendre de 2 manières : 1) quel est l’argument qui est le plus valable contre le port du voile aujourd’hui ? ou 2) Quel est l’argument qui a le plus de force de conviction ?
      Si ta question est la première, je dirai aucun car je n’ai pas entendu d’argument valide contre le port du voile. Si ta question est la deuxième, je pense que plusieurs arguments peuvent faire de l’effet et retenir plusieurs personnes de porter le voile, le plus courant est celui qui consiste à dire que les cheveux de la femme sont le voile ou que Paul faisait référence aux prostituées mais il ne sont pas vraiment sérieux; le plus sérieux est celui qui consiste à dire que le principe s’applique autrement de nos jours. J’y ai répondu ici : https://parlafoiblog.wordpress.com/2018/01/06/le-voile-chretien-reponse-fraternelle-a-alexandre-sarran/

      Réponse
  3. thelittlelaura

    Merci pour cette argumentation superbement argumentée !
    J’ai répondu une fois un peu hâtivement à une jeune chrétienne qui se posait des questions au sujet de ce texte, en disant que ce qui comptait, c’était qu’on ait une attitude de soumission et de respect envers l’ordre créationnel, et l’autorité en général. Parce que franchement, mettre le voile pour ensuite se révolter contre son patron, insulter son père et griller un feu rouge, cela n’a pas beaucoup de sens. Mais cette série me permet d’aller un peu plus loin dans ma réflexion, en considérant l’obéissance dans le culte comme étant aussi important que l’obéissance hors du culte. J’avoue que je dois encore dépasser mes aprioris culturels pour me décider à mettre un voile (un chapeau sobre, un béret féminin discret, ce serait clairement plus culturellement facile pour moi), mais je suis davantage convaincue par tes arguments que les miens (qui étaient un peu expéditifs). Maintenant, j’espère en Dieu pour qu’il me donne d’obéir et de faire son plaisir, parce que là, les habitudes sont prises, et ça demandera un peu d’efforts intentionnels.
    En tous cas, c’est un délice de voir quelqu’un qui réfléchit vraiment, et nous fait réfléchir !

    Réponse
    • Maxime Georgel

      Merci beaucoup ! Comme je l’explique, je pense qu’un chapeau ou tout autre couverture fera l’affaire. Le voile est simplement plus “traditionnel” ^^

      Réponse
  4. amourinfaillible

    Bonjour, ayant grandi dans un milieu ou le port du voile chrétien est habituel, je n’avais pourtant jamais bien compris le pourquoi du voile tel qu’il est décrit en 1 Corinthiens. Ceci jusqu’à il y a deux années ou en discutant avec un conférencier à une retraite de jeunes j’ai été éclairée par rapport à ce sujet. Je trouve que aujourd’hui (et je parle surtout des assemblées en France et Suisse romande) beaucoup de femmes s’opposent à cela parce qu’elles trouvent que sa représente l’oppression de la femme par l’homme (pensée courante du mouvement féministe qui se répand dans les églises évangéliques). Mais je pense que cette pensée perds complètement la signification du voile. En 1 Cor 11 on voit que la femme doit se couvrir les cheveux, pourquoi? Parce que les cheveux sont la gloire de la femme, la femme c’est la gloire de l’homme et le fait de couvrir ses cheveux démontre que notre gloire ne se trouve pas dans nos cheveux, ou dans quoi que ce soit mais en Jésus Christ. Que notre attention n’est pas arrêtée sur nos cheveux, ou quoi que ce soit, pendant le culte mais sur Jésus Christ. Voilà pourquoi moi je porte le voile (un foulard pour être plus précis) au culte. Alors oui, l’ordre de la création est aussi très important dans ce sujet, mais je pense que de le voir dans cet angle là (par rapport à la gloire de Dieu) donne une raison de plus de le faire.

    Réponse
  5. MishiMisha

    Très intéressant, merci.
    Encore du légalisme dû à la culture mondaine qui est de plus en plus anti-chrétienne (néo-féminisme) qui influence l’Église.
    La soumission de la femme à l’homme est trop souvent mal comprise, il n’y a rien de dégradant là dedans, c’est une question d’ordre (comme bien développé dans l’article). C’est comme ça que le couple, la famille, la société, la nature et Dieu fonctionne. Remarquez comment Jésus est soumis à Dieu. Il est Dieu mais de part la nature trinitaire de Celui-ci Jésus ne peut se placer au dessus des deux autres Personnes divines. L’ordre est logique et bon.
    Je serais encore plus sricte quant au voile. Vu que le texte appelle au symbolisme et à la forme naturelle des cheveux de la femme, je considère l’expression à prendre au sens littéral et qu’à ce que le terme qualifie au premier sens ; un tissu.

    Réponse
  6. Béréenne attitude

    Bonjour Maxime,
    Tu écris: L’Armée du salut va dans l’extrême à ce sujet en annulant le baptême et en le remplaçant par une déclaration publique d’engagement.
    Dans l’histoire, l’Armée du salut n’était pas une église et elle n’a jamais fait de culte. Elle ne pratiquait donc ni le baptême ni la Cène. L’Armée du Salut a été créée en tant qu’oeuvre de bienfaisance. D’autre part elle évangélisait dans les rues et les bistrots et lors d’invitation dans des salles qui n’étaient pas des églises mais dans salles publics. Les salutistes témoignaient alors pour évangéliser. Les salutistes étaient tous censés se rendre dans les églises existantes pour les réunions (la célébration du culte).
    Sauf que beaucoup de nouveaux convertis, (dans les débuts de l’Armée du Salut) ont été si mal accueillis dans les églises existantes que beaucoup ont refusé de s’y rendre. Très ennuyé, le couple Booth fondateur de l’Armée du Salut a “fait en sorte” que les brebis sans église puissent néanmoins grandir en organisant des rencontres entre chrétiens. Mais ce n’était toujours pas des cultes.
    Depuis quelques années, l’Armée du Salut s’est constitué en église et elle donne le culte et donc pratique le baptême.

    Réponse

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